semi marathon de barcelone

Partir à l’étranger pour courir : nombreux sont ceux qui ont franchi le pas et qui concilient voyage et endorphines. La distance semi-marathon : un classique pour tout runner qui progresse et prend goût aux kilomètres. Barcelone : un lieu « à part » de la péninsule ibérique, une ville à la fois latine et atypique, un « must see » de toute évidence. Pourtant, il y a quelques jours encore, ma jeune expérience de vie était encore vierge de ces entreprises. Inexpérience comblée le temps d’un voyage gonflé de surprises et de profondes sensations de bien-être.

 

La phase d’imprégnation : triomphe, chaleur et adrénaline

Arrivée sur le sol espagnol samedi matin. Dans l’avion : mon amie Virginie, officier dans l’armée de l’air et la fine équipe du Jogging Club du Coudray Monceaux que nous croiserons quelques fois par la suite. L’étape d’installation dans l’hôtel étant rapidement passée, nous partons rapidement en direction du retrait des dossards et ouvrons tous nos capteurs sensoriels aux stimuli ambiants. Quelques mètres avant le lieu d’implantation du sponsor principal de la course : Kalenji et des équipes de bénévoles, nous passons devant l’Arc de triomphe, monument phare de la ville. Coloré, lumineux, doux et puissant à la fois, nous pensons déjà au parcours du lendemain qui le longera de près aux alentours du 8ème km.

semi marathon barcelone

Nous retirons alors notre dossard après une poignée de mains à Olivier Laboussole : chef de produit running chez Kalenji et activons notre puce de chronométrage à la sortie. Au scan de la puce, les bénévoles contrôlent notre identité qui apparaît sur grand écran.

semi marathon de Barcelone

Classe. Virginie et moi savons que nous aurons la chance de profiter de la ville pendant 4 jours et sommes résolues à utiliser tranquillement ce samedi pour préparer la course. Nous nous baladerons de longues heures dans la ville jusqu’au début de soirée : un réveil musculaire on ne peut plus efficace sans effet traumatique ou risque de blessure. Un dîner volontairement sobre mais délicieux achèvera notre marche. Depuis jeudi soir je surveille raisonnablement mes apports en glucides lents et tente de mettre en application les connaissances accumulées en nutrition sportive. Stockage de glycogène, forte hydratation (eaux riches en Magnésium), réduction des fibres, pas d’alcool, je fais attention. Le soir nous préparons nos tenues : je testerai pour la 1ère fois des manchons de compression pour les jambes et des chaussettes favorisant la circulation veineuse de la marque Compressport® – pendant et après la course. En plus d’un look de footballeuse, ces deux produits rempliront leur rôle principal à merveille ! Généralement pas axée « matériel » et «technique », je tiens tout de même à vivre les meilleures ressentis possibles et à optimiser ma récup’. Tout est prêt.

Le petit déjeuner de l’hôtel n’est servi qu’à partir de 7h ; le coup de pistolet étant prévu pour 8h45 nous optons pour un réveil à 6h00 et un petit déjeuner au saut du lit, complété à 7h00 par un café et quelques biscuits supplémentaires, juste avant de partir.

La nuit sera correcte mais un peu agitée en ce qui me concerne. Quand on marche à l’adrénaline, il y a des avantages et des inconvénients, on ne se refait pas ! J’appréhende cette grande première et me sens un peu en manque de repères mais je me connais et sais que quoiqu’il advienne je saurai aller chercher au fond de moi pour vivre l’évènement avec intensité.

