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Paris Versailles 2013: quand courir pour les bonnes raisons rend plus libre…

Consulter les résultats temporaires de la Course Paris Versailles 2013, ici.

Alors que le record du monde de marathon était battu par le kényan Wilson Kipsang à Berlin ce Dimanche 29 septembre 2013, près de 25 000 coureurs s’élançaient de Paris jusque Versailles pour courir la 36ème édition de La Grande Classique. Une course connue et aimée pour son parcours diversifié et exigeant, entre bords de Seine et ville, en passant par la forêt de Meudon, la redoutée Côte des Gardes et finissant par un faux plat de plus d’1km, à 500m du Château de Versailles. Première fois pour moi que je faisais une course pour la 2ème fois, depuis ma toute première: Odysséa 2011. Il y en a eu des dossards depuis, des aventures ou des déconvenues. Mais aujourd’hui fut la preuve qu’un travail mental sur soi et sur sa pratique, que certaines réflexions bien menées et que la quête incessante de sens, peuvent être déterminants dans la réussite d’une course, souvent reflet de la vie que l’on mène…

Voici le récit aérien et heureux d’une Paris Versailles 2013 menée en 1h29’06, sans excès.


Ma PowerSong du jour !

Un départ au rythme d’Amy Whinehouse et Bob Marley…

Après une nuit moyenne, comme avant chaque course, je me levais malgré tout positive car libérée par le choix intime de prendre du recul sur la course à pieds (entre autres) et de remettre les choses à leur place. Au cœur d’une période de faible envie, tentée par le découragement et par des phrases aussi stupides que « je ne suis pas faite pour courir » ou bien « je vais me mettre au tricot, de toutes manières je suis pas une vraie sportive« , je m’étais fermement convaincue de réellement chercher du plaisir là où je trouvais que l’impact des gadgets, du matériel, des fringues et des relations sociales virtuelles fausses et peu constructives avait pris bien trop de place. Plutôt adepte de l’Essentiel, de ce qui est vrai et de ce qui a du sens – spirituelle et intègre, je décidais plutôt que de tout rejeter en bloc, de repartir en quête de ce qui m’avait animée il y a 2 ans en commençant, de retrouver la simplicité et la naïveté touchante des débuts mais surtout, de faire preuve d’un peu d’humilité en restant concentrée sur mes capacités ou incapacités, en les acceptant et en occultant toute comparaison empoisonnée…

Sans essayer d’ameuter « du monde » au départ de la course, je retrouvais discrètement mon ami Philippe, venu s’entraîner à 1 semaine de son marathon de Lyon. Nous avons bien ri des musiques choisies par l’organisation: plus smooth, plus « passe moi le oinj » tu meurs ! J’ai cru que j’allais planter mon tipi et fumer le calumet de la paix plutôt que de courir ! En tous cas, au moins il ne pleuvait pas, une vraie chance d’emblée. Pas de douleur psychosomatique ou réelle en ce qui me concernait. État d’esprit très zen. Prête à partir et à accueillir la réalité de cette course dont j’étais incapable de pré-juger. Top départ, 46ème vague !

Philippe et moi, juste avant le décollage 🙂

Bords de Seine, côte des Gardes, forêt de Meudon…

Les premiers km de bords de Seine jusqu’à la terrible côte des Gardes devaient être un échauffement actif. Vivacité et régularité maximum de mise, en n’allant surtout pas chercher dans les réserves…En parlant de réserves, j’ai pour une fois suivi les conseils que je donne (voir: « optimiser ses stockes de glycogène avant une course) en surveillant mon alimentation de près avant la course: beaucoup moins de sucres simples, beaucoup plus de sucres lents, de la viande blanche, beaucoup d’eau, des fruits secs, pas d’innovations culinaires…L’objectif étant de vivre Paris Versailles 2013 sans baisse de régime stupide comme cette terrible hypoglycémie réactionnelle que j’avais prise en pleine figure 4 jours plus tôt. La gestion nutritionnelle fut idéale et l’énergie accumulée m’aura permis de vivre un effort réel et agréable, le must.

Bilan intermédiaire au km (km 1-6): 5’13/5’13/3’40 (passage sous un tunnel, bug)/5’19/5’03/5’20

Le long de cette 1ère portion de parcours (pas la plus belle), je croise une petite fille qui me pointe du doigt et dit « Oh » ! Je ris et lui rend son « Oh » ! Était-ce l’effet de mon super T-shirt made in Douzaleur, mentionnant « Toi aussi tu as fait un pari stupide ? » En tous cas, les supporters des bords de route sont toujours aussi sympathiques sur ce genre de courses et c’est un bon point.

T-shirt créé par douzaleur.com

Nous arrivons alors en bas de la côte, la fameuse, la terrible 🙂 Personnellement je ne déteste pas les côtes. J’ai les cuisses qu’il faut pour pouvoir les affronter ! Une seule règle pour moi: ne pas marcher. Et pour ne pas marcher, il faut être à l’écoute de son souffle, de ses sensations, pour ne pas virer dans l’hypoxie désagréable. Le haut de la côte n’est quand même qu’à mi-parcours de la course, il s’agit de ne pas se brûler, mais toujours, d’être régulière. La côte n’étant elle même pas du tout régulière: certaines portions ultra pentues, d’autre moins, mes temps au km sont tout autant fluctuants.

