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Semi de Paris: accouchement dans la douleur d’une nouvelle expérience…

Je ne prendrai pas de détours pour mettre à plat ma déception vis à vis de cette course parisienne de renom. Certes le semi de Paris est une référence, certes il fédère plus de 30 000 coureurs, mais justement. Là est bien le problème. Ma jeune expérience de runneuse ne me permet pas de faire des comparatifs élaborés mais il me semble avoir appris (dans la douleur) un peu plus sur moi même au cours de cette course mal vécue, disons le clairement et a posteriori…sereinement !

Une course mythique au déroulé chaotique

Déception et absence de plaisir: expérience surprenante !

Motivée comme toujours avant les courses du dimanche qui exigent un certain entraînement, un certain engagement même, je m’attendais ou du moins espérais revivre les mêmes sensations que mon fabuleux tout premier semi marathon vécu à Barcelone 15 jours plus tôt. « Fabuleux » parce que exotique; « fabuleux » parce qu’ensoleillé; « fabuleux » parce que doté d’un parcours arpentant les rues de la belle ville catalane et ses bords de mer. Au delà de tout ça, « fabuleux » parce que vécu dans le plaisir du début à la fin. Certes mon chrono final dépassant amplement mon auto diagnostic m’a remplie de joie mais le chrono ne fait pas tout. Je dirais même que les sensations priment. Ce sont bel et bien ces fameuses sensations que je n’ai à aucun moment réussi à toucher du doigt au cours de ce semi de Paris 2013.

Un sas c’est un sas: soyez honnêtes !

A l’époque de mon inscription je m’étais mise dans le sas des 2h00, espérant les atteindre. Barcelone m’ayant entre temps prouvé que c’était le cas (1h53’38), je décide alors de régulariser mon dossard la veille et de passer dans le sas 1h50.. Bien naïve et disciplinée que je fus de choisir le sas correspondant précisément à mes objectifs ! On me dira plus tard qu’il faut dans ce type de courses, systématiquement prendre 1 voire 2 sas plus élevés que son niveau pour espérer pouvoir courir à sa vitesse. Pourquoi ? parce que « dans ce type de courses » (ie courses où le nombre de coureurs est bien trop élevé et ou les valeurs du sport sont en partie anesthésiées), une grande partie des participants choisit un sas parce qu’ils en aiment la couleur ou…. parce qu’ils ont prévu un brunch à midi et qu’il s’agirait de ne pas prendre le départ trop tard. Bilan: quand vous ne faites pas partie des élus qui courent en 1h35 et moins, vous avez le droit de partir comme des boeufs en vrac qui plus est au milieu de coureurs qui n’ont pas le niveau ou la vitesse de votre sas et qui vous barrent péniblement la route pendant les 6 premiers km.

Un peu de tenue messieurs les coureurs, s’il vous plait !

Voir son voisin cracher quasiment sur vos pieds, oubliant qu’il n’est plus seul dans son bois mais entouré de jolies paires de runnings foulant le sol à quelques millimètres de lui m’a scotchée. Un peu plus loin, un coureur souhaitant viser une poubelle au loin pour y jeter sa bouteille vide, frôlera le visage de participants se trouvant inévitablement dans le chemin. Franchement, se dépasser est une chose, manquer autant de respect aux autres autour de soi en est une autre. Je comprends l’aversion de certains coureurs plus expérimentes pour ce genre de courses et leur retour aux sources, voire leur transition vers le trail. Nul n’est parfait mais une chose est sûre: j’ai cherché l’esprit sportif dans mon environnement pendant cette course…je l’ai bien cherché, mais en vain.

