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La méditation est toujours un peu connotée « moine bouddhiste » ou « maitre Dong » pour ceux qui ont les mêmes références que moi (NDLR 1 : Un indien dans la ville) (NDLR 2 : avoir les mêmes références que moi n’est pas nécessairement la panacée !). Malgré tout les choses évoluent et la méditation s’introduit aujourd’hui beaucoup plus naturellement dans le quotidien de personnes de tout âge, urbains ou non. Comme quoi, les bienfaits de la méditation valent surement la peine que l’on s’y attarde et … qu’on en fasse sa propre expérimentation. Voici pourquoi, le tout entrecoupé d’une interview de Brice, fondateur de l’application SquadRunner qui « gamifie » le running en équipe.

Bienfait de la médiation n°1 : prendre le temps

La problématique :

Cela semble être une évidence mais à partir du moment où l’on consacre une partie de sa journée à un instant de « recentrage », on est déjà dans une dynamique salutaire. Les épreuves de la « blessure » ou plutôt de la pathologie (adénomyose) qui m’ont affectée ces dernières années, ont mis un gros coup de frein à mon rythme de vie naturellement rapide. J’ai été obligée de ralentir. Obligée de prendre le temps. Obligée de faire moins de chose. En même temps, j’ai réalisé à quel point la plupart des gens vivent constamment dans le rush. Il y a certes une part de speed que l’on ne choisit pas il y a quand même un certain nombre de choses sur lesquelles on peut avoir prise. Oui, vous pouvez prendre plus votre temps. Il suffit de décider de dire non à certaines personnes, non à certaines activités, non à certaines tentations nombreuses et quotidiennes du monde professionnel et social qui incitent à faire plus pour avoir plus. Tout n’est pas sous contrôle mais une partie l’est.

Si vous ne pouvez pas prendre 10 minutes par jour pour méditer « faute de temps » c’est qu’il y a un sérieux problème dans votre dépendance à ce temps qui passe. Croyez moi, plus on prend son temps, moins on le subit !

La réponse apportée par la méditation :

Matthieu Ricard, traducteur et ami du Dalaï Lama, connu pour ses nombreux livres et conférences affirme que pour un occidental qui n’a pas eu l’habitude de pratiquer la méditation dès le plus jeune âge « entre vingt et trente minutes de méditation par jour pendant quatre à huit semaines suffisent pour qu’apparaissent des premiers effets positifs sur la santé, notamment sur la pression artérielle, l’anxiété, la tendance à la dépression et le système immunitaire. »

Bien entendu pour la plupart d’entre vous, 20 à 30 minutes peuvent représenter un investissement en temps irréaliste. Commencez pas 10-15 minutes et mettez en place votre routine quotidienne. Votre régularité paiera à coup sûr.

Bienfait de la médiation n°2 : lutter contre l’éclatement de la pensée

La problématique :

Internet est révolutionnaire mais a également transformé notre manière de vivre et de penser. Ajoutez à cela les mécaniques conçues par les géants du web pour créer des addictions et des dépendances chez les internautes, notamment sur les réseaux sociaux et vous obtenez des esprits sans cesse monopolisés. Notre attention n’est pas seulement sous l’emprise de notifications, de pop-ups, de stratégies de rétention en tous genres mais elle est en plus éclatée.

On tend alors à être sans cesse sollicités, par plein de choses en même temps, pas forcément importantes, pas forcément intéressantes mais permanentes.

La réponse apportée par la méditation :

La méditation ne consiste pas à ne penser à rien. D’ailleurs plus on cherche à ne penser à rien, plus on pense à tout ! Méditer consiste à rééduquer son esprit à se réunifier, à ne pas partir dans tous les sens, à ne pas penser au passé et à l’avenir en même temps, à ne pas se projeter ou spéculer, anticiper, craindre, regretter, envier, le tout parfois en même temps.

Dans un autre registre, le sport aide aussi clairement à faire le vide et à lutter contre cette « maladie » de l’éclatement de la pensée. Il y a d’ailleurs dans la course à pied, surtout en endurance, une dimension clairement méditative de l’esprit qui se relâche et se détend avec le rythme répété du souffle et de la foulée. Quand vous courez, vous vous offrez cet instant d’évasion, ce temps pendant lequel l’esprit se réunifie. Il est possible et même important de savoir en faire autant sans être dans le mouvement physique. Pour le découvrir, rien ne vaut la pratique.

