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Ekiden de Paris 2013: la team Hotsteppers marathonienne … en relai !

C’était un dimanche matin – comme la plupart de ces matins où l’être lambda dort alors que l’être un peu dingue, comprendre: le runner, se lève hyper tôt pour aller souffrir un coup, si possible dans le froid, histoire de devoir faire preuve d’un peu plus de vaillance encore ! Ces matins où l’éternel « mais quelle idée…quelle IDEE ai-je eu en m’inscrivant à cette *%^=° »# de course ! » scande vos pensées et où vous savez pourtant que le non moins éternel « j’ai trop kiffé, c’est quand la prochaine ? » occupera votre esprit quelques heures plus tard à peine. Ces matinées types que bien des runners connaissent se reproduisent constamment et pourtant, j’aime dire que chaque course est une histoire. N’est-ce pas bien vrai ? En effet, ce dimanche matin, froid et venteux de novembre, je retrouvais 5 coureurs de tous horizons, de tous niveaux, que je n’avais jamais vus de ma vie ou presque, avec qui j’allais constituer une bien belle équipe. Une équipe inédite pour un format de course inédit. Leur point commun assuré ? Un suivi plus ou moins récent du blog Hotsteppers et une participation à un concours de dossards sur la page Facebook associée. Et oui, invités par la FFA via l‘agence Blanco Negro, l’esprit Hotsteppers pu prendre forme une fois de plus ce dimanche matin là.

A quelques heures du coup de pistolet du marathon de New York, nous avons nous aussi, ensemble: à 6,  posé les briques kilométriques de cette distance mythique, successivement et surement. Nous avons découvert ce concept de course japonais consistant à courir une distance marathon en relai; nous avons couru le 1er Ekiden de Paris !

 

Prise de poste

Retrouvailles ultra ponctuelles au point pré-défini, l’équipe prend forme rapidement et Delphine distribue à la troupe dossards (deux par personne: un devant/ un derrière !), épingles, puces de chronométrage, t-shirts et autres éléments du kit runner. Ça bosse et certains sont réchauffés alors que d’autres peinent à quitter leur doudoune et envisagent même, l’espace d’un instant de déraison, de courir avec.

Autre petit jeu rigolo (j’adore les petits jeux rigolos !), nous écrivons chacun sur une belle feuille blanche, notre nom/prénom, la distance à laquelle nous allons nous attaquer et notre objectif de chrono. Les paris sont aussi éclectiques que ne l’est l’équipe, il va y avoir du sport ! Première à partir et de tendance systématique à la sous-estimation, un peu amochée par une vie personnelle mouvementée dernièrement et en rejet provisoire mais bien net de la perf’, je vise un peu plus de 5’/km (l’allure 10km de mes meilleurs jours) soit 26’40 pour 5,25km. Hippolyte qui me succèdera sur 10,5 km, prévoit un 49’59 bien précis ! Lætitia, pour les 5,25km suivants, s’excuse d’avance des 32′ qu’elle pense mettre, voire 30′ si la grâce la touche…Puis, Delphine, parée pour le 2ème 10,5km de la série, table sur un 46′ ambitieux, à l’image de ses perfs habituelles. S’en suit Julien, sur 5,25 km, qui anticipe un 26’20 puis Carole qui espère clore l’épreuve en 31 min pour une distance de 5,445 km.

Bilan de nos pronostics: un marathon relai en 3h32 ! Le plus extraordinaire dans l’histoire est que nous finirons en à peine plus de 3min, soit 3h35 ! Nos estimations n’étais pas si mauvaises compte tenu de notre diversité, des aléas meteo, de la nouveauté de l’épreuve et d’un parcours difficile…cependant, ce qui est encore plus extraordinaire est que personne n’aura réellement atteint ses objectifs personnels! In fine, le team spirit aura eu le dernier mot et notre objectif collectif aura été plus qu’atteint.

Place à quelques éléments du récit de cette course originale

La course ou plutôt, les courses !

Autant il n’est pas évident de partir la 1ère et totalement à froid, autant l’attente allant d’une demie-heure à plusieurs heures pour les derniers concurrents demande une sacrée imagination ! Carole et son mari seront même allés faire un tour à Notre-Dame de paris pendant ce temps d’attente, arrivant en plein cœur de l’habituelle messe dominicale ! On peut en faire des choses au cours d’un Ekiden ! Préparée à détaler dès 9h, je me positionnais quant à moi proche de la ligne de départ (ce qui n’arrive jamais étant donné mes retards systématiques !) et restais un minimum concentrée.

