« Hey guys » comme on dit dans mon environnement hebdomadaire (donc « pro ») à longueur de journée ! Il y a un moment que je n’ai pas publié un « petit » article relativement introspectif sur mon feeling et mes projets endorphiniques. Habituellement je bondis sur mon clavier dès que j’ai fini une course ou vécu un évènement particulier pour vous le raconter avec la plus grande fidélité et justesse émotionnelle possible, mais là… Mes lecteurs assidus (et de plus en plus nombreux) que vous êtes, savez bien, même si le temps passe affreusement vite, que depuis l’été dernier….mes xxx paires de runnings/trails et autres éléments de tenues sportives sont restées au placard. Quoique, ne riez pas mais j’ai mis à plusieurs reprises certaines de mes fringues de sport préférées la journée (pour aller au boulot oui, oui) parce que ça me donnait l’impression (un peu) de faire du sport. #Bref. Arrêt total du sport l’été dernier (2014) et succession de tests pour en venir au diagnostic d’une hernie discale tout en bas du dos (L5/S1 pour les intimes). Même si le nom semble barbare et que les « blessures » (bien qu’ici il s’agisse plutôt d’une fragilité anatomique mais nous en reparlerons) n’intéressent souvent que ceux qui en ont un jour eu, je tiens à travers ce billet à:

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  • Vous dire où j’en suis plus clairement qu’en un post et une image Facebook souvent trompeurs,
  • Vous annoncer les dossiers passionnants que je vous prépare pour « après », quand je serai guérie et que je pourrai mettre sur papier ou plutôt sur écran, tout ce que j’ai découvert pendant cette période étrange de break (et loin d’être de tout repos): nutrition, musculation, étirements, huiles essentielles, méthodes médicales pour sportifs, etc., et bien sûr finalement,
  • Vous faire passer ce message que je conserve au fond de moi malgré tout, de la chance que représente le fait de pouvoir faire du sport et de la nécessité de s’en nourrir en restant tout de même assez vigilants sur certains points purement physiques mais aussi « psychologiques », quant à la liberté de sa pratique et de son rapport à la performance…ha!

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marie blog hotsteppers

Problèmes de dos chroniques: les éviter pour ne pas tout arrêter

Un phénomène multi-facteurs

Vous comme moi connaissez au moins une personne qui a régulièrement des douleurs au dos, qu’il s’agisse des lombaires ou des cervicales. Le dos subit des contraintes multiples qui se cumulent et peuvent se transformer en « blessures ». La sédentarité est l’une des plus grandes coupables, sachant que de rester assis devant son ordinateur 8h par jour ou plus, malgré la pratique régulière d’un sport, constitue une forme de sédentarité. Les mouvements inadaptés que l’on enchaîne, tant que l’on n’a pas mal, comme le fait de soulever des charges n’importe comment, de s’asseoir de façon insensée ou d’adopter des postures totalement déséquilibrées, agissent également, jour après jour, années après années, sur la santé du dos. L’alimentation, elle, agit en 1er lieu sur l’estomac et l’intestin qui, dans le cas d’intolérances, d’inflammations chroniques ou de crampes, impactent à leur tour la zone lombaire, notamment par le biais d’un muscle: le psoas, qui une fois crispé peut, en plus d’être douloureux, modifier la posture/cambrure d’un individu.

La hernie discale: cette fourbe

Il y a 8 mois, j’apprenais que mes douleurs intenses, durables et invalidantes en bas du dos, comme un point qui brûle en permanence avec des contractures démentes associées, empêchant tout mouvement autre que la marche, étaient dues à une « protrusion discale L5/S1« .

