© C.Guiard/Triathlon des Roses

Le triathlon des Roses est un évènement sportif réservé aux femmes proposant des distances accessibles dans les 3 sports, pour permettre à toutes celles qui le veulent, seules ou en relais, de se dépasser ensemble et pour une noble cause: la lutte contre le cancer du sein. Dans le prestigieux cadre de la Faisanderie au Domaine de St cloud, les femmes engagées ce 26 septembre 2015 avaient le choix entre 2 formats de course: la Queen Elizabeth (200m en piscine/10km VTT/5km course à pied) et la Pierre de Ronsard (100m en piscine/5km VTT/2,5km course à pied). Je me lançais sur la « Queen » pour le premier triathlon du reste de ma vie.

Après le noir, le rose

1 an. 1 an que l’on m’ordonnait de faire un break sportif à cause d’une hernie discale venue d’on ne sait trop où. 1 an que mon quotidien rythmé par le sport, au boulot, après le boulot, sur le blog, devait être réinventé. Après un stage de ré-entraînement à l’effort salutaire en avril 2015, c’est le vélo et la nage que je reprenais tranquillement. La course à pied était encore compliquée à réapprivoiser. Peu habituée à l’eau voire angoissée par cet élément, j’ai dû dompter mes appréhensions et (ré)apprendre à mettre la tête sous l’eau pour nager la brasse coulée (à défaut d’avoir jamais appris le crawl). Je me disais secrètement que peut-être, la pratique harmonieuse des « 3 sports  » en alternance serait plus bénéfique que la course à pied à 100%: pour mon corps, mon mental, mon besoin viscéral de changement. J’achetais un VTT pour me perdre dans la forêt que je préfère de loin aux routes, je retournais à la piscine 1 fois par semaine et découvrais les palmes et la glisse, je retentais de temps en temps des sorties running en fonction de mes douleurs variables et tenaces. La plupart du temps seule, concentrée, déterminée, parfois un peu triste même, mais j’ai toujours persévéré. Je n’oubliais pas des séances de renforcement musculaire chez moi (gainage, pompes, abdos, gainage, pompes, abdos, gainage,…). Je soignais mon sommeil, arrêtais toute lubie de « sans gluten », « sans lactose », « sans je ne sais quoi » et me remettais à manger absolument de tout, autant que possible avec du goût.

Ma course de reprise aura été les 10km de l’Équipe: poussive et difficile, je ne prenais aucun plaisir…Puis la Run & Bike solidaire des Étoiles du Sport: malgré la présence de ma meilleure amie et un grand soleil, je finissais en hyper ventilation, prise entre déception, dégoût et épuisement (trop d’efforts par rapport à mes capacités du moment – mental mégalo, quand tu nous tiens…).

Ce matin, le 26 septembre 2015, c’est encore dans la fatigue et avec un entraînement relativement régulier mais minimaliste (toujours en endurance ou presque et jamais de séances longues), que je me présentais non seulement à une nouvelle compétition mais à un triathlon: mon tout 1er ! Le triathlon des roses aura été l’élu pour cette « première fois ». Fonds intégralement reversés à la recherche contre le cancer du sein, maladie qui a frappé mes 2 grands-mères entre autres personnes de mon entourage, ce triathlon « tout rose », pour les femmes et pour la promotion du sport dans la lutte contre la maladie m’aura fait vivre une matinée de plaisir et croire à nouveau en de beaux projets sportifs à venir.

Queen Elizabeth – Nage: 200m, VTT: 10km, Run: 5km

La préparation

Passons le réveil difficile et la perte drastique de confiance – en mode désabusé – le matin de la course. Mon objectif était unique, simple, évident: s’il fallait que j’aille à 5km/h pour me faire plaisir c’est à cette vitesse là que je devrais aller. Je ne prenais donc aucune montre. Place aux sensations que l’on fait trop souvent taire parce que l’on décide de s’accorder au diktat de nos écrans multiples. Plus que jamais éprise de liberté, je retrouvais ma coloc d’open space/bureau sur le site de la Faisanderie et posais 1001 questions aux charmants bénévoles, arbitres, coachs, triathlètes chevronnés présents:

– Comment je mets mon vélo dans le parc à vélo ?

