The Trail Yonne 2013: nous avons été au bout de la nuit…

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« Irez-vous au bout de la nuit ? », that is the question.

The Trail Yonne 2013, 1ère édition d’une nouvelle épreuve organisée par KCO (Kam- Choumert-Organisation) producteur d’événements telle que « La Grande Odyssée Savoie Mont-Blanc », « La course des Héros », « l’EDF Cenis Tour« , … nous avait lancé un défi:

Ce défi, je voulais le proposer à d’autres, pour le vivre en équipe. Sur les 4 distances proposées: 35, 63, 85 et 110km, deux d’entre elles pouvaient se faire en relai de 4 coureurs: le 35 et le 85km. Je sonde alors autour de moi et rassemble 3 amis inégalement motivés pour parcourir les 85km à quatre. La date est encore lointaine mais à mesure que l’échéance approche la course est finalement approuvée par l’ensemble et Greg, l’un des membres de l’équipe, gère (parfaitement) les inscriptions et la réservation d’un gîte pour le samedi soir. Pas question de rentrer à Paris dans la nuit après la course. Nous passerons les quelques heures qui nous resteront de la nuit de samedi à dimanche dans un gîte authentique de Sens: lien ici !

Photo de notre gîte: « la ferme de l’art rural et populaire »

Des hôtes très sympathiques, un prix à défier toute concurrence et surtout l’occasion pour nous de prolonger la fête le dimanche !

Café/ fondants au chocolat (made by Céline) improvisés, à même la terre: bonheur !

L’équipe: 4 puis 3 puis 5 !

Initialement 4 puis 3 suite à l’abandon de Virginie tenue d’arrêter le sport pendant un moment, nous avons cherché un(e)remplaçant(e) avec difficulté et avons finalement eu la chance d’accueillir Céline dans notre équipe ! Virginie n’ayant pas dit son dernier mot, elle nous accompagnera malgré tout de la 1ère à la dernière seconde sur l’ensemble de l’épreuve en assistante modèle. In fine nous vivrons donc ce Trail géant à 5, what else !

De gauche à droite: Vincent, Marie, Céline (morte de rire comme toujours), Greg (Virginie la photographe devait être en train de faire une bonne blague !)

De gauche à droite: Virginie, notre supporter, assistante, accompagnatrice en or (over classe tout le long du week-end, pas comme nous!), Greg et Vincent

Une journée immense…

Parfaitement organisés, nous serons dans les temps du début à la fin du week-end, aussi bien en matière de logistique que pour la course elle même ! Jamais bien large mais jamais en retard, nous arrivons à Sens in extremis pour retrouver Céline qui aura pris le temps de récupérer nos dossards (et de se faire contrôler son sac au nom de toute l’équipe, ouf je n’avais pas la moitié du matériel imposé ! Un bonnet, un sifflet, 2 lampes frontales,… non mais allo !) Au moment d’arriver sur le village de la course j’entends LA chanson mythique du marathon des sables; celle qui aura bercé l’équipe des accompagnateurs pendant tout notre road trip marocain; celle que m’aura confiée avec humour Thierry G. lors d’un dernier mail d’encouragement avant l’épreuve, je cite: « bon courage pour ton trail, éclate toi bien, « c’est la vie » d’après Khaled! » – Je prends cette touche sonore pour un signe qui me rebooste alors que je sens une maudite grippe s’installer et me pomper mon énergie depuis deux jours. Juste pour le plaisir, la voici:

Le départ était annoncé à 15h. Etant la première à courir j’avais déjeuné dans la voiture vers 12h en surveillant soigneusement chaque aliment: riz, thon (sans sauce), jus de raisin, boudoirs, crudités (très peu pour ne prendre aucun risque), … Je suis partie pour 18km, je me prépare, coup de pistolet, c’est parti !

Top départ avec le dossard 017 de Guillaume…vainqueur du 110km en 9h59m26, 3h30 devant le numéro 2. Croisé 7km avant le finish dans un état de fraîcheur sur-humain ! Chapeau Guillaume !

