Samedi matin, 8h00, le réveil sonne. J’ai la chance d’être conviée depuis des mois à la Prom Classic, le 10km maritime organisé par Kalenji à Nice, précisément sur la Promenade des Anglais, et pourtant. Pourtant, lasse de 6 mois d’arrêt de course à pied et de sport sans exception, de médocs et de pertes de confiance récurrentes en la survenue d’une proche guérison, j’hésite à me lever. Il y a les maladies évidentes et bien visibles: on se casse une jambe, on a la grippe ou que sais-je et puis il y a la douleur chronique. Cette incapacité à être vraiment bien dans son corps « comme avant », ce frein à l’expression physique libérée, cette obsession du « j’ai mal » qui empêche d’apprécier les moments présents à leur juste valeur, ce filtre sombre qui se pose sur le quotidien jour après jour, tant la douleur devient une habitude que l’on se prend à détester. Pourquoi aller retrouver un groupe de bloggers actifs qui s’entraînent régulièrement alors même que je vois mes muscles fondre et quelques kilos se rajouter sur ma balance ? Pourquoi assister à une course sans y prendre part ? Pourquoi « faire comme si » j’étais dedans alors que je suis « out » ? Et puis, dans ce marasme de pensées négatives et auto-dépréciantes, il y a comme un instinct de survie qui jaillit et qui fait naître des bribes d’Espérance: celle dont la société manque tant de nos jours ! Un coup de fil à ma maman passé et je me retrouvais, fatiguée, désabusée et râlant mais…décidée à embarquer ma valise et à filer vers l’aéroport. J’avais vécu mon 1er 5km, mon 1er 10km, mon 1er semi, mon 1er trail en montagne, mon 1er marathon, ma 1ère course en relais…mais je n’avais jamais vécu mon 1er « handicap » au coeur d’un groupe de « valides ». Eloge de la faiblesse, de la fragilité plutôt ? Eloge de la patience, de l’humilité et de la confiance. Récit d’un 10km et d’un week end vécus pas comme les autres mais non moins avec les autres.

 Kiprun SD en plein bain de lumière sur fond de galets


Paris – Nice: un grand écart d’ambiance en à peine 1h…

Dès les retrouvailles avec les bloggers français (oui puisque l’évènement rassemblait également des bloggers anglais, espagnols, italiens, …), je ressentais les bonnes vibes de la bloggosphère revenir ! Quelques membres de la runnosphère dès la porte d’embarquement: Jean-Pierre Run Run, Philippe (Jahom) et

Philippe (Pink runner) puis dans l’avion deux bloggeuses que je connaissais « par coeur » du moins sur Twitter (ça rime): Marie (Graine de Sportive) et Anne (Anne & Dubndidu). Une heure et quelques plus tard, fraichement arrivés sur une terre ensoleillée semblant être à des années lumières du Paris triste et marqué par les évènements violents de Charlie Hebdo, nous retrouvions rapidement les équipes de Kalenji et une petite ballade plus loin, passions aux « choses sérieuses » dans l’une des salles de l’hôtel pour découvrir la nouvelle gamme Kiprun sous toutes les coutures.

 

La nouvelle game Kiprun by Kalenji

Vous donner un avis sur le modèle SD (short distance) mis en avant à l’occasion de ce 10km serait bien exagéré, étant donné mon incapacité à courir donc à en juger. Pour autant, j’ai longuement échangé avec les ingénieurs et athlètes de la marque, ainsi qu’avec les autres bloggers et me plais à suivre l’évolution de Kalenji depuis mes débuts de blogueuse.

En 2013

Je me rappelle mon test du modèle MD (middle distance). Je n’avais pas épilogué tant le design du produit me semblait « en dessous » du marché. Le feeling de course n’était pas non plus agréable: trop de rigidité, pas assez de dynamisme, je n’étais vraiment pas emballée et poursuivais mon chemin avec mes Asics habituelles (Pulse 4 puis Cumulus).

En 2014

Une année plus tard, je testais au cours d’un testing day Kalenji le modèle LD (longue distance), déjà nettement amélioré en termes de design et de confort. Ayant pu évaluer en parallèle le nouveau modèle trail Kapteren XT4 de la marque, co-développé par Thierry Breuil, je trouvais la toe-box de ce modèle route Kiprun encore un peu étroite et l’empeigne serrée au niveau du dessus du pied. Bien que les sensations de course et le dynamisme soient monté d’un cran, j’avais malheureusement des fourmillements récurrents simplement dûs à la compression d’un nerf un peu sensible. L’ingénieur de la marque Olivier Weber me répondait qu’ils avait receuilli ce type précis de feedback plusieurs fois, de femmes uniquement. Alors que la marque s’orientait vers une étude solide sur l’impact du drop sur la qualité/confort de course, l’adaptation de la forme de la chaussure au sexe du coureur apparaissait comme un nouvel axe d’amélioration.