– Dans quel sens je le retire quand je reviens de la piscine ?

– On est (vraiment) obligées de mettre un casque ?

– L’autocollant là c’est pour le vestiaire ? (R: non c’est pour ton vélo.)

– Ah et pour le vestiaire c’est quoi (R: c’est la petite étiquette là)

– Et la chose scratch là c’est quoi ? (R: c’est ta puce, …non pas au poignet, à la cheville !)

– Ah, et je suis obligée de me mettre en maillot de bain là ? (R: bah oui, tu vas pas aller en short dans la piscine)

– Nan mais je peux pas emmener mon short au bord de la piscine ? (R: si mais si tu le retrouves pas en sortant tu fais comment pour le vélo ?)

– Ah. Et si je meurs dans la piscine ? – Bon, Marie, stop !  And so on, and so on 🙂

La nage

Triathlon des Roses nage© C.Guiard/Triathlon des Roses

Une fois le vélo installé sagement dans son parc avec toutes mes petites affaires posées devant (et non accrochées solidement au vélo comme si j’avais envie de perdre un maximum de temps pendant les transitions…) un flux de nanas munies d’un bonnet de bain rose se dirigeait par une douce température avoisinant les 10 degrés, vers la piscine de la Faisanderie ! Nous avions les doigts de pieds gelés !

Le départ s’est effectué par vagues de 30 dossards, environ 4 à 6 nageuses par ligne. Je partais dans la 3ème vague, dernière ligne d’eau (pour pouvoir remonter par l’échelle 😉 Top départ, je dégaine ma super brasse et très vite, j’ai l’impression que l’on m’a enlevé un poumon. Mes jambes sont raides, je suis fatiguée, je me sens carbonisée dès le 1er AR et il en reste 3. Je suis en tête de ma ligne d’eau mais la fille à côté de moi a l’air d’être plus facile. Le vélo dans ma tête se met en marche et se demande comment la suite va bien pouvoir être possible si au bout de 50m de nage je me sens déjà au bout de ma vie. Stop, je prends sur moi et bloque mes flots de pensées inutiles. A mon rythme, à mon rythme, à mon rythme….A mesure que je me le répète je ralentis et nage quelques brasses hors de l’eau au risque de vraiment me cramer. Le bout de la nage arrive. Je me hisse en haut de l’échelle à peu près en même temps que les autres et pars en courant, en maillot de bain, rejoindre le parc à vélo (une côte de 200m plus loin).

Le VTT

Triathlon des Roses VTT

 

© C.Guiard/Triathlon des Roses

Je n’ai strictement aucune idée de mon classement à la sortie de l’eau et je m’en cague pas mal à vrai dire. Je cours vers mon vélo, enfile délicatement mon short totalement à l’envers (vous savez ces shorts avec culotte intégrée ? et bien j’aurai fait tout mon tri avec la culotte à l’extérieur, normal quoi !), mon casque pas du tout assez serré qui me tombera sur le visage à peu près 154 fois pendant les 10km. J’enfile sans chaussette mes nouvelles shoes SpeedForm Fortis by Under Armour qui sont des pure racer ultra flexibles et dynamiques, au mesh sans coutures et à la semelle bien stabilisante. Vélo en mains, je cours à côté en attendant que les messieurs et les dames en habits d’arbitres me donnent le droit de monter dessus. Ligne de transition franchie, j’enfourche mon Rockrider et ô joie, une côte pour commencer (les fourbes).