L’avis de Brice, fondateur de SQUADRUNNER: « J’ai commencé à méditer en 2010. La méditation de pleine conscience est un recoin, un lieu où me réfugier à chaque fois que j’en ressens le besoin. Un lieu caché dans lequel on n’entre pas si on n’en n’a pas fait la démarche. Un lieu en apparence trop lointain pour s’y réfugier de bon gré. Le chemin pour y parvenir est sinueux, et fourbe, on s’y perd souvent. Quand on est entré dans la pleine conscience, on se fait sortir facilement par les bourrasques de vent. On persévère et on y entre à nouveau. Petit à petit les vents deviennent de petites brises. »

Bienfait de la médiation n°3 : retrouver son intériorité

La problématique :

Nous vivons dans une société très extériorisée. Ce qui compte est ce qui se voit, il faut parler fort pour être entendu, il faut se faire remarquer pour exister. La discrétion et l’humilité ne sont pas vraiment à la mode et pourtant. J’adore le concept de « force tranquille« . Cette puissance douce et ferme qui émane de personnes qui savent être présentes sans mettre en place un rapport de force avec l’autre. Certains parlent de charisme, d’autre d’assurance, d’autre d’équilibre ou encore « d’alignement » (terme un peu trop emprunté à l’univers du neo-développement personnel que je trouve un peu surfait, mais peu importe.) Pour travailler cette intensité que nous avons tous au fond de nous, il faut…aller au fond de nous la chercher ! Les démonstrations de surface forcées par des codes sociaux souvent superficiels nous font oublier que nous avons une intériorité précieuse qui nous différencie au final bien plus des autres que notre apparence.

La réponse apportée par la méditation :

Pratiquer la méditation apporte cet incroyable opportunité de reprendre rendez-vous avec son intériorité et de la nourrir. Méditer est un face à face avec soi même qui n’a besoin ni de l’avis des autres ni d’indicateurs externes pour « fonctionner ». C’est un mécanisme presque anachronique dans lequel votre individualité reprend sa place. Or on confond souvent individualité au sens « singularité » et individualisme. Savoir cultiver son intériorité est nécessaire pour bien vivre en collectivité alors que beaucoup comptent sur le groupe pour exister mais dépérissent une fois seuls. Au fond, quand on cultive son intériorité, on n’est jamais seul, ni avec les autres, ni sans. Et de nos jours plus que jamais, cette capacité est une vraie force.

L’avis de Brice (SquadRunner) :  » J’associe souvent le mot méditation et magie, à tort. Mais c’est parlant. Le mot « magie » signifie que les effets dépassent l’entendement. Apaisement, prise de recul, lucidité. La méditation est une certaine invitation à la spiritualité, que la société moderne nous pousse savamment à éviter. »

Bienfait de la médiation n°4 : dompter son mental

La problématique :

Je parlais un jour à un jeune médecin de mes douleurs chroniques, à l’époque peu comprise mais aujourd’hui éclairées par un diagnostic d’adénomyose (forme d’endométriose). Cette personne profondément empathique et passionnée par son métier-vocation, me disait : « je ne nie aucun de tes symptômes mais je sais que l’on peut dompter son mental bien plus qu’on ne le croit ».

Ma mère qui travaille également en tant que médecin dans un centre de soin palliatifs, me raconte régulièrement des histoires invraisemblables de personnes de tout âge, lourdement atteintes par des cancers en phases avancées mais ayant décidé de ne pas souffrir. Cela peut paraître fou ou inconcevable, mais elle me parle d’hommes et de femmes qui ne ressentent pas la douleur parce qu’elles ont décidé qu’elles ne se laisseraient pas abattre par elle. Malgré ce que l’on pourrait penser de ce métier difficile qu’est l’accompagnement de personnes en fin de vie, ma mère vit chaque jour des expériences surprenantes qui donnent foi en la vie et en l’Homme.

Nous pouvons plus que ce que nous pensons.