En 2015

Kalenji assoit son objectif de proposer des modèles punchy aux couleurs flashs, en dessous des prix courants du marché mais non moins dédiés à la performance, du 5-10km au marathon, en passant par le semi. Chaque modèle est « racé » selon son objectif avec des choix de matériaux et de constitution propres à la priorité de chaque distance. Ainsi les modèles SD sont plus axés dynamisme, ceux orientés MD ont un amorti renforcé et les modèles LD misent tout sur la stabilité. Qui dit choix dit bien entendu renoncement ! Si des matériaux plus rigides sont utilisés sur les zones d’appui fréquentes des coureurs pour limiter l’usure de la semelle, une certaine rigidité peut naturellement se faire sentir. Maintenir le rendu énergétique d’un matériau tout en limitant la capacité d’usure, tel est le dilemme ! L’un des membres de l’équipe technique nous expliquait également les variantes de design de semelles en termes de positionnement des matériaux, couleurs, zones de relance/amorti/accroche. Un vent artistique a soufflé à l’instant de ces explications et j’ai souri en entendant parler de « l’expression du designer » à travers la semelle ! Non par dérision mais au contraire, par constat de cette recherche permanente de progrès qui caractérise bien Kalenji, aussi bien via ses choix techniques qu’esthétiques. En parallèle, l’étude des équipes techniques sur le drop continue et vise à en confronter 3 différents pour en étudier les répercussions sur le confort, la performance, les éventuelles blessures des coureurs/coureuses. La remise en question est de fait permanente, alors que la plupart des modèles de la marque gravitent depuis quelques années autour de 10mm (plutôt élevé au vu des propositions du marché).

La Prom Classic: un 10km roulant ultra-ensoleillé

Place à la course, le lendemain: levée un peu plus tard que mes amis bloggers (il me faut beaucoup de temps de récupération ces temps-ci), je rejoignais la Promenade des Anglais près de 10min avant l’arrivée des premières élites hommes. Je regrettais de ne pas avoir pu encourager l’équipe au départ mais, des déboires nocturnes m’ayant fait changer de chambre à 2h du matin, j’avais prolongé mon sommeil un peu plus tard que prévu dans la matinée … Je n’étais pas retournée sur un lieu de course depuis ma dernière participation (Go Sport Running Tour) et je n’avais pas vu l’ombre d’un dossard.

Magnifique foulée de l’un des 1ers hommes à franchir le finish de la prom classic 2015

J’étais soudainement replongée dans cet univers si propre à la course à pied: l’arche d’arrivée, le speaker, le public, les ravitos d’arrivée…je commençais à me réveiller un peu de l’intérieur, retrouvant quelques débuts de sensations positives. Je décidais alors de trouver une petite place dans le public, au bord du parcours, à quelques centaines de mètres de l’arrivée et j’attendais que tous ces coureurs et coureuses défilent devant moi, prête pour le spectacle. En une vingtaine de minutes j’ai pu voir un concentré de ce que j’avais volontairement un peu oublié: le vainqueur Abdel Meftah (en 29’01) précédé non pas par des motos balais mais des « rollermen balais » (Nice oblige !); les duos mère/fille se tenant la main; les coureurs anciens…parfois très anciens…s’arracher jusqu’à la ligne d’arrivée avec des forces survenues d’on ne sait trop où, si ce n’est l’amour du sport !; des jeunes, des papas au nom scandé par leurs enfants, des femmes encouragées par leurs maris, certaines le regard sévère, d’autres plus souriantes; certaines choisissant de sprinter sur les derniers mètres, d’autre de ralentir… Un véritable défilé que ce finish, comme bien des finishs d’ailleurs. Finalement, les rares fois où je n’ai pu participer à une course et me suis placée du côté public, j’ai toujours apprécié cet autre point de vue offert aussi bien au départ qu’à l’arrivée et à tout ce que cette place de « spectateur » permet de voir, alors que celle de coureur ne permet (souvent) guère de voir autre chose que sa montre et…soi. Malgré mon attention soutenue, je n’ai réussi à capter que quelques bloggers du groupe Kalenji et bien entendu, l’athlète Sophie Duarte finissant 1ère de sa catégorie en 33’06 et le grand vainqueur Meftah.

Nous nous sommes retrouvés par la suite pour un dernier resto en terrasse, sous un soleil salutaire…La plus affamée (et gourmande) du groupe malgré un non-sport (et non-petit déjeuner) absolu à mi journée, je me re-disais à quel point courir demande d’être en forme et « discipliné »! Je crois que je ne sacrifierai jamais ma gourmandise naturelle pour une quelconque performance; mon épisode de hernie discale actuelle me montrant d’autant plus à quel point être libre dans son corps est déjà énorme; le reste… Une salade de fruit frais et un craquage « végétal » sur le marché de la place du vieux Nice plus tard, je me retrouvais avec un citronnier dans les bras, que j’eu quelques peines à faire passer à l’aéroport mais qui se trouve désormais dans mon salon et m’offre de beaux et (ultra) bios citrons !

 Selfie à deux pris à l’aéroport avec le vainqueur du jour Abdel Meftah

Si les nouvelle gammes Kiprun (SD, MD, LD, trail) ou Kiprace (variante plus axée performance) vous attirent, n’hésitez pas à aller les essayer en magasin Décathlon et à fouler les allées du magasin avec pour vous assurer de leur confort. De nouveaux textiles arrivent également avec notamment un haut permettant un maintien de la posture et du dos grâce à des matériaux légèrement compressifs bien positionnés. Être « bien dans ses baskets » (peu importe la marque ;)) n’a pas de prix et faire du sport librement reste une chance qui ne doit reculer devant aucune forme de performance ! Quant aux affamés de soleil ou sujets à la déprime saisonnière, essayez d’aller faire un tour sur la côte et d’humer l’iode marin … la Prom Classic en janvier est un choix des plus bénéfiques; c’est fou ce que la lumière peut faire du bien! Now, keep on running (if you can) !

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