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Le 2 septembre, je participais au Triathlon de Quiberon en relais – format S (vélo) avec Nadia (run) et Stéphanie (Agence Ligne Bleue). Une expérience intense et mémorable sous un soleil breton permanent.

Édito – « Comment je me suis retrouvée sur un vélo au Triathlon S de Quiberon un 2 septembre 2018 ! »

Au début de l’été, je recevais une proposition inédite dans mon parcours de blogueuse: celui de participer à un triathlon en relais. Je dis bien « inédit » parce que la dernière fois que l’occasion s’était présentée (Natureman dans les Gorges du Verdon avec Punch Power), c’est Alison mon acolyte Hotsteppers, athlète et amie qui avait pris mon dossard. Encore trop embourbée dans les tréfonds de ma blessure: incapable de courir et à des années lumières d’envisager de monter sur un vélo de route (ou pire de nager !), je m’étais résignée au rôle de spectatrice/supporter. Sympa certes, mais frustrant et incomplet quand on aime vivre le sport !

Cette année, 9 jours avant mes 34 ans, j’ai franchi le cap. Ma foulée étant encore trop incertaine, c’est sur un vélo que je suis montée pour parcourir 20 merveilleux km le long de la Côte Sauvage (qui porte bien son nom).

J’ai absolument tout donné, sans réserve, pour faire de ce challenge collectif et personnel un nouveau puits de confiance et de motivation pour la suite. Objectif rempli au delà de mes attentes, il est enfin temps que je vous raconte tout !

Le Triathlon de Quiberon en relais – « the place to be » avant la rentrée

Véritable florilège de formats différents

Il y a quelques semaines j’avais eu l’occasion de vous présenter les différentes courses de ce Triathlon de Quiberon conjugué au pluriel. Un championnat de D1 Femmes, puis Hommes le Samedi, des courses pour enfants l’après-midi et le Dimanche: open bar de courses pour adultes passionnés du triple effort.

L’épreuve que je visais avec Stéphanie (nage) et Nadia (run) était le format S (750m de nage – 20km de vélo – 5km de course à pied). Un format trompeur qui derrière ses airs d’accessibilité est relativement court et plutôt intense. C’est en d’autres termes une épreuve au seuil tout du long: ni endurance ni sprint, un « in the middle » vicelard qui demande une bonne gestion de son énergie pour éviter les murs !

Quiberon: QG de la finale des championnats de France de D1

Après avoir vu les équipes s’échauffer en bord de mer depuis la terrasse de notre hôtel, nous avons pu voir de très près la phase de course à pied dont le parcours longeait littéralement la côte.

Triathlon de Quiberon 2018 manche 4
Echauffement de triathlètes féminines sur le parcours de course à pied avant le départ

Malgré la technicité des foulées et l’allure athlétique des sportifs engagés, il y avait une nette différence de temps et de fraîcheur entre la tête de peloton et ses followers (14’33 chez les hommes en l’occurrence et 20’22 chez les femmes). C’est à ce moment là que j’ai découvert le « vélo balais » et me suis jurée secrètement de tout faire pour ne pas être cette personne, qui, le lendemain, serait péniblement en train de lutter pour suivre. Le tout encouragée par le soutien plein de bienveillance de l’organisation: « allez on lâche rien (mon petit!) » #NoWay

C’était la 4ème étape ou « 4ème manche » des Championnats de France qui se tenait à Quiberon ce samedi (NDLR, la 5ème étape à la Baule a par la suite été annulée à cause des conditions climatiques – ce sont donc les leaders du classement à l’issue de cette étape de Quiberon qui finiront champions de France). Le concept de manches est assez simple tel que décrit par la FFTri:

« Chaque club engage 5 athlètes par étape. Les 3 premiers arrivés classent l’équipe. A l’issue de chaque étape, un classement club est établi. A l’issue des 5 étapes, les clubs hommes et Femmes en tête du classement général sont déclarés Champions de France. » (Source: Fédération française de Triathlon »)

Résultats des Championnats de France de Triathlon

Chez les Femmes: Poissy dans le trio de tête

Chez les Femmes c’est le club de Poissy qui remporte « le maillot jaune » de l’épreuve avec sur cette étape ses 3 athlètes leaders:

championnats de france triathlon quiberon manche 4
Les filles de Poissy Triathlon en tête, ensemble. 

