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Les fêtes sont imminentes, c’est une période à la fois d’agitation : il faut trouver des cadeaux, préparer des repas de famille et surtout « être dans l’esprit de Noël » mais aussi propice au repos, au calme. Ces deux derniers étant même indispensables compte tenu de la période de l’année, probablement la plus difficile de par sa faible luminosité, son humidité, ses températures peu agréables et ses joyeux virus offerts à qui veut ! Je prends pour ma part le temps de ne rien « faire », ce qui est rare puisque mes vacances sont généralement réservées à des voyages, des projets en tous genres, à de l’activité quoi. Cette année c’est difficile. J’en profite pour revenir alors enfin un peu plus précisément sur cette étrange expérience de vie qui m’est « tombée dessus » depuis cet été. Le genre d’événement qui perturbe vos plans, votre routine bien huilée, votre image de vous-même, vos objectifs, vos certitudes, vos espoirs même et qui vous contraint de changer de regard sur beaucoup de choses, alors même que « les autres » persévèrent dans leur élan habituel. Que se passe-t-il quand le contrôle que nous aimons avoir sur notre corps : « mange ça », « ne mange pas ça », « ce soir tu vas faire des tours de piste », « aujourd’hui tu pars pour une sortie longue », « là c’est crossfit », ne fonctionne plus ? Que se passe-t-il quand ce corps vous dit « non » et ne vous donne plus le choix ? Que se passe-t-il quand vous êtes enfin obligé(e) de l’écouter, sans doutes à défaut de l’avoir fait avant ? On ne mesure jamais assez sa chance quand tout est sous contrôle, et pourtant…quand on le perd, il semble qu’on apprend.

 

Le dos, le mal du siècle

Des douleurs lombaires ? Classique. J’en ai connu régulièrement, qui ne duraient pas longtemps. Un coup de médocs et hop, fini la douleur ! Il m’est même arrivé de me présenter au départ de courses avec de vives inflammations, en particulier le jour du semi de Paris 2013 le seul semi de Paris que j’aie jamais couru d’ailleurs. C’était le 2ème semi de ma vie après l’expérience grisante du semi de Barcelone où je visais 2h et avais fini en 1h53 sans douleur. Cette fois, avec un mal de dos criant dès le début et sur un parcours plutôt moins roulant que Barcelone, j’avais réussi à franchir le finish en 1h54. Fière sur le coup mais quelle absurdité avec le recul. Il faut vraiment être sacrément pourri gâté avec un corps qui répond au doigt et à l’œil un peu trop facilement pour ne pas l’écouter à ce point. Quelle idée de faire une course dans la douleur…. Quel sens ? Avoir réussi à courir en ayant mal, et alors ? S’il vous plait, si quelqu’un un jour vous dit qu’il a fini « dans les temps » alors que pourtant, il avait « hyper mal », je ne suis pas sûre qu’il faille le/la féliciter. Ce genre de plaisir dans la douleur auquel s’abonnent de trop nombreux runners n’encourage personne à être raisonnable. Pour renoncer à un départ de course par précaution, il faut aujourd’hui avoir de sacrées c*******. C’est dommage.

Strapper un athlète de haut niveau qui s’est fait une entorse 3 semaines avant une compétition décisive : ok. Bien que de récents témoignages de médecins du sport œuvrant auprès de champions m’aient démontré à quel point ces champions souffraient à l’arrêt de leur carrière, bien souvent délaissés par un corps médical focalisé sur les performers seulement. Sauf que pour ces athlètes, il s’agit de leur objectif de vie, de leur métier. L’athlète de haut niveau a une vie difficile, bien au-delà des quelques bling bling de médailles et des courses à sensations que leur public recherche. Leurs sacrifices et leur solitude dépasse souvent ce que l’on est prêt à imaginer. La souffrance fait partie intégrante de leur quotidien. Mais il s’agit là d’athlètes de haut niveau qui usent leur corps bien plus vite que la moyenne, tout simplement parce qu’ils n’accepteraient jamais de vivre leur vie autrement. Un médecin de l’INSEP lors d’une conférence disait un jour « le sport de haut niveau n’est pas bon pour la santé, nous, les médecins, sommes là pour accompagner les athlètes qui de toutes manières iront au bout de leur passion et pour limiter les dégâts causés par leur sport ». Le dépassement de soi et la recherche de sensations assez orgeuilleuse, au-delà des signaux du corps, quand on n’est autre (en ce qui me concerne) qu’une petite nana qui kiffe le sport, ne doit pas devenir absurde. Or, cet été, la petite douleur de 3 jours habituelle s’est transformée en immense douleur de…6 mois, et encore, je ne suis pas sortie d’affaire.

J’ai au début attendu, continué d’aller travailler et puis j’ai craqué. Arrêt de travail, IRM. Bilan : hernie discale L5/S1 avec une vive inflammation. Une batterie de médecins a suivi. Aujourd’hui, je suis une consommatrice assidue d’anti-inflammatoires, d’anti-douleurs. Je porte un corset fait sur mesure, jour et nuit…soit-disant pour 3 mois, mais…/je doute. Je sens que je n’ai absolument aucun contrôle sur la situation. Je suis privée de sport sans aucune exception si ce n’est de la marche en piscine et encore, à la moindre douleur je dois tout arrêter. Je dois donc patienter, ne pas céder à la tentation de l’effort (de toutes manières avec des douleurs pareilles on a vite fait de capituler…) et attendre sans savoir quand tout cela guérira. Le processus inflammatoire est plus intense chez les jeunes que chez les personnes plus âgées. Sportive, jeune, active et « courageuse » d’après mon médecin ; les attributs les plus propices au mal de dos semble-t-il.

Dites-moi quelle est votre fragilité, je vous dirai qui vous êtes

« Il y en a dont la fragilité est cardiaque, pour d’autres c’est l’estomac, vous c’est le dos. » rajouta ce même médecin. Tu m’étonnes. Ma chère maman ayant exactement ou presque le même souci, il semblerait que la fragilité familiale soit belle et bien localisée dans le bas du dos. On a le feu aux fesses chez les Gaymard ;) Mouais. Bon. Et on essaie de ne pas trop perdre son humour parce que croyez-moi que dans ce genre de passage il faut réinventer sa vie à tous les niveaux !

Alors dans ce type d’expériences de vie dont on se passerait bien, il y a plusieurs phases : la phase du combat « non je n’ai pas mal, non je n’ai pas envie d’avoir mal, non il n’y aucune raison que MOI j’aie mal parce que MOI d’habitude j’ai jamais mal… ». Bon. Et puis suit la phase de tristesse « j’aurai mal toute ma vie, de toutes manières je guérirai jamais, de toutes manières je suis faite pour avoir mal, le sport c’est fini, je vieillis avant l’heure, j’ai plus le droit aux endorphines, … ». Bien. Resurgit une phase de combat pas très philanthrope: « je déteste tous ceux qui font du sport, je déteste tous ceux qui courent, je voudrais que tout le monde ait une hernie discale », qui s’édulcore un peu avec le temps et se limite à des « pfffff, la chance » à chaque fois qu’un runner apparait sur le bord de la route, fort de sa belle foulée et de son corps frais et dispos (a priori…). Parfois il y a la phase angélique « j’accepte, je le vis bien, j’ai confiance… » mais celle-là n’est pas très coriace ! Promis je travaille à la faire durer et perdurer. Groumph.

Les autres, et moi et moi et moi ?

Je rentre d’une semaine à la Plagne où champions et partenaires, sponsors, ont passé leurs journées à faire du sport et leurs soirées sur le dancefloor. Je vous garantis que lorsque l’on ne peut prendre part à la fête, il faut de sacrées doses d’humilité pour avaler toutes ces couleuvres….et l’humilité, c’est comme la patience, c’est une qualité que mes parents ont oublié de me transmettre, du moins en quantité un peu faiblarde. Dur de se réjouir pour les autres, de les regarder avec un sourire béat en se disant « chouette, ils ont l’air si heureux ! », de se dire joyeusement que « c’est pas grave, haha, je serai mieux l’année prochaine, re-ha ha ! ». NAN ! Pas contente. Jalouse. Enervée. Frustrée. Pas envie d’être là. La semaine a été dure, très dure. J’ai voulu rentrer chez moi à peu près 100 fois par jour. Eh oh, on n’est pas des surhommes/femmes. On ne peut pas souffrir et en plus être super heureux pour tous les autres. Je veux bien essayer mais bon. Pourtant….ces quelques moments où l’Histoire des autres ne vous atteint plus puisque peu importe ce qu’ils vivent, cela ne change rien à ce que VOUS vivez, et peu importe ce qu’il peut bien se passer autour de vous, ce que les autres font ou ne font pas pour vous soutenir, la solution n’appartient qu’à vous, le choix total d’être heureux n’est qu’entre VOS mains à VOUS et personne, personne, personne ne peut réellement l’être à votre place. C’est dur d’avoir autant de liberté n’est-ce pas ? C’est aussi plus facile de se dire que l’on n’en n’a pas, comme ça au moins, on peut toujours se dire que c’est la faute de quelqu’un d’autre. Mais non. Quand tout roule évidemment on se sent libre mais on est encore loin de cette vraie Liberté (avec un grand « L » vous remarquerez), celle que l’on éprouve alors que tout s’oppose à la facilité. C’est un peu comme quand on se retrouve face à un buffet à volonté. Profiter un maximum n’a rien de commun avec la Liberté. C’est une réaction assez animale et évidente face à un besoin voire à une envie : la faim puis rapidement, la gourmandise. En revanche, ne se servir que des plats que l’on aime, pour manger à sa faim sans se sentir exploser à la fin d’un repas et avoir choisi ce qui était suffisant, bon et juste, malgré l’opulence, ça c’est un acte beaucoup plus libre…

La suite… et fin ?

La suite, je la connais. La fin, pas du tout. A l’heure actuelle, j’ai encore 2 mois de port de corset devant moi ce qui en soi est peu si l’on considère que mon dernier dossard date de juin 2014. Ce qui compte avant tout pour moi aujourd’hui est d’arrêter d’avoir MAL, de réduire petit à petit les doses anti inflammatoires et de reprendre doucement confiance en ce corps qui me semble aujourd’hui complètement débloquer et accessoirement me rendre fréquemment folle tant il n’en fait qu’à sa tête.

La thérapie PCP

En février, je commence une série de 10 consultations auprès d’un médecin osthéopathe qui a mis au point la thérapie PCP basée sur des pressions continues agissant sur les muscles profonds, pour assouplir les tendons et les ligaments, le long de l’ensemble des chaînes musculaires. Indiquée dans les cas de tendinopathie, rachialgie, fibromylagie et autres pathologies des muscles et du dos, liées ou non à la pratique sportive, la thérapie PCP consiste à soulager l’ensemble des muscles liés de près ou de loin à la zone douloureuse, partant d’une conception globale du corps, au sein duquel les interactions sont multiples. Mise au point par le Dr. David Khorassani, la thérapie PCP vise à agir au départ sur les membres éloignés de la zone douloureuse : par exemple, au niveau des cervicales et des jambes quand la zone en question est au niveau lombaire. A mesure que les chaînes musculaires se détendent et par voie de conséquence soulagent la zone douloureuse, le thérapeute agit de plus en plus près de celle-ci jusqu’à son soulagement total. Grâce à un appareil simple, déchargeant le thérapeute d’un effort physique massif, ce dernier peut appliquer des pressions allant jusqu’à 20kg (surtout pour les athlètes de haut niveau), sur l’ensemble du corps. Vous allez rire mais, cette technique a eu de très bons résultats chez les sportifs et … chez les chevaux de course ! C’est dire la puissance de son action. Mon 1er rendez-vous est pris pour le 19 février. S’en suivront 8 à 10 séances de 45’ à 1h chacune, pour un tarif unitaire de 75Eur donc 35Eur remboursés par la sécurité sociale. Excellent également à titre préventif, mais rare sont ceux qui prennent les dispositions préalables nécessaires pour éviter la blessure ; et pourtant… !

La marche en piscine

D’ici là, je vais régulièrement aller marcher en piscine. D’abord lentement et si tout se passe bien plus rapidement (il y a de quoi faire pulser le cardio en marchant rapidement dans l’eau puisque la résistance de l’eau augmente avec le carré de la vitesse…#LoiPhysique). Je pense m’offrir régulièrement un petit hammam derrière pour assouplir au maximum tous ces muscles contracturés qui protègent amoureusement la sacro-sainte moelle épinière menacée par la hernie …

Le gainage

A la reprise : kiné et gainage à bloc. Pas de reprise saine possible sans un renforcement majeur du dos et des abdos. J’aurai probablement toute ma vie besoin de prendre des rations doubles de gainage et d’assouplissement mais j’accepte le deal, si cela peut me permettre de continuer à faire du sport sans mettre mon corps en danger.

Vélo et piscine

Petit à petit, quand le gainage sera possible sans anti inflammatoires (ce qui récemment n’était pas le cas puisque les moindres abdos me faisaient horriblement mal…), je passerai à du vélo d’appart’ et de l’aquabike ainsi qu’à des longueurs en piscine, des vraies – à coup de planches et de pullboy pour limiter au maximum la cambrure.

Footing

Si toutes les phases précédentes se passent sans encombre, sans douleur – bien, quoi, je ferai scrupuleusement analyser ma posture et ma foulée par le Doc. spécialiste de la méthode PCP puisqu’il semblerait que je ne sois pas au top à ce niveau et dans le genre, j’aimerais éviter de revivre ça à un autre étage de la colonne plus tard dans ma vie, je préfère anticiper au maximum. Des semelles seront surement nécessaires. Je prendrai le temps qu’il faudra…De footing en footing, toujours complétés par du vélo et de la natation, je verrai où 2015 me mène. Je ne pense pas refaire de prépa marathon. Avec le recul, la distance que j’aime le plus (et mon corps aussi) reste le 10km. Les grosses prépas de 2-3 mois ne sont pas faites pour moi ; j’ai besoin de variété, de crosstraining, de diversité et ne suis pas une adepte de la «solitude du coureur de fond », loin de là. Qui plus est je pense que ce type d’effort restera probablement l’un des plus compromettants pour moi, alors nul besoin de replonger, il faut parfois savoir intelligemment choisir (donc renoncer).

