C’était un Dimanche 30 septembre de l’année 2012, un matin ensoleillé et sec, au pieds de la grande dame de fer…nous étions 24 809 au départ…

running course

Le départ par vagues: entre anticipation et excitation

Premier « coup de pistolet » à 10h00 pour les élites: ceux qui visent la traversée fulgurante du parcours en moins d’1h ou à peine plus.

Puis, il y avait les 24 000 autres, répartis en vagues de 350, lâchés comme des fauves toutes les 30 secondes à peine sur les quais de Seine pour entamer les premières foulées d’un parcours connu pour être ardu de par ses passages à fort dénivelé et son faux plat final.

La phase d’attente constitue quasiment la 1ère difficulté de la course. La sono résonne parfois un peu trop fort dans les oreilles, on a le temps de se demander si l’on a assez bu, assez mangé, si on va vraiment y arriver et on  ne voit la ligne de départ se rapprocher que lentement mais surement. C’est le jeu.

Une fois le moment tant attendu arrivé, les coureurs sont désormais maîtres de leur prochaines heures, de leur gestion de course, de leur effort, de leur plaisir. Dans la course à pieds il faut toujours mieux se connaître et sans cesse faire des choix en conséquence: choisir le bon moment pour appuyer sur l’accélérateur, le bon moment pour récupérer, le bon moment pour se ravitailler, c’est tout un art !

Les quais de Seine: le calme avant la tempête

Un début de parcours plat et même parfois en descente pour les 6 premiers km de cette course Paris Versailles avec un passage un peu surprenant dans un tunnel extrêmement bruyant (ventilateur ?) rendant ces quelques minutes souterraines un peu surréalistes. Le retour à l’air libre est bien appréciable et la météo parfaite. Les UV sont suffisants pour nous dynamiser et la chaleur pas trop élevée ce qui limite la déshydratation et la fatigue – rien à dire. Les kilomètres défilent et le début de course associé à l’absence de dénivelé permettent de dérouler une vitesse encourageante mais qui ne fait que rapprocher les coureurs de la difficulté mythique de la Paris Versailles: la fameuse et tant redoutée côte des Gardes.

La côte des Gardes: épreuve sur la durée

Plus de 2km de côte pour un dénivelé équivalent à la moitié de la Tour Eiffel (sans antennes). Lorsque l’on entame cette étape du parcours Paris Versailles, on n’en voit bien sûr pas le bout. Il faut donc débrancher son cerveau et enfouir toutes les petites questions parasites qui pourraient éventuellement s’immiscer dans votre esprit en pleine surcharge d’effort et être tenté par le découragement. Une côte c’est juste un plat qui a décidé d’en faire autrement !! Et puis, avec un entraînement adapté, il suffit d’y aller. C’est dur oui, mais la course à pieds pratiquée avec passion et motivation n’a jamais été vendue comme un sport facile. Ce qui est le plus incroyable cependant, c’est que finalement si vous voulez ralentir personne ne vous en empêchera. Si vous voulez accélérer: allez-y, accélérez. C’est à vous de juger, de choisir: vous êtes libres. C’est votre course et celle de personne d’autre. Alors, on fait face à soi même dans cette portion ardue du parcours Paris Versailles, on profite d’un ravitaillement à l’arrivée (ou pas si l’on a les éléments nécessaires sur soi) et on repart. Ça y est c’est fait ! La forêt s’offre alors à vous…

La forêt de Vélizy puis de Chaville: air pur et chlorophylle pour des runners à mi parcours

La moitié du parcours est derrière vous. Vous consultez votre chrono tout en vous disant que la côte des Gardes vous a nécessairement fait perdre du temps et vous essayez de vous projeter sur votre objectif final.

Selon l’état de forme du matin vous vous sentez plus qu’échauffé et prêt à accélérer ou au contraire, plutôt entamé par ces 8 premiers km pas vraiment tendres. C’est alors le moment de se dire que le corps a un pouvoir de surpassement et d’adaptation que l’on n’imagine même pas et que toute votre résistance tient à votre mental. Le physique ne doit pas avoir la parole à ce moment même (bien qu’il faille l’écouter régulièrement pour ne pas vous blesser inconsidérément et vous voir privés de pratique sportive un long moment…). C’est vous qui décidez que vous continuez, et pas qu’un peu. Sauf qu’au moment même ou vous vous assénez ce petit discours, vous voyez dans le fossé: la Croix-Rouge et quelques coureurs anéantis, sur des brancards. Vous vous dites alors que quand même, tout cela n’est pas une petite sortie détente et que les efforts fournis ont de la valeur. Vous tracez toutefois votre route et tentez de ne pas vous laisser influencer par l’environnement extérieur  Vous le vous le redites encore une fois: c’est votre course !