J’avais essayé de ne pas trop le montrer mais je ne me sens vraiment pas en super forme et dès les premiers km je me demande comment je vais faire pour aller au bout de mon pourtant maigre « contrat de 18km« . Le dénivelé est pas mal mais surtout, il fait chaud, mais chaud ! Le soleil flash de toute ses forces sur les têtes des coureurs qui sont concentrés sur leur trajectoire. Ma casquette barcelonaise me protège en partie mais ne fait pas tout. Je me retrouve à marcher dans certaines montées, choses que je n’avais fait qu’au moment de certains goulots d’étranglements du parcours de l’Ecotrail, près de deux fois plus long. Ma petite voix intérieure est un peu négative et mon imagination débordante m’imagine déjà évanouie au bord de la route devant faire appel à des ré-animateurs (beaux si possible…!) Bref, comme d’habitude, rien n’est jamais acquis, chaque course est une nouvelle histoire à écrire sur une page blanche.

Un décor champêtre, très « jaune », très beau..

A un moment salvateur, je me mets à échanger avec un groupe de trailers qui me sauvent le moral. Rien que le fait de communiquer me permet de repartir. Un peu plus tard je croiserai un autre trailer parti sur le 110km qui m’accompagnera sur les 5 derniers km de mon parcours. Je comprends Greg qui dira plus tard que sa portion de 22km de nuit aura été essentiellement difficile à cause du silence de la nuit et de la solitude vécue. Céline nous dira plus tard qu’elle aurait largement préféré courir seule de nuit (comme à son habitude) qu’en plein soleil. Finalement, chaque coureur a ses préférences et ses petites faiblesses. La mienne est sûre: je n’aime pas être seule et la communion avec d’autres personnes me sert de dopant humain !

Je finirai finalement mes 18km en 1h58, un temps plus élevé que ce que j’avais imaginé mais sommes toutes encore correct au vu de ma petite forme. Le 18ème km imperceptible quelques centaines de mètres avant (j’ai cru que je n’allais jamais m’arrêter !) se trouve en haut d’une sympathique côte. Je passe alors le relai à Céline, partie pour 19km, la preuve en images:

Céline s’élance. Je meurs de chaud mais finirai très vite par frissonner. Je me couvre et rejoins mes co-équipiers qui n’ont pas encore couru. Nous prenons la voiture de Virginie et filons vers le prochain « check point » où nous pourrons encourager Céline. Je sens la fatigue enfouie revenir de plus belle et je me dis que la journée/nuit vont être longues ! Aux alentours de minuit (au final nous partirons à 1h00) nous devrons coûte que coûte nous rassembler pour courir les 7 derniers km ensemble. Je pense alors à ceux qui tout ce temps là continueront d’enchaîner les km jusqu’au 110e pour les plus courageux et je me concentre sur le reste de mon équipe. Un nouveau petit village nous attend pour intercepter notre co-équipière dans l’effort.

Bussy le repos: une étape qui porte bien son nom, je récupère de ma course et mes amis se préparent à vivre la leur…Virginie est derrière l’appareil photo, Céline court.

Céline arrive, concentrée mais bien dans sa course. Son passage dure quelques secondes et nous voilà repartis pour le point de relai suivant où Vincent prendra la 3ème portion du parcours. Nous arrivons alors au check point le plus improbable de toute la course ! Autant les villages étapes sont charmants, les bénévoles d’une gentillesse qui contraste avec la non amabilité criante de certains citadins/parisiens, les animations sympas, sincères et bien plus enthousiasmantes que sur des blockbusters de courses parisiennes où l’ambiance est inversement proportionnelle au prix du dossard (sans commentaires), autant ce point de relai là est, comment dire: « lost in the middle of nowhere »! Nous voyons un pont. Derrière ce pont, des arbres. Rien, personne d’autres que quelques coéquipiers d’une autre équipe (celles du Coudray Montceaux rassemblées par Gilles Busto, organisateur des Foulées des Laveuses), de l’herbe, des champs de colza, …Puis, à peine plus de 5min après notre estimation (2h15 de course), Céline apparaît !

