Jeudi 16 janvier, sous un ciel peu clément, j’ai rendez-vous au pavillon du Lac des Buttes Chaumont pour une après-midi de présentations et tests des nouveaux modèles route et trail de Kalenji. La pluie nargue les passants ou runners venus s’entraîner mais ils sont là. Je découvre pour la première fois ce parc et son légendaire « dénivelé », me faufile à travers les allées, accélère à l’approche d’un individu venu zoner dans les buissons et me lâchant un « mademoiselle… » ayant le don de me faire monter en pression au quart de tour. Bref, j’arrive enfin au point de rendez-vous: un magnifique restaurant à étages au milieu de la nature. Dubitative, je me renseigne auprès d’un fumeur sur le porche qui me confirme « qu’il y a bien un truc de chaussures à l’étage ». Je gravis les escaliers et découvre une salle chaleureuse investie par une somme de journalistes, bloggeurs et paires de chaussures !

Récit d’un testing day particulièrement instructif, entre technique, innovation et rencontres.

Les nouveautés Kalenji: Kiprun, Kapteren

J’adore ces moments de retrouvailles entre passionnés du running parfois bien connus, parfois reconnus d’après leur profil Facebook, parfois jusque là inconnus. Derrière une homogénéité apparente il y a finalement des personnalités bien trempées, même rebelles, qui ont leurs convictions, leurs préférences et sont loin, bien loin d’adhérer à toutes les innovations et à toutes les marques. Il est vrai que la tenue d’un blog qui fonctionne entrainant ainsi de multiples sollicitations alimente la passion du sport mais aussi l’exigence. Moins émerveillé devant la moindre nouvelle paire de chaussure, l’analyse et l’envie de statuer sur le produit prend parfois le dessus. En ce qui me concerne, j’ai toujours été sensible à l’innovation et à l’envie d’innover (deux choses différentes). Kalenji représente pour moi parfaitement la marque de running grand public faisant d’immenses efforts d’innovation pour être plus qu’un challenger sur le marché. De plus en plus, Kalenji ne se limite plus à proposer des « tarifs intéressants » mais aussi des produits qui ont de la gueule. L’année dernière, une paire de Kiprun MD m’avait été envoyée pour test et j’avoue avoir été embarrassée tant le look et le confort de la chaussure laissaient à désirer. J’avais tout de même écrit un article soulignant les efforts de la marque mais il restait faiblement enthousiaste. Test de la Kiprun MD ici. C’est avec surprise cette année que je découvrais la nouvelle gamme Kiprun hommes et femmes ainsi que son homologue en trail, la Kapteren XT4.  Les pointes développées par la marque en auront quant à elles séduit plus d’un(e). Avant la publication d’articles tests plus approfondis, voici déjà un aperçu des sus-mentionnés produits et de leurs caractéristiques.

Kiprun SD, MD, LD et Comp

Rappelons que SD signifie « Short Distance » ie 10km; MD « Middle Distance » ie semi-marathon et LD « Long Distance » ie marathon. Dans un autre registre, les Kiprun Comp, plus légères (205g), sont dédiées aux performers en quête de chronos « en dessous des 34′ au 10km ou en dessous des 2h40 sur marathon » cite la marque.

Exposition de la gamme Kiprun pour femmes. De haut en bas: Kiprun Comp, SD, MD universel, MD pronation, LD

Exposition de la gamme Kiprun pour hommes. De haut en bas: Kiprun SD, Kiprun MD universel, MD pronation, Kiprun LD universel, LD pronation

A noter: Stéphane Diagana, plus qu’un partenaire de la marque est également chef de produit. Il lui consacre de ce fait un certain nombre de jours par an (une cinquantaine de mémoire), partagés entre évènements, communication et développement technique pur. Si les partenaires comme Sophie Duarte (championne d’Europe de cross), Benjamin Malaty (1er français au marathon de Paris 2013 en 2h12′) et Julien Bartoli (1h04’27 » aux 20km de Paris) ont un rôle avancé de testeurs, Stéphane Diagana joue un rôle à part entière dans le développement des modèles route. Il est d’ailleurs intéressant de l’entendre parler de son goût pour sa mission Kalenjienne faisant de lui un intervenant à part entière dans le process d’innovation produit, de pair avec les ingénieurs et le chef de produit de la gamme: Olivier Laboussole.

Focus sur la Kiprun Comp pour hommes.

Kapteren XT4 et Race

Passons aux modèles trail. Bien qu’adepte des sous-bois et de la course nature, les quelques trails que j’ai pu entreprendre (et le mot est faible) m’ont laissé des souvenirs mitigés, entre souffrance et découverte ! Toujours est-il que le choix de chaussures de trail est fondamental pour ne pas subir les terrains irréguliers propre à la discipline et à ses lieux de pratique, pour agripper le sol dans les montées et les descentes fréquentes, pour tenir la route…dans la durée. Très satisfaite de mes XT Wings de chez Salomon (ultra-confort), je trouve que les modèles trails sont souvent plus rigides, plus rustiques, plus lourds – logique. Qui plus est, le look des modèles de trail n’est pas étudié de la même manière que pour la route. Plutôt moins flash, plus fonctionnels, dans l’ensemble. Avec sa gamme Kapteren, Kalenji démontre ici une fois de plus sa capacité à créer des chaussures attractives et techniques. Le run test éclair le confirmera par la suite: on est bien dans des Kapteren !