Chez les Hommes: Le Corre vainqueur en individuel, Poissy en équipe

Chez les Hommes, c’est…aussi le club de Poissy qui remporte cette manche mais c’est:

  • le Champion d’Europe 2018 Pierre Le Corre du Club de Montpellier qui vient à bout de l’épreuve en 49’52,
  • suivi de près par Dorian Coninx (Poissy Triathlon en 49’57) et,
  • Vicente Hernandez (Les Sables Vendée triathlon en 50’00). – Tous les Résultats Clubs 2018 – D1 Hommes – Quiberon.

S’initier au triathlon par le relais: choisis ton effort !

S’il faut savoir oser dans la vie, je crois beaucoup en la notion de « progressivité » et de timing. Aller trop vite ou ne pas suivre son rythme peut être contre-productif. A moins d’un génie inée pour le sport dénué de toute appréhension et d’un mental indémontable, l’initiation au triathlon est un pré-requis à l’épreuve en tant que telle et le relais le permet à la perfection.

Ma Prépa vélo

D’abord: des rencontres

Grâce à mon boulot dans le milieu sportif et de nombreuses rencontres au gré des années et de mes aventures bloguistiques (néologisme Hotsteppers – jour de création: aujourd’hui !), j’ai pu être parfaitement conseillée pour aborder cette épreuve.

  • Déjà il y avait eu Delphine, créatrice du Blog Oh My Tri qui m’avait invitée à une initiation au triathlon il y a quelques années et permis de découvrir tranquillement la nage en eau libre (avec combi !) et le vélo en une même journée.
  • Puis il y a eu l’expérience récente « Champs Pour Elles » avec la FDJ grâce à qui j’ai pu parcourir les 8 derniers km du Tour de France avec arrivée sur les Champs Elysées, le tout sur un vélo de supra compète !
Triathlon de Quiberon en relais
  • Finalement, il y a Caro, triathlète chevronnée qui se sera révélée suite au Challenge organisé par la marque de fitness Proform en 2014.  Suite à cette expérience et à la rencontre de la championne Charlotte Morel qui deviendra rapidement sa coach (structure « My Tribe » avec son compagnon Fred Belaubre), Caroline aura intensifié et structuré sa pratique pour découvrir progressivement l’étendue de son talent. Forte de cette expérience doublée d’une très appréciable humilité, Caro a pris mes inquiétudes et ma motivation à bras le corps et concocté un petit plan d’entraînement sur mesure !

Ensuite: l’entraînement

J’avais 1 mois et demi pour me préparer tranquillement. Malgré tout je n’avais pas suivi de ‘plan d’entraînement’ à proprement parler depuis des années à cause de ma hernie discale. Je faisais beaucoup de préparation physique et n’ai jamais lâché le sport mais j’avais abandonné tout port de dossard ou forme de compétition. Mi-juillet, j’annonce à Caro que je pars pour 1 semaine de randonnée dans les Pyrénées avec l’UCPA. Super début pour me relancer en mixant foncier (heures de marche en altitude) et renforcement musculaire (D+/D-/D+/D-…and so on !). La suite se fera sur VTT seulement, faute de vélo de route en stock.

Triathlon de Quiberon en relais Hotsteppers

Le plan à base de 3 à 4 séances par semaine:

  • Semaines 1 et 2
    • Uniquement de l’endurance 
  • Semaines 3 et 4
    • 2 séance d’endurance de minimum 1h et idéalement 1h30
    • 1 séance de seuil (3×6′ à 80-85% de ma VMA, r:2′  – SV1)
    • 1 séance de sprint: 2 x [6 x 7″] r: 53″; R: 5′
  • Semaine 5
    • 2 séance d’endurance (1h à 1h30)
    • 1 séance de seuil (3×8′ à 80-85% de ma VMA, r:2′ – SV1)
    • 1 séance de PMA: 2 x [6 x 30″/30″]; r:2′ (je n’ai pas eu le temps ni l’occasion de mesurer ma PMA donc je faisais au feeling « en résistance fluide ».)
  • Semaine 6
    • 2 séances d’endurance de 45′ maxi sans côtes
    • 1 « rappel PMA »: 6 x 30″/30″
    • 30′ tranquille sur vélo de route (pour la 1ère fois!) la veille de la course !
triathlon de quiberon en relais récit

L’équipe de choc

Après le désistement d’une nana prévue dans notre relais, Stéphanie s’est emparée de la partie natation. Ce serait donc elle qui me passerait le fameux relais (scratch autour de la cheville). Ambiance au sommet !