Vous savez qu’entre vos vertèbres se trouvent des disques, servant d’amortisseurs aux chocs et préservant le bon alignement de votre colonne. Pour de multiples raisons, il peut arriver qu’un ou plusieurs disques s’usent et perdent de leur élasticité, en s’affaissant, jusqu’à déborder de part et d’autre des vertèbres, exactement comme on imaginerait de la confiture sortir de 2 tranches de pain de mie plaquées face à face ! L’image est brute mais visuelle. Ce débordement est du à un excès de pression subi par le disque, pour de multiples raisons, éventuellement à un mouvement brutal et nocif également, qui le ferait sortir de son emplacement, mais….il semblerait au fil des recherches que la base anatomique de l’individu joue un rôle prédominant. Autrement dit, certaines personnes ont une forme de colonne qui prédispose bien plus à ce type de pathologie que d’autres, en dépit de leur bonne hygiène de vie.

Or, une fois le disque « dégénéré » et débordant de l’espace intervertébral pas bien spacieux, celui-ci vient titiller voire carrément pincer les racines nerveuses passant à proximité. Un phénomène inflammatoire se met en place et les muscles environnants se contractent de façon excessive pour protéger la zone. Sauf que ces contractures sont extrêmement douloureuses et vous « bloquent » littéralement. Mais tant que la hernie ne se résorbe pas d’elle même (durcissement et dessèchement naturel du disque qui cesse d’irriter les racines nerveuses), les contractures persistent et les douleurs avec.
Voilà précisément ce qui se passe dans le bas de mon dos depuis 8 mois avec refus quasi catégorique d’opération de la part d’un éminent Professeur: « vous êtes trop jeune, sportive, votre hernie ne touche pas le nerf sciatique, vous n’avez pas de paralysie, c’est trop risqué, ce serait du gâchis« .
Bien.

On stoppe tout, et ensuite ? On réinvente.

On stoppe tout.

  • Que faire alors quand on réalise que son quotidien: social, professionnel, sa passion – doit s’interrompre pendant une durée indéterminée ?
  • Que faire lorsque l’on travaille dans le sport et que l’on doit s’évertuer chaque jour à transmettre une envie, une passion, des conseils que l’on ne peut plus vivre ou vérifier ?
  • Que faire lorsque l’on tient un blog de sport et que l’on ne peut plus tester de produits, participer à des courses, se rendre à des events, vivre le sport donc le raconter ?
  • Que faire lorsque l’on a un boulot prenant et que la séance de running, de natation, de zumba, de squash, …libératrice du soir, ne peut plus avoir lieu ?
  • Que faire lorsque dans ce même boulot, vos boss mettent du temps à intégrer que votre ralentissement, votre moindre enthousiasme, voire votre repli sur vous même n’a rien d’une nonchalance mal placée mais correspond juste purement et simplement au fait d’avoir mal, en permanence et que ça, seuls ceux qui l’ont vécu peuvent comprendre ?
  • Que faire lorsque votre étiquette (relativement juste d’aillleurs) de personne enthousiaste et punchy se vide et se voit remplacée par celle d’une personne tout aussi fan de la vie mais fatiguée et moins présente ?
  • Que faire lorsque le sport est ce qui vous relie quasi exclusivement à certaines personnes et que vous n’avez plus « ça » à partager avec eux ?
  • Que faire lorsque ressortir de chez vous le soir après une journée de boulot, devient difficile voire impossible, parce que la douleur chronique fatigue…fatigue…fatigue, et qu’il vous faut bien plus de repos qu’en temps normal ?
  • Que faire lorsque habituée à un planning bien rempli, vous devez redécouvrir une nouvelle forme d’intimité, celle de vous même face à vous même et réapprendre à ne pas vous ennuyer, sans vos ex-activités trépidantes ?
  • Que faire lorsque les gens que vous aimez le plus et qui se tiennent malgré tout à vos côtés (merci à eux, ils m’ont sauvée et évité de « lâcher »), ne peuvent plus vraiment compter sur vous pour aller au resto, sortir, bouger, mais doivent patiemment rester chez vous, au calme, voire vous préparer vos médocs et une bouillotte (grande classe), vous faire les massages les plus remplis d’amour qui soient pour essayer tant bien que mal de chasser votre mal ?
  • Que faire lorsque tout roule et que bim, soudainement, tout s’arrête – pour vous – pendant que les autres continuent ?

