Ah le triathlon…! Ce sport qui en regroupe à lui seul 3 bien distincts et qui fait de plus en plus d’émules. Si le triathlon était « avant » une discipline d’élite, uniquement orientée performance et réservée à ceux qui étaient capables de s’entrainer quasiment tous les jours de la semaine, indifféremment dans l’eau, dans leur runnings ou sur leur velo, les choses semblent avoir évolué. Le seul hic dans l’histoire est qu’avant de pouvoir se lancer dans une compétition de triathlon, il faut avoir suivi un minimum d’entraînements. Or, les entraînements de tri aujourd’hui se font en club. Et, les clubs ne se tournent pas vraiment vers les débutants mais vers ceux qui maitrisent déjà pas mal les 3 disciplines. C’est un peu comme quand à peine sortis de vous études on vous demande d’avoir déjà un max d’expérience en entreprise. Non mais allo…Et à quel moment a-t-on le droit de ne pas savoir et d’être guidés pour devenir meilleur, de débuter en fait ? C’est face à ce vide criant que Delphine (« Oh my Tri« ) et François ont lancé et mené leur 1ère « initiation » (mot que l’on oublie et pourtant…) en triathlon. C’est aussi en souvenir de ce grand moment, de leur initiative et en vue de mes prochains flirts avec la discipline que cet article prend racine sur ce blog. Attention: 3 fois plus de plaisir en perspective !

initiation triathlon

  De gauche à droite: Laetitia, Marie (moi), Delphine

Initiation au triathlon: cap sur les Etangs de Jumiège

Le rendez-vous était donné: 10h aux Etangs de Jumiège, en marge de Rouen ou l’occasion parfaite de mettre son réveil à 7:00 du mat un samedi matin 🙂 Ah le sport…Moi qui suis une marmotte et une amoureuse invétérée de ma couette, il me faut de bien bonnes raisons pour en sortir aussi rapidement, qui plus est un week-end. Il s’avère que l’initiation triathlon qui m’attendait en était une bonne. Au programme: nage en eaux libres avec combi (un défi à part entière pour moi qui ne suis pas aquatique et qui aie connu des épisodes légèrement aquaphobiques dans ma vie) et séance de vélo de route (pas le bon vieux VTT que je chevauche sauvagement dans mes forêts des Yvelines, nan, le vélo tout fin, tout mince, tout léger qui penche beaucoup dans les virages et qui va vite). La course à pied était en option puisqu’a priori, c’était une discipline plutôt maitrisée par les néophytes présents ce jour. Quoiqu’il en soit et même sans être un coureur de base, la course à pied ne demande ni matériel ni technique indispensable à la pratique (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a rien de technique dans la course à pied, bien au contraire). Pour la nage en eaux libres, autant dire que sans encadrement et son combi (qui coûte une blinde) c’est compliqué. Pour le vélo de route (qui côute encore plus une blinde), c’est pareil: il faut non seulement avoir accès au matériel mais savoir le manier…François et Delphine avaient tout prévu: vélos de location, plusieurs combis à l’essai et vaste plan d’eau où dérouler les festivités…

Se lancer dans la nouveauté, malgré ses peurs

Deux grandes nouveautés m’attendaient en une même journée, moi qui sortait à peine et péniblement d’une année d’arrêt sportif avec un dos encore un peu fragile et des appréhensions évidentes, tant vis à vis des disciplines prévues que de ma forme physique un peu instable.

Ce qui fait la différence dans ces moments là, je vous le donne en mille, ce sont les gens qui vous encadrent, savent vous donner envie tout en vous challengeant mais pas trop…chacun ses limites, ses peurs et bousculer brutalement les gens hors de leur zone de confort peut être un carnage.

François, le mari de Delphine, était le boss sportif du jour, l’instructeur passionné mais sérieux, à notre totale dispo pour nous apprendre les rudiments du triathlon tout en nous aidant à dépasser nos appréhensions. Un équilibre de fermeté et de bienveillance. Pour moi qui ai eu un passage dans l’armée de l’air pendant 2ans, le profil du coach « carré mais sympa » est celui qui me convient le mieux. J’ai horreur que l’on me hurle dessus comme une m…., je me fige et je ne veux plus rien faire. Les brutes de militaires qui fonctionnaient comme ça n’obtenaient rien de moi. Ceux qui me caressaient la tête gentiment n’obtenaient pas beaucoup plus parce que je ne me dépassais pas (en l’occurrence aucun des instructeurs militaires que j’ai pu croiser n’a jamais eu ce profil). Ceux qui en revanche, avaient compris que j’étais prête à donner beaucoup tant que leur ton restait exempt de toute forme de « brutalité » ou de rapport de force mais qui me donnaient un cadre, voire m’aidaient à fixer mes propres limites (je suis pas bonne là dedans), avaient tout compris. C’est subtile je sais, mais que voulez-vous…je suis une femme subtile 🙂 François qui est sapeur pompier pro et instructeur sportif dans sa caserne avait d’emblée la bonne attitude. Carré sans être graveleux – conscient de nos peurs sans les tourner en dérision ni en faire des points bloquants – rassurant mais ferme.