Vincent se prépare, top relai, c’est parti pour le 38ème km jusqu’au 58ème !

Céline apparaît après 2H15 de course…

Top relai !

Nous partirons alors pour le ravitaillement le plus mémorable des deux journées: le ravitaillement aux polyphénols ! Et oui, on a beau être passionné par la nutrition sportive et savoir tout ce qu’il ne faut pas faire, c’est comme dans la vie, on ne le fait pas forcément ! Tentée par les explications d’un vigneron local, amatrice de vins et d’ambiances chaleureuses, un peu fatiguée et me disant que « tant qu’à faire, autant jouer le jeu jusqu’au bout! »je me laisserai happer par « plusieurs » verres de Bourgogne et un de Ratafia. Un crime. Délicieux mais meurtrier ! Mon vigneron tentateur me dira très vite que j’ai les yeux qui pétillent ! « Je m’entraîne pour le marathon du Médoc » dis-je alors à tous ceux qui me prennent en flagrant déli ! Les paparazzis étaient dans le Yonne ce soir là mes chers lecteurs, je me suis fait prendre sur le vif !

Prise en flagrant délit de ravitaillement non-officiel – Entraînement pour le Médoc oblige!

Après ce divertissement et un délicieux ravitaillement solide, nous apercevons Vincent, d’une couleur proche de l’écarlate ! Il s’arrêtera très brièvement à ce « ravito » qui nous aura bien amusés et repartira pour la 2ème moitié de son périple.

Prochaine étape: Villeneuve sur Yonne, le lieu de toutes les animations: buffet, masseurs ostéopathes, podologues, démos de VTT acrobatique, concert, le top ! J’aurai le temps de me faire masser par une jeune élève ostéopathe adorable et efficace qui me dira qu' »à peu près tout mes muscles étaient contractés ». Je confirme. J’en ressortirai cependant bien mieux qu’en y arrivant…

Flagrant délit de massage à Villeneuve sur Yonne !

La nuit tombe, la fraîcheur remplace la chaleur du jour, nous nous posons, refaisons le monde, observons les concurrents partis sur le 110km et franchissant cette étape avec fraîcheur tout en attendant notre co-équipier Vincent. La nuit tombée, Vincent arrive après 2h20 de courses, lessivé. On sent qu’il s’est donné à fond mais que ses 20km ont été éprouvants. Nous lui laissons le temps de reprendre son souffle avant de nous « raconter » son périple. Greg n’est déjà plus là, le voilà parti pour 22km qu’il n’est pas prêt d’oublier ! A partir de cet instant nous savons qu’il nous reste plus de 2h00 devant nous avant la reprise collective et finale. Nous avions prévenu Greg que nous ne serions peut-être pas là à son ravito intermédiaire pour rester le plus longtemps possible à Villeneuve sur Yonne où il y avait de quoi patienter. Une erreur peut-être a posteriori, au vu des difficultés de Greg à surmonter ses douleurs sur 22km. Une absence totale d’entraînement et des nouvelles chaussures jamais essayées auparavant auront eu raison de sa motivation et rendu ses 22km assez dantesques. 22km que Greg parcourera sur les rotules en plus de 3h00.

It ain’t over till it’s over !

Nous retrouvons Greg épuisé au dernier « check point », la course n’est pourtant  pas finie, il est temps pour nous de terminer le parcours. 7km nous attendent au coeur de la nuit. Les organisateurs n’ont pas lésiné sur le trajet qui est ardu jusqu’au dernier km. Greg ne peut clairement plus courir, nous finissons quasiment en marchant. Je pense alors à mes amis du Team Transavia Sportera Handi’Cap qui ont fait le marathon des sables (250km) il y a quelques semaines et de tout ce qu’ils ont vécu: en positif et en plus difficile ! Je me sens perdre patience et me dire intérieurement qu’on ne peut tout simplement pas arriver sur une épreuve comme celle-là, même en relai, même s’il n’y a pas d’enjeu, sans entrainement. L’entrainement ne permet pas uniquement de vaincre mais a minima de vivre une épreuve sans souffrance et sans blessures.

