Cet article ne vous fera pas l’état des lieux d’une marque ou de son nouveau produit, d’un évènement ou d’une course, d’un courant ou de conseils nutritionnels; cet article se veut un concentré d’expression directe et pure comme je ne me suis pas autorisée à le faire depuis bien longtemps.

Et pourtant, quand on a créé un blog en partant de rien, là où certains ne voient que les invitations et les cadeaux, sans voir le travail et l’investissement, il y a bien plus encore. Il y a la chance d’avoir un espace où l’on peut s’exprimer on ne peut plus librement. Personne n’est là pour vous dire que c’est « touchy », que la ligne éditoriale n’est pas respectée, que ça ne correspond pas avec le thème de la saison ou que ça ne va pas générer de clics ou de ventes ! La ligne éditoriale c’est vous, c’est votre droit, ce sont vos mots et les clics ou les ventes, vous vous en foutez éperdument pourvu que vous conserviez votre liberté ! Mot qui est revenu souvent dans les médias ou la bouche des français ces derniers mois, alors même qu’il est devenu dangereux de vivre librement, avec sa nature, ses goûts, ses envies, ses préférences, ses croyances, sa couleur de peau, ses choix.

Cette liberté je l’utilise à 1000% aujourd’hui, tranquillement dans mon salon avec un café au lait (je sais c’est indigeste mais j’aime le lait et je le vis bien !) pour exprimer tout mon désaccord sur la tendance in-humaine que prennent certaines marques, certains groupes, certaines communautés. Je fais une indigestion des « dépassez vos limites » et « on est des machines » en série. Je travaille pourtant dans le sport, qui plus est dans le marketing et je devrais savoir qu’il y a beaucoup d’image dans tout ça. Mais justement, je suis fatiguée de l’image.

Le Sport, le vrai, est bien plus que ça.

Certains d’entre vous que j’ai la chance de connaître au delà du blog et de ma page Facebook Hotsteppers savent ce que je vis depuis l’été 2014. Pour les autres et en résumé, j’ai eu quasiment du jour au lendemain des douleurs en bas du dos qui habituellement se dissipaient mais qui cette fois-ci on duré: jusqu’à maintenant, soit près d’1,5 ans. Une hernie discale L5/S1 avec Modic I, soit la forme la plus douloureuse d’inflammation du disque. Pas grave, aucun risque d’en mourir, mais chronique, douloureux, invalidant. Une sorte de coup de massue en pleine tronche au coeur d’une vie dynamique, pleine d’envie et de projets. Quand vous avez mal vous vous arrêtez progressivement de vivre; vous survivez. Il y a ceux qui se permettent de râler parce qu’ils vous trouvent de mauvaise humeur. Et oui, vous n’êtes plus là avec votre énergie débordante, vos 1001 projets ou idées et votre élan motivateur sur lequel tout le monde compte. Cette fois-ci c’est vous qui avez besoin des autres, c’est vous qui êtes faible, c’est vous qui avez terriblement besoin de patience et d’indulgence et ça, trop peu nombreux sont ceux qui sont prêts à vous les donner. Vous frôlez la déprime parce que la douleur rend fou et puis, à mesure que le temps passe et qu’elle diminue lentement, vous vous transformez. Vous vous mettez à changer de regard, sur les autres, sur le sport, sur la vie.

La course à l’objectif, au chrono, au poids sur la balance vous semblent tellement mais tellement futiles. Contrairement à ce que certains pourront dire, il ne s’agit pas de frustrations. Au début oui mais après 1 an croyez-moi; la frustration a pris un autre visage: celui de la maturité. Aujourd’hui je peux à nouveau pratiquer presque tous les sports mais la course à pied reste un sport qui ravive mes douleurs quelques heures après un run, au moment où mes muscles refroidissent. Je ne peux donc plus courir où je veux et quand je veux. Mais quand je peux, je suis toujours motivée, je considère que c’est une merveilleuse journée et que j’ai de la chance. Je suis allée voir un ostéopathe pour la 1ère fois depuis ma reprise sportive, hier même. Il m’a affirmé l’air confiant que mon bassin était complètement décalé et que ça empêchait mon disque de réellement cicatriser; particulièrement lors d’efforts comme la course à pied, pas violents en tant que tels mais plus impactants dès lors que l’organisme est fragilisé. Ses mains expertes et sa connaissance du corps humain au delà des IRM et des radios m’ont « manipulée » en douceur. Je dois le revoir dans quelques jours et les choses devraient encore avancer un peu plus vers la guérison.