Nage en eaux libres…oh my swim!

En plus de la gentillesse de Delphine et de la bonne attitude de coach François, j’ai eu la chance ce jour là de retrouver Laetitia, débutante comme moi, appréhendant l’eau comme moi et rencontrée lors de l’Ekiden Paris 2013, où Hotsteppers avait constitué une équipe de 5 runners réunis sur concours et ne s’étant jamais perdus de vue depuis !

Julien, Carole, Hippolyte, Delphine et Laetitia: big up !

L’enfilage de combi

Avons de nous lancer corps et âmes dans les étangs, l’étape enfilage de combi était de mise…Un sketch ! Si le têtard se transforme habituellement en grenouille, il s’avère que nous allions suivre le processus inverse de retour au stade têtard ! Si vous aimez vos formes, c’est le moment ou jamais de les afficher ! Si vous ne les aimez pas, c’est le moment ou jamais de les assumer ! Comment dire, au delà de l’aspect technique de l’enfilage qui nécessite une certaine énergie (cf photo de Laetitia aidée par Delphine!), la combi vous « moule » plus que votre propre peau et vous confère un look…improbable !

 

Enfilage combi de tri

Laetitia et Delphine: à deux c’est plus simple !

Combinaison triathlon

Combinaison de triathlon – 1ère fois – le neo-tetard vous salue !

La fine équipe étant moulée, euh…parée, nous nous dirigieons alors vers les eaux sombres et profondes des étangs de Jumiège (j’exxagère un peu…)

initiation triathlon hotsteppers oh my tri

« Une fois dans l’eau vous décollez votre combi de votre corps et vous laissez l’eau rentrer; ça assouplira votre combi et ça vous permettra d’être plus à l’aise dedans » nous indiquait François avant de « plonger ».

Hurlements de rire au moment de mettre les pieds sur le sol mou, plein de vase, algues et autres végétaux se dérobant sous nos pieds nus. Je ne voulais pas savoir sur quoi je marchais …! J’ai alors procédé au « décollement de la combi du corps  » et senti une vague d’eau s’immiscer entre le Néoprène et moi…toute une expérience. Pour autant, au delà ne mon emphase frôlant avec la mauvaise foi, je dois avouer que l’eau était particulièrement chaude et que la mise à l’eau n’aura vraiment pas été traumatisante.

La nage

Et puis, il fallait bien commencer à nager.

Je resitue le contexte: je ne nage que la brasse…j’ai eu à certains moments de ma vie des moments très difficiles dans l’eau avec de véritables peurs, notamment à mettre la tête sous l’eau … peurs que j’ai guéries à chaque fois par moi même, à force d’efforts et de réapprentissages patients et progressifs. Aujourd’hui je nage 1 fois par semaine, la brasse coulée ou brasse avec battements de crawl, j’use et abuse des palmes qui me donnent des sensations de glisse me réconciliant avec l’eau. Il m’arrive dans des moments de grande fatigue d’avoir à nouveau des fils qui se touchent dans ma tête et de penser au pire mais j’ai appris à dompter mon imagination débordante et à ne pas me laisser envahir par les idées phobiques. En gros, je suis ultra volontaire et j’ai progressé, mais je suis porteuse de quelques failles qui rendent mon apprentissage bourré de défis.

François constitue 2 groupes: un avec Delphine et d’autres triathlètes chevronnées; un autre avec Laetitia, lui et moi. 1ère étape: direction le bateau, au milieu du lac. Je m’élance à coup de brasse, ultra-concentrée sur mon objectif. 1er objectif: atteint. Je ressens le besoin de m’accrocher au bateau pour faire une pause mais ça va. François me montre que la combi flotte tellement qu’en me mettant sur le dos même sans faire d’efforts, je reste en surface. 2ème objectif, la bouée, sur l’autre rive. Nous voilà repartis. il y a un peu de courant. Pas assez pour me déstabiliser mais suffisamment pour adapter l’orientation de notre nage en prenant en compte la dérive. 2ème objectif: atteint. Je suis déjà super contente. Mes propres objectifs à moi sont déjà largement atteints; le reste n’est que du bonus. Nous retournons au bâteau puis sur la rive de départ. Laetitia est motivée par un dernier AR au bâteau; François s’assure que je suis opé; je le suis, nous voilà reparties. Je pense qu’au final nous aurons nagé 800m par portions de 200-250m. Une première pour Laetitia et moi qui ne connaissons rien d’autre que les longueurs de piscine. Nous sommes suoer heureuses. Laetitia est tellement soulagée qu’elle plonge dans un silence béat ! « Nager m’appaise » répète-t-elle à plusieurs reprises…

Vélo de route…oh my bike!

