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Équipe de France de hockey subaquatique: les bleues bronzées aux mondiaux

Deux grands évènements se sont achevés ce 1er week-end d’avril 2016: le traditionnel et non moins mythique marathon de Paris que j’ai eu la chance de courir il y a 2 ans et les championnats du monde de hockey subaquatique en Afrique du Sud que j’ai suivis avec émotion pendant 10 jours par toutes les voies webistiques possibles. La raison de cet engouement: la présence d’une amie chère au coeur de l’équipe de France de hockey subaquatique féminine et la connaissance intime de son quotidien emprunts de sacrifice pour concilier sport semi-pro et boulot. Quand on débute dans le blogging on parle de tout et parfois de rien. L’enthousiasme est diffus, parfois au détriment de la qualité des interventions. Et puis la vie fait vivre tout un tas de choses qui aident à mieux choisir. C’est ainsi avec un véritable intérêt, beaucoup d’affection et une grande admiration que je vous invite cette fois-ci à plonger au coeur de ces mondiaux soldés par un podium inespéré pour nos bleues. Amoureux du Sport et de sa magie quand il n’est pas bouffé par l’argent ou les magouilles: bienvenue, c’est par ici !

Le hockey subaquatique: apnée, force, vitesse et tactique

Le « what » ? Ok, c’est simple: tu prends un masque, des palmes et un tuba; tu saisis une mini crosse dans ta main préférée et tu respires un grand coup. C’est parti, tu plonges au fond de la piscine et tu te jettes à ton poste de prédilection (avant-centre, aile, arrière, …) pour faire évoluer un palet de 1,3 kg jusque dans les buts adverses. Ce palet est trop léger pour flotter bien entendu mais suffisamment pour valser sous l’eau malgré tout quand un bon coup de crosse vient lui botter les courbes.

Il y a un bon nombre de fautes à ne pas commettre sous peine de se voir partir en prison pour les plus graves (2′ d’exclusion du jeu) ou infliger un penalty mais globalement, le jeu ressemble à un mix entre foot (pour les grands déplacements et les buts) et rugby (pour les espèces de mêlées sous l’eau parfois impressionnantes). Le seul petit détail est que tout ce beau monde évolue en apnée dynamique. Comprendre: pas l’apnée ou tu bloques ta respiration et tu ne bouges plus en essayant de tenir le plus longtemps possible (ne pas reproduire cet exercice à la maison svp!) mais celle où tu bloques ta respiration en même temps que tu te jettes sur l’adversaire pour récupérer le palet ou que tu palmes comme un(e) dingue lors d’un contre fulgurant par exemple (cf celui sur 15m de la Capitaine de l’équipe de France féminine en 2ème mi temps du match France-Colombie pour la 3ème place du podium). Le match se joue en 2 mi-temps de durée variable selon les championnats: pour les mondiaux le format était de 2×15 minutes (5 minutes de mi-temps).

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Opposition subaquatique entre 2 joueuses aux abords du but

Pour découvrir l’interview d’Alison, joueuse portant le n°8 évoluant à l’aile ou en savoir plus sur le hockey subaquatique, n’hésitez pas à relire cet échange: « Hockey subaquatique: Alison nous emmène dans les profondeurs d’un sport atypique et méconnu »

Mondiaux 2016 à Stellenbosch, Afrique du Sud

Équipes de France de hockey subaquatique: de la difficulté d’être une femme…

Si l’équipe masculine arrivait en Afrique du Sud avec un passif de 2 titres mondiaux en poche, l’équipe féminine avait comme dernier palmarès une modeste 9ème place. L’avantage vous me direz quand on part de là c’est que l’on a pas mal de marge de progression. Pas facile pour autant. Les femmes ont de nos jours « le droit » de faire du sport, contrairement à cette époque non lointaine où elles étaient encore interdites de compétition sous prétexte de ne pas en être capable mais la parité n’est pas encore en place. Le sport féminin intéresse moins les médias. Alors, imaginez le (non) soutien attribué à une équipe féminine dans un sport « confidentiel » ? Comment continuer à s’entraîner quand on évolue au sein d’une fédé qui n’a pas beaucoup de moyens? Comment avancer à haut niveau quand on a un boulot tous les jours voire une famille ? Comment garder le cap quand rien d’autre n’est en jeu que la réalisation personnelle, la réussite collective, la mémoire de moments d’exception ? Peut être justement parce que c’est bien là que se trouve l’essentiel et que ces conditions précaires ont l’avantage de garder la passion indemne.