On réinvente…

De nature entière et passionnée, je ne vis pas les choses à moitié. Pourtant, en 30 ans, j’en ai vécu et appris des choses sur la vie, à travers mes nombreuses années vécues aux 4 coins du monde, mes études aussi bien en sciences, qu’en marketing, mon passage par l’armée française, la création de ce blog et ma révélation d’un goût profond pour les mots et l’écriture.

Cet épisode (qui n’est pas terminé) de douleurs au dos et d’arrêt de plein de chose m’a forcément énormément affectée. Il serait totalement faux de dire que ma volonté m’a permis de tout traverser avec le sourire. Non, il y a eu des vrais épisodes de larmes, des vrais moments de découragement, des sentiments d’injustice, des colères profondes face à la douleur qui s’impose et met parfois du temps à partir, des dérèglements de la raison à force de nuits incomplètes et de fatigue.

Pourtant.

HOTSTEPPERS – J’ai constitué un pool de rédacteurs qui ont proposé de m’aider à faire vivre Hotsteppers pendant ce temps d’arrêt et même après. Merci en particulier à Sébastien et Khadija qui m’ont prêté leur plume, bras, jambes et j’en passe pour des tests et feedbacks intéressants, toujours à l’écoute de mes exigences en matière de contenu…Les agences de presse et marques ne m’ont pas lâchée non plus. Une mention spéciale à la team Kalenji qui m’a invitée à Nice à l’occasion de la Prom’Classic, sachant que je serais incapable de participer à la course ou de faire un feedback quelconque sur leurs chaussures (Kiprun SD). Le blog Hotsteppers que vous lisez à cet instant n’a jamais cessé de rassembler plus de lecteurs, mois après mois, malgré mon absence totale du terrain et de tous les évènements presse possibles: incroyable non ? Merci.

CÔTE PRO – Je ne me suis arrêtée que 2 semaines au travail en 8 mois, ce qui m’a valu des journées difficiles de présence mais m’a permis de ne pas décrocher, ou plutôt de m’accrocher, et d’apprendre à accepter la compréhension et le soutien de mes collègues: difficile quand on a l’habitude d’être en forme et l’illusion de croire que l’on n’a besoin de personne. Qui plus est, j’ai appris à renoncer à certains projets, à ne pas être partout et à partager mon milliard d’idées plutôt que de les laisser bouillonner dans ma tête 🙂

CÔTE MEDICAL – Je me suis prise en mains pour constituer l’équipe la plus complémentaire qui soit autour de moi et avancer « patiemment » (ouch) et efficacement vers la guérison. Je vous parlerai en détails de tout ce que j’ai pu essayer une fois que j’aurais du recul, mais actuellement, le « protocole » est le suivant:

Une séance de « PCP » par semaine: « Pression Continue Profonde » – brevet déposé par un médecin ostéopathe, le Dr Khorassani,  qui obtient des résultats exceptionnels sur des patients ayant des douleurs chroniques, tendinites à répétition, symptômes fibromylagiques souvent peu considérés par le corps médical traditionnel ainsi que sur des athlètes, avec une augmentation de 20 à 30% de leurs capacités musculaires. Un sujet passionnant qui fera l’objet d’un article dédié avec explications à la clé. Le protocole est de 6 à 10 séances, je fais ma 5ème séance Lundi prochain.
Un médecin du sport que je consulte toutes les 3 semaines et qui me prescrit des myorelaxants en comprimé ou sous forme de mésothérapie (micro injections très superficielles – on ne sent rien – qui évitent de prendre trop de comprimés et d’abimer l’estomac). Ce médecin est très orienté « médecine naturelle » et micro-nutrition. Il m’a prescrit des suppléments en magnésium et de l’ATP pour aider mes muscles à retrouver leur condition (j’éprouve une grande fatigue quand je refais un effort plus intense, sans doutes dû à une déshabituation à l’effort) ainsi que des prélèvements sanguins pour déterminer d’éventuelles intolérances alimentaires (cf.ci-dessus, lien entre l’alimentation et les tensions musculaires).

