Avant le 18 mai, 8h, la dernière course inscrite à la main (et en gros) dans mon agenda était le marathon de Paris, le fameux. Mon tout 1er. Une capitale traversée sans douleur et bien entourée, un vrai bonheur runningstique en somme comme ces moments de sport « à sensation » qui s’impriment dans votre corps et votre cœur en vous donnant le sentiment que tout est possible et génial ! Particulièrement grisée par cette expérience introspective riche, je surffais sur la vague concluante de l’entraînement multisport : squash, zumba, running, RPM en me dirigeant petit à petit vers une nouvelle échéance : la course Paris St Germain. Expérience qui aura agi en doublé 1,5 mois après le marathon, une vraie réussite physique et mentale offerte sous un soleil royal ou le récit d’un 20km placé sous le signe grisant des endorphines.

Paris-St Germain: le retour, 2 ans plus tard

La Paris-St Germain est une course qui me tient à cœur. Après avoir mis un tout 1er dossard à l’occasion d’Odysséa 2012, puis aux foulées du 8ème 2013, je me rappelle avoir jeté mon dévolu sur ce 20km atypique. En peu de temps et suivie par un ami, j’étais inscrite. Pas vraiment un semi, parcours buccolique en bord de Seine, arrivée au cœur de ma ville natale sur la terrasse du château, je me lançais dans ma 1ère épreuve « longue distance ». A l’époque, avec quelques légers kilos en plus et un entraînement décousu, je finissais en pile 2h00. Très heureuse , je m’étais jurée de revenir. Il est pourtant peu de courses que j’aime refaire d’une année à l’autre, à moins de présenter un charme particulier. La Paris St Germain en fait partie, Paris Versailles également, dans un registre similaire. Entre temps, j’ai eu l’occasion de pratiquer des pistes ou des sentiers divers, de progresser, de franchir la barre des 50’ au 10km et de réitérer le chrono d’1h53 sur deux semis (Barcelone et Paris). Le parcours de la PSG faisant 1km de moins qu’un semi, je pouvais espérer casser la barre des 1h50. Seulement, la PSG n’est pas farouche et ne se contente pas de vous amener du Jardin d’Acclimatation à St Germain en Laye par les bords de Seine, non. Si vous voulez y goûter en totalité, vous devez gravir la côte du Mont Valérien au 3ème km puis la côte du Pecq, à peine plus d’1km avant la fin. 2 « montagnes » sans en être constituant la difficulté majeure de cette course. La 1ère côte étant à gérer sans se griller pour la suite et la dernière, au mental, sans rien lâcher, quelques centaines de mètres avant le finish ou de quoi imposer une gestion de course de A à Z. Intéressant.

Après des discussions facebookiennes avec Fabrice,  runner/webber actif, qui plus est follower Hotsteppers (ça rime bien tout ça !), je me voyais offrir ses services de lièvre pour flirter avec la cible 1h50. Big deal. J’acceptais avec joie tout en sachant qu’il me faudrait sacrément bosser ; 1h50 étant un chrono réellement optimiste, mais…

J’ai bossé…à ma manière

J’ai beau avoir un objectif et aimer « gagner », il m’est toujours difficile d’arriver à mes fins si je ne suis pas mon feeling. Or mon feeling ces derniers temps m’a amenée à gérer mes efforts aux sensations certes mais aussi et surtout au plaisir. J’ai ainsi trouvé du plaisir à faire des séances de fractionnés parce que j’ai su en profiter pour admirer la nature qui m’entourait, prendre des photos magnifiques, m’offrir une récup soignée et bien méritée à l’arrivée. Tout peu avoir du goût quand on y met du sens, je trouve. J’en profite alors pour revenir à ma prépa marathon qui a pris du sens 4-5 semaines avant le départ. C’est seulement à ce moment là que j’ai pu suivre mon plan d’entraînement. Avant, l’envie n’était pas en phase avec le niveau d’engagement requis, et dans ces cas là, on rame et on n’arrive à rien. Dans cette optique de doux anti-conformisme réfléchi et sommes toutes organisé, je choisissais d’aller là où mon cœur sportif me portait ! Abonnée au Forest Hill de ma ville, j’enchainais alors séances cardio et stylées de Zumba où je pouvais laisser mon corps s’exprimer tout en se dépassant, séances de squash débridées avec une amie, séances de running sur tapis ou en pleine nature, etc. La variété, la diversité, le mouvement sous différentes formes, c’est ainsi que je trouvais du plaisir.

