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Allure spécifique… « feeling » : place aux sensations

Un paysage très propice à une « allure feeling »…

Une priorité: la liberté et le bien-être 

Fidèle à mon esprit anti-conformiste et un peu rebelle (bien que sympa) de jeune femme moderne adepte de course à pieds, je suis sortie ce matin pour la première fois après une longue période d’inactivité (la fameuse bronchite dont j’ai parlé tous les jours pendant 10jours sur facebook -mea culpa mais l’inactivité est dure à vivre, vous le savez !) et j’ai une fois de plus pensé à ce fameux « feeling » de course.

Bien incapable de suivre un plan d’entraînement et d’accepter la moindre contrainte en ce qui concerne la course à pieds : il y en a déjà bien assez dans la vie quotidienne pour que ce sport passion devienne un « devoir », je suis de plus en plus adepte de ces sorties brutes, sans GPS, sans objectifs de résultat, sans fractions ou allures spécifiques si ce n’est celle du feeling.

Cette position ne va pas à l’encontre de tous les entraînements et de leur intérêt certain pour la progression. Il ne s’agit pas de tout rejeter en bloc et de devenir une anarchiste du running mais…je cautionne la position de certaines marques qui cherchent à développer via leurs gammes de produits, des leviers de mieux être pour les runners, indépendamment de leurs « scores », juste pour le plaisir du « feeling » génialissime de la course à pieds qui pourrait presque se suffire à lui même.

Un entraînement complet mais plus orienté « sensations » qu’objectifs 

Personnellement je vais parfois prendre un plaisir étrange à grimper des côtes, parfois à courir longuement en forêt alternant creux et bosses, parfois plus en vitesse sur du bitume mais mes séances n’ont pas de nom, pas de titre et ne sont pas quantifiées. Pour autant prises dans leur globalité, l’ensemble a du sens. A cela s’ajoutent des séances en salle de renforcement musculaire parce qu’intuitivement et d’expérience je vois très clairement que des muscles plus forts facilitent et améliorent largement l’expérience de course : plus de puissance, plus d’aisance, moins de blessures…Là aussi il n’y a pas de règles. Tout ce que je prévois en amont n’est de toutes manières jamais respecté. Ma vie est bien trop remplie et imprévisible pour que je puisse suivre un joli planning élaboré consciencieusement. Alors, plutôt que de culpabiliser en rageant de ne pas avoir fait ce qui était prévu et dans l’ordre, je me dis qu’il peut être intéressant de ne pas oublier les « sensations ». Ces sensations reflètent la connaissance de soi qui grandit par l’expérience (bonne ou mauvaise), par le vécu et son analyse. Leur connaissance peut toutefois être améliorée de temps en temps par l’utilisation d’appareils. En sciences on parle de bio-feedback : il s’agit d’identifier des sensations, quantifiées par des appareils de mesure. Par exemple, vous courez avec un GPS qui vous indique votre vitesse et vous essayez de mémoriser vos sensations pour pouvoir être capable de deviner de plus en plus facilement votre vitesse de course, sans appareil. Il peut en être de même pour votre fréquence cardiaque, pour les sensations de « temps écoulé », de fatigue, de fraîcheur, d’aisance musculaire, de raideur, etc. Ces appareils permettent aussi de faire le point, pour voir où l’on se situe, si l’on a progressé ou pas, mais il me semble qu’il faut faire attention à ne pas s’y fier servilement.

Chaque runner a ses raisons, son style, ses objectifs, son histoire…

Par ailleurs, je suis persuadée qu’il n’existe pas une seule manière de pratiquer la course à pieds. Certains ont un besoin impérieux de cadre, d’autres non, d’autres encore se situent entre les deux extrêmes. Ce qui compte au final et d’y trouver son compte et cela se résume par une chose : le plaisir éprouvé !

Alors, au vu des efforts, des investissements, des engagements si louables de ceux qui préparent un marathon, un ultra ou toute autre épreuve sur plusieurs mois, il est capital de toujours bien doser la part de « souffrance » et la part de « plaisir » impliqués dans ces programmes. Je demandais récemment à un coureur multipliant de façon presque addictive les longues distances s’il était satisfait de la balance efforts/plaisir de sa pratique sportive. Après un certain silence il a eu l’honneteté de me répondre « ça dépend ». Je n’ai pas insisté, chacun ses raisons, ses besoins, ses envies et ses limites, mais je pense qu’il est important de régulièrement se poser la question. Il est certain qu’une bonne dose d’efforts est souvent préalable à de grandes vagues de plaisirs ! Il faut être réalistes, on n’a rien sans rien, je vous l’accorde.

En tous cas, en ce qui me concerne, je suis pour le moment satisfaite de ce que la course à pieds m’offre comme résultats, expériences et surtout rencontres, proportionnellement à ce que j’y investis. Je me suis lancée le défi du Marathon du Médoc pour mes 29 ans en septembre 2013, pour voir si je suis capable de fidéliser ma pratique sur une durée de temps continue et de réaliser l’exploit du 42,125 km, encore absent à mon tableau de courses. Je veux toutefois que cette expérience soit une fête et j’y veillerai…(le choix du Médoc n’est pas anodin, en passant).

Nous verrons alors s’il est possible d’allier feeling et hargne (je pense déjà avoir la réponse), car les deux me semblent indispensables pour demeurer un coureur libre et heureux de vivre !

Je serais curieuse de connaître votre « feeling » sur le sujet…

A très vite sur des pistes connues ou non,

Marie


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