Le passage dans la forêt est plutôt agréable, vous êtes au frais et les arbres vous insufflent leur apaisement naturel qui vous permet de continuer en sentant l’arrivée se rapprocher. Une descente incroyable de plusieurs centaines de mètres vous tend alors les bras. Vous savez qu’il ne faut pas résister dans ce cas là et freiner votre élan mais tout simplement y aller, tout en maîtrisant votre foulée pour ne pas tomber. Dans votre lancée vous jetez un oeil à votre montre/podomètre qui vous indique une vitesse plutôt sympathique compensant quelquepeu les minutes « perdues » dans la côte des Gardes. Tout va bien, vous approchez le 13 ème km.

L’arrivée approche: les langues se délient

Un coureur vous effleure et s’excuse avec une politesse que l’on n’est pas prêts de voir dans le métro parisien. L’expérience se répète et vous vous dites que malgré certains récits de course insistant sur le manque de politesse de coureurs obnubilés par leur chrono, aujourd’hui, à la Paris Versailles, les gens sont vraiment sympas !

Vous vous rapprochez de deux américaines qui ne cessent de discuter et là un homme leur lance gentiment: « you can run and talk at the same time ?! » – les américaines hilares lui renvoient avec humour « if I don’t talk, I just can’t run! » – l’homme rit, vous riez avec lui, le 14 ème km approche, le moral remonte.

On vous a dit peu de temps avant le départ que le parcours Paris Versailles faisait 16,3 km. Toutes les communications sur la distance officielle de cette course ont toujours jusqu’ici vendu du 16 km, alors pourquoi soudainement ce petit bonus de 300 m? Peu importe, vous y êtes et c’est comme ça ! En revanche, vous savez que le faux plat de l’avenue de Paris fait 1,3 km, vous attendez donc avec un mélange inexplicable de fatigue et de hâte, le 15 ème km…

Cela tombe bien, le voilà.

15ème km du parcours Paris Versailles ou les derniers 1300m avant l’arrivée

C’est la fin et ça n’est pas le moment de lâcher – si ce n’est le fauve qui est en vous et qui se dit que quitte à s’effondrer, ce sera après la ligne d’arrivée ! On vous avait prévenu que l’avenue était large et longue, reproduisant un peu cet effet étrange d’un tapis de course où l’on a la sensation de courir mais de ne pas avancer.

De toutes manières vous n’êtes pas seuls et ça c’est plus que motivant. D’ailleurs vous croisez une personne un peu de votre profil qui semble mettre ses derniers efforts dans la centaine de mètres qui vous sépare de l’arrivée. Elle ne parle pas français elle non plus (que d’anglophones à cette course, extra !) mais elle vous fait un « thumbs up » et un grand sourire – la communauté des coureurs est trop forte: du défi, de la passion, du plaisir, de l’envie et du partage ! Vous êtes officiellement boosté, mais vous ne voyez toujours pas le finish. Quoique. Un tournant et…l’arche bleu apparaît à l’horizon, pas si lointain d’ailleurs. cette fois l’effet « tapis qui n’avance pas » s’estompe et vous sentez qu’il n’est plus question que de quelques centaines de mètres. C’est le moment, vous donnez tout, vous sprintez. Vous ne savez pas d’où vient cette énergie mais elle est là.

Bip. Ligne d’arrivée franchie.

Vous êtes un peu sonné mais heureux.

Vous suivez le mouvement. Quelqu’un vous donne un sac de ravitaillement…vous continuez: on vous enlève votre puce (elle a intérêt à avoir bien fonctionné celle-là d’ailleurs !)…un peu plus loin: une bouteille de Contrex (84 mg/L de Magnésium pour un apport journalier recommandé d’environs 300 mg et 403 mg/L de bicarbonates ce qui atténue l’acidité de l’estomac et facilitent la digestion), une médaille, les félicitations des scouts de France bénévoles sur tout le long du parcours et toujours plus encourageants les uns que les autres.

Vous respirez.

Vous l’avez fait.

Les résultats

Le top 10 chez les hommes

Thierry Guibault 18ème
Classement élite masculin – Paris Versailles 2012

 

 

 

 

 

 

 

Notons que Thierry Guibault, double vainqueur du Marathon du Médoc interviewé sur ce blog a fini en 18ème position avec un temps de 51min56.

Le top 10 chez les femmes

Classement élite femmes – Paris Versailles 2012

Et vous ?!

Tous les résultats sont ici: site de la course Paris Versailles

Toutes vos photos (disponibles dès le 2 octobre) sont là.

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A l’année prochaine pour la 36ème édition, d’ici là: récupérez bien et prenez soin de votre corps aux 1001 ressources !

5 Commentaires

  1. Merci pour cette excellente description qui fait revivre la Paris Versailles mais cette fois bien au chaud en buvant du café.

    Ps: bravo pour le chalenge.

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