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Courir en pleine nature: « Ô temps ! Suspends ton vol ! »

Et l’intuition, alors ?

Plus le temps passe, plus je chemine au gré des innovations, des marques, des tendances et de ma pratique sportive, aussi amateur soit-elle, plus je réalise une chose. Il me semble que l’être humain, pourtant si riche d’une multitude de capacités et de qualités qu’il prend parfois une vie entière à découvrir, se voit régulièrement privé de la force de son intuition et de sa connaissance de lui-même. On répète souvent que la course à pied permet d’apprendre énormément sur soi. Je suis bien d’accord …mais n’est-ce pas parce que par ailleurs, toutes ces technologies et ces « aides » du quotidien, se transforment en assistance qui nous réduisent à l’état de « followers » de notre propre vie. A l’inverse, la course à pied est une voie de progression qui nous met face à nous mêmes et nous permet de renouer avec toutes ces pensées intuitives, ce « feeling » souvent juste dont nous sommes pourvu et qui vaut bien mieux que bien des théories, des plans ou des « tu dois absolument… » et « il faut que » venant de l’extérieur.

Pour illustrer cet avis et se mettre l’esprit au vert, je vous propose de prendre l’exemple d’une course en pleine nature et d’en parcourir les innombrables bienfaits…

Long, court, rapide, lent…varier, varier, varier !

Ce matin, mal réveillée, peu motivée comme souvent ces temps-ci, je regardais mes Salomon Xt Wings 3 qui m’avaient aidée à parcourir les sentiers de randonnée corse cet été et me mis à éprouver à nouveau l’envie d’un tête à tête avec la nature…Ma prochaine course individuelle étant un semi-marathon, j’ai récemment pioché un plan sur le web parmi un lot de sources sûres et décidé de me l’approprier. Pour autant, à peine 1 semaine après le début de ce plan, je me trouvais déjà l’ajustant, le modifiant, annulant ou rajoutant des séances – ne le suivant pas du tout en fait, le pauvre! Mais finalement, les grandes lignes d’un entraînement équilibré me semblent intégrées : du court/ très rapide (VMA), du moyen/rapide (seuil), du long/lent (sorties longues), du court/lent (récup). Dans tout ça, je case systématiquement des côtes, systématiquement du bitume et systématiquement de la terre en sous-bois. La règle, si tant est qu’il y en est, est la diversité, l’envie et l’intuition.

Ce matin, en partant à moitié endormie et déphasée dans la forêt, sans chrono, sans cardio (de toutes manières je n’en n’utilise jamais sauf pour des tests…), juste avec de l’eau ; je vivais pleinement les bienfaits d’un entraînement en pleine nature.

La nature n’a pas de limites et nous libère…

Sur une route, il y a deux solutions : être à fond ou ne pas être à fond, selon la forme du jour. Certains ont une admirable régularité dans leur envie et leur entraînement, d’autres fluctuent beaucoup plus. Que faut-il faire alors ? Courir ou ne pas courir, est-ce la question ? Pas nécessairement. Courir en pleine nature est une merveilleuse alternative. La nature vous offre un terrain de jeu qui varie sans cesse. Une route reste une route. Un chemin en terre n’est jamais le même d’une sortie à l’autre. Un jour il sera dégagé, le lendemain des bogues de châtaignes l’auront recouvert, un autre jour encore un tronc d’arbre mort se sera effondré, vous barrant alors la route.

C’est bien normal, la nature est vivante, comme nous. Elle traverse des périodes fastes et luxuriantes, d’autres plus ardues. Elle sait s’épanouir ou se protéger, selon les saisons, selon les rythmes de la Terre. Courir en pleine nature c’est se reconnecter au temps qui passe en mettant de côté l’effet anxiogène que cela peut avoir et en se nourrissant au contraire, du mouvement perpétuel des choses. Un mouvement continu certes, mais pas une agitation pour autant. Dans la nature, tout est profond et porteur d’une grande force. Se laisser accueillir par des chemins étroits, des rangées d’arbres immenses ; se laisser éclairer par un rayon de soleil perçant à travers les branches ou se retrouver dans un coin plus sombre, d’une seconde à l’autre, nourrit l’esprit, rafraichit l’âme, éveille les sens. Lorsque le cœur n’est pas à la performance, lorsque l’envie de « sortir » est là mais pas celle d’atteindre un but précis, la nature répond présente.

Laissez-vous porter, votre vitesse n’a aucune importance. Concentrez-vous sur cette racine qui approche pour ne pas trébucher; centrez-vous sur votre souffle dans cette longue montée qui vous tend les bras; maîtrisez vos pas pour ne pas laisser fléchir vos chevilles un peu fragiles sur ce terrain totalement imprévisible; profitez de ne pas être à pleine vitesse pour écouter, sentir, regarder ce qu’il se passe autour de vous…un chevreuil, des oiseaux, une fleur miraculeusement ouverte au milieu d’un terrain sec, un arbre mort abritant une faune incroyable, un air frais et pur, le souffle du vent qui semble vous murmurer l’histoire de ces bois, …

L’énergie (re)vient ? Accélérez dans la ligne droite qui s’offre à vous ; la fatigue pointe le bout de son nez ? Ralentissez et continuez votre route lentement mais surement. Pourquoi ne pas marcher aussi, si vraiment le souffle vous manque ? Grimper une côte en marchant renforcera vos muscles quoiqu’il arrive. Courir en pleine nature/forêt implique un grand lâcher prise mais paradoxalement aussi une forme de vigilence, tant le terrain peut être surprenant et hétérogène.

Peu importe votre forme du moment, vous en ressortirez nourri et vous aurez avancé. Vous aurez relié vos sensations à votre environnement, respecté votre état de forme, ré-appris à l’adapter aux conditions du moment. Vous aurez redonné le pouvoir à votre intuition et à votre envie. Vous aurez progressé sans qu’un appareil n’ait besoin de vous le dire. Vous en ressortirez plus humble et plus libre.

A très vite, sur les pistes…

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C’est tellement vrai tout ça… et totalement ressourçant… je ne peux que déplorer le peu de possibilités qu’offre une ville comme Montpellier an la matière… à moins daimer tourner en rond comme un hamster dans sa roue dans les rares petits parcs existants… Sur ce point, j’en vie grandement mon frère, habitant en Savoie, qui a la montagne comme terrain de jeux… et tant pis pour les côtes !

Tu sais j’habite en région parisienne…certes dans les Yvelines, c’est une chance, mais on peut toujours trouver…il y a surement un espace un peu plus large qu’un parc dans lequel faire des tours de roue dans ton coin non ?! Et puis, c’est sûr que c’est une forme de luxe que ceux qui vivent en plein dans la nature (comme ton frère) peuvent s’offrir tous les jours, mais à défaut, une fois par semaine ou par dizaine…c’est déjà ça. Même s’il faut se déplacer…

Tu as raison… j’oublie un peu vite que j’ai la chance d’avoir la mer à proximité 😉

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