Le jour J : mitja-marato de Barcelona, sous le soleil exactement

Du réveil au coup de pistolet

Déroulement fluide du réveil et du petit-déjeuner : pain d’épice, compote, café sans lait, fruits secs. J’emporte avec moi mon bidon Simple Hydration de contenance 360mL. Grande buveuse, je sais que les ravitaillements prévus tous les 5km ne me suffiront pas. En effet, les 14°C et la sécheresse de l’air me feront boire 1L sur l’ensemble de l’épreuve avec remplissage du bidon à chaque stand. Pas d’apport glucidique prévu pour autant. Habituellement je dilue du jus de raisin dans de l’eau mais n’ayant pas réussi à en trouver la veille, je compte sur les ravitaillements pour y prendre quelques sucres en fin de course. Erreur de calcul, les espagnols carburent visiblement à l’eau et au Powerade pour lequel je succomberai au 16ème km, malgré mon aversion pour ce genre de boissons chimiques au goût affreux.
Nous arrivons à 8h15 sur le lieu de la course. Un peu juste, d’autant plus qu’une file de plusieurs centaines de coureurs attend pour les consignes. Je commence à légèrement stresser. Mon sac est plein et lourd, je me vois mal courir avec. Tout rentre dans l’ordre in extremis. Je suis dans le sas 1h40-1h55 qui ne partira que 10min après le sas préférentiel. N’ayant comme unique référence personnelle les 20km de la Paris-St germain 2012 en 2h00, je mise sur un chrono en 1h58. Secrètement je rêve de flirter avec les 1h55. Je règle mon GPS Kalenji en mode « défi » et programme un adversaire imaginaire sur 21km, à ma vitesse cible: 10,75 km/h. Tout le long ce réglage me sera d’une grande utilité : signalisation du temps au km, de la vitesse instantanée et du nombre de mètres de retard ou d’avance par apport à mon adversaire (ie à mon obejctif). C’est stimulant. La vague verte des 1h40-1h55 avance, je me mets tout au fond pour partir sans bousculade. Je franchis la ligne de départ, c’est parti.

Une course galvanisante du début à la fin

Dès les premiers km mon GPS me signale une avance sur mon adversaire. Cette différence ne cessera de croître jusqu’à la ligne d’arrivée. Le parcours est incroyable. Nous longeons le port puis les palmiers, nous remontons Gran Via. Rapidement nous arrivons au plot des 5km : prise de temps intermédiaire. Le kilométrage est clair et facilement répérable. Je suis heureuse d’être là et sens que ma foulée est régulière. Je commence alors à sortir mon téléphone et à prendre des photos, à filmer les bandes de percussionistes sur le bord du parcours qui nous boostent avec leur élan incroyable !

semi marathon barcelone

Je ressens aussi l’envie de vous écrire et de partager ce que je vis. Mes messages seront succincts, mais je posterai quelques repères kilométriques sur la page FB des Hotsteppers et serai réjouie de vos encouragements en direct. J’écris même quelques sms à ma famille qui n’en revient pas. La moitié du parcours arrive, nous passons au pied de la tour Agbar et entamons une longue ligne droite. Au passage du 11ème km, je ressors mon telephone pour écrire à Virginie qui aura eu la même idée au même moment. Elle blague sur la forme suggestive de la tour Agbar et ne mâche pas ses mots ! Je pars dans un fou rire au milieu du peloton! Mémorable.

semi marathon barcelone

Le sourire est là et bien là. Tous ces espagnols qui crient « animo todos, animo », qui frappent des mains « venga ninãs, venga niños » sont des purs moments de bonheur. Aux alentours du 14ème km, un coureur espagnol vient me dire que nous avons le même rythme depuis le début et que nos foulées sont calées. Je souris mais lui dis que « i am starting to feel a bit down ». Il me répond “7 more km, keep going!”. Un autre espagnol dans les supporters voyant mon nom sur mon dossard (et sans doute mon visage légèrement marqué par l’effort) se met à m’encourager « corre Maria, venga ! ». Ce sont des détails qui comptent. Je pense alors à une chose. Je me dis que j’ai la chance d’avoir comme unique « challenge » d’aller au bout d’une passion, d’un loisir alors que certains se battent parfois pour vivre ou pour survivre. Je vous assure avoir eu une minute de pensées profondes qui m’ont donné un vrai coup de fouet. « Tu as la chance de pouvoir le faire cet effort Marie, fais le ! ». J’étais au 17ème km, je serrais un peu plus les dents mais j’étais galvanisée par un mélange d’émotions et de sensations. Mon GPS continuait de m’annoncer que je prenais de l’avance sur mon objectif initial. J’étais à 5mn25 du km environ : bien en dessous des 5mn35 espérées, je ne pouvais pas lâcher.