En attendant, je continuerai de partager avec vous les différentes phases de ce processus lent de guérison et vous remercie infiniment pour votre soutien, votre gentillesse et votre fidélité. Merci également à mes très proches qui supportent toutes les phases sus-mentionnées, parfois plusieurs fois dans une même journée…Le blog Hotsteppers est de plus en plus lu, malgré le fait qu’aucun récit de course n’ait été publié depuis juin, malgré la diversification des sujets (du hockey subaquatique à la danse moderne en passant par le pole dance), preuve que les adeptes de l’esprit Hotsteppers sont avant tout des amoureux du Sport, du mouvement, des expériences fortes, de réflexions … et que votre ouverture d’esprit est ce qui me, nous et vous fera sans cesse avancer. Continuez à vibrer pour votre/vos sport(s) et surtout, surtout : mesurer chaque jour votre chance !

Invitée à la dernière minute grâce à un simple Retweet par la Fondation BNP Paris Bas à la « pré-générale » du ballet « Rain » produit à l’Opéra Garnier, j’ai assisté à une représentation très spéciale de danseurs professionnels qui m’ont rappelé comme les manières de mettre le corps en mouvement sont riches, diversifiées et …essentielles.

Un style très « contemporain »

Loin des ballets classiques, « Rain » est en plein dans le style contemporain – un style qui divise dans le sens où il ne séduit pas toujours immédiatement. C’est un style qui demande de la patience. Il faut prendre le temps de regarder et d’écouter, de se laisser habiter par l’esprit du spectacle sans nécessairement chercher à identifier un scénario, une histoire ou des repères bien spécifiques. Il ne s’agit ni de danse classique ni de modern jazz rythmé. On ne se sent ni transporté par des airs connus de grands créateurs historiques ni emporté par des rythmes saccadés et clairs. Aux confins de la marche et même parfois de la course, entrecoupée de figures techniques exigeantes, ce ballet moderne met en scène 12 danseurs sur un fond de musique minimaliste à base de xylophones, de batôns de pluie, de pianos et de voix. L’ensemble est très surprenant, d’autant que l’on associe très facilement un style bien défini au lieu magique qu’est l’Opéra National de Paris, et pourtant…

Danser sous la pluie, danser la pluie…

Le titre du ballet colle à la peau de la chorégraphie d’1h30 et de la musique qui l’accompagne. L’effet est proche de ces musiques que vous écoutez depuis un moment et qui vous semblent ne pas avoir bougé d’un iota alors que clairement, si. Seulement, le rythme n’est pas celui de l’habituel couplet/refrain, il s’agit d’une progression. De façon parfois intangible, des rythmes viennent se rajouter, des voix se superposer aux notes tant et si bien que l’on ne les distingue plus des instruments ; il y a même des accélérations mais tout est fait pour qu’il n’y ait pas de « chansons » ou de « morceaux » ; pas de « blocs ». Un chemin musical simplement.

Le décor est aussi minimaliste que la musique : une scène circulaire avec des marquages au sol s’apparentant aux lignes et pointillés des terrains de sport dans les gymnases, entourée sur sa quasi-totale circonférence par des fils rectilignes tombant du « ciel » (plafond) et reproduisant l’effet d’un rideau de pluie léger.

Les danseurs portent des tenues aux couleurs très pales, proches des couleurs de la terre.

Le début du spectacle est très doux ; presque trop doux. Amoureuse des rythmes et des percussions j’ai du mal à me faire à cette musique aussi linéaire et à cette sobriété dans les couleurs et les mouvements.

Malgré tout le rythme s’intensifie discrètement et certains danseurs changent tout aussi discrètement de tenue accompagnés par des éclairages qui eux aussi changent ; des tons fuschias viennent remplacer les couleurs taupe du début donnant l’impression que la pluie amène la vie, par petites touches, à mesure qu’elle tombe.

Aperçu video du ballet  »Rain »

Si je devais noter un fait marquant dans ce spectacle, de mon point de vue très subjectif de coureuse, ce serait le nombre de pas de course effectués par les danseurs pendant 1h30 ! Ils ne cessent de courir sur des distances assez longues et à une vitesse impressionnante…Qui plus est, leur foulée est magique et tout simplement aérienne. Parfaitement orchestrée autour de la pose de l’avant du pied, j’ai souri en observant ma cousine, danseuse étoile, sur scène et en la voyant courir autant et si vite. Pour avoir quelques fois parlé avec elle de running à l’occasion de rendez-vous familiaux, je constate qu’elle n’a rien à envier aux « runners » - mais après tout, le running est aussi une forme de danse - n’est ce pas finalement le cas de tous les sports, d’autant plus que la tendance du « quantified self » laisse progressivement de la place au « qualified self » ou recherche du bon voire du beau geste, plus que du geste brutement consommateur de kcal ? Place aux images…


RAIN par operadeparis

 

A tous les amateurs de mouvement et d’art, curieux de découvrir jusqu’ou la mise en action du corps peut aller n’hésitez pas à découvrir ce spectacle en vous rendant directement sur le site de l’opéra Garnier : ballet « Rain » d’Anne Teresa de Keersmaeker.

Les vacances d’été sont derrière nous et pourtant, nous vivons un mois de septembre chaud et lumineux, qui nous rappelle que la saison estivale n’est pas encore finie! Le planning de courses se remplit et l’on se met à nouveau à sélectionner les incontournables de sa saison: ces objectifs tellement importants pour la motivation qui donnent du corps au quotidien et guident vers l’avant. Comme régulièrement sur ce blog, j’aime partager les rythmes qui me font bouger: légendaires ou récents, ce sont avant tout des paroles, des sons, des mélodies qui me donnent envie. Comme l’envie est plus forte quand elle est partagée, voici pour vous une nouvelle playlist running ou la liste de mes moteurs musicaux du moment…

Source: touslesdrivers. com

Milk & Sugar: Canto del Pilon

Moment privilégié: footing ou sortie longue

La surprise et le coup du coeur du moment ! Milk and Sugar lance ce morceau sorti tout droit des quartiers les plus typiques d’Amérique du Sud. La langue espagnole flotte sur des ondes rythmiques bien marquées avec une certaine douceur voire un soupçon de mélancolie. La mélodie est simple et se met en place naturellement; pour avoir fait l’Ecotrail de Paris 30km avec 3 remix de Lana del Rey en boucle, j’imagine très bien ce morceau « Canto del Pilon » en boucle sur une course ou sortie un peu longue, telle un mantra musical envoutant qui appel au voyage…

Workals: Porto

Moment privilégié: sortie au seuil, fitness, crossfit

On reste dans la veine latino de milk & sugar mais on monte en puissance avec un rythme soutenu qui pourra accompagner un effort soutenu, du seuil à la VMA en passant par des « reps » punchy en crossfit ou autre séance cardio/muscu. Pas de paroles, juste du rythme et des notes bien placées pour se laisser porter et dérouler sa séance en décrochant totalement du quotidien.

Swanky Tunes feat. Raign: « Fix me »

Moment privilégié: fractionnés, finish line, tout moment d’intensité élevé

Des notes électro qui rappelleraient presque les tous débuts du genre avec Jacno dans les années 80, et pourtant…la voix très 2014 à la Benassi Bros vient rapidement galvaniser la dynamique de ce morceau soutenu par un rythme très trance. Si avec ça vous ne prenez pas votre envol pendant vos séances intenses…!

Zhu: « Faded »

Moment privilégié: échauffement actif, gammes, renforcement musculaire

Découvert par hasard pur au Costa Rica, en plein coeur du Parc Naturel Manuel Antonio, ce morceau de Zhu est une bombe pour ceux qui aiment la tech-house plutôt minimaliste, progressive et les rythmes bien construits évoluant subtilement mais efficacement au fil de votre série (échauffement, abdos, gammes…) Idéal pour se plonger dans sa séance et ne rien lâcher !

Olivier et Jimi Jules: « Pushing On »

Moment privilégié: sortie au seuil, fitness, crossfit

Un grand classique pour les amateurs de house electro ! Bon morceau bien rythmé revu par Jesse Rose avec un début essentiellement vocal pour se mettre en route et un boost rythmique après 1’30.

Dr Dre feat Eminem: « I need a Doctor »

Moment privilégié: récup’, cool down, étirements

Changement de registre radical. Dr Dre s’offre un clip de plus de 7′ et nous propose cette association si souvent réussie de rap US et de voix féminines mélodieuses gorgées d’émotions. Pour les amateurs de « clips/histoires », regardez la vidéo entière, pour les autres la musique à proprement parler commence peu de temps après la 2ème minute. Parfait pour la récup, les fins de séances ou même les étirements; si vous aimez le genre vous donnerez une autre dimension à vos moments de « cool down » en intériorisant la musique et en vous reconnectant doucement à vous même.

Calvin Harris feat John Newman: « Blame »

Moment privilégié: sur un 10km ou semi, une fois que vous êtes dans le rythme et que votre esprit s’est abandonné à la course. Ce morceau guide vos pas, au rythme de votre respiration stabilisée.
John Newman connu pour sa voix chaude et rocailleuse par moments se voit associé au talent du Dj Calvin Harris pour un morceau qui se veut très respectueux de l’univers pop originel du chanteur, discrètement relevé par une rythmique inhérente au répertoire de CH.
On en oublierait que le morceau a été composé par un invétéré de la tech house et on capte facilement les émotions du chanteur tout en ancrant sa foulée dans un bien bon tempo.

Madilyn Bayley - Chandelier (reprise de Sia)

Moment privilégié: cool down total voire relaxation en rentrant d’une course ou d’une sortie éprouvante.
Le titre de Sia a fait fureur pour sa mélodie entêtante et son style très émotionnel, il figure d’ailleurs dans la playlist running n°4 mais cette reprise ultra douce donne une toute autre dimension à la chanson. Pas a capella mais presque avec un délicieux fond de piano, Madilyn met de la sensibilité toute en finesse dans votre esprit un peu agité par l’effort. Prenez le temps de « redescendre », c’est parfois aussi ça le moment le meilleur…

 

Le Sport, quel univers…que d’occasions de rencontres avec soi même, avec d’autres, de découvertes de parts de soi encore inexplorées, d’occasion d’améliorer ses forces et de relever ses faiblesses, quel terrain de jeu grisant ! Qui plus est, nul besoin d’être à haut niveau pour vivre le sport intensément, c’est ça qui est si bon…J’ai réalisé ces derniers mois, forcée à de longues semaines de pratique sportive très réduite, que mon « manque » d’activité physique n’était pas si drastique. S’il est toujours tellement agréable de se sentir actif sur tous les fronts : dans sa vie professionnelle, personnelle et au-delà de tout cela de continuer à relever 1001 défis sportifs, je pense qu’il s’agit d’un schéma complexe à maintenir tout le temps, pour tout le monde. Il devient alors impératif de savoir faire des choix et idéalement, d’établir des priorités, qui bien sûr peuvent changer. C’est la vie. Mais…

Ceux que le sport anime…

Malgré tout, cette pratique plus réduite bien que pas anéantie, m’a aussi donné l’occasion et même la chance de regarder autour de moi et de me nourrir de « ceux que le sport anime », comme j’aime souvent les nommer. Ceux qui se lèvent plus tôt un matin, malgré la charge d’une famille parfois nombreuse pour aller courir quand tout le monde dort encore ; ceux qui après une longue journée de travail trouvent le courage d’enfiler des baskets ou de plonger dans les profondeurs d’une piscine plus ou moins bondée ; ceux qui malgré la maladie ou les douleurs ne baissent pas les bras et persévèrent dans l’effort ; ceux que le sport préserve du découragement pendant une période de chômage offrant la chance de se sentir « en chemin » et non « à l’arrêt complet »… Le sport est un sacré révélateur de talents, physiques bien sûr mais aussi humains.

Petit à petit, bien au-delà de ma passion pour le running, je me mets à me passionner pour les gens. Ceux, fidèles, qui s’engagent et s’accrochent pour atteindre leurs objectifs sportifs, quels qu’ils soient, ceux qui donnent du sens à leur vie et même à celle des autres à travers leur pratique.

Quoi de mieux pour illustrer cet élan que de vous offrir le portrait d’une athlète de 27 ans, discrète voire secrète, aussi douce dans la vie que passionnée sur le terrain, fervente défenseuse des valeurs collectives d’un sport que trop peu de gens connaissent et qui pourtant, demande une condition physique et une charge d’entraînement nécessitant des sacrifices ne pouvant laisser indifférent.

Au gré d’un quotidien professionnel puis sportif partagé, à force de longues heures de discussions et de visions du monde mutuellement confiées, Alison m’a démontré ce qu’une jeune femme active au 21ème siècle devait tenir comme engagements pour aspirer au meilleur : au travail comme en sport. Mais quel sport ! Découvrez à travers cette interview atypique, une athlète qui l’est tout autant. Découvrez ce qui anime une joueuse de hockey subaquatique en équipe de France

Crédits photo: hockeysublechesnay.free.fr

Hockey… subaquatique ? Alison, éclaire nous !

Le hockey subaquatique se joue à 6 contre 6, dans n’importe quelle piscine, en longueur comme en largeur, il n’y a pas de taille réglementaire. D’ailleurs le jeu se joue parfois en pente quand le fond s’y prête ! On s’adapte. Le matériel impondérable étant les palmes, le masque, le tuba, la crosse et un palet de 1,3kg. Le but du jeu est de marquer en mettant le palet dans la gouttière du camp adverse. Un match se déroule en 2 mi-temps de 15min chacune en championnat du monde. Chaque équipe a droit à un temps mort par mi-temps ce qui lui permet d’arrêter le jeu pour récupérer et/ou casser le rythme de l’adversaire.

 

Crédits Photo: plongéeloisirs. canalblog. com

Ok très bien. Le hockey on l’imagine bien sur la glace, sur le gazon à la rigueur mais sous l’eau ? Combien de temps y restes-tu… sous l’eau ?

C’est de l’apnée dynamique dont les temps n’ont pas vraiment le même sens qu’en apnée statique. L’effort est très intense, on fait des mouvements rapides et forts ce qui consomme beaucoup plus d’oxygène. A titre d’exemple, 10 secondes en action sous l’eau est déjà très long. On passe notre temps à remonter à la surface pour respirer ; l’idée étant que sur les 6, il y ait toujours 3-4 joueuses au fond de l’eau.

Apnée, vitesse, force, technique…quelles sont les capacités physiques requises pour faire du hockey subaquatique ?

Il ne faut pas forcément savoir bien nager. C’est sur qu’il ne faut pas avoir trop d’appréhension du monde aquatique mais tout s’apprend. Et encore, il y a des jeunes qui sont très stables dans l’eau, d’autres pas du tout. Les entraînements sont intensifs. On enchaîne d’interminables longueurs, des sessions d’apnée, des fractionnés dans l’eau puis de la technique.