Moi la première. Parfois je culpabilise de ne pas arriver à mieux vivre cette douleur chronique que je n’accepte pas. Parce que j’ai 34 ans, parce que je refuse de ne pas être à 100% de mes capacités, parce que j’ai toujours été habituée à décider et à pouvoir tout faire, parce que je suis profondément impatiente et intolérante à l’incapacité. Sacrée claque que l’épreuve physique qui dure et qui vous diminue mais ne vous rend pas moins précieux pour autant !

Comment reprendre la main sur son mental en douceur ? Pas pour s’interdire d’éprouver mais pour combattre différemment.

La solution apportée par la méditation :

Il a été prouvé scientifiquement que la pratique méditative rééduquait de manière très probante certaines zones du cerveau en cause dans la peur et les états dépressifs. Nous sommes tous fait de plus ou moins de conditionnements, de pensées automatiques, d’états psychiques qui nous enferment parfois dans des croyances infondées. La méditation est le véritable sport de l’esprit. Si le sport agit sur le corps et permet chimiquement de détendre l’esprit, la méditation agit directement sur le mental. Mais comment faire?

Méditer : comment faire ?

Applications de méditation

Il existe plusieurs applications de méditation très bien faites qui proposent toutes sortes de méditations de durée et thématiques différentes. Petit bambou est assez connue mais j’utilise plutôt Namatata. La voix du concepteur de l’application m’est agréable et m’endort le soir (quand je ne suis pas trop stressée ;))

Podcasts ou MP3

Certaines références de la méditation comme Christophe André proposent souvent des CD ou MP3 de séances de médiation guidée. Pas forcément liées à un thème en particulier, elles peuvent tout simplement vous apprendre à vous concentrer sur votre souffle et à fixer votre attention sur la voix calme de votre guide pour muscler votre capacité au « focus mental ».

Méditation libre

Probablement plus adaptée aux personnes déjà un peu entraînées et volontaires, la méditation libre n’est autre que le fait de se mettre soi même en état méditatif, en faisant avec l’environnement du moment (lumière, sons, …) et en tentant d’entrer dans cet état de concentration propre à la pleine conscience.

L’avis de Brice (SquadRunner) :  » Je n’ai pas de rituel, car les rituels sont souvent cadrés dans le temps, l’espace.. et privent d’une certaine liberté. Je ne m’impose rien. Je pratique systématiquement le soir au coucher, et en fonction de mon état de stress, soit je m’endors dans la minute où j’ai commencé à méditer soit dans les 15 minutes. Je profite de méditer lorsque je marche dans la rue, je trouve que c’est idéal pour une raison importante : c’est là que je réalise à quel point l’état de pleine conscience est différent d’un état d’alerte (projections, pensées, jugements…). Mais je pratique sans apli sauf dans le train où je mets systématiquement une piste mp3 de Christophe André issue de son livre « Méditer jour après jour ». J’ai l’impression que la voix de Christophe André a été pensée pour servir de support de méditation ! »

Que vous soyez régulièrement sujet à du stress, de l’anxiété ou pas, que vous éprouviez des douleurs physiques ou que vous soyez en pleine forme, la méditation est une pratique bienfaitrice pour quiconque s’y entraîne et mérite plus que jamais une place dans votre emploi du temps. Véritable médicament anti-dispersion mentale et anti-stress, la méditation peut aussi devenir un allié de choix avant une compétition ou un challenge. Et si vous commenciez aujourd’hui ?

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Marie
Créatrice et blogueuse sport - nutrition - bien-être. Après des études d'ingénieur bio (France) et un MBA en marketing (Canada), j'ai vécu une expérience de 18 mois dans l'armée de l'air. Ultra curieuse et pour la diversité, j'ai créé le support Hotsteppers ainsi qu'une association de training du même nom pour inciter à bouger, manger et vivre mieux, peu importe son niveau ou son âge ! Freinée en pleine quête de performance par une adénomyose (forme d'endométriose), j'ai dû et continue de repenser ma passion et pratique sportives tout en explorant sans arrêt de nouvelles pistes de santé et bien être. Après avoir travaillé 5 ans pour des marques de sport, je me suis lancée en tant qu'indépendante début 2019 dans le conseil éditorial et social media. Matière vivante, Hotsteppers est un support sans filtres, mouvant, au gré de ma vie et de mes aventures.

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