3 derniers kilomètres éclairs

« km 17: c’est hard » – voilà mon dernier post sur la page FB des Hotsteppers. Merci à ceux qui ont manifesté leur soutien à ce moment là.

 semi marathon de barcelone

Après quelques gorgées de Powerade bleu fluo à défaut de tout autre apport de sucre, je me réveille un peu d’autant plus que la fin approche. Des coureurs qui ont eu des malaises sont pris en charge sur le bord du parcours. Assez inévitable lorsqu’une course rassemble 15 000 participants. Le cerveau est débranché je trace ma route. Je ne me souviens plus bien de ces derniers instants qui me semblèrent passer extrêmement vite. Légère perte de lucidité sans doutes. Le bord de mer était splendide, la température idéale. La fatigue pointait mais le finish aussi et à ce moment là je savais qu’à moins d’un accident je remplirai 200% de mes objectifs. Dernier tournant, j’aperçois 3 arches. Je ne sais pas laquelle est la bonne. J’accélère et réalise qu’il s’agit de la dernière. Je ne veux pas mal gérer mon finish alors je ralentis très légèrement et à 100m de l’arrivée, je donne tout.

arrivée semi de barcelone

Le verdict final sera de 1h53’38 sec. Ce chrono est tellement relatif. Sans doutes excellent pour certains, mauvais pour d’autres. Peu importe. J’espérais atteindre mon objectif d’1h58 après un début d’année marquée par un nouveau travail, un déménagement, des changements d’habitudes notables et un manque de confiance total en mes capacités à sortir quelquechose de bien durant cette épreuve. Ce résultat et bien plus encore, ces sensations de plénitude et d’aisance que j’ai pu ressentir tout le long m’auront comblée. Je devais retrouver une Hotsteppeuse à l’arrivée (excellent chrono de 1h41 pour elle, bravo Anne-Ga !), seule raison pour laquelle j’ai retenu mes larmes mais je les avais au bord des yeux et du coeur. Je retrouverai Virginie un peu plus tard, éprouvée par la course vécue avec beaucoup de courage et de persévérance. Nous poursuivrons alors notre séjour dans la belle Barcelone, gonflées aux endorphines. De très légères courbatures aux quadriceps apparaîtront le lundi pour repartir totalement 2 jours après. Une récupération optimale à coup de lait au chocolat et une envie renforcée.

Prochain objectif: semi-marathon de Paris. Merci pour vos mots, vos « likes », vos messages, sms, mails. Merci de vous être mis à ma place quand bien même vos propres perfs peuvent être 1000 fois meilleures. Et à tous ceux qui aiment de plus en plus la course à pieds et qui surffent dans l’espace Hotsteppers, ne lâchez rien !

Rendez-vous le 24 février 2014 pour la 24ème édition du « mitja marato de Barcelona » !

running hotsteppers

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Marie
Créatrice et blogueuse passionnée de Sport, nourrie des cultures européenne et américaine, je me spécialise en nutrition pour aider les lecteurs Hotsteppers à vivre une vie saine, solide et riche de sens ! Ma meilleure amie et athlète Alison m'accompagne sur ce blog dans les 1001 expériences et découvertes qu'il nous offre et contribue à son contenu à travers son activité physique de niveau semi-pro (Équipe de France de Hockey Subaquatique)

8 COMMENTS

  1. Bravo Marie, c’est un magnifique récit !
    Génial de pouvoir vivre une course pareil ou les sensations que tu décris te transportent du début à la fin !
    Pour un premier temps de référence sur la distance c’est vraiment bon (y)
    Bises 😉

    • Merci Clément 🙂 c’est vrai que j’en garde un super souvenir…du coup je remets tout le temps ma casquette Barcelonaise, c’est limite de la superstition ! Bises à toi !

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