En dehors de l’eau l’entraînement continue. On déroule des séances tactiques sur un tableau, on révise notre placement pour les coups francs, les départs… Et en complément, tout sport est bénéfique : la nage sans palme, la course à pied, le crossfit, le vélo, toute forme de PPG…

Ok, c’est intense, complet, terriblement atypique…alors, pourquoi ce sport Alison ?

Pour la compétition. J’aime me mesurer aux autres. J’aime le collectif mais j’aime malgré tout l’aspect individuel aussi. C’est intéressant, il s’agit d’un collectif intuitif : on ne peut pas se parler sous l’eau bien sûr, alors il faut se comprendre sans le verbal. Cela amène à développer son instinct. Clairement, je joue mon meilleur hockey quand je le suis, cet instinct.

Instinct ou intuition ?

Les deux.

Penses-tu que tu communiquerais moins bien si tu devais parler ? (NDLR : Alison est une sensible secrète et réservée qui s’exprime par tous les biais sauf ceux de la communication bruyante et imposante moderne )

Probablement. On se dit malgré tout beaucoup de choses mais hors de l’eau.

Quelles sont tes sensations sous l’eau ?

Puissance, liberté et vitesse

Et dans la vie ?

Rien de tout ça! C’est tout l’inverse.

Pourquoi pas ? Quelle est la différence ?

Au hockey je m’exprime physiquement. Je suis puissante des jambes, je suis rapide. Dans la vie les choses ne se mesurent pas si facilement…Sous l’eau je suis une palmeuse. Dans la vie…cette puissance je ne l’ai jamais mesurée ! Je ne sais pas où je me situe…

Parlons de ton investissement, quels genres de sacrifices demande le hockey ?

Tout dépend des objectifs.

Toi, quels sacrifices fais-tu ?

C’est une rigueur au quotidien, une hygiène de vie stricte. Je fais l’impasse sur des anniversaires, des repas de famille en période de championnats ou de tournois. Je m’entraîne aussi souvent que possible.

Je t’ai vu aller (et revenir !) plusieurs fois de « stages France » avec souvent un lapse de temps immuable pour t’en remettre physiquement et émotionnellement ; de quoi s’agit-il ?

Tu es dans l’eau à 8h du matin. Tu enchaînes 2 blocs de 2h de nage le matin et 2 blocs voire 3 l’après-midi et ainsi de suite sur 2 jours. Le tout entre-coupé de crossfit et de course à pied…

C’est dur…comment vis-tu ces moments ?

Le matin à 8h quand je me mets dans l’eau froide, je me demande ce que je fais là. Oui, c’est dur.

Mais après, quand je joue avec les filles de mon équipe et que je vis ma 1ère sélection, que je voyage en championnat du monde partout dans le monde, que je rencontre plein d’autres athlètes, je réalise que sur le plan sportif comme humain, c’est énorme et que tous ces sacrifices valent la peine. L’équipe de France féminine dont je fais partie a fini 9ème aux derniers championnats du monde.

Tu ne peux pas t’arrêter là-dessus. Tu vises un top 5, puis un podium puis la 1ère place et une fois que tu l’as, tu veux la garder !

Quand te vois-tu t’arrêter ?

Je me suis fixé mes 2nds championnats du monde en Afrique du sud en 2016, j’aurai 28 ans et après je verrai. J’aurai peut-être d’autres ambitions et d’autres priorités. Rien n’empêche d’arrêter et de reprendre. Pas mal de filles reprennent après des périodes de break induites par la vie. En Équipe de France il y a encore des nanas de 40 ans qui ont largement leur place.

Il faut de la maturité, il faut saisir toute la dimension du sport. Le temps, l’expérience donnent de la valeur à une joueuse et de la teneur à son jeu.

Quelle est la dimension de ce sport justement?

Au début, tu penses que tu as le palet qu’il faut pousser et tes palmes pour aller vite. Mais à cela se rajoute toute une approche tactique qui est sans fin. Tu te rends vite compte que ta coéquipière qui a 40 ans et que tu dépasses en tests physiques, te dépasse à son tour sous l’eau, par l’intelligence de son jeu. Elle voit le jeu, elle sait s’économiser, elle est plus efficiente. Savoir se placer au bon moment pour intervenir au bon moment est crucial.

Toute cette dimension que tu apprends à saisir doit forcément t’aider dans la vie ? Quel est l’impact de ce sport sur ton quotidien?

Ça m’apporte clairement un équilibre parce que toutes mes frustrations passent dans mes séances physiques mais ça apporte aussi une capacité de remise en question sur soi permanente.

Tu te considères comme une bonne joueuse ?

Une bonne joueuse de club oui. Mon club (NDLR: Le Chesnay) est régulièrement dans le top 4. Mais je ne sais pas ce que c’est qu’une bonne joueuse en fait ! Une bonne joueuse c’est une joueuse qui ne va pas s’écrouler physiquement en fin de « round robbin » (NDLR : le « round robbin » est la phase de rencontres de toutes les équipes de 1ere division avant le ¼ de finale, ½ et la finale.)

In fine ce qui prime c’est quand même le physique non ?

Oui, il fait la différence sur le round robbin mais pas sur les phases finales.

Il y a 2 philosophies dans le hockey mais pour moi il faut d’abord du physique et ensuite apprendre la technique parce que le physique est discriminant sur les 1eres phases.

En revanche, tu peux passer facilement des nanas grâce à tes palmes et ta rapidité pendant un moment mais après ça ne suffit plus.

Quelle est ta philosophie de jeu entre force du collectif et ambition personnelle ?

Ma philosophie se rapproche de celle du rugby. L’idée est de se battre un maximum pour libérer le palet et l’offrir à sa co-equipiere qui pourra alors butter.

Tu te retiens de marquer ?

Non mais on me dit souvent que je ne crois pas assez en mes capacités. Je fais le plus gros du travail et au lieu d’essayer de passer le dernier défenseur, je me retourne et je cherche du soutien.

Pourquoi cherches-tu du soutien dans ta lancée, si près du but ?

Parce que je pense que je peux pas y arriver toute seule.

Et pour rebondir sur l’article grotesque du journal l’Equipe qui s’est un jour amusé à répertorier les sports les plus stupides en y citant le hockey subaquatique, qu’est ce que cela te fait de tout donner dans un sport que peu de gens connaissent ou considèrent ?

Dans les moments de doute tu te dis que c’est crétin et que ça ne sert à rien, que tu n’as la reconnaissance de personne. Dans les moments où tu es bien tu te dis que tu fais ce sport pour toi, parce que tu l’aimes, parce que tu y crées des liens forts, pour l’expérience humaine unique.

L’aspect humain est vraiment énorme…(NDLR : ah oui ?!).

Crédits photo: hockeysublechesnay.free.fr

Sachez qu’à force d’échanges et de partages autour de nos deux sports respectifs, chacun pratiqué dans un élément bien distinct, j’ai fini par me remettre à nager malgré mes peurs et même à m’inscrire à des cours d’adultes « debs » à la rentrée, pour lentement mais sûrement renouer avec cet élément qui à la fois m’attire et m’effraie. Alison, quant à elle m’aura accompagnée sur mes dernières sorties longues en prépa du Marathon de Paris 2014 et du 30ème au 42,195ème km le jour J. Un moment inoubliable de communication totalement non verbale et intuitive qui nous aura amenées à nous inscrire ensemble au Marathon de la Rochelle prévu le 30 novembre. Si les conditions de forme du moment sont difficiles pour l’une comme pour l’autre, l’envie de se laisser à nouveau habiter par la dimension du sport, tant collective que personnelle est là et bien là. Il ne nous reste plus qu’à y croire. Merci Alison de m’avoir redonné le goût des profondeurs et d’avoir laisser émerger ces confidences à la surface de notre terre de runners :)

Institution régulière sur ce blog: voici la playlist running du printemps ou de l’avant été, en ces jours où le soleil nous nargue et peine à s’imposer. Et pourtant, la vraie lumière n’est-elle pas celle qui vient de l’intérieur ? Fidèle à l’envie de partager toutes sortes de choses sur ce blog, j’aime rassembler les sons qui m’ont émue, boostée, « donné envie de.. », touchée! La musique a un pouvoir immense et interagit avec celle du corps. Quand on ouvre ses sens aux rythmes, au sens des paroles, aux mélodies, aux alternances entre montées en puissances et breaks au coeur d’un même titre; quand on se laisse atteindre par l’histoire que raconte une chanson ou un beat, des barrières se lèvent et l’esprit voyage. Tantôt apaisante, tantôt stimulante, tantôt provocatrice, la musique réveille et met en mouvement, si ce n’est le corps, au moins l’âme. Voici ma playlist running (on ne peut plus) éclectique du moment…

 

Sia: « Chandelier » - coup de coeur de cette sélection

Surprise du moment: Sia la chanteuse australienne ultra talentueuse que l’on connait entre autres pour son titre « clap your hands » ou plus récemment pour sa performance sur le célèbre « Titanium » de David Guetta, nous bluffe avec ce titre atypique « Chandelier ». Avec un timbre de voix qui évoque tellement Rihanna à certains moments, Sia reste malgré tout dans son univers élégant et musical sur cette chanson émotionnelle et transportante. Quoi de mieux qu’un titre pareil sur une sortie longue en pleine nature, loin des faux semblants et des gadgets. Laissez-vous toucher…

Avicii: « Addicted to you » - l’addiction du coeur assumée

Grand classique du moment pour un DJ que l’on ne présente plus: Avicii ! Ce titre a d’intéressant son rythme soutenu autant que la voix calme de la chanteuse qui pourtant, prononce des mots forts. Ce décalage rend la chanson puissante et l’alternance de couplets posés et de refrains déchaînés incarne parfaitement le mélange de dépit/passion que l’on peut ressentir quand on s’attache:

« I’m addicted to you,
Hooked on your love,
Like a powerful drug
I can’t get enough of.
Lost in your eyes,
Drowning in blue
Out of control,
What can I do? »

Ahzee: King - stylé clubbing

A tous les adeptes du dancefloor, de la happy house et des envolées technos: ce titre m’a surprise. Entendu à la radio au milieu d’un mix plutôt bien amené, j’ai cherché, cherché, cherché pour retrouver son titre. C’est commercial, c’est branché nightclub surtout le bon rythme claquant subtilement emprunt de culture orientale, mais ça fonctionne bien, très bien même. Je partage !

Stadium X & Taylr Renée: Howl at the moon - la house dans toute sa splendeur

Duo hongrois qui cartonne actuellement. La voix de Taylr Renée vient sublimer le rythme house classique de cette chanson aux bpm élevés qui peut facilement accompagner une série de fractionnés ou une séance au seuil ! Vous avez besoin d’être poussé(e), vous avez besoin de faire monter la FC, mettez ce son dans votre MP3 et lancez le au bon moment !

Pharell Williams: Marylin Monroe - le titre qui m’a eue..

Plutôt insensible voire lassée par le titre « Happy » omniprésent sur les ondes ces temps-ci, j’ai été agréablement surprise par le 2ème shot de Pharell: « Marylin Monroe ». Très « Justin Timberlake » (que j’adore!)dans son genre, ce titre est moins funk et plus rythmé. Réticente au départ, j’ai fini par avoir la mélodie en tête pendant des journées entières et finalement par l’apprécier. Sympa pour s’échauffer, je trouve.

Cosculluela: Prrrum - la sexyness reggaeton au summum

Fan inconditionnelle du reggaeton et de ses rythmes dingues qui me feraient bouger mon boule même en dormant, voici un morceau absolument pas nouveau mais absolument dément en matière de potentiel à susciter le booty shake ! J’aime, je kiffe, je surkiffe, je trippe, je capote ! Prrrrummmmm..

 

Stromae: Formidable - le remix instrumental by Idriss Ketterer

Qui ne connaît pas le titre ou plutôt « la scène »: Formidable, chantée ou plutôt interprétée par le Brel des temps modernes: Stromae ? Intense et douloureuse, ce titre est particulièrement intéressant mais s’écoute difficilement en boucle. C’est ici que ce remix plutôt langoureux trouve tout son intérêt. L’essence du morceau est prélevée et totalement revisitée version « deep house ». Adepte de ce courant musical, je trouve que le résultat mérite d’être diffusé. On n’est pas plus dans la joie que le morceau original mais on peut facilement envisager ce son sur un trail ou une course longue! Je n’oublierai d’ailleurs jamais mon EcoTrail 30k de Paris 2013 couru avec le remix de « Summertime Sadness » en boucle dans les oreilles pendant 3h. Même idée ici…

Chris Isaak: Wicked game - le bijou des années 80/90 revisité

L’originale est un incontournable mais pour courir, la version revisitée en deep house permet de mieux caler son pas en rythme. Le « Wicked game » de Chris Isaak qui ne veut pas « fall in love with you » prend un autre visage et vous transporte. Un morceau idéal pour « ressentir » plus que « réfléchir ». Merci à toi, discrète et précieuse amie, qui m’a fait découvrir cette version nouvelle ;)

Plaza Francia: La Mano Encima - le projet Tango de Catherine Ringer

Ex Rita Mistouko, Catherine Ringer se lance dans un projet Tango aussi racé qu’à l’accoutumée. Si ce titre est plus adapté à une session de cool down ou d’étirements, il n’en demeure pas moins intéressant et pourrait mériter sa place dans votre playlist. Qui plus est, fan inconditionnelle du tango argentin, version brute ie « abrazo cerrado », je vous livre 4min de sonorités écorchées, du tango en somme.

Autres playlists:

* Playlist running d’hiver

* Playlist running d’automne

* Playlist running d’été

Il y en a un qui aurait voulu être un artiste, pour pouvoir faire son numéro, quand l’avion se pose sur la piste, à Rotterdam ou à Rio…un chanteur même, pour pouvoir crier qui il est ou un auteur, pour pouvoir inventer sa vie…frappé par les blues du businessman, du haut de sa tour d’où il contrôle son univers…! Le blues, ce feeling hyper spécial que l’on n’est pas sûr de vraiment détester! Il y a un malin plaisir au spleen, n’est-ce pas ? Si les chansons parlent souvent d’amour, elles parlent tout aussi souvent de ce fameux « blues », de « vide », « d’absence ». Why ?