Nous finissons derniers du classement: je suis partagée entre l’immense plaisir d’avoir fait cette épreuve et une certaine déception mais tels sont les enjeux et les défis d’un projet d’équipe !

L’équipe à l’arrivée sur les coups de 2h00 du matin ! Pas un chat, une voiture en plein phares en guise d’éclairage (panne d’électricité), plus de speaker (Gilles on t’a manqué de peu !), la sono ininterrompue chantant « Envole moi »… 85km: done !

Je pense encore plus fermement qu’avant que la course à pieds ou le trail sont des disciplines éprouvantes qui apportent beaucoup de bonheur quand on s’y engage pleinement. Je renouvelle alors toute mon admiration pour ces personnes de tous niveaux qui s’investissent pour atteindre leurs objectifs, quels qu’ils soient et qui ont toujours envie de faire mieux. Je pense que l’important n’est pas de faire un chrono phénoménal, mais d’aller au bout de ses possibilités, grâce à du travail, de la volonté, parfois même de l’acharnement ! C’est ce qui fait qu’une vie a du goût. Quoiqu’il en soit je prends aussi conscience de ce tempérament ultra battant que je peux avoir et je relativise…

Nous entamons alors un repas  très reconstituant bourré de sucres lents et moins lents: taboulé, pasta box, pain blanc, soupe, tarte au pomme et après une discussion très agréable avec Cédric de Trail Session (enfin!) – son ami et partenaire sportif Thomas Nury aura fini 1er du 85km, bravo à lui! puis avec Henri KAM, l’un des fondateurs de KCO, nous rentrons nous effondrer dans les lits douillet de notre petit gîte.

Le lendemain nous feterons avec un jour de retard l’anniversaire de Greg et profiterons d’un soleil toujours aussi audacieux !

Greg souffle ses bougies…28 ans, bingo !

Le retour vers nos QG respectifs se fera en début d’après-midi, mêlant fatigue et plaisir d’avoir vécu un week-end riche, intense, à fond et plein de vie comme on les aime.

Merci à toi Virginie pour ton soutien inestimable au cours de toute l’épreuve: tes talents de conductrice prudente, de cuisinière, de supporter, d’amie, …

Merci Céline d’avoir répondu présente à notre invitation. Sans toi nous n’aurions pas pu participer à ce trail en équipe: il était question de « 4 participants ou rien ». Nous avons passé un excellent week-end en ta présence !

Merci à toi Greg pour tout ce que tu as pris en main pour que ce week-end ait lieu: les inscriptions, la réservation du gîte et nos nombreux échanges mails ou téléphoniques qui m’auront permis de faire aboutir mon envie de départ de participer ensemble à cette course !

Finalement, merci à toi Vincent d’avoir accepté le défi. Je crois que tu te rappelleras longtemps de ces 20km qui ne t’ont pas fait vivre que des instants de délice ! Comme Greg tu étais présent lors de la toute première course des Hotsteppers: la Crazy Jog, au sein d’une équipe 100% Hotsteppers de 33 participants (juillet 2012) – j’espère qu’il y en aura bien d’autres en ta compagnie !

De gauche à droite: Virginie, Vincent, Marie, Greg – en région parisienne avant de partir vers Sens

D’autres trails seront mis en avant dans le calendrier des Hotsteppers pour le reste de l’année: il y en a pour tous les goûts, du court, du moyen, du long, de l’indiv’, du collectif, car le trail est avant tout une discipline offrant à chacun ce qu’il veut bien y trouver.

A très vite sur les pistes et merci pour votre fidèle lecture,

Marie – Hotsteppers

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