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Ecotrail de Paris : de la boue, des sourires et des larmes

La période des fêtes est toujours un peu vicieuse car c’est à ce moment là que les courses s’arrêtent et que l’on ressent l’envie de s’inscrire à toutes celles qui seront proposées dès la reprise de la saison. C’est clairement ce qui m’est arrivé cette année, j’ai flambé ! N’ayant pourtant que moins d’1 an et demi de course à pieds à mon actif, je me suis inscrite au Semi-marathon de Barcelone du 17 février, au Semi-marathon de Paris du 03 mars et à l’Ecotrail 30km du 17 mars. Un programme un peu (trop) chargé pour quelqu’un qui manque d’occasions de s’entrainer régulièrement et qui ne se connait pas encore parfaitement. Cependant, je suis fière d’avoir relevé ces 3 défis, fière de ne m’être défilée devant aucun malgré la survenue d’une cruralgie au milieu du mois et de contractures à n’en plus finir, fière d’avoir pu vivre des grandes premières : premier semi marathon, premier trail, premier 30km…, fière d’avoir fait face à mes éternelles appréhensions et convictions que « je n’y arriverai jamais », encore plus fière d’avoir pu transmettre un peu de ma passion à des membres de ma famille venus me soutenir sur le parcours éprouvant de l’Ecotrail de Paris 2013. C’est d’ailleurs de cette course là dont il s’agit ici, avant que je n’entame une période nécessaire de break, parlons-en, il y a tant de choses à dire !

6ème édition de l'eco trail de Paris 2013

Un départ planant

Pour ceux qui ont suivi mes mésaventures du semi de Paris et malgré un passage par la case ostéopathe en urgence, je n’étais pas débarrassée de douleurs crurales qui sont sans gravité néanmoins très invalidantes pour courir. Ce coincement nerveux irradie rapidement dans les jambes et par effet de compensation génère des douleurs aux genoux, à la hanche, des contractures, etc. La douleur engendrant la douleur, je ne voulais surtout pas revivre la même lutte qu’au semi de Paris et me suis résolue à prendre des décontractants musculaires la veille de l’Ecotrail. Etant très sensible aux moindres substances (médicament, alcool, aliments quelconques, …!) ce protocole a marché mais m’a également un peu shootée. Samedi matin je planais. Accompagnée jusqu’au départ de la course à Meudon où j’ai eu le plaisir de rencontrer David, Fabrice et Marc, trois Hotsteppers très sympas, je me demandais secrètement ce que je faisais là.

ecotrail 30km paris

De gauche à droite: Marie, David, l’arche de départ du 30km, re-Marie, Fabrice

Thierry Guibault en route vers ses championnats mondiaux militaires de cross (desquels il terminera 12ème et 1er au classement européen !) m’avait dit de « prendre beaucoup de plaisir » ce qui me fit penser à ce moment là, de façon purement existentielle : « oui mais quand tu as mal, que tu es fatiguée et que tu as surévalué tes capacités à enchainer les courses, tu vas le chercher où le plaisir ? ». De toutes manières j’y étais et malgré de sombres idées de ne pas prendre le départ la veille, j’étais bien résolue à aller au bout en espérant ne pas être trop dure avec moi-même et me laisser le droit de ralentir en cas de baisse de régime. Intransigeance quand tu nous tiens. Coup de pistolet, je pars dans la 2ème vague en n’étant pas franchement « dans la course », peu importe, le course était lancée !

Un début de parcours très hétérogène

Des montagnes russes de boue

A posteriori je pense être incapable de dire par où je suis passée, quand je vous dis que je planais…En revanche, je me souviens que les tous premiers km avant de rentrer dans la forêt de Meudon étaient roulants. Une fois dans la forêt, le profil du terrain était fidèle aux prévisions : gras, collant et glissant à la fois ! A chaque foulée j’avais la sensation de devoir décoller mes chaussures du sol et bien regarder où marcher pour ne pas littéralement m’étaler dans la boue ! Les premiers chemins étaient boueux sans trop de dénivelé puis nous avons commencé à faire face à de vraies belles côtes. Ayant été à une reco de l’Ecotrail où nous avions enchainé les montées, je m’attendais à pire. Au final, il y a eu beaucoup de bosses « up and down » sur ce parcours mais peu de vraies montées où une marche rapide s’imposait à la place de la course. Notez tout de même qu’une joellette prenait part à l’épreuve et que toute une équipe de grands gaillards faisait exactement le même parcours que nous mais avec une contrainte incomparablement plus grande.