Triathlon de Quiberon en relais équipe de choc
De gauche à droite: Stéphanie en posture « nage », moi même en posture « bike » et Nadia en posture « run » !

Le récit du moment « M »

Disons le, j’étais ultra stressée. Pas besoin de vous jouer le scenario de la nana transcendée par la joie de l’effort et complètement cool.

Franchement, quand on n’a pas mis de dossard depuis des années, on flippe.

Quand on a été habituée à avoir des douleurs assez récurrentes, on a peur que ça resurgisse de nulle part.

Et quand on a été habituée à courir et que, pour la 1ère fois, on monte sur un vélo de course, qui plus est le jour de la compétition: comment être complètement sereine ?! La pression était palpable. Mes attentes envers moi même aussi. J’avais envie de passer un cap.

Le jour J nous rangeons le vélo à sa place dans la zone de transition, mettons le relais à la cheville de Stéphanie et écoutons le briefing des organisateurs. Il y beaucoup de règles dans le triathlon et de sujets de pénalités voire de disqualification: il vaut mieux écouter posément pour être tranquille. 

Le départ de la nat: Stéphanie dans le Grand Bleu

Stéphanie en combi, bonnet sur la tête et lunettes prêtes à être enfilées s’engouffre dans la vague humaine de nageurs et part en direction de la plage. Malgré son expérience, elle ressent une certaine appréhension. On sent l’adrénaline monter. Nadia et moi tout aussi tendax partons nous placer dans l’aire de transition. Stéphanie devrait arriver d’ici 15 grosses minutes. 1ère grosse particularité d’un relais: il faut gérer l’attente !

Triathlon de Quiberon en relais passage natation
Arche de passage de la mer à la terre

La T1 et le départ Vélo

Interdiction de courir dans l’aire de transition pour s’échauffer. J’opte donc pour un échauffement sur place avec beaucoup de mise en route articulaire et une routine de warm-up « head to toes » que je fais régulièrement. Le temps passe vite, les 1ers nageurs se mettent à sortir très rapidement. Stéphanie mettra 17’11 pour parcourir les 750m en mer et courir jusqu’à notre emplacement. Nadia est au taquet et défait le relais de sa cheville pour le mettre sur la mienne pendant que je décroche le vélo de son emplacement.

parc à velo triathlon de quiberon en relais

Interdiction de monter sur le vélo avant d’avoir franchi la ligne en sortie d’aire de transition. Je cours à côté de mon vélo, contrôle mon souffle, enclenche un mode de concentration maximum et une fois la ligne passée, grimpe sur mon vélo BTwin (sans pédales automatiques) et me lance.

Les 20km de Vélo sur la Côte Sauvage

Le début du parcours slalome en ville. Pas de lignes droites, beaucoup de virages. Je suis ultra prudente; mon 1er objectif est de ne pas tomber. Mon 2ème de finir. Mon 3ème de finir avec un temps honorable !