Exposition des modèles trail Kapteren XT4. De haut en bas: XT4 neutre pour hommes, XT4 pronation hommes, XT4 pronation femmes et XT4 Race.

A noter: au même titre que Stéphane Diagana pour les modèles « route », c’est ici Thierry Breuil (5ème aux mondiaux de trail et 2ème français), anciennement chez Adidas, qui investit le rôle de chef de produit de la marque aux côtés de Jean-Luc Burnichon.

Pointes Kalenji

Bien qu’absolument pas utilisatrice de ce type de chaussures; je dois admettre qu’elles ont un look ultra-réussi ayant récolté un bon nombre de voies d’adhésion lors du testing day. En voici un visuel authentique, pour la beauté du produit !

Pointes Kalenji accompagnées d’une poignée de « donuts » (pour les intimes) ou K-Rings, pour les « experts »: nouveau concept d’amorti inséré au coeur même des semelles intermédiaires de chaque modèle route.

Les runs-tests éclairs

Olivier Laboussole (chef de produit « route ») au départ des runs-test

Kiprun: à chaud

Après l’analyse et les présentations, place aux tests. Répartis en deux groupes: route et trail, destinés à être intervertis 30′ plus tard, nous étions une grosse trentaine à être lâchés au coeur des Buttes Chaumont, chaussures neuves aux pieds. Habituée au zero drop amorti depuis des mois, j’ai eu d’étonnantes sensations avec les Kiprun MD. C’est intéressant, je pense qu’il y a un an j’aurais eu une excellente perception de ces chaussures tant leur amorti et leur confort est palpable. Pourtant, convertie à la course naturelle depuis quelques temps, j’ai été frappée par tous les soutiens que comportent la Kiprun, moi qui suis désormais habituée à une semelle plate et à une « architecture » sobre, forçant le pied à se renforcer petit à petit par lui même. Pourtant, Olivier Laboussole, chef de produit Kiprun précise qu’en aucun cas leurs modèles ne corrigent la foulée. La version « pronation » n’étant d’ailleurs caractérisée que par un renforcement de la mousse à l’intérieur gauche de la chaussure, pour éviter une « pronation de fatigue » et non pour redresser une foulée résolument pronatrice. C’est également au cours de ce run test que j’ai pu m’entretenir avec Olivier Weber: ingénieur Kiprun, m’apprenant à mon plus grand étonnement que Kalenji était en pleine démarche de test à grande échelle de l’effet d’une réduction de drop sur la course d’un panel de près de 600 coureurs. Actuellement à 10mm de drop (hormis les Kapteren race: 6mm), les chaussures Kalenji se situent « dans la moyenne » sans pour autant s’y installer. Il se pourrait qu’à l’avenir la marque s’oriente vers une réduction du drop de ses modèles pour proposer une foulée plus naturelle. Le terrain reste cependant glissant. Il s’agit de rééduquer tout un pan de la population de runners et de veiller à ce que la transition se fasse en douceur, au risque de dégâts. On ne change pas de drop comme on change de chemise. Intéressant et à suivre.

XT4: à chaud

Très confortable dans ce nouveau modèle trail, j’ai eu de bonnes sensations de course même si de nombreuses heures de test devront suivre pour statuer. Malgré la pluie dégoulinante, en côte ou en descente, les XT4 accrochent bien le sol et offrent de la souplesse. Leur drop est pourtant semblable à celui des Kiprun mais cela m’ a moins déstabilisée. D’après Jean-Luc Burnichon d’ailleurs, l’espace alloué aux orteils serait plus important dans les modèles trail que route. Là aussi, habituée aux chaussures Altra depuis quelques temps et soulagée par leur large « toebox », j’ai pris l’habitude de faire fonctionner chacun de mes orteils et d’apprécier leur effet stabilisateur. Un effet que l’on retrouve plus dans les XT4 que dans les Kiprun.

Pour conclure…

Même si j’ai été de loin la coureuse la plus lente des deux groupes, appréciant sans complexes la dégustation d’un chocolat chaud et d’une large part de cake en fin d’après-midi; même si mon entretien « en plein run » avec Sophie Duarte n’a pas duré plus de 5′ tant mon seuil se rapprochait de son endurance fondamentale, et encore (quand on ne respire plus, il est difficile de poser des questions !); même si je suis une néo-zero-drop-lover qui a par ailleurs pris un certain recul sur la notion de performance et repensé ses motivations pour courir…j’ai particulièrement apprécié cette après-midi organisée d’une main de maître par l’équipe Kalenji et leur RP Stéphanie. Discussions à bâtons rompus, échanges entre passionnés, le format était concluant. Bien plus qu’une simple conférence de presse mono-directionnelle, Kalenji sait impliquer ses prescripteurs dans sa démarche d’amélioration continue et convaincre de son dynamisme. Quant à celui de ses chaussures, cela fera l’objet d’un prochain post.

 

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