La semaine avant la course, Fabrice m’envoyait un petit « reminder » avec une copie écran du programme d’entraînement proposé par les organisateurs de la course. Fabrice, sache qu’à ce moment là je me suis vraiment dit que je m’étais préparée comme une anarchiste du plan ! J’ai alors suivi quelques séances dignes de leur nom sur la dernière semaine, entrecoupées de mojitos chaleureux non loin de mon tout nouvel appart. J’étais résolument en plein dans la jouissance du moment plus que dans l’obsession de la performance et finalement heureuse à l’approche de la course, peu importe ce que devait en être l’issue. La confiance engendreant la confiance, je me levais dimanche 18 mai, hâtive de retrouver une joyeuse floppée de Hotsteppers non loin des consignes et de me laisser guider (pour une fois) par un inconnu (Fabrice) qui ne le serait bientôt plus.

Le running offre des tranches de vies dont je ne me lasse pas !

La course…aux endorphines

Après avoir couru dégusté un biOcake coco-chocolat par Punch Power (cf encart nutrt=itionnel en fin d’article) comme une dératée pour ne pas rater mon RER, écouté 15 fois le même morceau « Verano Azul » de Juan Magan dans mes écouteurs pour faire passer le voyage et retrouvé Julien, mon accolyte des 30 premiers km du marathon de Paris au métro Sablons, je récupérais alors mon dossard qu’il était allé chercher la veille, m’évitant un long AR la de mes Yvelines à Paris. #RunningCommunitiesRock #DontThey ?!

Quelques centaines de mètres plus tard, nous retrouvions quelques amis runners comme convenu (à l’heure, eux !), prêts à prendre le départ.

De gauche à droite: Carole, Delphine, Marie, Julien, Guillaume, Fabrice

Fabrice et moi au départ

A peine le temps de dire « ouf », je me retrouvais en train de courir/parler avec Fabrice  et de le suivre aveuglément, confiante et positive. Intérieurement je me disais qu’il me faudrait une sacrée flamme intérieure pour aller les chercher ces 1h50, mais la flamme se mettait tranquillement en place. L’échauffement passé, la côte du Mont Valérien nous faisait déjà insolemment de l’œil. « Là je ne parle plus Fabrice » précisais-je à mon lièvre frais comme la rosée du matin (et non comme le rosé de la veille, Florence si tu m’entends !) qui acquiesçait d’un air un tantinet boudeur, limite genre « t’es pas marrante ». #BahOuaisMaisLàJe RespirePlusAlorsHein. Concentrée, j’attaquais la maudite ascension valérienne en contrôlant mon souffle et ma fréquence cardiaque.

In media res

Une fois la côte passée, on se dit que l’on a relevé une vacherie du parcours sur les 2 au programme et que le prochain objectif est d’arriver aux 10km. A ce moment là je retrouve rapidement Carole et Delphine en haut avec qui nous reprenons la discussion. C’est fou comme parler est énergisant parfois ! On refait le monde, on parle de « queue de cheval » versus « tresses » pour courir et tout, rien ne nous arrête ! Le temps passe à une vitesse dingue. Mi parcours : 55’, mon lièvre est ultra satisfait. « On a perdu du temps dans la côte mais on est en train de le rattraper » me dit-il. Tu m’étonnes qu’on le rattrape, j’ai consulté ma Garmin plusieurs fois et elle m’annonçait fièrement du 5’/km sur les quais de Seine. Mon allure sur 10km en somme, normal sur un 20km! Pourtant ça allait. Je ressentais une baisse d’énergie mais pas une baisse d’envie, preuve en est sur la photo !

 