ecotrail handicap

Cela m’a évidemment beaucoup fait penser au team Transavia qui accomplira le même exploit au Marathon des Sables du 5 au 15 avril et que vous pourrez suivre de très près via les Hotsteppers. Dans certaines montées, les chemins étaient tellement étroits que nous étions à l’arrêt, les uns derrière les autres, attendant sagement de retrouver une voie un peu plus large. Autant sur un semi ce genre de situation me fait enrager, autant sur un trail de 32km, je me disais que c’était l’occasion idéale pour manger, souffler et envoyer un sms à ma famille devant me retrouver au 21ème km.

Un timing rassurant

J’étais dans les temps, un peu en avance même. Mon GPS m’annonçait des temps au km en dessous de 6min pour les parties roulantes et jusqu’à 8min pour les zones de marche. Une fourchette assez large mais théoriquement conforme à ce que j’avais anticipé. Cependant, je réaliserai plus tard que ce fameux GPS m’avait bernée en cumulant 3km de retard sur la distance réelle…j’étais donc tout ce temps là et sans le savoir, bien en avance par rapport à mes estimations !

Les kilomètres défilent, Bruno Bicochi rencontré il y a 1 an lors d’entrainements spécifiques pour la Paris-Versailles et revu lors d’une reco pour l’Ecotrail me lance un « allez Marie » depuis le bord d’un chemin, je me retourne surprise puis lui renvoie un large sourire accompagné d’un « thumbs up », ravie de cette rencontre imprévue. Je sais aussi que je vais retrouver ma mère, ma petite sœur et son copain au ravitaillement de St Cloud et je n’attends que ça. Je vois l’arche au loin, quelques barrières, un stand, on y est !

Un ravitaillement déterminant à St Cloud

Je les cherche, je regarde dans tous les sens, je ne les vois pas et me dis déjà qu’ils ont du avoir du mal à se garer où ne pas trouver le site. Je passe la barrière et tout à coup j’entends ma sœur m’appeler ! Je les vois et cours vers eux ! Ils me disent : « t’as l’air super en forme, t’es allée beaucoup plus vite que prévu, c’est dingue ! ». Je suis un peu dans un autre monde et noyée dans un mélange de fatigue et d’endorphines. Ma mère rajoute « une dame a compté, tu es dans les 45 premières femmes ! ». Là je me réveille et lui réponds « quoi ? moi ? non ! moi ? »… « oui, oui il n’y a quasiment que des hommes qui défilent depuis tout à l’heure, tu déchires ma biche » ! J’avais envisagé de changer de chaussures ; mes trails me faisant vraiment mal au pied gauche, voire de réapprovisionner mon camelback en eau…Finalement, je ne ferai rien de tout ça. Après 3-4 gorgées de punch power je les embrasse fort et leur dit que c’est le moment ou jamais, que je dois foncer vers l’arrivée ! « Tu as fait le plus dur, vas y ! » me répondent-ils et me voilà repartie. Un instant fugace, d’à peine plus d’1min : un peu ingrat pour 3 personnes venues jusque là vous voir mais tellement important pour moi.

Une dernière portion roulante mais interminable

Des encouragements qui ont compté

Repartie dans la foulée je m’apprête à entamer les 10 derniers km au moment où une supportrice inconnue me lance un « allez marie, courage » ferme et enthousiaste depuis la chaussée. Je la regarde dans l’étonnement le plus complet en lui disant « merci !». Je comprendrai plus tard qu’il s’agissait de Fahima, une lectrice régulière de la page Hotsteppers dont je n’avais pas encore bien identifié le visage (virtualité des échanges faisant). Ta présence à ce moment là aura été une belle surprise Fahima, merci ! Un peu plus loin je croise une petite famille avec un enfant qui cherche désespérément à taper dans les mains de coureurs. Je traverse d’un coup l’allée en diagonale pour aller le voir! Mon changement de direction aura toutefois gêné un coureur un peu énervé mais très vite calmé en voyant la raison de ma traversée ! Quelques mètres plus loin nous arrivons à une porte, il ralentit puis s’arrête en me disant « après vous mademoiselle » : joli geste, je lui offre un sourire un peu difficile à ce niveau de la course et nous repartons, concentrés. Nous montons des marches, traversons des ponts, redescendons des marches. Comme c’est étrange de revenir sur du plat. J’ai mal aux pieds, mal à la jambe droite (pli de l’aine, genou et cheville) et l’impression de me traîner avec douleur. Cela ne devait pas être qu’une impression car je reçois beaucoup d’encouragements, d’hommes compatissants qui me voient me battre et me disent « bravo ma grande, c’est génial ce que tu fais » et de femmes qui solidairement me boostent en me disant comme je dois continuer, que j’y suis presque. J’ai même eu droit à un « bravo Madame, continuez » auquel j’ai répondu un « merci beaucoup Madame »… Il n’y a pas d’heure ni de lieu pour être poli et pour partager son soutien !