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L’Equipe de France de hockey subaquatique féminine (élite)

Des « round robins » évoluant crescendo

Les compétitions internationales de hockey commencent par une phase de poules appelée « round robins » débouchant sur les 1/4 de finale. L’équipe de France féminine se trouvait dans la poule des Néo-zélandaises (« NéoZ » pour les intimes) – nation favorite championne du monde 2013 – de la Colombie (n°5), de l’Australie (n°4), de l’Argentine (n°13), du Canada (n°8) et de Singapour. Globalement, une poule plutôt difficile avec seulement 2 nations sur 7 moins bien classées que la France aux derniers mondiaux. Mais rien n’est jamais figé dans le sport et les bleues avaient travaillé d’arrache-pied pendant 3 ans – de quoi espérer l’inespéré. Le coach de l’équipe masculine ayant tardivement mais efficacement repris en main leurs entraînements, un objectif « podium ou 4ème place » avait été annoncé avec une certaine ambition. Le 1er match de nos bleues à 7:00 du matin s’est avéré tomber contre la nation kiwi avec un résultat sévère de 4-0. De quoi rentrer dans la compétition avec un coup de crosse dans le mental. Le 2ème match contre la Colombie s’est joué à peu de choses (3-2) mais a infligé une nouvelle défaite à nos françaises. C’est à partir du 3ème match que les filles ont repris en mains leurs scores avec un 10-0 impertinent contre l’Argentine et un 2-1 contre le Canada. L’avant dernier jour des round robins, l’équipe de France féminine gagne à nouveau 1-0 contre l’Australie: victoire pas écrasante mais significative. C’est finalement avec 12 buts à 0 que les françaises achèvent Singapour. Des résultats croisés à ceux des autres matchs de leur poule les plaçant en 3ème place à la sortie des round robins.

Une position leur assurant un 1/4 de finale contre l’Espagne synonyme d’une victoire difficile mais réaliste.

Des 1/4 de finales au podium

Ce fut chose faite: les bleues l’emportent 1-0 et se qualifient pour les 1/2 finales: un exploit !

Demie-finale contre la Nouvelle Zélande, avec un objectif simple: combattre ! Le score final sera à nouveau sévère pour nos françaises qui perdent 7-0 face à une équipe puissante terminant 2ème de ces championnats, juste derrière les sud africaines jouant à domicile.

Il restera la « petite finale » pour tenter d’accrocher la 3ème place du podium et c’est après un match fort en rebondissements (prisons, penaltys, contres spectaculaires, fautes à répétition, …) que les françaises emporteront leur médaille de bronze avec un 3-1 bien affirmé !

Un résultat incroyable pour les femmes de cette équipe de France de hockey subaquatique loin d’être favorite.

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Les séances de nage, les crossfits, les runs et les stages France pas loin de me rappeler ce que j’ai pu vivre à l’armée auront payé et montrent encore une fois que l’on n’atteint pas les sommets sans se donner tout comme on n’y reste pas facilement. L’excellence se mérite, se cultive, se voit parfois remise en question ou en stand by de façon étonnante mais procure toujours cette décharge de bonheur qui marque les mémoires et les coeurs, tant pour les joueurs/joueuses que pour leur public admiratif. Bravo les filles !

Pour suivre les news des Equipes de France de hockey subaquatique, rendez-vous sur leur page Facebook, particulièrement animée: Facebook officiel Equipes de France de Hockey Subaquatique

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