A cet instant bien précis, après avoir vécu mon premier marathon qui plus est « chez moi » (à Paris), évènement pourtant bien insignifiant pour les non-adeptes de la course à pied, je vis avec intensité ce maudit blues, mélange de plein de choses à la fois. Je réalise une fois de plus à quel point la vie peut être une montagne russe émotionnelle, entre (grandes) joies et (grandes) tristesses. Tant mieux après tout, une vie linéaire serait chiante. J’observe alors autour de moi et refais le point sur tout ce que j’ai pu vivre ces 10 dernières années pour me rendre compte de ce besoin intense et récurrent qu’a l’être humain de chercher l’extase pour mieux sentir passer sa vie, à défaut de pouvoir l’empêcher de passer.

Soyons crus: il y en a qui vouent un culte incroyable à la nourriture pour s’offrir un sentiment de contrôle, en s’en privant notamment: l’absence d’alimentation peut être source de grands élans émotionnels…, il y a ceux à qui une vie familiale ne suffit pas et qui meurent intérieurement à l’idée de ne plus séduire qu’un(e) seul(e) et même homme/femme toute leur vie, qui s’échappent sans cesse (à eux mêmes) vers un(e) autre, pour re-déclencher inlassablement la passion dévorante des premiers instants…, d’autres se vouent corps et âmes à leur pouvoir professionnel qui peut être tout à fait jouissif, d’autres encore ont un besoin vital et permanent d’adrénaline au risque de trouver la vie totalement fade en l’absence de risques et de défis… S’il n’est question de juger personne, Dieu sait si « dans la vie on fait ce qu’on peut, pas ce qu’on veut » comme disait une fois de plus Starmania (bien que je ne sois pas tout à fait d’accord car je pense que nous avons un vrai potentiel de choix… !), il est intéressant de réfléchir à cette quête d’absolu que les coureurs vivent sans cesse à travers leurs courses successives.

Combien de fois ai-je pu lire ou entendre qu’un marathon (entre autres) permettait « daller au bout de soi même » ? Si on faisait une analyse sémantique des expressions de marathoniens, je pense que celle-ci serait majoritaire, suivie de près par « se dépasser » qui revient presque au même bien que dans ce dernier cas il s’agisse de sortir de soi et non d’aller en soi. Au final, il est question de … « soi » !

Nous étions presque 40 000 à franchir la ligne d’arrivée dimanche dernier et pourtant, le marathon est une aventure personnelle qui commence dès la démarche d’inscription actée, qui se poursuit par des semaines d’entraînements souvent synonymes de sacrifices et qui se prolonge par plusieurs heures de course pour se conclure, par un « i did dit… ! »…….. « then what ? ».

Un dicton dit que lorsque l’on a fait un marathon, on peut tout faire. Évidemment, on peut toujours trouver plus dur mais c’est une belle image. Disons plutôt que lorsque l’on franchit la ligne d’arrivée, la force de son propre engagement prend tout son sens. On a décidé, on s’est donné les moyens et on a réussi ! Quel bonheur, quel sentiment de réussite, de contrôle ?

Personnellement je n’avais qu’un objectif en tête : arriver au bout sans dégoût (ça rime !) et sans blessure, non accessoirement. C’est chose faite et c’est tout ce qu’il me fallait. La prochaine fois, j’essaierai de faire un peu mieux mais pas forcément « beaucoup mieux ». Ce qui compte pour moi, ce sont les sensations, ce dont le corps s’imprègne pendant ce périple de 42,195km. Se faire mal pour gagner des minutes n’est pas la voie que j’ai choisie ; je préfère le voyage initiatique à la performance.

Toujours est-il qu’à la fin du voyage, de retour chez soi, on aimerait bien repartir !

Mais…si la vie n’est pas (toujours) un long fleuve tranquille, attention aux envies maladives de vouloir amener la tempête là où tout roule/coule. Si la grande majorité de mes amis ne comprend absolument pas l’intérêt qu’il peut y avoir à courir (un marathon ou autre), j’avoue ne pas comprendre en retour comment leur vie beaucoup plus stable peut ne pas les ennuyer. Et pourtant, il me semble nécessaire d’arriver à trouver du plaisir dans le calme. Un calme intense et profond, pas un calme mou et passif bien sûr.

Sur ce, je me suis inscrite au Marathon de la Rochelle fin novembre 2014 !

Sans commentaires.

En attendant, j’ai des amis qui ont eu de beaux bébés à voir de toute urgence, des mojitos à boire, des apparts à visiter, un voyage au Costa Rica à préparer, des gens à rencontrer, à découvrir, à aimer, une famille avec qui passer du temps, des chiens abandonnés à promener à la SPA, de la musique à écouter, des chorés pleines de vibes à danser …bref, la vie dans toute sa splendeur ou de quoi faire virer lentement mais surement le blues vers le pink… ;)

 

Depuis mon intérêt avéré pour la course à pied et mes prises de plume webistiques sur ce blog, j’ai évidemment eu l’occasion de lire abondamment à ce même sujet. Si les sujets techniques sont assez redondants, les réflexions positives ou non autour du sens de la course à pied m’intéressent un peu plus. Je retiens particulièrement à ce jour cette impression de mouvement permanente voire de fuite que les non-runners attribuent avec incompréhension à « ceux qui courent ». Si je comprends parfaitement cette vision partiellement vraie des choses, je souhaite toutefois dans cet article lui apporter un autre angle de vue. Pas l’angle de vue de la runneuse qui se défend sans s’en rendre compte de son addiction, bien au contraire. L’angle de vue d’une runneuse que la course à pied guérit petit à petit de l’obsession de la performance et de l’hyperactivité. Paradoxe ? Pas nécessairement.

 

Ces malédictions qui deviennent des grâces

Adepte de la recherche d’emploi pendant plusieurs périodes assez longues de ma vie pourtant encore courte, j’ai connu une variété de phases hallucinantes. Des expériences parfois douces parfois terribles qui ont aujourd’hui énormément enrichi ma connaissance de la nature humaine et la mienne. Dans ce marasme que beaucoup de français connaissent aujourd’hui, je n’avais que des doutes, sauf à un égard. Je savais profondément, intérieurement, qu’il me fallait m’accrocher à de petits objectifs pour en atteindre un jour de grands. Le fruit du hasard (ou pas) a amené mon esprit parfois un peu trop enthousiaste à croire en l’armée française dans laquelle je m’engageais un certain temps. Si cette expérience fut la pire erreur de ma vie comme j’ai déjà pu l’aborder, elle fut la seule et unique cause de ma découverte de la course à pied. Détestant profondément ce sport insensé il y a encore peu de temps, je devais passer les épreuves de sélections sportives de l’armée et m’entraîner. Si l’armée n’a pas duré (Dieu merci), mon goût pour la course à pied, lui, était né. J’avais franchi le fameux stade où courir n’est plus un calvaire. Ce fameux stade dont les adeptes du running parlent aux néophytes incrédules avec des étoiles dans les yeux, l’air de dire « si si je te jure, ça devient bien! ». Je me retrouvais pourtant face à tous ces plans d’entraînement que je maudis, cette régularité qui nuit à ma conception rebelle de la liberté, cette assiduité qui m’exaspère, ce temps long, long, long qu’il faut accepter d’avaler pour arriver à un objectif décent, ces moments où rien ne se passe comme on le veut, tout simplement parce que la vie est tout sauf synonyme de contrôle, bref - que de barrières, de difficultés et de contraintes. Pourtant, c’est dans la contrainte que mes périodes de chômage se sont structurées, que mes réveils ont repris du goût, mes journées une consistance. Séances après séances, progrès après progrès, l’immersion dans les méandres de l’aventure running m’ont fait avancer. Pourquoi, en un argument ? Parce que courir permet de se réconcilier avec le temps, de le réorganiser, de l’accepter - nouvel ordre qui se répercute sur le corps et les idées, nouvelle philosophie, nouvelle approche …

Source: Runner’s world. com

Ce cours universitaire que l’on valide en courant un marathon

Un article original et intéressant sur Runner’s World vient étayer mon développement autour de la course et de la réorganisation du temps, bien loin de la frénésie qui lui est associée à tort. C’est l’histoire d’Andrew Johnston, enseignant en école de commerce, marathonien de surcroit, convaincu de l’efficacité du parallèle entre la préparation à un marathon et la mise en place d’un business plan. Ses élèves ont ainsi deux cours: l’un en classe, l’autre sur le terrain. Andrew a constaté à de nombreuses reprises le nombre d’échecs d’entrepreneurs ne parvenant à dérouler leurs idées et à les mettre en œuvre; le nombre de théories flambantes ne donnant rien « in real life ». Pour transmettre plus que des concepts mais de véritables valeurs doublées d’une nouvelle expérience, Andrew se concentre sur l’apprentissage de: la définition de ses objectifs, de ses forces, de ses faiblesses; la persévérance et in fine la jouissance du travail accompli. Une seule manière de se préparer de façon réaliste à l’examen final: s’entraîner. L’examen en tant que tel n’étant autre que le Rock ‘n’ Roll Marathon de Phoenix! Je trouve l’initiative de ce professeur excellente ! Il existe tellement de passerelles bilatérales entre le sport et de nombreux métiers qu’il serait trop bête de ne pas en bénéficier, sous prétexte de maintenir les compétences (donc les gens) dans des cases. La course à pied, si elle ne devient une obsession et un échappatoire ne nous plaçant plus dans le temps mais hors du temps, si elle est utilisée pour prendre le temps de se connaître, d’apprendre, d’apprécier et de progresser; si elle est transférée aux autres aspects de sa vie non sportive sans s’y substituer, alors la course à pied devient un formidable outil de réalisation de soi; une arme douce; une force tranquille.

« La vérité sur l’affaire Harry Quebert »

Dernier roman de Joël Dicker, ce pavé de 663 page qui occupe bon nombre de mes débuts de nuit ces temps-ci est une histoire policière à couper le souffle empreinte de réflexions sur la société américaine, les travers de son puritanisme et de ses codes, mais aussi sur le parcours d’un jeune écrivain, entre gloire et angoisse de la page blanche. Un matin, rongé par l’absence d’inspiration et par le doute, ce dernier: Marcus, se confit à son mentor: Harry.

Couverture du livre par Edward Hopper

« Harry, j’ai comme un doute sur ce que je suis en train d’écrire. Je ne sais pas si c’est bon. Si ça vaut la peine… »

- Enfilez votre short , Marcus. Et allez courir.

- Maintenant ? Mais il pleut des cordes.

- Épargnez-moi vos jérémiades, petite mauviette. La pluie n’a jamais tué personne. Si vous n’avez pas le courage d’aller courir sous la pluie, vous n’aurez pas le courage d’écrire un livre.

- C’est encore un de vos fameux conseils ?

- Oui. Et celui-ci est un conseil qui s’applique à tous les personnages qui vivent en vous: l’homme, le boxeur et l’écrivain. Si un jour vous avez des doutes sur ce que vous êtes en train d’entreprendre, allez-y, courez. Courez jusqu’à en perdre la tête: vous sentirez naître en vous cette rage de vaincre. Vous savez, Marcus, moi aussi, je détestais la pluie avant… »

Tout est dit.

En route pour Paris 2014……..

2013 est derrière nous, une page se tourne, une autre s’ouvre. Pour m’élancer à deux pieds dans cette nouvelle aventure 2014, j’ai choisi de m’adonner à l’exercice classique des résolutions 2014 mais pas n’importe lesquelles. N’ayant ni besoin d’arrêter de fumer, ni de perdre du poids ou d’en prendre, ni de dormir plus ou de boire moins (je m’excuse d’être archi saine de ce point de vue là!), j’ai choisi de me concentrer sur d’autres aspects plus complexes, plus subtils. Des zones parfois ombragées auxquelles je souhaite apporter un peu de lumière, des vides à remplir doucement, des faiblesses à renforcer. Tout cela non pas pour me perfectionner, car avant toute résolution figure celle de bannir le mirage de la perfection, mais pour progresser, avancer et me rapprocher toujours un peu plus de ce luxe suprême, celui de la Liberté d’être et de penser.

Crédit photo: trail de Paris. com

1ère résolution: un petit pas tous les jours, j’apprends la patience.

Terrible défaut qu’est l’impatience renforcé par les valeurs d’immédiateté modernes. Tout, entièrement, tout de suite, sans effort. La course à pied au contraire nécessite un investissement régulier et sur la durée dont les fruits peuvent disparaître rapidement si l’on ne maintient pas ses efforts. Elle nous apprend que sans engagement ni dépassement de nos voix intérieures limitantes, il n’est que peu de joies et réelles satisfactions. Elle nous rappelle que les vraies victoires sur soi ne sont jamais immédiates et prennent du temps. Elle nous redit à quel point la jouissance immédiate est un mirage qui éloigne de la vraie liberté. Accepter de prendre le temps, de progresser par étapes, de ne pas toujours obtenir les résultats attendus mais d’avoir suffisamment d’humilité pour ne pas abandonner, telle est la voie de la patience, vitale dans ce sport.

Je m’efforcerai de relire ce paragraphe autant de fois que nécessaire et d’apprendre, lentement mais résolument cette belle qualité qu’est la capacité d’attendre.

2ème résolution: je recherche le plaisir…

…et je sors de l’enjeu de la course pour être dans l’instant. « La passion du jeu est essentielle - Respect the game » - Richard Dacoury.

Cette phrase me semble essentielle pour prendre du recul sur « l’enjeu de nos courses ». Si la participation à une course porte le « poids » d’un entraînement préalable et d’espoirs voire d’attentes souvent élevées vis à vis de nous mêmes, elle tend parfois à se teinter de pression plus que d’ex-pression. Ma dernière course 2013, sans chrono et sans l’une de mes tenues de running préférées m’a projetée dans l’expérience d’une course sans artifices. Quand vous n’avez plus votre apparence ou votre chrono pour vous rassurer, il ne reste que vos jambes et votre tête pour avancer. Le feeling prend alors toute la place dont on le prive souvent. Le chrono final de cette course s’est trouvé être parfaitement en cohérence avec mon état et niveau de non entraînement du moment mais avec quelque chose de non négligeable « en plus ». Bien qu’ayant rarement eu autant envie de vomir au franchissement du finish, je n’avais pas eu ce plaisir de courir depuis un moment…

J’avais été dans l’instant, dans la course, détachée de toute forme d’impératifs. J’avais couru pour une bonnes raison: pour le plaisir. Une raison qui devra être le leitmotiv de ma pratique en 2014.

3ème résolution: je m’autorise l’échec..

