La vérité sur les poissons d’élevages – toxicité: 1/ santé: 0

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Excellent pour la santé car gorgé de vitamine D et de ces divins acides gras insaturés que sont les oméga 3, le saumon aura été recommandé unanimement par l’ensemble des diététiciens et nutritionnistes ces dernières années. L’efficacité des oméga 3 et la richesse nutritionnelle de ce poisson comme de ses homologues dits « gras », n’est pas remise en question aujourd’hui. Non. Ce qui est remis en question et (enfin) dévoilé au grand jour est une toute autre réalité. Les poissons qui arrivent dans notre assiette aujourd’hui ne peuvent plus réellement être désignés comme tels. Que sont donc ces additifs qui polluent désormais la chair de ces animaux intoxiqués ? Quels mensonges de l’industrie agroalimentaire prévalent encore sur la santé des consommateurs ? Comment l’argent parvient-il à dominer la filière des poissons d’élevage, au point d’en faire les aliments les plus toxiques du monde actuellement ?

Alors que des publicités affluent en ce moment sur le saumon de Norvège et ses acolytes des mers du Nord, l’équipe d’Envoyé Spécial a enquêté. Bien loin de vouloir alimenter la psychose alimentaire ambiante que je fuis et qui tend à diaboliser un panel d’aliments hallucinant, souvent sans autres fondements que de partiels empirismes, cet article se veut être le résumé d’une émission riche en révélations et en réflexions. Âmes sensibles, idéalistes, adeptes du « sans gluten », « sans lactose, « sans viande », « sans additifs », « sans transformation », « sans sel »…(je manque de souffle, je m’arrête) – méfiance…

 

Le Panga: un poisson « low cost » dont les cantines et industriels sont friands…

Avez-vous déjà entendu ce nom ? Le panga est l’un des 10 poissons les plus consommés en France. Mais d’où vient-il ? Quasi exclusivement du Vietnam où se concentre 95% de sa production mondiale. A vrai dire, l’homme qui en détient les ficelles n’est autre que la 4ème fortune du pays. Les pangas sont élevés en masse, à raison de 300 000 animaux par étang et nourris 2 fois par jour de croquettes bourrées de graisses et de protéines, destinées à leur faire atteindre leur taille adulte…deux fois plus vite qu’en milieu naturel.

 

Préparation des croquettes hypercaloriques, destinées à l’alimentation des Pangas

Le « nuage blanc » dans l’eau n’est autre qu’une armée de Panga, se ruant sur une nourriture sur-abondante destinée à les faire grossir 2 fois plus vite que la nature ne le voudrait…

Au delà de l’aspect barbare d’une alimentation excessive et contre-nature, les eaux du Mékong dans lesquelles baignent ces populations démesurées de poissons, sont particulièrement insalubres. L’accumulation d’algues vertes et de bactéries entraîne une diminution du dioxygène libre et le rejet de toxines affectant directement le système immunitaire des poissons.

Pour y remédier, les éleveurs déversent des quantités industrielles de médicaments au cœur de leurs cultures, entraînant non seulement des maladies chez les poissons (saignements et maladies du foie) mais également de sévères dommages écologiques. Puis, comme tout mécanisme naturel adaptatif, les bactéries soumises à de fortes doses répétées d’antibiotiques, finissent par devenir résistantes. Que faut-il faire alors ? Augmenter les doses de médicaments bien sûr – les solutions moins nocives coûtant trop cher – comme souvent. Le cercle se remplit de vice et devient sans fin. Les poissons voient leur chair bourrée d’antibiotiques; nos assiettes en pâtissent.

 

Insalubrité d’un Mékong pollué dans lequel grandissent les poissons d’élevage au Vietnam

La chaîne de production ne s’arrête évidemment pas là. Les pangas sont alors envoyés dans des usines à cadence élevée pour être surgelés. Avant le processus à proprement parler, les filets baignent dans des eaux bourrées de polyphosphates, destinés à faciliter leur surgélation mais gonflant surtout artificiellement leur poids, donc leur prix…Ceci étant sans oublier les dizaines d’heures travaillées quotidiennement par des ouvrières au rythme effréné. Ô quand la productivité fait perdre aux hommes leur raison…

 

Filets de Pangas, découpés à la chaîne avant d’être congelés

Il y a quelques années encore, les restes de poissons étaient jetés. Aujourd’hui, puisque rien ne doit se perdre et que tout peut se transformer (déformation moderne de la théorie initiale du brillant chimiste Lavoisier), ces déchets sont récupérés, valorisés et revendus.