Autour du 15e, je disais à Fabrice qu’il fallait que je me concentre à nouveau, que la fin serait dure mais que je savais que j’y arriverai. Quoi de plus satisfaisant de sentir que l’on est dans un sacré effort mais que cet effort ne nous tue pas (et nous rend plus fort !). Fabrice me laissait alors à ma concentration, m’emboitant le pas pour me tirer vers l’avant. Dernier ravito au 17èmekm, plus qu’1 gros km et la dernière côte commencerait. Je me souviens la 1ère fois au même endroit j’avais eu un énorme coup au moral et avais du me ressaisir pour ne pas m’arrêter au bord de l’eau et pleurer! Cette fois-ci c’était différent. La difficulté était là mais j’avais envie de la bouffer, cette côte ! Un tournant, une montée de marche, un pont et nous y étions, partis pour 1km d’ascension sinueuse au cours desquels il ne fallait rien lâcher. Dans ces instants mon orgeuil bouffe toute ma fatigue et je refuse catégoriquement de marcher. Ralentir, ok. Respirer, évidemment. Gérer, oui. Arrêter, non. Je continuais alors à suivre Fabrice qui ponctuait ses foulées de réguliers « Allez Marie ». J’ai ressenti une méchante nausée à ce moment là ; je ne fus pas la seule visiblement bien que certains se soient un peu plus exprimés que moi (sur le bitume !) et au moment de sentir mon gel me faire vivre un sale quart d’heure digestif, je me retrouvais au sommet ! Il restait 400m : un tour de piste ! La rage au ventre je relançais devant l’air agréablement surpris de Fabrice qui me lâcha un « tu relances ou je rêve ? J’adore ! allez tu lâches tout maintenant ! ». Accélération, accélération, accélération…tournant, vue de l’arche, 150m, « allez marie » de julien depuis les spectateurs, franchissement de la ligne. Et bam !

Verdict : 1h49’56 – Arrivé(e) 1467/3101 – 87/399 dans la catégorie SEF! Quel bonheur ! Un objectif atteint, plus qu’atteint, un superbe duo avec Fabrice que je n’avais jamais vu avant ce jour et qui m’aura démontré une fois de plus à quel point les liens du sport permettent de faire de belles choses (merci !), un ciel bleu, une sensation d’avoir progressé tant physiquement que dans la gestion mentale. What else ?  Le tout couronné par la visite surprise d’une amie extirpée de son doux sommeil pour venir accueillir mon arrivée à tout juste 10h sous le soleil de St Germain en Laye. S’en est suivi un Starbucks collectif sur la pelouse du parc du château. Nous avons partagé nos sensations, refait le monde du running et même parlé « natation »…un mot que je n’utilise plus depuis que je suis sortie d’une piscine en panique il y a 2-3 ans (merci l’Armée française pour  la douceur de tes enseignements) et qui m’était revenu à l’esprit plusieurs fois ces derniers temps. Delphine nous as confié ses expériences de triathlète, elle qui craignait tant l’eau plus jeune. Carole et moi avons échangé sur notre envie mêlée de peur de nous jeter à l’eau également.

Finalement, en début d’après-midi nous nous sommes quittés le sourire aux lèvres, libérés et heureux.

Quant à l’eau, j’y suis retournée 3 jours plus tard.

A suivre…

Encart nutritionnel: test du biOcake choco-chocolat de Punch Power

Le biOcake de Punch Power n’est autre qu’un équivalent de « gâteau sport » ou ces préparations en poudres ultra simples à confectionner et à consommer jusqu’à 1h avant l’effort. Nul besoin d’être un chef, une boîte permet d’obtenir 3 parts de gâteau. La manip’ est simple: vous combinez votre mélange à de l’eau et l’enfournez une vingtaine de minutes. Bien que déconseillant régulièrement de tester des produits de nutrition sportive le jour d’une course, c’est malgré tout ce que j’ai fait cette fois-ci, ayant plutôt confiance. Autant un gel peut révéler de mauvaises surprises, autant un gâteau de l’effort ne présente à mon sens pas de grand risque si ce n’est celui de ne pas vous plaire en termes de goût. Pratique: c’est une évidence; pour le reste, voici les avantages et inconvénients clés de ce produit qui vous permettront de le choisir ou non, selon vos critères et envies.

Avantages du biOcake Punch Power

[bullets icon= »0102.png »]

