Temps de lecture estimé : 8 minutes

Je suis en train de lire l’opus de James Clear « Atomic Habits » et j’y ai trouvé tellement de transferts possibles avec le lifestyle sportif, que j’ai décidé d’en faire un article. Le mot « habitude » a plutôt mauvaise presse. On l’assimile à une forme de « routine », très souvent synonyme de vie morne et répétitive. Mais si vous êtes sur ce blog, c’est que vous aimez le sport. Pas qu’un peu. Vraiment. Plus que ça, vous aimez avoir une vie fraîche, saine, qui vous motive, qui vous dynamise. La « routine » ne vous inspire certainement pas plus qu’elle ne m’inspire moi même, mais si l’on parle de « routineS » au pluriel, tout change, non ?

Les routineS sont des cycles que l’on met en place pour cadrer ses entraînements, ses journées, sa vie. Elles ont un intérêt essentiel : on sait qu’elles sont bonnes pour nous, on sait qu’elles nous font progresser, on sait de quoi elles sont constituées donc pas besoin d’y réfléchir à nouveau à chaque fois. Bilan : on les suit avec confiance. Le seul hic : arriver à être régulier.

citation james clear atomic habits

C’est tout l’intérêt du livre de James Clear et de cet article où nous verrons :

  • à quel point l’environnement que vous créez autour de vous impacte la qualité de vos routines;
  • le secret du « self control »
  • des exemples concrets d’environnements favorables que je vous donnerai avant de vous inciter à faire le même exercice chez vous. Let’s go.

Le pouvoir de votre environnement

Tomber dans une addiction ou s’en défaire selon son environnement ?

Punchline en VO de James Clear :

Addictions can possibly dissolve when there is a radical change in the environment

James Clear a étudié la manière dont les plus grands performers (y compris sportifs) de notre époque ont su atteindre des objectifs souvent hors du commun.

Son verdict est clair : l’environnement dans lequel nous vivons a un tel impact qu’il peut nous libérer de nos addictions (ou nous y faire replonger). La mauvaise nouvelle est que nous sommes influençables. La bonne, que nous avons bien plus le pouvoir de créer un environnement favorable à nos habitudes quotidiennes que nous le pensons.

La guerre du Vietnam et l’addiction des soldats à l’héroïne

L’auteur prend l’exemple de la guerre du Vietnam et de l’addiction massive à l’héroïne des soldats sur le front. Les chiffres de l’époque parlaient de 15% des soldats concernés mais des études plus poussées ont révélé un taux plus proche des 35%. Lee Robins, chercheur particulièrement impliqué dans ce programme de recherche a réalisé que quand les soldats rentraient chez eux, seuls 5% d’entre eux replongeaient dans l’héroïne dans l’année qui suivait leur retour. Et jusqu’à 12% dans les 3 ans.

Sans être parfaits, ces chiffres surprenant montrent malgré tout qu’une addiction connue pour être violente et potentiellement irréversible, disparait spontanément quand les sujets concernés changent radicalement d’environnement (du front à la maison). Malheureusement, dans le sens inverse, d’autres études ont montré que les personnes addicts à la drogue qui se défaisaient de leur addiction en cure de désintox, avaient tendance à rechuter une fois revenus chez eux : lieu déclencheur de pas mal de leurs travers.

Un autre point intéressant entre alors en jeu : le « self-control ». Comment se fait-il que certaines personnes arrivent à se maitriser face à des tentations ou des éléments déclencheurs de « mauvaises habitudes, alors que d’autres sombrent – laissant leur volonté (et leur self-esteem) KO ?

Clear a sa théorie.

Le secret du « self-control »

Ce n’est pas tellement la motivation qui compte …

La vision de l’auteur n’est pas celle à laquelle je m’attendais. Pourtant, elle est logique. On pourrait penser qu’il suffirait de muscler sa volonté, d’apprendre à résister ? Mais non. Pour Clear, nous mettons bien trop l’accent sur notre motivation alors que ce qui compte vraiment, c’est…je vous le donne en mille : notre environnement !

Make the cues of your good habits obvious and the cues of your bad habits invisible

Vous l’aurez compris : pour introduire des bonnes habitudes ou des routines efficaces dans votre quotidien, il faut que les éléments déclencheurs de ces habitudes soient visibles, accessibles, évidents.

Plutôt que se battre à résister : éloigner les mauvais « déclencheurs »

A l’inverse, pour éviter de retomber dans ses travers, cela ne sert à rien de résister : il faut éloigner voire faire disparaître tout ce qui les déclenche.

Les personnes qui ont du « self-control » selon James Clear ne seraient donc pas nécessairement des personnes à la volonté supra musclée, mais des personnes qui se connaissent bien.

  • Qui ont analysé ce qui déclenche chez eux des actions positives et qui savent les provoquer.
  • Mais aussi, qui ont analysé ce qui les embarque dans des cercles vicieux ou des moins bonnes habitudes et qui éloignent ces éléments, lieux, personnes, de leur quotidien.

L’environnement dans lequel nous vivons n’est donc pas juste une histoire de maison ou d’appartement; de déco; de Feng-shui ! mais un ensemble d’objets, d’aménagements, de contacts humains, de lectures, de media, etc. qui ont un impact sur nos habitudes.

Je vais prendre des exemples ultra concrets que j’ai mis en place dans ma propre vie et je vous inviterai ensuite à faire un exercice très utile pour la vôtre.

Exemples concrets pour Hotsteppers…et pour vous !