Pas de compte à rebours, coup de pistolet, plein de confettis dans le ciel et hop, le départ était lancé ! Un premier tournant pour arriver sur les quais de Seine. Complètement à la ramasse, j’étais venue sans montre (quand je vous dis que la perf’ n’est pas dans la place ces temps-ci, le comble…) – je n’avais donc que mon téléphone en guise d’indicateur temporel. J’avais également oublié mon super bidon Simple Hydration dans ma voiture et avais emprunté celui de Carole, bien utile mais bien encombrant. Un peu en mode boulette, j’étais donc munie d’un téléphone dans la main gauche et d’un bidon – que dis-je, d’une citerne dans la main droite. Bref ! Un 1er km passé en 4’48, le rythme était rapide et les concurrents totalement au taquet. J’ai malgré tout avec le temps, appris à éviter l’erreur du « départ-trop-vite » et à faire totalement abstraction du flot de coureurs me dépassant, pour rester concentrée sur mon allure, mes sensations, mes capacités du moment…Très rapidement nous arrivons sous un tunnel, empruntons un virage en épingle à cheveux et faisons demi-tour. Nous voilà repartis dans l’autre sens. En repassant sous le pont en face de l’Hôtel de ville j’entends de nombreux « allez Marie! » (je ne devais pas être la seule Marie !!) puis, à l’approche du 3ème, un encouragement discret mais sympa de Philippe Albinet (Jahom), membre de la team Runnosphère. Juste après ce fameux 3ème km, surprise: une côte avec un virage à nouveau en épingle à cheveux en haut. Demi-tour à niveau puis long passage sous un tunnel. A ce moment là je ne me souviens plus trop de grand chose à part le fait d’avoir eu envie de vomir 🙂 Je vois le panneau 5ème, je suis contente !

Mais bien sûr, il faut amorcer un nouveau virage, une nouvelle côte pour quitter les voies sur berges et rejoindre la zone de relai – côte en haut de laquelle les photographes sont stratégiquement positionnés, dont Fred Poirier qui m’adresse un dernier encouragement salutaire !

Dernier virage avant de quitter les voies sur berges et d’atteindre la zone de relai

Je vois l’arche, je speed…mais non, la zone de relai et un peu plus loin ! Ouch, je relance la machine et vois mon relai Hippolyte à qui je flanque le bracelet relai et qui prend ma relève.

Zone de relai, quelques mètres après la zone de finish

Je sors de la zone de course et confie mon pied à un bénévole pour qu’il retire ma puce et défasse mes lacets. Je suis à l’Ouest ! 5,25km, ça va TRÈS vite ! Mais…en dépit de tout cela, mon temps de passage est de 24’55 soit 4’44/km – loin de ma sous-estimation et plutôt satisfaisant. S’en suit très rapidement une place à la récup’ et à l’encouragement de mes co-équipiers de choc: il nous reste tout de même presque 37km encore à parcourir !

 

Le fameux jus de raisin que j’emporte sur de nombreuses courses: bon pour l’attente et la récup’ quand dilué aux 3/4…

Chaque membre de l’équipe prendra tour à tour sa place au parfait timing, anticipant de quelques minutes l’arrivée de son prédécesseur, prêt à bondir dans la zone de relai, à attraper le bracelet-magique-faisant-office-de-relai et à s’élancer dans une ou deux boucles faisant ainsi grimper le quota de kilomètres abattus par l’équipe ! Les feelings post-course sont assez homogènes; la plupart des membres de l’équipe aura trouvé le parcours difficile, sans doute de par sa monotonie et ses virages serrés. En même temps, sur 5km, on n’a pas vraiment le temps de se poser des questions. Il s’agit d’un exercice intéressant et difficile. Dur pour les runners diesels ! Il faut carburer dès le départ ! Cependant, un autre « feeling post-course » émane aussi à plusieurs reprises. Les membres de l’équipe disent tous à quel point le fait de faire partie d’un groupe aura pu les pousser à ne rien lâcher; « pour ne pas décevoir » ou tout simplement, « pour les autres » !

Pour le dernier relai, nous décidons de faire une petite surprise à Carole et de franchir le finish avec elle…Ravis de notre idée, nous l’attendons tous sourires en regardant les minutes de nos téléphones défiler…

 

Une fois arrivée, nous avons happé Carole sans doute surprise par notre survenue inopinée et un énième virage plus tard avons franchi ensemble la ligne d’arrivée. J’ai adoré ce moment ! ressentir une telle joie commune chez tous mes co-équipiers que je ne connaissais pas 4h plus tôt, fiers de notre cohésion et de nos réalisations personnelles, au profit de ce que nous avons jugé comme étant une réussite collective, what else ?! D’ailleurs, nous avons poursuivi notre mouvement cohésif au sein de la tente partenaires, dotée d’un bien agréable buffet ! Une bise à Audrey de l’agence Blanco Negro, un retour d’expérience rapide sur la course, la consultation du classement et des temps officiels puis un petit apéro en guise de clôture d’une matinée pleine de soleil !

 Résultats officiels de notre équipe pour un chrono final de 3h35 !

Le temps des aurevoirs ou plutôt des « à bientôt » étant venu, nous nous sommes chaleureusement embrassés.. Vous avez d’ailleurs eu la finesse de me remercier 1000 fois chacun…Certes l’initiative de courir avec vous et non « entre bloggeurs » venait de moi, mais votre réactivité au concours et votre bonne humeur sincère vous appartiennent !

Bravo et merci pour votre énergie positive, bravo à l’équipe nationale du Japon qui aura rempli son contrat en 2h15, bravo à toutes les équipes de 4 ou de 6, médias, entreprises, étudiants, familles…qui se seront réunis ce matin pour décrocher une victoire de groupe.

A très vite pour une nouvelle aventure Hotsteppers 😉

 Médaillés sous le soleil !

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Comments

Super ce marathon en relais!! j’adorerai participer à la prochaine edition!

Le running peut etre en plus une sport d’equipe! j’aodre!

C’est chouette quand le running devient un sport d’équipe, vous en avez fait là une jolie démonstration…

Merci miss c’est sympa ! Oui ça change…:)

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