  • Produit bio
  • Composition « sans gluten ». Bien que loin d’être une accro au « sans » à toutes les sauces et ne faisant pas partie de ceux qui sentent leur vie changer en arrêtant le gluten, je pense malgré tout que de ne pas en prendre peut au pire ne rien faire, au mieux améliorer le confort digestif. Le produit étant élaboré dans ce sens, autant en profiter.
  • Made in France
  • Élaboration rapide
  • Goût sympa même si rien ne vaut un petit dèj continental un dimanche matin et que manger une part de gâteau tout fait n’est pas ce qu’il y a de plus appréciable. En même temps se lever à 6h du matin pour se rendre au départ d’une course non plus! C’est plus tard, pendant la course et surtout à l’arrivée que l’on se rappelle pourquoi on est assez dingue pour faire ce type de sacrifices 🙂 Le plaisir vient à la mesure de l’effort ce qui ne veut pas dire qu’il faille se flageller en mangeant des produits immondes pour mieux apprécier la vraie vie après. En l’occurrence ce biOcake se situe dans la zone des produits « je sais que c’est chimique mais ça n’est pas désagréable ».
  • Pas de nœuds au cerveau avant la course du style « mon café avec ou sans lait ? d’ailleurs, je prends du café ou pas ? et le pain: pas trop blanc mais pas trop complet non plus…quoi, du beurre ? ah mais non ça augmente le temps de digestion ! des protéines ou pas de protéines ?… » Bref, Punch Power vous propose un produit « all inclusive »: 554kal par part (1 seule est nécessaire avant une épreuve de course classique type 10km ou semi), 100g de glucides, 13g de matières grasses, 8,6g de protéines et 300mg de sodium.
  • Possibilité de consommer le produit jusqu’à 1h avant l’effort ce qui constitue un avantage indéniable, notamment pour ceux qui ont l’habitude de s’astreindre à un petit déjeuner 3h avant l’effort. Le gain de temps (et potentiellement de sommeil) est réel.

[/bullets]

Inconvénients du biOcake Punch Power

[bullets icon= »0103.png »]

  • Aliment fonctionnel qui certes simplifie la vie mais ne permet pas d’être acteur de son alimentation. Or, un minimum de connaissances et d’expérience permettent à n’importe quel coureur de se composer un petit déjeuner adapté et diversifié, plus agréable qu’une mono part de gâteau.
  • Aucun précision de la marque sur la quantité à consommer en fonction de l’épreuve. Il est indiqué qu’1/3 de la préparation est recommandée avant l’effort mais un 10km ou un marathon ne représentent pas le même effort: quid de l’adaptation du volume à l’effort ?
  • Pas idéal hors activité physique. Si avant l’effort ce type de produit est adapté, il semblerait qu’hors effort sa digestion ne soit pas optimale: simple coïncidence ou réalité, la seconde option semble malgré tout plausible.
  • 12,5 Eur par pot soit un peu plus de 4Eur par petit déjeuner sachant qu’il est compliqué de diviser le sachet en 3 et que la confection de l’ensemble de la préparation apparait comme solution de facilité. A moins de penser (et d’oser) congeler vos parts, vous pouvez facilement vous retrouver avec des parts en trop que vous mangerez plus tard (à tort, cf. inconvénient n°3!)

[/bullets]

7 Commentaires

  1. Ca me rappelle de bons souvenirs! Merci de nous faire revivre cette course et bravo pour la perf.
    Tout y était : la beauté des lieux, une super météo, un challenge qui forge le mental. J’ai fait 2h03 lors de ma 1ère participation, et j’espère passer sous la barre des 2h cette fois-ci.
    Vivement l’édition 2015!

    • Merci Fanny ! moi aussi ça m’en rappelle des bons, surtout que je n’ai pas couru depuis 9 mois et que les bons souvenirs commencent à devenir un peu lointains…
      Je suis d’accord tout y était, c’était une journée magnifique 🙂
      Je vous souhaite de déchirer les 2h cette année, bonne course !
      Marie

  2. Bonjour et félicitations pour le chrono!
    J’ai moi aussi fait cette course cette année, donc je suis obligée d’ajouter mon grain de sel
    Pour moi aussi ça a été une superbe course, avec aussi un bon chrono malgré ces deux côtes, je pense que la météo avait joué sur notre moral à tous . Jai adoré le parcours et l’ambiance de la course, et bien sûr l’esplanade du château avec sa vue, et une très bonne organisation ! Si je suis encore à Paris l’an prochain, promis je la refais!

    • Merci runner/runneuse anonyme(s) ! Perso je me rappelais d’un vrai cagnard sur l’édition 2012 donc j’ai quasiment trouvé la méteo de cette édition 2014 agréable…C’est souvent le cas à cette période mais en effet le parcours a beaucoup de charme; même si je trouve que cette année les encouragements et distractions du bord de route étaient spartiates ! Quid de la fanfare dans la dernière montée comme en 2012 !?

  3. bravo!
    on était ensemble dans le rer! je me suis dit celle là c une pro motivée ; merci pour ce rappel d’émotions intenses! j’ai adoré cette course, surtout les côtes! juste un ptit coup de mou au 17ème… une arrivée magnifique

LAISSER UN COMMENTAIRE

Postez votre commentaire ici !
Inscrivez votre nom ici