Altra Running est une marque américaine montante, arrivée en France fin 2013. Son ADN centré sur le « Learn To Run » s’exprime à travers 4 piliers constants et solides. Le zero drop, le large avant-pied (« Toebox »), les niveaux d’amorti variables et une conception différente des modèles entre les hommes et les femmes qui se retrouvent collection après collection. A l’occasion de la grande fête du trail: l’UTMB, fin août, Altra en a profité pour former sa nouvelle team d’ambassadeurs, réunir ses équipes européennes et lancer son tout nouvel opus trail: la Lone Peak 3.0. Voici une review complète effectuée en exclusivité pour Hotsteppers par un amateur de longue distance également coach consultant à titre pro.

De la Lone Peak 2.5 à la Lone Peak 3.0: Altra progresse sans se renier

Un lifting complet

Un mot: enfin! Enfin Altra a revu sa copie avec une Lone Peak 2.5 mise à mal pour l’usure prématurée de son mesh et de sa semelle exterieure. La marque américaine s’améliore et sort tout juste son modèle trail de référence dans une toute nouvelle version 3.0. Une chaussure résolument pleine d’espoirs entre un changement global évident sans pour autant avoir délaissé les fruits du passé.

En effet, en observant d’un seul coup d’œil cette nouvelle version du modèle Lone Peak, on peut déjà noter les différences que la marque américaine a opéré.

En termes d’allure et d’esthétisme, la 3.0 aspire d’emblée à manger du cailloux! Son look plus agressif que son ainée lui confère un aspect de solidité et d’endurance. On remarque un nouveau type d’empeigne en mesh et des protections ajoutées sur les parties ayant pu auparavant rencontrer une usure prématurée (aux abords de la semelle). Le choix de coloris plus vifs amène également son lot de nouveauté entre gris/rouge, bleu/jaune, noir/jaune pour les hommes. Rouge/noir ou violet/noir pour les femmes.

 

Lone peak 3 noir et rouge

 

Des valeurs sûres conservées

On remarque toujours l’empreinte de pied en couleur flashy sur la semelle extérieure qui apporte un côté décalé tout en rappelant le contexte dans lequel la chaussure s’inscrit. Et enfin une semelle extérieure qui aspire à une traction sans égal. Les technologies technologie MaxTrac (nouvelle composition de la semelle extérieure) avec TrailClaw intégré (système de grip) spécialement conçues pour ce modèle orientent les crampons directement sous les métatarses pour permettre une meilleur accroche. A tester !

Tout en apportant ces améliorations majeures, la marque s’appuie toujours sur ses convictions phares que sont la plateforme 0 drop, une toe box plus large (quoique légèrement resserrée sur ce modèle) et une protection conservée (amorti de 25mm.)

Lone Peak 3.0: sur le terrain

Un test sur 150km

Autant vous dire que lorsque j’enfile mes chaussures ce n’est pas pour les câliner sur un petit chemin de terre. Les montées sèches, les arrêtes en haute montagne,  la vitesse en descente et ce même lorsque les pentes deviennent raides et techniques (miam mon préféré), sont les parties du Trail que j’affectionne le plus. Je ne ménage pas mes souliers et ici je n’ai pas fait d’exception! J’ai eu la chance de pouvoir tester ce modèle dans plusieurs conditions et sur tous types de terrains (des terrains dré dans le pentu de Chamonix à la technicité des sentiers du Mercantour, en passant par les sentiers détrempés des Préalpes d’Azur après un orage d’été plutôt virulent et les sentiers arides et caillouteux de la haute Provence… ) Les chaussures en ont donc bavé sur un total de 150 km parcourus sans aucune retenue! Au final la copie rendue par la Lone Peak 3.0 est plus que satisfaisante!

Verdict sur les améliorations du modèle 3.0

  • Une empeigne en mesh bien plus solide. En effet, pourtant mise à rude épreuve sur les roches acérées du Mercantour, les Lone Peak 3.0 ont bien répondu à ce critère. Elles font la promesse d’une durée de vie prolongée notamment grâce aux nouveaux inserts de tissus plus résistants placés sur les parties faisant face a une mobilisation accrue (coup de pied) ou bien à des frottements avec l’environnement (embase de la chaussure).
  • Un maintien amélioré mais encore perfectible. La toebox ainsi que le chausson légèrement resserrés par rapport à l’ancien modèle permettent au pied de bien s’exprimer tout en assurant sa stabilité. En effet, sur l’ancien modèle, lors d’appuis en dévers, la chaussure avait tendance à s’affaisser. Ici, le pied reste bien en place (merci également aussi au laçage asymétrique pour une meilleure tenue). La Lone Peak 3.0 atteint malgré tout ses limites en descente et en décole vers prononcé où le pied a tendance à partir en translation. Un renfort de maintien au niveau du talon ou un haubanage latéral renforcé permettraient d’éviter ce petit désagrément.
  • Une meilleure traction. C’est peut-être ici le point le plus frappant. Ce modèle Lone Peak 3.0 est doté de la nouvelle technologie MaxTrac avec TrailClaw intégré ce qui confère à la chaussure une accroche phénoménale que ce soit en montée , en descente, en dévers (alors là chapeau rien a voir avec l’ancien modèle), sur du sec, dans la caillasse et même (et surtout) en condition difficile… De plus la durée de vie de la semelle exterieure semble plus longue que sur l’ancien modèle grâce notamment à des crampons mieux orientés ainsi qu’à une résistance accrue.