…pour progresser. Une résolution qui semblera des plus évidentes pour certains que j’entends déjà penser « ben oui, évidemment! » mais qui parlera un peu plus à d’autres que j’entends également penser plus discrètement ‘« mmmmh, tu m’étonnes« . Attachée à la culture nord-américaine pour en être généalogiquement issue et pour y avoir été baignée pendant près de 4 ans, j’aime l’orientation très méritocrate de cette société dans laquelle on grandit en apprenant qu’il n’est pas d’échec si ce n’est l’inaction. Faire, essayer, se tromper est positif. Un de mes anciens patrons m’avait un jour écrit sur ma carte de départ « 100% des gagnants ont tenté leur chance!« . Conscient de ma déception face à un business plan que j’avais tenté de mettre en place sans succès et en qualité d’ancien entrepreneur ayant réussi à monter une grande boîte dans le web, il avait essayé de me faire comprendre que ma perception de l’échec n’était pas positive. Plusieurs échanges avec d’autres professionnels du milieu plus expérimentés ont fini par me faire à peu près accepter de ne pas avoir réussi du premier coup et même à me rendre fière d’avoir eu autant d’idées en si peu de temps. J’ai aussi appris qu’une réussite ou un échec tiennent parfois à « presque rien », que l’on ne peut tout maîtriser et qu’ainsi va la vie.

Pour autant, un échec est aussi une épreuve d’humilité qui ne doit permettre qu’une chose: apprendre et avancer, mais jamais - jamais, de se décourager. Cette dure résolution s’impose à mon chemin 2014 comme une évidence…

 

4ème résolution: je positive

Résolution en apparence évidente mais pas si anodine. Ultra exigeante donc souvent insatisfaite, les réussites ou évènements positifs pèsent aussi peu dans ma balance que les moindres réussites ou contrariétés pèsent lourd. Pas bien ! Mes proches me rappellent tous les jours à quel point je prends pour acquis les innombrables aspects positifs de ma vie alors que je laisse une place injustement folle aux plus petites insatisfactions. Consciente de ce défaut pourtant si difficile à enrayer, je sais qu’il est urgent de déclarer une guerre douce à l’éternelle exigence. Le bonheur de chaque instant, la plénitude sont eux aussi des mirages modernes. Ce sont bien évidemment des réalités accessibles mais qui n’existent que parce qu’elles ne sont pas permanentes ! Se battre pour être heureux devient ainsi totalement insensé alors qu’il serait tellement plus bénéfique d’accepter avec sagesse les évènements de la vie et de les apprécier dans toute leur réalité. Cela vaut aussi pour la vision de soi même et des autres. Ne pas accepter l’imperfection revient à ne pas accepter la vie. C’est une voie sans issue.

Dans la même lignée qu’une mise en avant du plaisir au détriment de la performance, je m’engage à accueillir la vie plus qu’à vouloir la définir. Très très vaste sujet qui je pense, peut faire l’objet de …toute une vie :)

 

5ème résolution: je remets les réseaux sociaux à leur place !

Ayant désormais les réseaux sociaux, les blogs et le web au coeur de mon activité professionnelle, je prends conscience mieux que jamais de leurs pouvoirs et de leurs dangers. Bien que parfois tentée, je m’efforce d’y réduire au maximum mes apparitions à titre personnel. Si ce blog se veut être mon lieu d’expression privilégié (préalable à mon projet d’écriture d’un best seller dans la décennie à venir, si si je vous jure!), les Facebook, Twitter et autres timelines bondées me freinent désormais. Bien évidemment cet avis n’est que personnel et ne constitue en rien un jugement public. J’y partage volontiers du running, du Hotsteppers et autres thématiques sportives mais souhaite me détacher de l’hyper « intimité virtuelle » qui me met de plus en plus mal à l’aise. Bien que très indépendante et pas franchement mondaine, j’ai plaisir aux échanges vrais, réels. Tant qu’il n’y a pas eu ces échanges ou que je ne présens pas qu’une approche virtuelle en soit le préalable, je refuse toute forme d’amitié « online« . Idem pour mes entraînements et ma pratique sportive. Les km que je parcours n’intéressent à mon sens personne et je n’ai plus envie de les partager aussi régulièrement qu’avant. Je prends plaisir à fouler le bitume ou les sentiers secrètement et à ne plus en parler :)

Ainsi, pour aborder un sujet actuel et concret, je serai ravie de parler du Marathon de Paris devant un verre ou une assiette de sushis avec ceux/celles qui le voudront mais pas à publier chacune de mes sorties.

Rendez-vous au cours d’une sortie longue ou d’un verre pour une rencontre, une vraie !

 

6ème résolution: bien « mal jouer » et ne pas surjouer

J’adore cette phrase issue du carnet de la performance des Étoiles du Sport 2013 que j’ai évoqué plusieurs fois sur la page Facebook Hotsteppers.

« Fournir une bonne performance quand on est dans une forme moyenne. Ne pas s’attendre à être toujours à son meilleur niveau, s’appliquer sur son niveau moyen de performance et en tirer (même dans un mauvais jour) quelque chose de bien, c’est souvent la meilleure plate-forme pour décoller sans l’avoir vraiment programmé ».

« Surjouer c’est forcer son talent, jouer au dessus de ses moyens par manque de confiance en ses qualités de base. Or, s’appuyer sur ce que l’on sait bien faire reste la meilleure façon de gagner (…) »

Tout est dit: rester confiant et fidèle à soi même. Capitaliser sur ses atouts et ses qualités plutôt que de se laisser freiner par ses insuffisances (inévitables). C’est la voie du positivisme et de l’humilité par excellence…qui plus est, la voie de la réussite.

7ème résolution: je mets l’Amour au cœur de mes projets !

Si ça n’est pas une confidence ! Et oui, j’ai beau être une femme et pouvoir faire autant de choses à la fois que j’ai d’onglets ouverts sur mes 2 ordinateurs et mes 2 téléphones portables, je ne suis pas très forte en matière d’investissements multi-directionnels ! Autrement dit, progresser dans mon tout nouveau job et me préparer pour le marathon de Paris risquent déjà de consommer 99% de mon espace temporel, mental et énergétique pour les premiers mois de 2014. Au printemps, quand j’aurai (ou pas) affronté la distance 42,195 km et passé (ou pas) ma période d’essai; soit je m’achèterai une nouvelle barrette de mémoire vive que je positionnerai scrupuleusement dans mon cerveau sensible, soit j’envisagerai de limiter mon investissement « performance » pour libérer de l’espace « romance ». C’est beau, ça rime et c’est tout pour le moment ;)

« Aimer, c’est trouver sa richesse hors de soi » - Alain (essayiste et philosophe français)

Sur cette dernière résolution qui je le sais, sera partagée par bon nombre d’entre vous, je vous souhaite une merveilleuse année de 2014, pleine d’Espérance, de vie, d’envie, de courage et d’Amour !

A l’occasion du semi-marathon de Boulogne, j’ai eu l’opportunité d’échanger avec la n°1 française de l’épreuve et de chercher à mieux comprendre ses motivations, ses efforts et son parcours. C’est toujours un plaisir de creuser un peu la surface de la médaille pour aller rencontrer l’homme ou la femme qu’il y a derrière. Voici le résultat d’une interview vive et spontanée au cours de laquelle Séverine Hamel nous en dit un peu plus sur « sa course ».

Séverine, alors que la 17ème édition du semi-marathon de Boulogne s’est achevée sous une pluie de records, vous avez-vous-même franchi le finish en qualité de 1ère et plus précisément en 01h15’47″ (vitesse moyenne : 16,71km/h). Un grand bravo ! Par ailleurs, votre record personnel sur 10km est de 34’31 (en 2011) et vous affichez de beaux chronos aussi bien en cross que sur de grandes courses comme l’édition Paris-Versailles 2011 que vous terminez 8ème (et 1ère française) en 01h01’53″…(et 2012 , 1ère avez aujourd’hui 35 ans, vous êtes professeur des écoles et faites partie du célèbre club Free Run 72.

(Crédit photo : La Dépêche du Midi via urun. fr)

Ne nous arrêtons pas là! Les runners et lecteurs du blog Hotsteppers veulent en savoir plus…A vous la plume !

Le blog Hotsteppers est aussi « la zone lounge des fans de running » - une phrase bien teintée de culture anglosaxone qui veut dire beaucoup de chose mais qui parle avant tout de plaisir ! Et vous, avez-vous toujours été une « fan de running » ?

Je pense que oui puisque j’ai commencé la course à pieds à l’âge de 12 ans et je n’ai jamais pu m’en passer ensuite.

Pourquoi avoir choisi le semi-marathon de Boulogne ? Pour son profil roulant propice à la performance ? En guise de préparation pour un autre objectif ?

En fait mon objectif se situait au championnat de France de semi marathon le 22 septembre mais, malgré une superbe préparation et un bel état de forme, je suis complètement passée à côté de ma course.

Je n’avais pas envisagé de faire d’autres semi avant 2014 mais la frustration était tellement immense. Je savais que « j’étais capable de» mais je n’arrivais pas « à transformer l’essai ».

J’ai entendu parler du semi de Boulogne…même jour que le cross d’Allonnes que je fais toujours et où se jouait la sélection pour les championnats d’Europe de cross.

Le choix à été difficile mais je n’aime pas rester sur un « échec » alors j’ai décidé de tenter Boulogne.

(Crédit photo: Lepape-info.fr)

Comment avez-vous très concrètement géré votre entraînement pour cette course (durée spécifique, nombre de séances/semaine ?) – La distance semi implique-t-elle certaines particularités en termes de préparation ?

En fait ma prépa à commencé début juin pour une course fin septembre…pour tenir 2 mois de plus j’ai « surffer » sur ma forme en modifiant quelques petites choses à l’entrainement afin de ne pas me lasser.

Je m’entraine 6 fois par semaine quelque soit la distance que je prépare. Je ne peux pas m’entrainer plus. Par contre en faisant du semi j’ai augmenté mon kilométrage/semaine. Je chausse mes baskets pour un entrainement de minimum 1h, et cela peut aller jusqu’à 1h30.

Quelle qualité sportive préférez-vous chez vous ? Inversement, sur quel défaut essayez-vous de travailler pour mieux performer ?!

Je pense que je suis très consciencieuse, assidue à l’entrainement et que, quand j’ai décidé de faire quelque chose je me donne les moyens d’y arriver. Par contre je ne me sens jamais assez forte par rapport aux autres : si j’arrive à être devant c’est sûrement parce que les autres étaient moins bien ce jour là ;-) . (NDLR: cela en rassurera plus d’un(e) de savoir que même mes athlètes internationaux ressentent ce genre de choses !)

(Crédit photo: VO2.fr)

Quel rôle joue votre coach dans votre parcours ?

Benoît est mon compagnon. Il m’entraine depuis 2009 et depuis que je suis avec lui j’ai passé un véritable palier à l’entrainement. Il a su me remotiver à un moment où je pense, j’allais décrocher… On est une véritable équipe et ses entrainements me conviennent parfaitement. Je ne me blesse que rarement et surtout je ne me lasse jamais de ces entrainements qui sont variés et adaptés à ma forme du moment. Il me rassure, m’accompagne, et s’adapte à mes envies, mes objectifs.

Avez-vous un rituel avant vos compétitions, quelque chose qui vous booste plus que le reste ?

Pas vraiment mais ce qui est sûr c’est que je suis hyper stressée avant chaque course, quelle qu’elle soit. C’est désagréable mais avec le recul je me rends compte que sans ce stress je ne peux pas être performante. Un mal pour un bien comme on dit.

Comment une athlète de niveau international gère-t-elle sa première grossesse puis sa nouvelle vie de maman ?!

Bouhouuu j’ai détesté être enceinte et j’ai eu du mal à accepter le changement corporel (j’ai pris 17kg !). J’ai pourtant eu une grossesse facile, sans aucun désagrément et j’ai pu faire du sport toute ma grossesse : couru 3 à 4 fois par semaine jusqu’à 5mois 1/2 de grossesse puis je suis passée au vélo et à l’aquajogging jusqu’à la veille de l’accouchement.

L’arrivée d’un enfant est un grand bouleversement mais qui m’a plutôt bien réussi à priori car j’ai eu mes meilleurs résultats après l’arrivée de Noa.

(Crédit photo : La Dépêche du Midi via urun. fr)

Quelle place occupe l’alimentation ou plutôt…la « nutrition sportive » dans votre quotidien ?

Je n’ai pas de régime particulier, je mange de tout ! Beaucoup plus de fruits et légumes depuis que je suis avec Benoît.

Je suis gourmande et c’est vrai que depuis le mois de juillet j’ai décidé de faire moins d’excès (réduire le sucre, moins de dessert, de chocolat…). Pas des choses très contraignantes mais c’est vrai que depuis, je suis plus affutée.

Je ne sais pas si cela a joué sur mes résultats mais psychologiquement, je me dis que comme je ne peux pas m’entrainer plus, je dois trouver un autre moyen de progresser encore.

Quel est votre plus grand rêve ? (tout est permis… !)

Si on parle uniquement athlé, je pense que j’ai atteint mon rêve d’accéder à l’Équipe de France.

Pour le reste je sèche un peu sur la question.

Que pensez-vous de ce nombre incroyable de coureurs de tous horizons qui s’essaient au running et qui bien souvent ensuite, ne peuvent plus s’en passer ?!

Ça me fait sourire…il y a des 10 ans j’avais des copains qui me trouvaient « cinglée »d’aller courir le jour de l’an ou le lendemain d’une soirée. Ils ne comprenaient pas ce que je faisais et me traitaient d’hyperactive !

Aujourd’hui ils se sont mis à courir et comprennent surement ce qu’il m’est arrivé il y a 23 ans : quand on commence on ne peut plus s’en passer !

Pour finir, quel adage ou pensée forte pourriez-vous leur adresser ?

J’ai une phrase fétiche « Vivre ses rêves plutôt que rêver sa vie ».