Lors de cette consultation pourtant rapide, le spécialiste m’a évoqué l’impact de la sédentarité sur la déformation de certains axes du corps. Sédentarité ? Moi ? J’avais envie de rire mais il m’a gentiment répondu que d’être (mal) assise des heures durant devant un ordinateur, malgré des heures de sport le soir était malheureusement une forme avérée sédentarité. « Sitting is the new smoking » n’est ce pas ? Et puis, le port de charges lourdes, sans toujours faire très attention, parce que tant que l’on n’a pas « craqué » physiquement, le corps est sacrément sympa et absorbe; peut insidieusement engendrer de petits maux qui tels l’effet papillon, déclenchent un peu plus tard, de mauvaises surprises.

L’idée n’est donc pas via cet article de voir les choses en noir et de couper les passionnés dans leur élan (je maudits les tueurs de passion !). L’idée qui me tient à coeur ici est d’insister sur le fait que non, le corps n’est pas une machine. Oui, il possède de formidables facultés d’adaptation mais elles ne sont pas infinies. Votre corps n’est pas votre chose. Qui plus est, tous nos corps ne sont pas identiques. Des émissions fleurissent dernièrement sur la nouvelle tendance du sport hyper matinal. On voit des nanas ou des mecs mettre leur réveil à 5:30 du matin et enchaîner tout un rituel aux aurores, soit disant source d’un bien être incroyable. Heureusement, certains médecins rappellent que ce qui est valable pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre. Tout le monde n’est pas du matin et ceux dont les besoins de sommeils sont plus importants ne se verront que souffrir de cette pratique. Il ne s’agit pas d’une faiblesse mais d’une différence ! Alors, allez-vous demander à cette personne dont le rythme naturel profond implique plus d’heures de sommeil matinal que vous, d’aller « dépasser ses limites » ? Bien sûr que non, sauf si vous voulez le détruire.

Malheureusement le fonctionnement de notre société qui fabrique des individualistes et des matérialistes crée aussi un besoin immense en adrénaline et en dépassement tellement nos quotidiens, notamment professionnels peuvent manquer de sens. On vit dans des entreprises qui soit disant cherchent à faire des économies alors même que l’on observe des gâchis par nos dirigeants et sous nos yeux. On nous demande de passer plus de temps à montrer que l’on est important et que l’on a de la valeur à ceux qui ne sont pas capables de le voir plutôt que d’agir vraiment et de faire avancer les choses auprès de ceux qui en ont besoin. On investit dans le court terme pour gagner tout de suite et on n’a pas le courage de penser au long terme, qui ne rapportera que plus tard. Dans cette frénésie on se jette dans le sport et on se fait violence; on se met des défis pas possibles et on culpabilise quand on passe à côté d’un rêve de « RP » ou que l’on rate une séance. On s’entre motive à coup de « on est des machines » et « dépasse tes limites » alors qu’il faut plus que jamais savoir en mettre et les respecter. On ne croit plus en Dieu alors on mise tout sur l’Homme et on tourne en rond, tellement il est, par nature et définition, un être merveilleux mais si petit dans l’univers et plein de limites. On ne mise que sur soi par obsession d’indépendance et on passe à côté du concept incroyable de l’inter-dépendance: cette vision géniale vers laquelle les Hommes devront évoluer pour sortir de leur illusion de toute puissance, qui implique d’avoir autant besoin des autres que ces derniers ont besoin de vous.

Alors aujourd’hui, devant la frénésie d’opérations marketing, de campagnes, de nouveaux produits, de tendances et de courants en tout genre qui essaient à chaque fois d’évangéliser le plus grand nombre pour le rallier à ses communautés et mieux les maîtriser, n’oubliez pas de rester libres, n’oubliez pas de préserver vos envies en ne répondant pas à vos moindres besoins dans l’immédiat, n’oubliez pas que votre corps n’est PAS une machine et que vos limites sont là pour être reconnues et respectées, bien plus que pour être dépassées; que les autres ont besoin de vous et que vous ne pouvez pas non plus vous auto-suffire, que le sport est merveilleux quand il est vécu comme une expérience et non comme une maladie de la performance; quand vos défis sont en accord avec votre nature et votre âme, pas avec les attentes d’une société qui ne vous connait pas en profondeur.

Je m’engage pour ma part à faire de ce paragraphe ma ligne de conduite pour 2016 et vous souhaite une vraie belle année pleine de transformations salutaires <3

 

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Marie
Créatrice et blogueuse passionnée de Sport, nourrie des cultures européenne et américaine, je me spécialise en nutrition pour aider les lecteurs Hotsteppers à vivre une vie saine, solide et riche de sens ! Ma meilleure amie et athlète Alison m'accompagne sur ce blog dans les 1001 expériences et découvertes qu'il nous offre et contribue à son contenu à travers son activité physique de niveau semi-pro (Équipe de France de Hockey Subaquatique)

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