Un GPS déstabilisant

Nous longeons les bords de Seine, parsemés de messages plus ou moins personnels affichés sur le parcours à l’attention de coureurs ! Un concept sympa que j’ai bien envie de tenter dans une prochaine course à coup de logos Hotsteppers ! Mon GPS me signale qu’il reste 7km, je trouve ça trop long. J’arrive à maintenir une moyenne de 10km/h voire plus à certains moments mais je n’avance qu’au mental, mon corps est complètement vidé. Je ne cours jamais des distances pareilles et mes sorties longues dépassent rarement les 15km (faute de temps). A ce moment là, un organisateur sur le bord du parcours nous annonce qu’il reste 4km ! Je ne comprends rien, il y a 3km de différence entre mon GPS et la réalité…je suis énervée contre mon appareil prétendu précis mais soulagée à mourir de savoir que la distance restante est bien moindre que prévue. Peu de temps après, j’aperçois l’antenne de la Tour Eiffel, je sais que la fin approche (au sens propre et figuré !).

ecotrail paris tour eiffel

Une arrivée humide !

Un escalier bien sympa nous attend 500m avant l’arrivée puis nous entamons la dernière ligne droite. Je vois la foule derrière une tour Eiffel gonflable servant de « mascotte » et je fonce. Je fonce pour franchir cette maudite ligne qui m’aura tant couté. J’aperçois mes 3 supporters de choc, venus expressement du point de ravitaillement de St Cloud pour me retrouver à l’arrivée et je me jette dans leurs bras. A ce moment là, c’est le drame, je fonds en larmes ! De vraies larmes de relâchement total, plus de fatigue que de joie je dois avouer. Ma famille m’encourage, me réconforte, me dit de réaliser ce que je viens de faire et je reprends un peu mes esprits mais renonce à me joindre à mes amis pour le buffet sous le chapiteau comme prévu. J’ai envie de passer du temps avec mes proches et surtout d’être au calme !

Le verdict

Mental…mental…mental

Cette course m’aura prouvé à quel point le mental peut aller loin et confirmé à quel point je me sous-estime systématiquement avant chaque course. Au-delà de ça, l’Ecotrail Paris 2013 aura aussi sonné le glas d’un break non voulu mais imposé par une fatigue trop importante pour être négligée. Battante, têtue et passionnée, j’ai du mal à réduire mes envies multiples et dans de nombreux domaines, mais l’être humain est fait de limites respectables et le sport doit être une manière de mieux les connaître, de mieux les gérer, pas de les étouffer. C’est donc avec joie que j’affiche mon résultat pour cet Ecotrail 30km et que j’entame un mois de break de courses (exception faite de la SoMad team 12km prévue dimanche 24 mars depuis longtemps, sur invitation de l’organisation – mais il s’agit d’une course d’obstacles, pour le fun). La prochaine sera les 85km du Trail de l’Yonne, en équipe, avec 3 chers amis !

ecotrail marie gaymard

Bravo et merci…

Bravo à tous ceux qui ont participé à cette épreuve : 30, 50, 80km ; à ceux qui ont fait la Twin santé le lendemain, les randonnées ou la marche nordique. Bravo à tous ceux qui se dépassent dans l’effort et qui ne trichent pas. Bravo à tous ceux qui ont l’humilité d’avancer à leur rythme et de perdurer lentement mais surement pour assurer une progression saine dans ces sports passionnants que sont la course à pied et le trail. Merci à ma chère famille de me suivre dans mes délires en acceptant de ne pas tout comprendre au début mais en partageant finalement toujours de magnifiques moments avec moi et merci à vous pour votre soutien, vos encouragements et vos marques de présence avant pendant et après !

A très vite sur les pistes, en forme !