Bilan intermédiaire au km (km 7-9): 6’16/ 6’57/5’46/

S’en suit une portion forestière que j’aime toujours autant…Les arbres, leur calme, leur énergie...Nous avons beau être des milliers, je trouve cela ressourçant. En plus, le parcours est relativement plat. Un bonheur après la côte ! C’est le moment de récupérer et de rester concentrée. Avant de partir je m’étais dit: objectif 1h max au 10ème km. Objectif largement atteint, je passe le 10ème km à56′. Le rythme est plus que lancé, le plaisir prend forme et surtout…la sensation de n’être ni dans un excès de dépassement , ni dans de radines économies de forme. Une sorte d’équilibre en fait. Le must de cette portion reste tout de même la grande descente juste après le 11ème km. J’ai cru que j’allais m’envoler…

Bilan intermédiaire au km (km 10-13): 5’10/5’31/4’53

Il reste 3km, dont la moitié sur le faux plat de l’Avenue de Paris: le finish le plus long des courses d’Ile de France (enfin, je crois) ! Une dernière côte bien connue des habitués: « la côte du cimetière », qui cyniquement nous expose à l’intervention expresse de pompiers auprès d’un homme très mal en point, s’offre alors aux hordes de coureurs pressés d’arriver. Les derniers kilomètres de cette course défilent toujours beaucoup plus vite que les premiers ! L’avenue de Paris est là, un long faux plat, un virage et l’arche bleu apparait ! J’aime assez cette fin qui semble proche mais qui ne l’est pas tellement. Elle force à la concentration et la gestion de ses derniers efforts. Les photographes de Maindru bombardent les coureurs, le temps est plus que clément, il reste 100m, bip, terminé !

Bilan intermédiaire et final au km (km 14-16,3): 5’54/5’13/5’28

J’ai cru lire que certains coureurs partis plus tôt avaient été inondés par la pluie sur leur fin de course…j’avoue pour le coup avoir été ultra épargnée et n’avoir pas reçu une seule goutte si ce n’est celles des bouteilles d’eau versées d’une traite sur ma tête à chaque ravitaillement ! Il faisait tout de même assez lourd malgré la grisaille.

Tracé du parcours Paris-Versailles via l’interface polapersonaltrainer.com

 

Bilan

Le parcours de la Grande Classique est inchangé et reste toujours aussi atypique et intéressant. Les ravitaillements sont bien espacés et les organisateurs ont compris qu’il n’était pas nécessaire de proposer 150 produits différents mais que du sucre et de l’eau étaient le principal ! Idem, les barres de céréales, compotes et eaux ultra-minéralisées distribuées à la fin sont de bons choix. On retiendra toutefois, au vu des commentaires parcourus cet après-midi sur les réseaux sociaux, que la gestion des vagues reste approximative. Il devrait y avoir des sas par niveau pour éviter aux marcheurs de persister à gêner ceux qui courent en restant à gauche (et non à droite comme répété maintes fois).

Finalement, l’arrivée est assez grandiose, on peut se permettre une accélération si ce n’est un sprint tant l’avenue est large…les photographes sont bien placés et ont le temps de prendre en photo chaque coureur (d’ailleurs, mes photos risquent d’être funky au vu d’une totale dé-coiffure et du bidon d’eau sucrée que je me suis accidentellement versé sur les cheveux !!!). Paris Versailles 2013 fut une belle édition placée sous le signe de l’écoute de soi et d’une prise de recul saine et bénéfique. C’est une course que je recommanderai à tout coureur de faire au moins fois…

En attendant, bonne récup’ à tous ceux qui ont réalisé de beaux records personnels ce week-end (marathon de Berlin, Semi du Val d’Europe, 10km du Souffle, 100km de Millau), bravo ! et à la semaine prochaine pour une belle cause: Odysséa !

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Comments
MarilynT /Wellness

Je tombe sur ton CR de ton Paris-Versailles 2013 et c’est juste très marrant: j’ai couru mon 1er PV dimanche dernier avec le même t-shirt Douzaleur pour le même chrono que toi !!

Moi je suis assez contre les sas de départ. J’ai tendance à croire que le placement au départ et les dépassements – ce qui implique un début de course un peu tendu pour ceux qui cherchent un temps – font partie de la course.

Je peux comprendre…par contre les gens qui marchent dans les côtes et qui restent plantés à gauche, ça, ça fait pas partie du jeu, c’est carrément pénible…peu importe ton niveau, quand tu as du mal et que tu es sur ta lancée, t’as pas envie que quelqu’un s’arrête net devant toi sans se pousser. Il y a aussi un minimum de « savoir être », même en course à pieds !

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