Une à deux séances de marche aquatique par semaine. Ce sujet fera également l’objet d’un article. Je cite mon médecin « si tout le monde marchait en piscine régulièrement, je ferais faillite » – Ne croyez pas que la marche en piscine soit un truc de mamies. Je vous assure qu’au bout de 45′ avec de la résistance votre corps vous le fait savoir !
Une alimentation réduite en gluten (pain le matin uniquement et plus de riz, de quinoa, de lentilles, …) et agrémentée d’anti-inflammatoires naturels: huile de noix, curcuma, …

Dans quelques semaines, après l’atténuation nette et durable de la douleur, le relais sera pris par une équipe de kinés, qui me feront bosser 2 fois par semaine, au moins 1h à chaque fois, pour remuscler lentement mais sûrement « tout ça » et me préparer à reprendre la piscine et le vélo.

Pour la course à pied, ce sera en dernier lieu, plus tard.

COTE PROCHES – Comme je l’évoquais dans les lignes précédentes, il est facile de se « divertir » en faisant plein de choses avec « plein de gens », mais quand il ne reste plus que vous, sans artifices, sans activité, face à vous même ou face à ceux que vous aimez, il faut un peu de temps pour accepter de réinventer l’échange. Pourtant, j’ai réussi ! Même si ceux avec qui ce type de relation est devenue possible sont minoritaires, je sais que je peux sans honte ne pas être en forme, ne rien « faire », mais juste « être », et que c’est bien suffisant. Vous laissez alors à nouveau la place aux mots, aux regards, aux gestes – vous quittez vos écrans – vous vous tournez l’un vers l’autre et non l’un et l’autre vers autre chose. Vous êtes forcément en situation de faiblesse et parfois même un peu dépendant (quand on se baisse pour vous ramasser quelque chose et vous éviter de vous faire mal…) mais, il me semble indispensable d’en faire l’expérience pour descendre de son nuage où le bonheur est bien fragile puisqu’au moindre désagrément, il s’effondre.

Apprendre la dépendance, la patience, la souffrance aussi, incite non pas seulement à réorganiser sa vie mais à la réinventer – tout comme ses relations à soi même et aux autres. Je vois aujourd’hui le sport comme une pratique qui relève de la chance immense de disposer de son corps et de pouvoir le laisser s’exprimer. Je ne sais pas quand je pourrai refaire ma 1ère séance de piscine ou de vélo sans douleurs, je ne parle même pas de mon 1er run…mais je les attends à la fois avec impatience et avec patience. Je veux prendre le temps de guérir et de faire ce qu’il faut pour que cela ne se reproduise pas. Je regarde aussi aujourd’hui d’un autre oeil les femmes ou les hommes qui vont lentement, qui font des séances d’aquajogging avec des (ce que je qualifiais avant de « ridicules ») frites ou planches (!!) dans un petit bassin d’eau, qui font du sport tout doucement…!

La fonceuse s’est calmée et ressort doucement de cette épreuve pas moins passionnée mais plus tolérante et plus sage. La performance, si elle n’élève pas et ne rapproche pas des autres, ne sert à rien. Le bonheur par soi et pour soi est bien trop fragile pour durer – j’ai hâte de vous retrouver.

reprise du sport après blessure

[infopane color= »3″ icon= »0032.png »]Si comme d’autres vous tombez sur cet article après avoir cherché des solutions à votre mal de dos sur le net, comme nous essayons (un peu trop) tous de le faire dès que quelque chose va mal et si comme certains vous avez trouvé dans cet article un écho à votre expérience (souffrance) qui change des forums et sites ne racontant pas toujours la vérité ou n’exprimant rien d’authentique, trop obsédés par des problématiques de référencement: suivez la page Facebook Hotsteppers. Pourquoi ? Parce que contrairement à ce que certains pensent en lisant cet article écrit, je le rappelle le 21 mars 2015, il y a eu du changement par la suite, de vraies améliorations et mon actu Facebook vous prouvera que l’on peut se réinventer en mieux 😉 Bonne chance et confiance ![/infopane]

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