Une douleur en amont ne facilitant pas ma résilience

Un mauvais entraînement en Body Pump le mercredi précédant m’avait fait ressentir d’inhabituelles courbatures aux cuisses. Pensant que cela passerait, j’ai constaté avec un certain « effroi » dimanche au réveil que ces douleurs s’étaient répercutées sur mon nerf crural provoquant des douleurs proches de la sciatique et irradiant toute ma jambe droite. On ne peut pas dire que mon départ ait pu se faire dans de bonnes conditions. J’ai fait ce que beaucoup auraient fait et qui n’est pas conseillé: j’ai pris des anti-inflammatoires et je me suis rendue à Vincennes. La douleur engendre de la nervosité, de l’impatience et des raideurs. Le froid et l’attente n’aidant pas, j’ai pris le départ de ce semi de Paris avec une bonne dose d’énergie et de positivisme en moins. Mais je suis battante et je ne renonce pas facilement. J’avais mal, je rageais d’avoir mal, je rageais de souffrir et de ne prendre aucun plaisir, je rageais de devoir slalomer entre tous les coureurs indisciplinés partis dans le mauvais sas, je rageais de ces sensations terribles aux antipodes de mes souvenirs barcelonais. Je rageais mais je ne lâchais rien.

Difficile d’être régulière

Particulièrement régulière sur mon semi de Barcelone, à 5’24 au km, j’ai cette fois-ci couru de façon totalement anarchique. Mes temps au km vont de 5’09 à 5’45, du grand n’importe quoi en majeure partie du aux accordéons des 6-7 premiers km. Mon jugement est certainement biaisé mais le parcours ne m’a pas boostée, j’étais lassée. Les animations en bord de route étaient faiblardes. Je regrettais les percussions des espagnols qui savent faire vibrer les foules, les encouragements des spectateurs déchainés venus avec leurs familles, leurs animaux de compagnie, faisant un vacarme porteur que je n’ai jamais retrouvé sur ce semi. Les quelques orchestres étaient sympathiques mais sans plus. Je cherchais de la motivation, je cherchais un peu de rage pour repartir mais je ne suis jamais repartie. J’ai juste « tenu ».

Un résultat surprenant

Le psychisme humain et le corps sont l’un comme l’autre surprenants.

Grisée, galvanisée, gonflée de joie à l’arrivée du semi de Barcelone, ce tout premier semi de ma vie que je finis en parfait état en 1h53 ’38 alors même que je visais les 2h voire un peu moins.

Cassée, en colère, déçue à l’arrivée de ce semi de Paris que je finis en à peine 40sec de plus qu’à Barcelone.

Que s’est-il passé ? comment peut-on être si fâché d’avoir perdu (seulement) 40 sec alors que l’on a malgré tout été au bout d’une épreuve de 21,1km, qui plus est réalisée dans la douleur (un ostéopathe a du intervenir le lendemain en urgence, la douleur étant trop intense.)

Le positif, toujours le positif !

Mon ami Thierry Guibault qui connait le haut niveau et que je croisais lundi à l’occasion d’un tournage pour mes propres projets pros (chut, c’est un secret!) m’aidait à débriefer sur ce semi de Paris. Le positif, toujours le positif m’a-t-il dit ! « Tu as forcément appris quelquechose de cette expérience ». C’est vrai, j’ai appris. J’ai appris que le corps a ses raisons que la raison ne connait pas toujours. J’ai appris ou du moins ré-appris que courir est déjà une chance et que courir en ressentant du plaisir en est une autrement plus grande. J’ai appris que ces plaisirs ne pouvaient être permanents sinon ils ne seraient plus si notables. J’ai appris qu’il faut un peu d’humilité et ne pas ruminer indéfiniment ses déceptions (que l’on soit à haut niveau ou non). J’ai appris qu’une expérience, même mauvaise, est avant tout une expérience. J’ai aussi envisagé le fait d’avoir commis l’erreur d’effectuer 2 semi-marathons un peu trop rapprochés dans un contexte de relative fatigue latente. J’ai également appris que le monde, le nombre, le bruit ne me procurent pas de plaisir et que je préfère retourner à des sensations plus authentiques: celles que l’on vit sur des courses plus petites, pas des blockbusters du running.

Place aux Hotsteppers !