Résidus de poissons, auparavant jetés mais désormais revalorisés en une substance appelée « pulpe »…

La « pulpe » de poisson, car tel est le nom de cette pâte achetée à bas prix par les industriels agroalimentaires, sort de broyeurs géants, avant d’être consolidée et comprimée en cubes de taille massive puis revendue.

Pulpe de poissons divers, à la sortie d’un broyeur industriel

La destination de cette « pulpe » n’est autre que la nourriture pour animaux: « pet food » (acceptable)…ainsi que les plats cuisinés (moins acceptable) ! Des analyses ADN ayant mis en évidence chez certaines marques bien connues,  la présence d’un mix de poissons dans certains plats censés n’en contenir qu’un. Normal. Un filet coûte cher. La pulpe non. Pourquoi ne pas vendre le filet au prix fort et lui adjoindre des déchets, ni vu, ni connu? 1 étiquette sur 3 serait mensongère (source: DGCCRF). Mais encore, là n’est pas le pire. Tout le monde connaît l’histoire du surimi, ce délicieux « bâtonnet saveur crabe » qui n’est autre qu’un amas de déchets de poissons aromatisé. Pour autant, si l’arnaque est évidente en termes de qualité de produit et de prix, il n’est pas dit que le danger pour la santé soit avéré. En effet, le danger est ailleurs. Déchet ou filet, là n’est pas la question. C’est bel et bien dans la nourriture donnée aux poissons que nous mangeons que se trouve la honte de cette filière corrompue.

La nourriture des poissons d’élevages: un concentré de toxines pour l’Homme…

La Mer Baltique est la mer la plus polluée du monde. Normal quand on sait que ses eaux ne sont quasiment jamais renouvelées et que 9 pays industrialisés y déversent leurs déchets. Tout aussi normal de constater que l’on y retrouve des poissons devenus impropres à la consommation humaine.

La mer Baltique: déversoir de 9 pays industrialisés et source la plus dangereuse de poissons

Ces espèces étant d’autant plus dangereuses pour l’homme qu’il s’agit de poissons gras. La masse lipidique étant un puissant fixateur de polluants en tous genres…Pourtant, les cadors de la production d’aliments pour poissons ne semblent pas voir d’inconvénient majeur à utiliser ces poissons gorgés de produits toxiques dans leurs process ! On ne nourrit pas les hommes avec mais les poissons qui nourrissent les hommes, oui. Bel effort…ou plutôt, belle hypocrisie.

Stockage de produits toxiques proportionnel au volume de masse grasse du poisson: de 15 à 34% pour un poisson dit « gras » versus de 5 à 7% pour un poisson « non gras ».

Au delà de la richesse en huiles de poissons et en poudres de protéines des croquettes dédiées à l’alimentation des poissons d’élevage, on y détecte également une molécule au nom tout aussi barbare qu’est son action: l’ethoxyquine. Utilisée pour traiter le caoutchouc ou à des taux sévèrement encadrés dans la filière des fruits et légumes, elle se retrouve  à des concentrations 10 à 20 fois plus élevées que la norme dans les croquettes pour poissons. Aucune étude n’a jamais été menée pour évaluer la toxicité à long terme de cette molécule. Du moins, aucune étude officielle. Oui, car en creusant un peu, les journalistes d’Envoyé Spécial ont retrouvé une femme norvégienne, ayant tenté de publier les résultats de sa thèse, mais en vain. Une thèse démontrant l’extrême toxicité de l’ethoxyquine, capable de traverser la barrière hemato-encephalique (i.e. d’atteindre le cerveau). Une thèse ayant amené cette femme à perdre son emploi et à subir des pressions pour cacher ses résultats. 4 ans plus tard, tous les crédits de recherche associés à cette molécule seront coupés. N’oublions de préciser que la Ministre de la pêche en Norvège a travaillé plusieurs années pour le leader mondial de la croquette de poisson et détient des parts dans une grande saumonerie…

Une étude scientifique statuera ensuite sur le caractère alarmant de la filière des poissons d’élevage et particulièrement du saumon, en démontrant l’ampleur de sa toxicité: 5 fois plus élevée que celle de la viande (voir image ci-dessous).