(Crédit photo : Lepape-info. fr)


Un grand merci Séverine pour votre temps et pour cette expérience et inspiration que vous avez accepté de transmettre à tous ceux qui vous liront (ils sont nombreux !). Nous vous souhaitons le meilleur sur les routes…

Marie pour les Hotsteppers

Drôle de sujet. Je ne pensais pas y revenir un jour…et pourtant. Il y eut un premier flashback hier, un petit. Puis un deuxième juste après, un gros. Ces deux flashbacks faisant, le passé est revenu en trombes et l’idée est née ou plutôt, a refait surface dans mon esprit. J’eus du mal à l’accepter mais les évènements étant là pour me le rappeler à deux reprises, je dû m’y résoudre et admettre qu’avant, je détestais le sport…

 

Premier flashback…au travail

Fin de journée, break, les langues se délient. Une toute récente collègue de travail engage la discussion sur « le sport » ; sur ses envies de s’y (re)mettre, « mais bon… », rajoute-t-elle. Le fameux « mais-bon » de tous ceux qui regardent avec un mélange d’envie et d’incompréhension totale ces tribus grandissantes de coureurs revenir d’une sortie sous la pluie ou dans le froid, le sourire aux lèvres. (Non mais Allo.) Le « mais bon » évoquant toutes les contraintes qui font que l’on ne s’y met pas. Le « mais bon » voulant dire que l’on aimerait bien mais que le déclic n’est pas là. En effet, c’est tentant, « mais bon »… Elle me demande alors depuis combien de temps je cours. Je réfléchis rapidement et réplique… « Odysséa 2011, un peu plus de 2 ans donc. » Étonnée, elle me répond spontanément qu’elle me croyait runneuse invétérée « depuis toujours ».

Ah bon, mais quelle idée…depuis toujours ? Non, certainement pas ! Il y a 3 ans à peine je détestais courir et il y a 10 ans…je détestais le sport tout court.

Premier flashback, première amorce de réminiscence…Étrange.

 

Deuxième flashback…des retrouvailles familiales inédites

 

Quelques heures plus tard, je retrouve comme prévu une partie de ma chère famille américaine exceptionnellement en France pour quelques jours. Une partie de famille que je ne vois malheureusement que bien trop rarement. A vrai dire, cela fait 13 ans que nous ne nous sommes pas vus en chair et en os, 13 ans. J’avais 16 ans… Alors que je me prépare à les retrouver, je me sens un peu mitigée à l’intérieur. Cette crainte un peu stérile de ne pas avoir le temps d’expliquer tout ce qui a pu se passer en 13 ans, ou encore celle de ne plus se reconnaître ? Je descends les escaliers de chez moi, ils sont là, dans le salon. Merveille, en un clin d’œil je sens que rien n’a changé, je les retrouve comme en 2000. Nous échangeons avec autant de chaleur que les journées sont froides ces temps-ci, nous nous lançons des « my dear, comment vas-tu, i wanna know everything, où en es-tu, tell us ! ». Comme j’aime l’anglais…l’américain même. Bref, très vite et très naturellement j’évoque mes implications assez récentes (à l’échelle de mes 29 ans) dans le sport. Mes tantes lèvent les bras et débordent d’exclamations en tous genres ! « You, my dear ? You’re into sports ?! Wow.. » Sur le coup je suis surprise, j’ai envie de dire : « et bien, oui…évidemment, quelle question ! »…et puis je me rappelle… « 13 ans Marie, cela fait 13 ans qu’elles ne t’ont pas vue… ».

A l’époque de nos dernières vacances communes au Texas (2000), j’étais scotchée alternativement devant les TV Shows américains ou mon PC, invariablement munie d’un muffin ou d’un donut, si possible très calorique. Je détestais profondément bouger. Marcher à la rigueur. Courir ? What the f… ??

Alors ma tante négociait et nous trouvions des arrangements. En dessous de 2 miles je devais venir marcher avec eux ; au dessus de 2 miles j’avais le droit de rester. A chaque fois je priais pour que le circuit soit long, très long, donc pas pour moi. Et dire que nous avons passé une quinzaine de jours dans les merveilleuses montagnes du Colorado ; quinzaine pendant laquelle la perspective de marcher en forêt relevait du supplice et récoltait l’intégralité de mon désintérêt…

Elles me rappelaient toutes ces choses que j’avais profondément enfouies et savamment oubliées. Elles me remémoraient avec douceur et bienveillance l’adolescente gourmande et paresseuse que j’étais ; pas blasée non, mais…adolescente !

Après les avoir écoutées je me devais de les mettre à jour, de leur expliquer…Alors je leur racontais ma découverte du sport juste après le bac. Des débuts en karaté il y a 10 ans, du tennis et du squash, puis une longue épopée de danses multiples suivies de nombreuses heures de fitness au Canada et enfin…la course à pied – beaucoup plus récente.

En effet, pour rentrer dans l’armée française : pire erreur d’orientation que j’aie pu commettre de toute mon existence mais qui m’aura malgré tout apporté un certain nombre de choses, je devais passer l’épreuve du 3000m pour la Gendarmerie et le Luc Léger pour l’armée de l’Air et l’armée de Terre. Quelle ne fut pas alors mon désespoir de devoir mettre un pied devant l’autre et répéter indéfiniment ce mouvement, qui plus est rapidement, si possible.

Débuter la course à pied…je me souviens !

Mon 1er réflexe fut de m’acheter une montre GPS. Déjà que mon intérêt pour la discipline était en dessous du niveau de la mer ; je ne risquais pas de trouver une quelconque motivation au fin fond de mon petit être paresseux. Il me fallait une aide extérieure, qui a bien marché d’ailleurs. J’ai commencé par le commencement. Apoplexie au bout d’1km puis de 2, puis de 3. Je ne dépassais pas les 3km. Le recrutement se faisait sur cette distance, je n’allais pas non plus en faire plus ! (#nonmaisoh !) Malgré tout je m’améliorais, mais surtout, je commençais à trouver ce grand sketch jadis grotesque, relativement intéressant. Les épreuves sportives de l’armée arrivaient: bingo, je faisais partie des dernières femmes à lâcher au Luc Léger, récoltant la remarque d’un adjudant un peu sévère : « vous n’auriez pas du vous arrêter, vous en aviez encore sous la semelle ». On ne répond pas à un militaire comme ça mais malgré mon sourire à peu près poli je mourais d’envie de lui dire « oh, je suis au bord de la mort là ; ça se voit pas ? ». Visiblement non. Après l’épreuve de course vinrent ensuite les suspensions pour les femmes (tractions pour les hommes) puis le parcours d’obstacles. J’y prenais goût. ..

Figurez-vous qu’in fine je suis rentrée dans l’armée de l’air, finissant mes « classes » à Salon de Provence majore de promotion en Formation initiale et 3ème de promo en Formation de l’officier. Le sport n’était pas la seule discipline, fort heureusement. C’est d’ailleurs la course à pied qui m’a fait perdre 2 places à la « deuxième mi-temps » ! Les deux premiers du classement étant des Dieux du fractionné, des amoureux du bitume, des fous de la piste, des adeptes du « je vomis après avoir franchi la ligne d’arrivée et je le vis bien». Moi pas vraiment. Toujours ce mélange de dilettante freestyle et de surpassement hyper exigeant. Un cocktail bourré de paradoxes voir antinomique mais bien réel pourtant. Là aussi, le jour de l’évaluation finale, le coach me glissait un terrible : « tu aurais pu faire mieux ». [Je déteste cette phrase].

 

Tout cela pour ça…

Finalement, toutes ces dernières années, à force d’avancer, à force d’avoir des déclics, à force de vouloir faire mes preuves, de vouloir expérimenter, ressentir, me fixer des objectifs, les surpasser – j’ai parcouru un certain nombre de disciplines sportives. Parfois pour de mauvaises raisons, perdant beaucoup trop de poids mais souvent pour de bonnes raison, retrouvant ainsi une vraie forme (et de vraies formes!)

Cette forme qui ne correspond pas à une norme ou à un idéal de performance mais à ce qui nous convient le mieux et pas seulement dans l’instant présent, sur la durée également.

Intégrer du sport à sa vie, c’est comme prendre conscience qu’on ne peut donner n’importe quoi à son corps et qu’il mérite des aliments sains. C’est comme réaliser qu’en dormant mal et trop peu, on peut difficilement trouver une balance émotionnelle satisfaisante ou une forme physique durable. C’est comme reconnaître qu’en étant proche de ceux qu’on aime, on est souvent mieux que seul dans sa bulle avec ses fantasmes. C’est comme redonner du temps au temps et décélérer le flux des infos et des événements souvent assommants d’une société systématiquement pressée. C’est une prise de conscience, une envie qui naît, un jour, à tout âge. Ça n’est jamais une fin en soi ni une réalisation mais un nouveau départ.

C’est une porte qui s’ouvre sur un chemin neuf…

Donnez-moi du sport…

Le 07 novembre 2013, le quotidien l’Équipe abordait le sujet de la défaite marseillaise en Ligue des champions contre l’équipe Napolitaine - sujet classique qu’est le football dans ce support presse de référence en matière de sport. « Vraiment trop dur pour eux« , tel était le titre du dossier. Dur ! Toujours dans le cadre de cette fameuse Ligue des champions, un article sur Messi, le footballer star du Barça, puis sur le PSG, l’Atlético Madrid, tout y passe ! Je comprends pourquoi je ne suis pas une lectrice de ce papier, n’étant pas une grande adepte du ballon rond, apparemment sujet de prédilection. Idéal pour les aficionados en revanche, les analyses sont multiples et l’information ratisse large.

Source: L’Équipe, édition du 07/11/2013

8ème page, ouf, le ballon change de courbes et prend une forme ovale: place au rugby! Je n’y connais rien mais les images sont fun. Le titre ? « Intarissable rue de la soif ». Surprenant…ou pas. Il est question d’une rue bien spéciale, la « rue de la Princesse », dans le 6ème arrondissement parisien, QG des rugbymen et de leurs fans, lieu de récup’ (au houblon) par excellence…le sujet est divertissant et change ! On n’oublie pas tout de même de rappeler que la France rencontrera les dieux du Haka deux jours plus tard…

Source: L’Équipe, édition du 07/11/2013

Puis, 10ème page, exit le ba-llon, place au ba-teau. Changement radical d’univers, d’esprit, de pratiquants, de passionnés…Le sujet: la transat Jacques-Vabre. Je n’y connais rien non plus et me sens encore plus loin du milieu de la voile que de celui du ballon, qu’il soit ovale ou rond. Cela dit, cela reste un sport élégant qui mérite indéniablement sa place dans le quotidien l’Équipe.

Le volley-ball, le cyclisme, le trampoline se voient quant à eux cantonnés à de petits encarts. Peut-être qu’il ne se passe rien d’extra-ordinaire dans ces disciplines ces temps-ci…peut-être aussi que la taille des espaces éditoriaux et images réservés à chaque sport est proportionnelle à l’engouement des lecteurs ?

11ème page, le tennis a droit à son espace dédié. Les projecteurs sont mis sur Gasquet, n°1 français, 9ème mondial au classement ATP - quelques heures avant son match contre Federer aux Masters de Londres (qui aura finalement raison de lui en 2 sets).

Source: L’Équipe, édition du 07/11/2013

Vient alors le basket, la natation, le hockey sur glace, le handball, le judo, le water-polo…C’est fou ce qu’il peut y avoir de sports différents ! Je suis impressionnée. Finalement, le « sport » est un bien grand et vaste mot. Le seul point commun entre chaque discipline serait peut-être d’allier un travail physique hors du « commun » et des qualités mentales et tactiques bien spécifiques (définition anglophone du « hotstepper » - by the way). Peut-être aussi pourrait-on relier tous ces sportifs par leur « esprit », celui de chercher sans cesse la victoire, celui d’aimer gagner, celui de vouloir se dépasser, performer ? Toutes les nuances résident ensuite dans le sens que prend cette quête de victoire et de performance, dans les moyens mis en œuvre pour y accéder, dans les qualités spécifiques développées pour dominer sa discipline. Quoiqu’il en soit, en dépit de ces points communs très généraux, il me semble que l’univers du sport est aussi éclectique que celui de la musique, des sciences, des religions, des cultures. Tant mieux !

J’arrive alors à la 14ème page du journal et esquisse un sourire devant les photos de catcheurs et de ces shows à l’américaine que je n’aime particulièrement pas d’ailleurs. Bref, nous sommes dans la zone « extra » du papier et j’atteins finalement la 15ème et avant-dernière page.

Donnez-moi du running !

Un patchwork éditorial et visuel de petits sujets plus divertissants et multi-thématiques se dessine. La « question d’hier », le « dessin du jour », « la revue de presse », « le programme télévision du jour » se rangent côte à côte….et en tout petit, mais bien clairement imprimé, entre le « Top 10 des K.O. les plus percutants du foot » et l’encart « Ce que vous avez aimé hier« , un encadré rouge: « A suivre sur le web« . Les supports « print » (presse écrite) et « web » sont deux univers différents encore une fois mais bien heureusement, il existe régulièrement des passerelles entre les deux.

Source: L’Équipe, édition du 07/11/2013

Quelle ne fut pas alors ma surprise béate de voir l’URL de ce blog Hotsteppers sur lequel je travaille depuis 1 an, ancrée (voire encrée…) dans le papier. Le running n’aura qu’une place dans ce numéro, qu’une toute petite place, mais une place quand même. Très honnêtement je n’ai pas vraiment découvert spontanément ces lignes élogieuses mais en ai été plutôt avisée puis les ai constatées.

Heureusement qu’il y a des lecteurs de l’Équipe parmi mes lecteurs :)

Donnez-moi ce petit supplément d’âme…

Quoiqu’il en soit, c’est petit, mais c’est grand, comme le disait l’ancienne pub Renault pour sa Clio. Vous avez été nombreux à réagir sur la page Facebook à ce sujet, en parlant d’une juste reconnaissance et vous avez bien raison. Qu’on l’assume ou non, il serait bien faux de se dire indifférent à la reconnaissance. Quand on écrit, c’est pour être lu. Quand on parle, c’est pour être entendu. Quand on fédère, c’est pour être entouré voire suivi. Quand on sème, c’est pour porter du fruit… Alors que je commence une toute nouvelle mission professionnelle passionnante dont je vous ferai part progressivement, ce clin d’oeil d’un(e) journaliste mystérieu-x/se pour l’univers Hotsteppers est naturellement un shot d’énergie supplémentaire, le « keep going » que l’on aime entendre; cette gaité, ce sourire, qui parait nous dire vient, qui nous fait sentir étrangement bien…!

Merci.

Here comes the Hotstepper !

Il est des jours de chance, de lumière, d’autres plus sombres au cours desquels la loi des séries semble se mettre en marche avec cynisme. Si une bonne nouvelle en entraîne souvent une autre, l’inverse est aussi parfois vrai. Ce Vendredi 27 octobre j’apprenais le décès de mon grand-père; nous étions très éloignés depuis des années, malgré de belles années partagées avec lui étant enfant…mais ma famille entière s’unissait avant tout à la peine de mon père. Dès le lendemain, notre beauceronne, un chien bien particulier qui partageait chaque seconde de notre vie depuis plus de 6 ans, se vidait de son sang des suite d’un cancer de la rate, pernicieusement et silencieusement installé depuis longtemps, pour s’endormir à jamais, en quelques heures.