  • INFOS – Je sélectionne les media que je souhaite consulter. Je sais que certains media me font perdre un temps infini sur le web, m’envahissent de pensées anxiogènes, brident ma créativité. J’ai décidé de les couper. A l’inverse, les bloggers, podcasters, journalistes qui ont une plume constructive, alimentent mes lectures ou écoutes quotidiennes.
  • VTT – Je pourrais ranger mon VTT dans un endroit spécial mais je préfère le garder dans mon entrée. Alors oui c’est moins pratique, oui c’est moins joli. Mais l’avoir sous les yeux réduit de beaucoup le temps entre ma décision de faire une séance et la dite séance ! Même si c’est un sport que j’aime, je reste humaine et parfois la paresse prend le dessus. Quand je sens que c’est trop pour mon corps et que ça ne sera pas bénéfique, pas d’hésitation. Mais quand c’est le bon moment, je veux couper les diversions !
  • BODY CARE – ELDOA – KINSTRETCH – A peu près dans la même logique, j’ai déroulé un tapis de yoga dans mon salon ! Les gens qui viennent chez moi et à qui je demande de marcher en chaussettes pour ne pas le salir en savent quelque chose ! On pourrait se dire que je n’ai qu’à le sortir seulement quand j’en ai besoin. Mais j’en ai besoin pour m’étirer, pour faire des séances de Kinstretch devant ma télé grâce à Youtube ou encore des séances d’ELDOA. Si j’attends d’y penser, ce n’est JAMAIS le bon moment. En revanche, avec mon tapis (et mon foam roller) sortis, je passe dessus plusieurs fois par jour, même 5 minutes, pour des étirements ou des mini séances.
  • GOOD FOOD – Avant d’avoir un diagnostic d’endométriose, j’étais déjà très sensible à une alimentation saine. Mais je le suis ENCORE PLUS aujourd’hui. J’ai donc très peu de biscuits chez moi (aucun en fait) – seulement des carrés de chocolat 🙂 tout un bar d’huiles végétales, surtout celles riches en omega 3 et un espace réservé au petit dèj, avec uniquement des produits ultra sains et tellement bons comme les granola, porridges et latte nümorning ainsi que le café detox de chez Kafé NAKA, qui sont les seuls incitations positives qui me font sortir de mon lit le matin. (Yes, I hate morning, that’s a fact !)
  • LECTURE & AUTO-FORMATION – Il y a de nombreux autres exemples mais pour finir je dirais que j’aime lire et que cela fait partie intégrante de mon travail de freelance. Je me forme, je suis des coachings, j’écoute énormément de podcasts en marchant et chez moi : je lis. Mais je lis des choses assez diversifiée : philo, développement personnel, témoignages et biographies, livres sur l’entrepreneuriat et la créativité, … Sauf que si ces livres ne sont pas sous mes yeux, au bon endroit et au bon moment, j’ai tellement 15 onglets ouverts en permanence dans ma tête que je n’avance pas. Alors j’ai placé certains livres dans certaines pièces, selon leur fonction et le moment de la journée où j’y suis, pour être dans le bon mood au moment où je passe devant.

Cela marche aussi bien dans un studio, il suffit de définir des espaces qui ont des fonctions spécifiques. James Clear donne l’exemple d’un ami qui n’utilisait sa tablette QUE pour regarder des films, son smartphone QUE pour envoyer des mails ou des texts et son ordinateur QUE pour travailler. Un endroit, un espace, un objet : une fonction. Vous saisissez l’idée ?

Je vous invite à votre tour à faire un exercice hyper intéressant.

  • Déjà, observez vos habitudes sur une semaine. Les trucs un peu automatiques du lever au coucher, que vous déroulez « par habitude ».
  • A la fin de la semaine, repérez ceux que vous trouvez bons et voulez garder versus ceux dont vous aimeriez bien vous débarrasser.
  • Ensuite, identifiez ce qui vous aide à enclencher les bonnes habitudes : mettez ces déclencheurs en évidence, à fond.
  • Vous devinez la suite, mettez en évidence ce qui vous fait enclencher les mauvaises habitudes : faites disparaitre ces déclencheurs, arrêtez de leur donner de la place. Vous gagnerez en liberté et en satisfaction.
inspiration mentale de james clear livre "atomic habits"

Il existe une autre technique très intéressante qui s’appelle le « habit stacking » mais j’en parlerai dans un prochain article. A moins que vous n’ayez envie de vous ruer sur le livre « Atomic Habits » entre temps. D’ici là, prenez soin de vous et de vos bonnes habitudes ! On se retrouve vite avec des nouvelles pistes pour grandir physiquement, mentalement et rester au contact de la nature : les 3 piliers Hotsteppers.

Je cite ce livre dans le 3ème épisode de mon podcast PUNCHLINE qui réfléchit en 14minutes à la phrase d’Orelsan : « On vous demandera toujours d’être PREMIER, jamais d’être HEUREUX »

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Marie
Créatrice et blogueuse sport - nutrition - bien-être. Après des études d'ingénieur bio (France) et un MBA en marketing (Canada), j'ai vécu une expérience de 18 mois dans l'armée de l'air. Ultra curieuse et pour la diversité, j'ai créé le support Hotsteppers ainsi qu'une association de training du même nom pour inciter à bouger, manger et vivre mieux, peu importe son niveau ou son âge ! Freinée en pleine quête de performance par une adénomyose (forme d'endométriose), j'ai dû et continue de repenser ma passion et pratique sportives tout en explorant sans arrêt de nouvelles pistes de santé et bien être. Après avoir travaillé 5 ans pour des marques de sport, je me suis lancée en tant qu'indépendante début 2019 dans le conseil éditorial et social media. Matière vivante, Hotsteppers est un support sans filtres, mouvant, au gré de ma vie et de mes aventures.

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