Des retrouvailles en plusieurs temps

Un petit noyau de Hotsteppers s’est retrouvé au retrait des dossards Samedi, au fameux Parc Floral. Pendant notre après-midi sur site nous n’avons cessé de croiser d’autres coureurs amis qui se sont joint à nous le temps de photos ou plus ! Bilan: arrivée à 14h30…départ aux alentours de 17h30. Nous avons pris du bon temps !

dossards semi de paris

De gauche à droite: Marie, Virginie, Francine, Nadia, Céline, Vincent et Philippe

objectif semi marathon de paris

De gauche à droite: Pascal, meneur d’allure 1h50 et moi même (Marie) – Une allure que je vise de loin mais que je ne suis encore pas prête à tenir ! Disons que c’est un objectif que je caresse 🙂

benevoles foulées des laveuses

Petit coucou au stand des Foulées des Laveuses et rencontre de deux bénévoles assidues: Stéphanie et Marie-Lou – une course à découvrir de toute urgence ici !

Difficile de se retrouver le matin de la course – le réseau croulait sous les tentatives d’appels infructueux ! J’ai tout de même pu avoir Julie au téléphone (1h49 au chrono final, bravo !) et prendre le départ avec Virginie avec qui j’ai dansé dans le sas de départ sous les rythmes endiablés des musiques d’échauffement. Oui, ok, ça c’était un point positif et je reconnais avoir pris du plaisir à ce moment là. Il faut dire qu’ils ont choisi « Bad Romance » de Lady Gaga au moment du départ aussi…l’un de mes titres préférés !

De gauche à droite: Marie et Virginie sous le stand de massages !

Le meilleur fut pour la fin, au restaurant « Au Bureau » de Vincennes, pratique et sympa. L’occasion idéale de se retrouver enfin en vrai; d’enfin prendre le temps de se parler autrement que par post ou chat interposés; de se voir comme nous sommes, bien réels, bien vivants autour d’une bonne table ! Un succès auprès de la dizaine de participants et des demandes ferventes pour renouveler l’initiative dès la prochaine course !

semi de paris

Au bureau – 3 mars: du 1er au dernier plan – Alexandre, Marie, Fabienne, Jean-Pierre, Stéphane et Vincent à droite ! Dan, Etienne, Virginie et Greg sont hors plan !

communauté hotsteppers

De gauche à droite: Greg interloqué, Philippe affamé, Alex prêt à attaquer !

hotsteppers running

De gauche à droite: Vincent, Greg, Philippe, Alexandre, Marie et Fabienne

communauté hotsteppers

De gauche à droite: Marie et Fabienne, concentrées sur l’écran (on ne dirait pas ce qu’il affichait !) – des fesses anonymes photographiées par Greg et qui…d’après lui…auraient un peu trop fondu avec la pratique de la course à pied ! C’est la vie mon cher greg !

Des performances et des témoignages variés

La petite quinzaine de Hotsteppers croisée entre le village expo du samedi et le resto de recup’ d’après course aura vécu ce semi-marathon dans l’éclectisme le plus absolu. Certains  ont partagé mon ressenti, d’autres au contraire auront battu leur propre record sur cette course dont ils se souviendront avec le sourire. Place à quelques témoignages:

Jean-Pierre: 

« Un semi très particulier pour moi car blessé 2 semaines avant, j’étais incertain. Je ne savais pas comment allait réagir mon pied. Je n’avais pas fait de sorties longues depuis 2 mois. Je m’étais entraîné seulement 1 fois dans la semaine. J’avais donc enroulé mon pied de bandelettes autocollantes pour éviter que la douleur ne se diffuse. C’était un essai pour moi. Je ne les avais reçues que jeudi et ne m’étais pas entraîné avec.

La course ne s’est pas trop mal déroulée. Un rythme finalement assez régulier. La douleur que je redoutais est arrivée après le 9ème km. J’ai alors pensé que c’était terminé. Mais voyant que cette douleur restait localisée, j’ai continué sur le même rythme tout le long de la course.