Le saumon d’élevage (7) constitue l’une des nourritures actuelles les plus dangereuses au monde, bien plus qu’un hamburger (1), du lait demi-écrémé (2), un oeuf (3), une pomme (4), une pomme de terre (5), du cabillaud (6) – [numérotation de gauche à droite, chaque couleur représentant un polluant ou produit toxique pour l’homme).

 

Que faire alors ?

Après le « no gluten« , le « no lactose« , le « pro-vegan », je vous propose le « no salmon » 🙂 Je propose même de ne plus rien manger puisque parait-il, cesser de manger de la viande ferait maigrir ou sauverait la planète, au choix. Il ne reste plus grand chose. Manger de la laitue et des pommes, très peu pour moi. Restons aussi chez nous tant qu’à faire. Ne bougeons pas car le dioxygène ambiant est oxydant et fait vieillir nos cellules. Il y a de la pollution dans l’air. L’eau non plus n’est pas très pure, filtrons-là. Les acides gras saturés sont mauvais, halte aux chips ! Le chocolat est riche en Magnésium mais attention…il est calorique ! Bref, stop.

Rien n’est parfait ici bas et certes la société s’industrialise, certes il est de gros et vilains mensonges dans l’agro-alimentaire comme dans la pharma. Nous ne pouvons pas nous prémunir de tout mais ne devenons pas des orthorexiques psychotiques. Pour l’heure et pour se concentrer sur le sujet du poisson, voici de sérieuses recommandations:

[bullets icon= »0327.png »]

  • Ne pas rayer le poisson de vos habitudes alimentaires, il y a toujours un duo bénéfices/risques. Cesser totalement sa consommation vous prémunirait des risques toxiques mais vous exposerait à des carences. La toxicité n’est pas absolue, elle est surtout liée à l’effet « dose » et à la répétition de cet effet.
  • Adopter une fréquence maximum de consommation de 3 fois par semaine
  • Ne pas dépasser 1 consommation de poisson gras par semaine (saumon, truite, sardine, anchois, hareng, maquereau)
  • Privilégier la consommation de poissons sauvages (bien que leur origine ne puisse être certifiée) ou de poissons BIO (nécessairement issus de l’élevage, et oui.)

[/bullets]

Keep cool et restez omnivores, le corps humain a une vaste puissance d’adaptation !

Source: « Poisson: élevage en eaux troubles » – Envoyé Spécial, diffusé le 07/11/2013 – lien vers la fiche de l’émission ici.

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Marie
Créatrice et blogueuse passionnée de Sport, nourrie des cultures européenne et américaine, je me spécialise en nutrition pour aider les lecteurs Hotsteppers à vivre une vie saine, solide et riche de sens ! Ma meilleure amie et athlète Alison m'accompagne sur ce blog dans les 1001 expériences et découvertes qu'il nous offre et contribue à son contenu à travers son activité physique de niveau semi-pro (Équipe de France de Hockey Subaquatique)

4 COMMENTS

  1. Ça ne confirme que la question que je me pose régulièrement : que peut-on encore manger aujourd’hui?? C’est bien triste…
    J’ai choisi comme toi de ne pas tomber dans l’alarmisme en ne me privant de rien car sinon on se complique la vie. Par contre le principe de base selon lequel il faut manger de tout est de plus en plus important, diversifier son alimentation c’est peut-être, j’espère, diminuer le risque de problème si l’on découvre un aliment ‘pire’ qu’un autre dans le futur…

    • Absolument d’accord: j’insiste sur la dualité risque/bénéfice. L’homme est omnivore. Hormis allergies avérées et prouvées médicalement, le retrait radical d’un aliment peut certes préserver de certains risques mais en induire d’autres…à commencer par celui de développer un rejet, le jour de la réintroduction de ce dit aliment, alors que cette allergie n’existait pas au départ (ex: gluten). Bref, il faut faire très attention et selon moi (du moins c’est comme ça que je vis!), cela implique de ne pas trop intellectualiser la nourriture et de balayer très large !

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