Après un pique nique salutaire: l’apprentissage, l’appréhension et la nage cumulés creusant un max, nous passons à la partie « vélos ».

François ajuste les vélos de loc à nos différents gabarits et nous apprend sur le parking comment « démarrer » de la bonne manière. Le feeling est super étrange. C’est vraiment un autre monde que le VTT…

initiation velo de route
Delphine m’aide à mettre mon casque de la façon la plus glamour qui soit 😉 (une queue de cheval ça prend de la place !) – Nous sommes parés et nous élançons pour plusieurs tours parmi les vergers du coin. François me donne plein de conseils en roulant; j’engrange l’info et me concentre sur à peu près tout: la route, mes sensations, la fluidité de mon pédalage, les vitesses auxquelles je ne comprends rien, les voitures…Il y a du vent et dès que l’on met un peu de vitesse en roulant, on n’entend plus rien. Je suis dans ma bulle et les autres me font signe de continuer à rouler en avant sans me préoccuper d’eux; je roule. 1er tournant à gauche: « c’est comme en voiture – précise François – regarde toujours où tu veux aller et pas par où tu passes, sinon tu tombes« . Je regarde la fin du virage et je donne un coup de pédale pour prendre de la vitesse dans le virage; c’est un peu chaotique mais ça passe, je relance. Laetitia est juste derrière, tout aussi concentrée, tellement qu’elle ne remarquera les vaches normandes parées de magnifiques robes qu’au 2ème tour ! Le 1er tour se termine par une petite côte, je ne suis pas encore très au point avec les vitesses et je me plante en pleine montée. François me pousse en pédalant et m’aide à finir. Je suis crevée mais nous repartons pour un 2ème tour. En fait, j’ai la bouche ultra sèche et super besoin de boire tellement il y a du vent et tellement nous discutons ! Je ne lâche rien et me lance dans le 2ème tour mais je sais qu’il n’y en aura pas de 3ème, j’arrive à mes limites de vigilance et de forme physique. Nous finissons avec une vingtaine de km au compteur: bien suffisant pour un début.

 

decouverte velo de route

Cap sur ma 1ère compete…oh my tri!

Hyper investie dans cette initiation au triathlon dans laquelle mes hôtes et formateurs se seront eux mêmes généreusement engagés, je sais qu’il me reste 1h30 de route vers Paris et me connaissant je ne tarde pas à rentrer. D’ailleurs je ferai une pause de 30min dans une station service au retour pour prendre un café, un peu trop dans les vappes pour garder le volant non stop. Une fois chez moi en début de soirée, je dine avec appétit et sombrerait dans un sommeil délicieusement profond, des sensations et images plein le corps et la tête !

Depuis, je me suis inscrite au triathlon des roses le 26 septembre. Un triathlon uniquement féminin, dont les bénéfices sont reversés à la recherche pour le cancer du sein (une pathologie féminine qui me tient particulièrement à coeur, pour avoir touché et parfois vaincu plusieurs membres chers de ma famille), et dont la portion nage se fait en piscine. 200m de nage/10km de vélo et 5km de course à pied au programme. Des distances courtes et accessibles qui me permettront de vivre les 3 sport dans un esprit « challenge » sans me mettre sous pression et tout en respectant ma convalescence de sportive – il faut le dire – assez cassée dans son élan par les mésaventures de l’année dernière.

La recherche de l’équilibre est mon crédo et je prône les bienfaits de la diversité, dans tous les aspects de la vie. L’enchaînement de 3 sports complémentaires et le fait de s’attacher à développer d’autres qualités physiques et mentales m’attire vraiment. Je ne sais pas jusqu’où j’irai dans la recherche de la performance en triathlon mais je sais qu’il existe aujourd’hui de quoi le pratiquer par pur plaisir, même en qualité de débutant. Merci à François et Delphine de l’avoir compris et encouragé. C’est en accompagnant de nouveaux potentiels dans leur découverte d’une nouvelle discipline que l’on fait naître des vocations et que l’on exacerbe sa propre passion. Longue vie à « Oh my Tri » et à tous les débutants avide de découverte, quelquesoit le domaine.

1 COMMENTAIRE

  1. Coucou,
    Encore une fois super récit, ça donne envie! Et stupéfaction… celle que tu décris dans l’eau…c’est moi… même phobie, même cheminement de dépassement soi… Cette année j’ai participé à la traversée de la Garonne à la nage… gros gros stress… et pour l’occasion j’ai sorti ma brasse de mémé… mais je l’ai fait! Et comme toi le tri me tente vraiment, mais il y a quand même ce gros point noir… la flotte! A suivre.

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