 

Encart spécial : ma stratégie nutritionnelle pendant cet Ecotrail 30km

La nutrition au coeur de l’effort

Etant de background initial scientifique et actuellement en formation de nutrition sportive en parallèle de mon métier qui opère dans le secteur de la forme et du bien-être, la nutrition est un domaine que je m’efforce de connaître de mieux en mieux. Consciente de sa complexité je reste sobre sur mes recommandations mais vise de développer progressivement cet aspect très largement dans l’espace Hotsteppers. Je n’hésite pas par ailleurs à faire certains tests sur moi-même pendant mes entraînements et à solliciter l’avis « terrain » de sportifs de haut niveau comme au cours de la conférence du Team Asics trail le 16 mars, abordant leur partenariat récent avec Isostar.

Pour cet Eco trail 30km j’aurais donc consommé :

Jus de raisin: 300mL pour un apport mixte de fructose et de glucose additionné de plusieurs pincées de sel (dose recommandé: 1,2g/L).

Eau: 1L

Cubes Bio Natvit à l’argousier et à l’acerola: 3 cubes pour 7,3g de glucides par cube.

– Pâtes de fruit Gerblé: 2 pâtes de fruit pour 21g de glucides par pâte de fruit et un apport en vitamines du groupe B facilitant le métabolisme des glucides.

– Punch Power sans lactose et sans gluten: quelques gorgées de cette nouvelle boisson au ravitaillement du 21ème km pour un apport rapide en sucres diversifiés: maltodextrines, glucose, saccharose, fructose et en antioxydants (acérola).

– Nutrarecup: 1 stick en fin de journée au repas du soir

conseils nutritionnels

De haut en bas et de gauche à droite: 3 Natvit à l’argousier, 2 pâtes de fruit Gerblé, 1 sachet de boisson de l’effort Punch Power, 1 stick Nutrarecup.

Bilan: 65g de glucides sous forme de barres + environs. 10g de glucides sous forme liquide (jus de raisin + punch power) soit une moyenne de 25g de glucides et >250mL d’eau/heure de course.

Critiques de ce plan nutritionnel

  • Les Natvit sont très bonnes et efficaces nutritionnellement. En revanche leur gros désavantage réside dans le fait qu’elles durcissent significativement à basse température ce qui rend leur mastication compliquée ! Réalisant cela au début de la course je pallie donc à cet imprévu en mettant régulièrement une Natvit dans la poche de mon corsaire (au chaud contre moi !) pour qu’elle soit consommable le moment venu !
  • Les pâtes de fruits quant à elle sont trop sucrées et peuvent déranger ceux que cette saveur dégoute assez rapidement au cours d’efforts longs. J’en consommerai donc beaucoup moins prévu à l’avenir et miserai sur les Natvit.
  • A chaque fois que je mange, je bois de l’eau : point important pour faciliter la vidange gastrique et éviter une trop grande concentration de sucres dans l’estomac. De temps en temps je prends une gorgée de jus de raisin pour un apport mixte en glucose et fructose (sucre à index glycémique moins élevé que le glucose et limitant les pics d’insuline).
  • Je ne saurai statuer sur les gorgées de Punch Power prises au ravitaillement 21km. L’intérêt étant que cette prise de boisson de l’effort m’aura permis de changer des barres/pâtes de fruits et de me réhydrater tout en refaisant le plein de sucres. Une sorte de break nutritionnel et sensoriel associé au break familial ! Le goût est correct. Je suis très difficile en matière de boissons de l’effort que je trouve très souvent écœurantes et je ne parle même pas des gels dont je ne supporte pas la texture.
  • Le soir de l’épreuve, je prendrai un stick Nutrarecup de soupe aux légumes. Boisson que j’ai toujours trouvée très efficace pour limiter les courbatures et tamponner l’acidité des muscles abimés par l’effort.

 

 

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Comments

1000 bravos Marie et surtout repose-toi bien !

Tanks a lot Michael 🙂 plein de bises!

Super récit ! Bravo encore et repose toi bien , bises

Merci ma chère Fabienne 🙂

Bravo, tout simplement!!! Fier de te connaître, je me suis encore régalé à lire ton compte rendu!! Reposes toi bien, bonne récup’ à toi!!!!! Au plaisir!!!

Stéphane

Merci Stéphane, ce sont vos lectures^à tous qui me permettent d’écrire en restant fidèle à mon style de femme sensible et battante à la fois ;)) A bientôt !

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