Une fois la partie en ville dépassée avec quelques petites côtes, j’aperçois la mer. La côte Sauvage approche, prête à s’offrir à nous. Le vent souffle et dépose du sable sur mon visage. Ma bouche s’assèche à vitesse grand V sous un soleil éclatant. Il n’ y aucune voitures: la route a été barrée pour l’occasion. C’est le grand luxe mais il va falloir gérer. Je ne pense à rien de négatif, je ne me focalise pas sur mon souffle ou sur mes sensations, je me contente de pédaler en jouant continuellement avec les vitesses au gré des montées et des descentes. Le vent continue de souffler et le soleil de briller, je bois très régulièrement et ne relâche quasiment pas mes efforts. Plusieurs montées se présentent. Elles ne me font pas peur. Les côtes étaient ma spécialité en run; je sais que c’est là que beaucoup se crament. J’en profite pour remonter quelques places. Pour autant je ne fais pas de zèle et roule bien à droite. Il n’y a aucun accrocs entre les coureurs, chacun respecte bien les règles de sécurité et à aucun moment je ne me sens en danger. N’ayant aucun repères en vélo sur cette distance, je contrôle mon effort. Je suis à proprement parler « au seuil ». Quand je vois arriver la pointe de la Côte Sauvage, je sais que le demi tour est imminent et que je m’apprête à passer dans la 2ème moitié du parcours qui n’est autre qu’une boucle. Je me lance alors dans le sens inverse et sens l’énergie revenir en voyant mon temps de parcours à mi-chemin. C’est dur, c’est intense mais je me sens capable de continuer à ce rythme. La 2ème moitié est passée encore plus vite que la 1ère; quelques virages et slaloms en ville plus tard, l’arche de finish est visible. Je jubile. Quelques mètres avant la ligne d’entrée dans la zone de transition, je descends de mon vélo et là…c’est le drame ! 

La T2 et le départ Run

1ère expérience de transition vélo/run: mémorable ! Je titube; j’ai l’impression d’être saoule, mes jambes sont raides et mes quadriceps en béton. Je marche/cours comme un robot et peine à rejoindre le spot où Nadia m’aperçoit de loin et m’attend, prête à décoller. Elle me donne 2-3 consignes en arrivant avant de prendre le scratch à mes pieds, de l’enfiler et de filer. Je m’allonge pour reprendre mon souffle et me remettre de mes émotions. J’ai les larmes aux yeux ! C’est à ce moment là que je décide de faire une petite vidéo sur Instagram, n’attendant pas que l’émotion redescende pour partager ce moment intime et personnel.

Le Finish du Triathlon de Quiberon en relais

Une fois remise des émotions les plus vives, je pense à Nadia et file vers la ligne d’arrivée ! On me dit que j’ai le droit de finir avec elle sur les 100 derniers mètres: génial ! Je file et l’attends jusqu’à l’apercevoir pour boucler la boucle avec elle en 1h33’34 de temps total. Bonheur sur la baie de Quiberon !

Merci à Stéphanie de m’avoir permis de vivre cette expérience autant qu’accompagnée pour le faire ! Merci également à Nadia avec qui j’ai vécu beaucoup de moments « bloguistiques » (re!) qui vont toujours bien au delà de l’expérience de blogueuse et restent avant tout des expériences humaines, souvent fortes. Merci à Caro pour ses conseils et ses mots rassurants jusqu’à la veille de l’épreuve 🙂 Par ce relais et cet article, j’ai eu envie de tordre le cou aux clichés de performance et de montrer non seulement que beaucoup de choses sont possibles malgré les aléas de la vie mais surtout que la satisfaction, la joie, la fierté peuvent être puisées partout – sans seuil de distance ou de temps. En d’autres termes, avec mes 44′ tout pile de vélo sur 20km, je pense avoir réussi à franchir ce fameux cap que Nadia confirmera en me disant « Marie, ta blessure est derrière toi ».

Triathlon de Quiberon en relais récit
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Marie
Créatrice et blogueuse sport - nutrition - bien-être. Après des études d'ingénieur bio (France) et un MBA en marketing (Canada), j'ai vécu une expérience de 18 mois dans l'armée de l'air. Ultra curieuse et pour la diversité, j'ai créé le support Hotsteppers ainsi qu'une association de training du même nom pour inciter à bouger, manger et vivre mieux, peu importe son niveau ou son âge ! Freinée en pleine quête de performance par une adénomyose (forme d'endométriose), j'ai dû et continue de repenser ma passion et pratique sportives tout en explorant sans arrêt de nouvelles pistes de santé et bien être. Après avoir travaillé 5 ans pour des marques de sport, je me suis lancée en tant qu'indépendante début 2019 dans le conseil éditorial et social media. Matière vivante, Hotsteppers est un support sans filtres, mouvant, au gré de ma vie et de mes aventures.

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