Lone peak 3.0 maxtrac grip

Lone Peak 3.0: bilan du test

Un bon dynamisme

  • Une chaussure qui demeure plus dynamique (toujours aussi légère), en effet lors de mes premiers essais j’ai été surpris par le dynamisme de la chaussure malgré ses 25mm d’amorti. Pourtant habitué aux modèles minimalistes, la Lone Peak 3.0 surprend et sait vite se faire oublier afin de laisser s’exprimer les qualités du pied lors du pattern moteur.

Des chevilles et genoux à bien préparer

  • Comme évoqué ci-dessus, je suis plutôt habitué à courir au ras du sol avec des modèles minimalistes. Les 25mm de hauteur de la Lone Peak 3.0 m’ont logiquement procuré une sensation étrange de légère instabilité notamment en descente. Le bras de levier (distance entre l’articulation et le point d’application de la force) est augmenté par rapport aux chaussures près du sol, ce qui nécessite une cheville d’autant plus stable pour pouvoir l’emmener partout. Il est donc nécessaire d’effectuer un travail de stabilisation de la cheville et du genoux d’autant plus chez les personnes arrivant nouvellement sur du 0 drop ou ayant rencontré des entorses ou autres pathologies articulaires du genou et de la cheville.

 

Protection, maintien, accroche et zero drop: voici les fins mots de l’histoire de la Lone Peak 3.0. Une histoire qui finit bien pour cette belle évolution de l’historique Lone Peak. Altra monte d’un cran en qualité. On se quitte même avec un peu de suspens, car j’ai ouïe dire que la marque nous réserverait une petite surprise d’ici 2017 avec la nouvelle venue d’une chaussure plus légère, dotée d’une semelle extérieure Vibram….Rumeur ou simple vérité, ça en ferait presque rêver!



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Altra Lone Peak 3.0

Altra Lone Peak 3.0
79

Design

8/10

    Confort

    10/10

      Maintien

      7/10

        Dynamisme

        8/10

          Accroche sur route

          7/10

            Pros

            • Confort
            • Accroche
            • Empeigne plus résistante

            Cons

            • Maintien à améliorer surtout en phase descendante
            • Pas de rangement de lacets

            2 Commentaires

            1. Hello Micha, c’est dommage de ne pas avoir contacté la marque pour un échange, je sais qu’elle le fait. un décollement de semelle au bout de 150k n’est pas normal, donc pas vraiment un critère de jugement de la qualité globale de la marque même si c’est frustrant. Quant au reste de ton commentaire, je suis d’accord que l’univers du running et du trail sont bouffés par le marketing mais je trouve qu’Altra reste encore très décente. Il faut bien que la marque vive et perdure, pour autant sa comm et ses actions restent assez clean et normales. Quant au prix, c’est une question de marché…il n’y a guère que Kalenji pour casser les prix malgré toute l’affection que j’ai pour cette marque 😉

            2. Après avoir testé la Lone peak 2.5, j’ai acheté la version 3.0 début octobre. 1 mois et 150 km plus tard, le bout de la chaussure se décolle…pas très solide tout ça…sur des chemins un peu exigeant mais sans une grosse moyenne kilométrique d’entrainement.

              Je souscris complètement aux commentaires sur le confort, le dynamisme et l’accroche il y a de nettes améliorations.
              Sur le maintien aussi, il y a effectivement des choses à améliorer surtout pour les descentes.
              Le laçage mériterait un peu de recherche. On peut reprocher beaucoup de choses à Salomon, mais leur système est vraiment au-dessus de tout le reste. Essayez donc de délasser pour faire un réglage une Altra dont le lacet a mariné dans l’eau pendant 30 km…

              Je continue en Altra pour faire confiance à la marque. C’est aussi la seule marque de « course naturelle » à se préoccuper des coureurs qui chaussent du 48. Impossible de trouver cette pointure chez Vibram, Inov-8, raidlight,…

              On aurait pu penser qu’aller vers la foulée naturelle et la simplicité c’était aussi s’éloigner du bruit, de la fureur du marketing qui empuantissent le trail depuis quelques temps. Malheureusement, chez Altra comme ailleurs, les chaussures s’allègent, mais pas les prix…Si encore les produits qui sortent étaient parfaits. C’est décidé pour l’année prochaine, je taille un vieux bout de pneu, je couds un peu de tissu et j’envoie sur un 100 bornes. Pour 5 euros, ca va le faire.

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