Je veux aujourd’hui, par la voie de l’écriture qui est mon mode de communication de prédilection, rendre hommage à ces compagnons, ces êtres bien vivants, animaux certes mais jouant un rôle essentiel dans le quotidien de ceux qui savent les aimer et parfois même les transforment.

« Tant que vous n’avez pas aimé un animal, une partie de votre âme sera toujours sans éclat, endormie. » Anatole France

Merci à Mickael, l’un des lecteurs du blog pour cette citation partagée sur le mur Facebook Hotsteppers…mur sur lequel vous avez été nombreux à partager votre soutien et votre solidarité, merci…

 

A l’époque, j’étais encore dans mes rêves d’étudiante ayant enchainé une école d’ingénieur et un MBA, pensant de fait que le monde lui appartenait. Sensible refoulée je ne m’attardais pas à montrer que les animaux me touchaient. Rentrée de mes études au Canada, persuadée de trouver un emploi génial en un claquement de doigt, je me retrouvais au départ d’une longue période de doutes et de souffrance (chômage), à chercher ma place mais en vain. L’une de mes deux soeurs et ma mère, allaient à cette époque régulièrement à la SPA d’Orgeval comme bénévoles, pour offrir de leur temps à tous ces animaux isolés et parfois blessés. Leur aide était simple mais des plus efficaces. Elles choisissaient un animal et le promenaient, lui offrant toute l’attention et l’amour qu’il ne recevait plus, le temps d’une ballade. A force de revenir, leur choix se portait souvent sur le même chien…ce chien s’apparentant très étroitement à un berger de Beauce/Beauceron/Bas-rouge mais ne possédant pas le double ergot, signe absolu d’appartenant à la race. Peu importe…ce chien ou plutôt, cette chienne, avait quelque chose de plus. Pourtant, elle était maigrissime, avait perdu la plupart de son pelage et faisait les 100 pas dans sa cage, traumatisée par un début de vie injuste. Ses anciens maîtres la battaient, jusqu’à ce que des voisins salvateurs les dénoncent à la SPA venant l’enlever des mains sales de ses bourreaux. Initialement dans le Sud de la France puis transférée en région parisienne où elle aurait plus de chance d’être adoptée; Buffy n’intéressait personne. Personne…sauf ma mère et ma soeur qui avaient perçu en elle une douceur et une sensibilité rares, celles du chien de berger dans toute sa splendeur, qui ne demande qu’à aimer fidèlement ses maîtres pour peu qu’on l’accepte. Un jour, je les avais accompagnées dans cette promenade, trouvant cette chienne bien difficile à apprivoiser, bien peureuse, bien « compliquée ». Mon coeur était encore un peu dur et mes rêves de perfection encore un peu trop ancrés. Comment trouver du potentiel dans ce chien brimé ?

Le jour où Buffy arriva à la maison, « pour un test d’adoption », je me demandais comment nous ferions avec deux chiens…ayant déjà un basset artésien, depuis des années.

Buffy aura volé des plats entiers en notre absence, déchiré des rideaux, cassé un certain nombre d’objets, mettant des années à substituer ses réflexes de panique par de la confiance. Petit à petit, ses poils repoussaient, elle apprenait à fermer les yeux, ne craignant plus une attaque irraisonnée et impromptue, elle acceptait de manger sans se méfier de nous, sachant que nous ne voulions que son bien et que nous l’aimions. Elle appris à accepter mon père, seul homme de la maison…Dieu sait si elle avait peur des hommes. D’années en années Buffy se mit non seulement à guérir mais à aimer la vie et à nous donner tellement plus encore…

A chacun de nos pleurs, Buffy aura su, à la hauteur de sa conscience canine, poser sa tête et offrir sa douceur, pour nous soulager…A chacun de nos rires, elle se sera joint à nous, battant de la queue et jouant, si heureuse de nous voir heureux. A chaque retrouvailles familiales, elle aura été au summum de sa sérénité, en bon chien de berger, si contente de nous voir ensemble.

Combien de dures heures passées en retrait, parfois malade, parfois juste triste (même très triste), j’ai pu passer allongée, aux côtés de ce chien extraordinaire qui offrait toujours sa présence au plus fragile du moment et ne le quittait pas des yeux. Combien d’heures de course en forêt, ces runs libres et heureux, sans montre, j’ai pu partager avec elle, toujours devant, se retournant vers moi les oreilles dressées l’air de dire « alors, tu viens ?! ». Combien de disputes familiales au sein desquelles elle se sera interposée, ne supportant pas de sentir de l’agressivité dans nos voix, si sensible à la paix et à la tendresse.

Comme le disait très justement Kilian, ami et ancien camarade de promotion militaire (car oui, l’armée fut une fuite à cette époque où je cherchais ma voie), la rançon des heures de bonheur passées avec quelqu’un ou avec un être vivant d’exception ne peut être que la tristesse de la séparation. Pour autant, si certains se privent d’aimer pour ne pas souffrir, j’ai trop grandi dans un environnement d’amour pour pouvoir vivre ainsi et sais être bien heureusement « condamnée » à une vie sensible et pleine de vibrantes émotions.

Aujourd’hui je suis très triste d’avoir quitté ma belle mais heureuse d’avoir été avec elle jusqu’au bout du bout et d’avoir pu lui donner sans relâche, toute cette tendresse et cet amour qui ont fait de sa vie, tout sauf « une vie de chien ». Si cet écran avait été du papier, vous y auriez vu des traces de larmes - la maison est bien vide sans toi Buffy mais la vie continue et je te promets que désormais et depuis toi, mon coeur est bien plus ouvert.

 

NB: Suite à la rédaction de cet article, j’ai choisi d’écrire à la SPA d’Orgeval pour les informer de la belle vie que Buffy avait eu au sein de notre famille et leur annoncer son départ… Une bénévole m’a répondu très rapidement, un message touchant que je vous copie ci-après et inséré dans la foulée mon court « témoignage » mail sur leur site: ici. Merci à tous ces bénévoles de l’ombre qui œuvrent pour nos bêtes…si belles !

« Bonjour,
Je viens de lire l’hommage vibrant d’amour que vous avez rendu à votre chienne. Merci du fond du coeur de l’avoir si parfaitement accompagnée, du début à la fin. Je ne peux qu’imaginer, à la profondeur de votre tendresse, l’immensité de votre chagrin. L’absence est cruelle, violente, mais le temps vous ramènera doucement le bonheur des moments complices que vous avez partagés.
Une douce pensée à Buffy.
Je me permets de copier l’une de ses photos pour illustrer votre témoignage.
Merci encore pour elle. Pascale, bénévole »

Il y a ceux qui font des performances chronométriques hors-normes; il y a ceux qui pour courir, dépassent des contraintes quotidiennes; ceux qui mènent de front famille, enfants, boulot et qui continuent de persévérer dans la course; ceux qui ont structuré une période de recherche d’emploi souvent bien vide, avec des séances régulières de running; il y a de nombreux cas de figure en fait, de nombreux profils, de nombreuses histoires personnelles. S’il est bien difficile de répondre à l’énervante question du quidam: « pourquoi/après quoi cours-tu?« , il est certain qu’il existe chez « tous ces runners« , un point commun: celui de vouloir avancer, approfondir, mieux se connaître, expérimenter, vivre …en fait. C’est pourquoi j’aime donner la parole à des coureurs de tous niveaux, mais surtout à ceux qui ont une histoire à raconter, bien au delà de leur palmarès. Je n’ai aucun critère pour cette rubrique si ce n’est de laisser le destin opérer. Dernièrement, le destin m’a permis d’échanger avec Erwan et aujourd’hui, c’est à vous qu’il s’adresse.

 

Erwan, 38 ans - Lyon - 3 sorties en moyenne/semaine

Temps de référence:

10km : 45’40”
Semi : pas de référence, seulement un 18 km trail avec 650 D+ en 1H44 (très difficile)
Marathon : 3h31 (Lyon 2013)

Erwan, où vis-tu, que fais-tu dans la vie ?

Je gère la partie bureau d’études dans une entreprise d’aménagements extérieurs, espaces verts et terrains de sports.

Depuis quand cours-tu ?

Un peu plus d’un an.

Qu’est ce qui t’as fait passer à un rythme de runner régulier, y a-t-il eu un déclic ?

Je me suis fixé comme objectif durant l’été 2012, de faire un marathon avant d’avoir 40 ans !

Cet objectif est arrivé suite à une période de grosses difficultés familiales et psychologiques, en regardant les jeux olympiques de Londres, et précisément l’épreuve de Marathon féminine.

Je pense que ce qui m’a le plus marqué, c’est de voir une concurrente s’écrouler, à bout de forces, car elle avait tout donné pour cette course, dans ce contexte des JO.

Combien de fois cours-tu par semaine ? Fais-tu d’autres sports en complément ?

En général 2 à 3 fois par semaine, mais lors de la phase de préparation du marathon, c’était plutôt 4 fois.

Je jouais au basket avant de courir, mais je ne pouvais pas tout cumuler. Depuis j’ai arrêté, sauf quand mon petit frère me demande de lui expliquer …

Es-tu plutôt feeling ou plutôt performance ?

Je suis plutôt feeling.

Durant la phase d’entrainement, je tenais le plan que je m’étais fixé, mais souvent en étant plus rapide (ou plus lent) selon l’état de forme du moment.

Plutôt pratique individuelle ou pratique collective ?

Pratique individuelle pour pouvoir concilier les impératifs familiaux et professionnels. Je me retrouve souvent à courir très tôt le matin, ou tard le soir.

Par contre j’apprécie beaucoup les séances de groupe : running by LEPAPE par exemple à Lyon (les lundi soir) ou avec des collègues de bureau les jeudi midi.

Plutôt branchée tenue de running fashion ou look totalement nature ?

J’ai surtout besoin de confort et de d’efficacité à travers les vêtements que je porte. Je dirais que le look vient dans un deuxième temps.

Plutôt nutrition sportive adaptée ou improvisation ?

Je fais toujours attention à ce que je mange sur les derniers jours avant la course. Idem pour les boissons (alcool surtout…)

Par contre, le reste du temps, c’est souvent sandwich le midi, et fond de frigo le soir, malheureusement.

Quel est ton programme de course pour les mois à venir ?

J’ai prévu un 10 km ce week-end, en toute décontraction 2 semaines après le marathon, mais aussi pour essayer de profiter de l’état de forme et voir ce que ça peut donner.

Je ferai le semi marathon du Beaujolais le 23 novembre.

La suite n’est pas encore planifiée. Je souhaite m’orienter sur quelques trail, puis d’autres marathons.

Quel objectif/rêve sportif caresses-tu secrètement ?

Mon rêve est de courir le marathon de New York. Peut être avant mes 40 ans ? …

Qu’est-ce qui est le plus difficile pour toi dans la course à pieds ?

C’est souvent le moment ou on se dit : « il faut que j’y aille ! » alors qu’après une monstrueuse journée de boulot, tout nous pousse à nous recroqueviller, bien au chaud à la maison, devant la télé. Il faut trouver le courage de se changer et de sortir.

Qu’est-ce que la course à pieds t’apporte de plus fort, de plus intense, de plus bénéfique ?

C’est la sérénité et l’impression physique de flotter au dessus de tout quand on rentre d’une bonne sortie.

Ça me permet de me vider la tête, de réfléchir et de poser beaucoup de choses, de relativiser. L’effet n’est pas seulement physique.

Qu’est ce qui te plait le plus chez une runneuse ?

Ses jambes…

Quel sportif admires-tu particulièrement et pourquoi ?

Michael JORDAN.

Une icône. Une star exceptionnelle qui est toujours restée accessible, humaine.

J’admire chez lui sa volonté, son courage, sa capacité à toujours pouvoir et vouloir se dépasser.

Dans son jeu, il a toujours eu un style très aérien, une grâce et une fluidité exceptionnelles. Ce n’est pas pour rien que de nombreuses images de lui ont été montées sur des bandes son, style musique classique.

As-tu un rituel avant chaque course ?

Non.

Mais je cours souvent avec une photo (et toujours la même) de mes enfants scotchée à l’intérieur de mon dossard

Quelle est la dernière chose importante qu’une expérience de course à pieds (entrainement, rencontre ou compétition) t’a révélé sur toi-même ?

Qu’il faut savoir rester humble, mais que le corps à des limites que l’on ne connait pas, et donc, qu’il ne faut jamais se sous estimer.

On est tous capables de faire de grandes choses. Il suffit souvent d’avoir la bonne recette et de le vouloir.

Quelle runner aimerais-tu être dans 10 ans ?

J’aimerai être quelqu’un qui donne envie. J’aimerai partager ça avec mes enfants et que ça les amène aussi à se sentir plus forts, plus sereins.

Quel dernier message as-tu envie de transmettre à ceux qui te lisent en ce moment même ?

Pas très original mais : faites vous plaisir, prenez du plaisir et partagez le !

Un grand merci à toi Erwan…Ravie que nous ayons pu échanger au détour d’un post FB puis que cet échange ait abouti à cet article, ouvert à tous ! Tes réponses sont riches et révèlent une expérience de vie intéressante. Un point commun chez de nombreux runners, n’est-ce pas ?! Bonne route sur le chemin initiatique du running…


Et l’intuition, alors ?

Plus le temps passe, plus je chemine au gré des innovations, des marques, des tendances et de ma pratique sportive, aussi amateur soit-elle, plus je réalise une chose. Il me semble que l’être humain, pourtant si riche d’une multitude de capacités et de qualités qu’il prend parfois une vie entière à découvrir, se voit régulièrement privé de la force de son intuition et de sa connaissance de lui-même. On répète souvent que la course à pied permet d’apprendre énormément sur soi. Je suis bien d’accord …mais n’est-ce pas parce que par ailleurs, toutes ces technologies et ces « aides » du quotidien, se transforment en assistance qui nous réduisent à l’état de « followers » de notre propre vie. A l’inverse, la course à pied est une voie de progression qui nous met face à nous mêmes et nous permet de renouer avec toutes ces pensées intuitives, ce « feeling » souvent juste dont nous sommes pourvu et qui vaut bien mieux que bien des théories, des plans ou des « tu dois absolument… » et « il faut que » venant de l’extérieur.

Pour illustrer cet avis et se mettre l’esprit au vert, je vous propose de prendre l’exemple d’une course en pleine nature et d’en parcourir les innombrables bienfaits…

Long, court, rapide, lent…varier, varier, varier !