A l’arrivée, je suis finalement satisfait, loin certes des mes 2 précédentes éditions mais soulagé car la douleur ne s’est pas diffusée au reste du pied comme cela avait été le cas lors de la course précédente. Maintenant cap sur le marathon ! »

Philippe:

« Stress, voici le mot d’avant départ. Vais-je être à la hauteur de l’épreuve ? Vais-je atteindre l’objectif que je me suis fixé, c’est-à-dire moins de 1h45 ?
Dès les premières foulées, le stress disparaît pour laisser place à une grosse motivation et confiance, merci à la bonne température et à l’ensoleillement de ce dimanche. Les premiers km étaient difficiles à gérer du fait qu’il y avait plein de coureurs dans un sas qui ne reflète pas forcement leur niveau ou bien venus  « se promener » et discuter entre amis, il a fallu zigzaguer sur les cinq premiers km avant d’être tranquille et ne plus jouer des coudes. Plus les kilomètres passent plus je me sens bien, pas de douleur au pied droit ni au dos ! ma vitesse moyenne augmente sans cesse, je finis les 21.1km avec un super temps de 1h38’46s! Énorme !! et je me suis senti très frais à l’arrivée !! Ai-je eu les moyens de faire mieux ? Absolument. Vivement le prochain semi pour améliorer ce temps et qui sait ? Premier marathon en vue? »

Stéphane:

« Pour la phase 3 de mon défi des « 3 épreuves en 15 jours » j’avais prévu de participer à l’édition 2013 du mythique semi marathon de Paris. Remonté par le coach de mon beau-père lors de mon passage à Nice et mes deux précédentes courses (10 miles du carnaval de Nice et 10 km du semi marathon de Cannes) je m’étais donné comme objectif aux alentours de 2h pour cette troisième course de l’année. Superbes sensations lors de mon passage sur le village la veille, impression confirmée dans le métro ou j’ai pu taper la discute avec une concurrente qui s’alignait dans le même SAS que moi. Tout s’annonçait nickel. Échauffement plutôt sympa en musique, bon départ, météo au top, chronos sympas aux 5 et 10 km… Puis la déception, un piéton qui traverse en courant et qui m’écrase littéralement la cheville gauche au km 12, une chute, beaucoup d’énervement et le début du calvaire avec les coureurs qui marchent, ceux qui bousculent en passant, le temps qui s’écoule…Arrivée en 2h21′, écœuré de mon temps de parcours. Heureusement, une rencontre géniale, celle des HotSteppers au Bureau, près du château de Vincennes, un super souvenir, idéal pour décompresser!! Merci encore à toi Marie pour ce rendez-vous!! A très bientôt pour un nouveau défi! »

Fabienne:

 » Pour mon 1er semi, bilan positif car j’ai fait 2h15 et m’étais fixé 2h20.
J’ai été impressionnée par le monde mais le départ était en fait fluide et moi je n’ai personnellement pas été embêtée par la foule.
Le soleil était au rendez-vous. Passer par l’hôtel de ville était magnifique.
Par contre a compter du 16è km,  j’avais ultra mal aux jambes et aux genoux donc j’ai vraiment compté les km et réduit l’allure! Par contre quand j’ai vu l’arche ça m’a donné des ailes et j’étais fière d’avoir réussi ! Je le referai car Paris… c’est ma ville !! »

Merci à tous pour votre fidèle lecture concrétisée par ces rencontres bien réelles; bravo pour vos efforts, votre assiduité et votre envie de vous dépasser. Ce fut un plaisir de vous rencontrer ou de vous revoir. Je compte sur vous pour la prochaine course !

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Merci pour cet article et pour nous avoir permis d’y contribuer!! Au plaisir, Marie, de se retrouver sur une prochaine course… Je te tiens au courant, pour le moment tout dépend des délais de communication de mon administration de tutelle!!! A très vite!!

Merci à toi Stephane ! A très bientôt

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