Je suis toujours au bord de l’apoplexie et ne me remets pas trop de la nage mais me dis que le VTT a l’avantage d’être un sport porté qui pourrait, sur un malentendu, me permettre de récupérer. Mouais. En vrai, le parcours de 10km était constitué de 2 boucles, enchaînant montées cruelles, descentes blindées d’obstacles et virages serrés. Je ne parle pas de ces sentiers tellement étroit où l’on n’ose pas doubler les 5 filles devant parce que quand même, on est là pour la bonne cause et pas pour toutes les éclater !! Ma petite voie intérieure me dit que je ne suis pas à 30secondes près…Je l’écoute un moment et puis je l’écoute plus et je les double par la pelouse et les racines. C’est fatigant de doubler et après il faut assurer alors je ne m’excite pas trop et je dose entre « je te double/je te laisse pédaler ». Dans les descentes par contre je prends mon pied 🙂

A chaque tour, des bénévoles trop sympas nous encouragent et nous donnent des chouchous pour valider notre passage. Le VTT est en passe de s’achever. Les arbitres me font signe de redescendre de mon vélo; je rentre à nouveau en zone de transition (ça fait trop classe de dire ça) et je me retrouve face à un bénévole qui me propose de ranger mon vélo pendant que je file renchérir sur la partie course. Trop sympa, merci toi grand brun qui t’es occupé de mon bicycle (et de mes lunettes de plongées, etc.) et qui a tout mis dans un petit coin pour que je retrouve tout nickel à l’arrivée 🙂

Merci également à Nadia du blog « Nadia Run Paris » qui m’a encouragée à toutes les occasions imaginables, un vrai plaisir !

Le run

Me voilà partie pour le 3ème tiers que je suis sensée maitriser le plus. Sauf qu’après un sprint dans l’eau et le VTT, mes cuisses sont totalement raides et j’ai l’impression de traîner 1 boulet à chaque pied ! Je ne désespère pas et envisage de terminer en footing. Pas besoin de me rendre malade, il reste 5km, c’est déjà un beau challenge presque relevé.

Cette fois-ci il s’agit de 2 boucles de 2,5km qui passent extrêmement vite. Je n’ai aucune idée de mon allure mais je rattrape des pelotons de filles et me retrouve plus vite qu’il ne faut pour le dire « à 400m de la ligne d’arrivée ». Mon dossard bien visible permet au speaker d’annoncer mon prénom et mon nom ce qui est assez sympa quand même sur une course où ce type de protocole est en général réservé aux podiums ! J’imagine bien un « etttt c’est Kenenisa Bekele qui reporte cette xxème édition de yy », mais un « bravo à Marie Gaymard qui finit sa course », c’est un peu plus improbable 🙂

Le soleil brille de 1000 feux, la pelouse de la Faisanderie s’est réchauffée, le portique rose du finish est recouvert de bulles diffusées par deux canons qui inondent l’air non stop. Un vent de magie souffle sur les lieux… D’autres bénévoles m’orientent vers le ravito: je mourrais de soif….et me donnent un petit sac de top cadeaux (lunettes Loubsol, lacets à enfilage rapide, boisson antioxydante, bidon de sport, tshirt, etc.)

J’attends Laura qui arrive peu de temps après et me raconte ses frasques de néo-triathlète: nous partageons le même sentiment, crevées mais vraiment heureuses. Parties pour refaire le monde assises sur la pelouse au soleil, nous jetons un oeil à nos chronos (56min pour ma part avec une 49ème place sur 175 participantes) et envisageons tranquillement de rentrer…mais pas sans une photo souvenir…

marie laura triathlon des roses

Au delà de mon expérience personnelle positive et de ce que le respect de soi et de ses limites du moment (la fameuse « auto bienveillance ») peut apporter en termes de résultats et de plaisir, je recommande vivement le triathlon des roses à toutes celles qui hésitent comme moi il y a quelques mois à peine, à mettre un doigt de pied dans la discipline. Tout est fait pour que le plaisir ne soit pas réservé qu’à une élite qui a le luxe et l’envie de s’entraîner tous les jours. C’est aussi ça le Sport. Et en plus quand c’est pour une cause aussi essentielle que la santé des femmes, alors là…

 

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Créatrice et blogueuse passionnée de Sport, nourrie des cultures européenne et américaine, je me spécialise en nutrition pour aider les lecteurs Hotsteppers à vivre une vie saine, solide et riche de sens ! Ma meilleure amie et athlète Alison m'accompagne sur ce blog dans les 1001 expériences et découvertes qu'il nous offre et contribue à son contenu à travers son activité physique de niveau semi-pro (Équipe de France de Hockey Subaquatique)

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