Ce matin, mal réveillée, peu motivée comme souvent ces temps-ci, je regardais mes Salomon Xt Wings 3 qui m’avaient aidée à parcourir les sentiers de randonnée corse cet été et me mis à éprouver à nouveau l’envie d’un tête à tête avec la nature…Ma prochaine course individuelle étant un semi-marathon, j’ai récemment pioché un plan sur le web parmi un lot de sources sûres et décidé de me l’approprier. Pour autant, à peine 1 semaine après le début de ce plan, je me trouvais déjà l’ajustant, le modifiant, annulant ou rajoutant des séances – ne le suivant pas du tout en fait, le pauvre! Mais finalement, les grandes lignes d’un entraînement équilibré me semblent intégrées : du court/ très rapide (VMA), du moyen/rapide (seuil), du long/lent (sorties longues), du court/lent (récup). Dans tout ça, je case systématiquement des côtes, systématiquement du bitume et systématiquement de la terre en sous-bois. La règle, si tant est qu’il y en est, est la diversité, l’envie et l’intuition.

Ce matin, en partant à moitié endormie et déphasée dans la forêt, sans chrono, sans cardio (de toutes manières je n’en n’utilise jamais sauf pour des tests…), juste avec de l’eau ; je vivais pleinement les bienfaits d’un entraînement en pleine nature.

La nature n’a pas de limites et nous libère…

Sur une route, il y a deux solutions : être à fond ou ne pas être à fond, selon la forme du jour. Certains ont une admirable régularité dans leur envie et leur entraînement, d’autres fluctuent beaucoup plus. Que faut-il faire alors ? Courir ou ne pas courir, est-ce la question ? Pas nécessairement. Courir en pleine nature est une merveilleuse alternative. La nature vous offre un terrain de jeu qui varie sans cesse. Une route reste une route. Un chemin en terre n’est jamais le même d’une sortie à l’autre. Un jour il sera dégagé, le lendemain des bogues de châtaignes l’auront recouvert, un autre jour encore un tronc d’arbre mort se sera effondré, vous barrant alors la route.

C’est bien normal, la nature est vivante, comme nous. Elle traverse des périodes fastes et luxuriantes, d’autres plus ardues. Elle sait s’épanouir ou se protéger, selon les saisons, selon les rythmes de la Terre. Courir en pleine nature c’est se reconnecter au temps qui passe en mettant de côté l’effet anxiogène que cela peut avoir et en se nourrissant au contraire, du mouvement perpétuel des choses. Un mouvement continu certes, mais pas une agitation pour autant. Dans la nature, tout est profond et porteur d’une grande force. Se laisser accueillir par des chemins étroits, des rangées d’arbres immenses ; se laisser éclairer par un rayon de soleil perçant à travers les branches ou se retrouver dans un coin plus sombre, d’une seconde à l’autre, nourrit l’esprit, rafraichit l’âme, éveille les sens. Lorsque le cœur n’est pas à la performance, lorsque l’envie de « sortir » est là mais pas celle d’atteindre un but précis, la nature répond présente.

Laissez-vous porter, votre vitesse n’a aucune importance. Concentrez-vous sur cette racine qui approche pour ne pas trébucher; centrez-vous sur votre souffle dans cette longue montée qui vous tend les bras; maîtrisez vos pas pour ne pas laisser fléchir vos chevilles un peu fragiles sur ce terrain totalement imprévisible; profitez de ne pas être à pleine vitesse pour écouter, sentir, regarder ce qu’il se passe autour de vous…un chevreuil, des oiseaux, une fleur miraculeusement ouverte au milieu d’un terrain sec, un arbre mort abritant une faune incroyable, un air frais et pur, le souffle du vent qui semble vous murmurer l’histoire de ces bois, …

L’énergie (re)vient ? Accélérez dans la ligne droite qui s’offre à vous ; la fatigue pointe le bout de son nez ? Ralentissez et continuez votre route lentement mais surement. Pourquoi ne pas marcher aussi, si vraiment le souffle vous manque ? Grimper une côte en marchant renforcera vos muscles quoiqu’il arrive. Courir en pleine nature/forêt implique un grand lâcher prise mais paradoxalement aussi une forme de vigilence, tant le terrain peut être surprenant et hétérogène.

Peu importe votre forme du moment, vous en ressortirez nourri et vous aurez avancé. Vous aurez relié vos sensations à votre environnement, respecté votre état de forme, ré-appris à l’adapter aux conditions du moment. Vous aurez redonné le pouvoir à votre intuition et à votre envie. Vous aurez progressé sans qu’un appareil n’ait besoin de vous le dire. Vous en ressortirez plus humble et plus libre.

A très vite, sur les pistes…

Après une introduction au sujet dans un 1er article - consulter l’article: S’écouter permet-il de se dépasser ? Quand la violence de l’effort prend ou perd sons sens (Acte 1/2); place ici aux témoignages de 4 coureurs que vous connaissez bien. Vous aurez alors en mains de bons éléments de réflexion complémentaires issus d’expériences variées et de qualité. Je cède la parole à nos intervenants…

Témoignage de Dominique Chauvelier

Mini Bio

Athlète de très haut niveau, Dominique Chauvelier a 57 ans et arbore une carrière de coureur de fond d’élite. 4 fois champion de France de marathon: 1981, 1990, 1991, 1993 - Record Personnel sur distance marathon: 2h11’24 (Milan, 1989) - Record Personnel sur semi-marathon: 1h02’34 et sur 10 000m: 28’50″08 - la liste est longue. Dominique nous confie sans retenue et avec le recul d’une expérience de plus 40 années de course, sa vision pleine d’esprit du sujet: dépassement et écoute de soi.

 

Dominique Chauvelier

Témoignage: « Je pense qu’il vaut mieux faire moins que trop »

Il y a un facteur essentiel dans le dépassement de soi et la violence de l’effort, c’est le volume de pratique et la connaissance de ses capacités. Quand on débute on croit toujours que l’on est allés au bout mais en fait, on a beaucoup de marge. Quand tu cours un semi à plus de 20km/h, là c’est réellement violent, mais c’est aussi jouissif parce que malgré la douleur, tu arrives à la gérer cette violence. Tu as les muscles bourrés d’acide lactique mais tu sais que tu peux continuer quand même. Finalement, il s’agit quasiment plus d’une violence mentale que physique mais qui ne concerne qu’un très faible pourcentage d’athlètes. En ce qui me concerne, je n’ai jamais regretté d’aller loin dans mes limites. Ce qui est fondamental et que trop de coureurs oublient est la force de la récupération. Il faut récupérer entre les séries, entre les entraînements, avant un marathon, après une course. Je pense qu’il vaut mieux faire moins que trop. Mieux vaut s’entraîner régulièrement sur la durée que chercher à se rassurer sans arrêt en faisant plus à un moment où on devrait arrêter. D’autant plus quand tu vieillis car tu ne récupères pas de la même manière et il faut l’accepter, le prendre en compte. Certains entraîneurs d’athlétisme ont l’œil et sont capables d’en déduire à la posture d’un coureur qu’il est HS et qu’il faut faire un break, mais c’est rare. La plupart du temps, il faut être capable soi même de se mettre des limites pour pouvoir durer dans le temps (NDLR: Dominique soutient mon dicton militaire « être et durer » !, cf. récit sur le GR20). Je vois malheureusement surtout chez les femmes un acharnement invraisemblable, un investissement excessif dans la course à pied. Il faut faire très attention: faites-vous plaisir ! C’est la seule solution pour garder l’envie le plus longtemps possible. Si moi j’ai duré si longtemps, c’est parce que je ne me suis jamais usé psychiquement. Même à un niveau amateur on peut faire les choses sérieusement certes, mais en rigolant ! Diversifiez ! Rencontrez des gens différents, ne remplacez pas trop de séances par des compétitions: apprenez à persévérer seul, hors manifestations sportives. L’entraînement paie beaucoup plus. En revanche, sur des séances de VMA, il faut savoir se faire mal, se dépasser. Puis, sur un footing de récup’, il faut savoir récupérer et rien d’autre. Après un marathon, il faut changer, passer à autre chose. Il y a tellement de choses à faire dans la vie. Démystifiez les plans d’entraînement, sachez vous donner à fond quand il faut mais pas tout le temps pour garder votre fraîcheur. Moi cela fait 45 ans que j’ai envie et que j’en vis ! Quand je vois l’hyper-démocratisation des ultra-trails, je constate que les gens n’ont jamais fini de vouloir aller plus loin. Souvent, ce sont des coureurs qui savent qu’ils n’amélioreront jamais leur chrono sur un marathon donc qui changent de terrain de jeu; c’est une sorte de fuite. Sur l’UTMB, tu vois les 20 premiers courir mais pour les suivants, c’est la lutte - est-ce que ça a vraiment du sens ?

Je dirais ainsi que: le marathon est violent; le trail est dur (aussi parce que ça dure dure dure…) - c’est différent…quoiqu’il en soit, sachez préserver votre envie !

Témoignage de Mathieu Bertos

Mini Bio

Mathieu a 28 ans, il est vendeur running, rédacteur sur U-run, et coureur sur toutes surfaces depuis… au moins 23 ans!
Ses chronos de référence sont les suivants - sur 5000m : 15’47; sur 10km: 33’02; sur semi-marathon: 1h12’04 ; sur km vertical: 44’34.

Retrouvez le blog de Mathieu Bertos: Mathieu Bertos running.

Mathieu Bertos

Témoignage: « Ceux qui arrivent à accepter la douleur vont plus loin dans l’effort et la performance »

Parfois, il faut s’arrêter et prendre le temps de trouver un sens à ce que l’on fait. Se fixer un but, mettre les moyens pour y arriver. Pour autant ce but à atteindre doit tenir compte des moyens que l’on a déjà, des éléments que l’on est prêt à mettre en œuvre. Certains ont des qualités naturelles et atteignent un certain niveau de performance que d’autres ont du mal à avoir sans s’employer.
Personnellement, je pense que le premier et le principal adversaire que nous avons, c’est nous-même. Si on arrive à être maître de soi, à se connaître, on peut donner le meilleur et ne pas regretter. Le ton de la réflexion est philosophique, mais concrètement, s’il n’y a pas réflexion sur ce que l’on veut et sur sa façon de faire, on tourne en rond.

Pour ma part je cours depuis longtemps et j’apprends sur moi tout le temps. Je suis encore en train de progresser. Je connais mieux mon corps, mes qualités, et j’arrive à mieux gérer mes efforts. La course est une question de gestion de plein de paramètres. Plus on est en maîtrise, plus on progresse. Mentalement, je deviens plus fort aussi. Par moments, je fais l’effort dans ma tête de tenir le coup dans les difficultés et les coups de mou… Si je le décide, je peux pousser plus loin malgré la souffrance. Ceux qui arrivent à accepter la douleur vont plus loin dans l’effort et la performance. Les limites demeurant: les risques sur la santé.

Pour ma part, je garde les pieds sur terre.

Témoignage de Bernard Bizet

Mini Bio

Coureur et blogger de 37 ans, Bernard pratique la course à pied depuis mai 2011 après 3 années de handball; 3 années de volley et de tennis de table; 20 années de basket soit 28années cumulées de sport au compteur ! Ses records personnels toutes distances sont les suivants - 10km: 43’42 »; 15km: 1h09’26 »; Semi-marathon: 1h38’30 »; Marathon: 3h57′.

Retrouvez le blog de Bernard Bizet, alias: « Le Gros Joggeur », à l’adresse suivante: blog de Bernard Bizet.

Bernard Bizet

 

Témoignage: « la notion de plaisir n’occulte aucunement le progrès ».

Bien que je n’aie que deux ans et demi de pratique, j’ai un avis assez définitif sur la question. Ma pratique de la course à pied est plutôt simple et j’évite de me rentrer dedans, sauf bien sûr lors des séances de résistance dure (type VMA), qui méritent bien leur nom. Pour ma part, le concept « No pain, no gain » s’applique uniquement lors des compétitions où je cherche une « performance ». Je suis donc à 100% lors de ce type de course et malgré la douleur je ne lâche absolument rien (la plupart du temps) en fin de course. Cependant, je surveille tous les signaux que m’envoie mon corps. En général, je respecte mes programmes d’entraînement à la lettre, (un peu rigoriste, j’avoue) mais s’il faut adapter la séance à la forme du jour, je le fais sans hésiter. A mon niveau de pratique, la notion de plaisir est primordiale. J’attends toujours la prochaine séance avec plaisir, voire impatience, tout comme la prochaine course.

Est-ce à dire que je suis trop cool? A chacun son avis. La notion de plaisir n’occulte aucunement le progrès. Je ne suis pas du tout un adepte du bourrinage absolu mais d’un progression harmonieuse qui permet à mon corps de tout assimiler sans dommage.

Témoignage de Romuald de Paepe

Mini Bio

Romuald a 38 ans et pratique essentiellement le trail depuis 4 ans. Ses résultats l’ont amené à obtenir 2 fois la place de 4ème du championnat de France de trail. Actuellement 3ème du TTN (NDLR: « Trail Tour National ») avec quelques victoires comme au Morbihan (2 fois), à l’Eco trail 50km de Paris (3h10, 2010), aux crêtes vosgiennes… Côté athlétisme, sans jamais vraiment s’y consacrer pleinement, l’hiver Romuald s’attèle au cross (62ème au France cette année), ce qui vaut aux alentours de 30’50/31′ sur 10km.

Romuald de Paepe

Témoignage: « C’est toujours le corps qui aura le dernier mot »

Peut-on dépasser ses limites en écoutant son corps? Vaste sujet, mais tellement intéressant… Avec l’expérience et mes années de pratique, je commence à vraiment bien me connaître. Sur des séances de seuil, je dirai que c’est là où je peux essayer d’aller voir plus loin. A mes allures de seuil, il m’arrive de sentir que le niveau de forme est là, que mes sensations montrent que je peux tenter d’aller un peu plus loin… C’est dans ces instants-là qu’il m’arrive d’augmenter mon rythme et de sentir que finalement, je franchis un palier… Tout cela évidemment ne peut se faire si la motivation, l’envie, la détermination ne sont pas présentes. Et quoi que l’on fasse, c’est toujours le corps qui aura le dernier mot…

Un grand merci à nos athlètes pour le temps consacré à la rédaction de ces témoignages. N’hésitez pas à nous faire part de vos expériences et de vos avis; chaque sportif est une histoire en soi !

 

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