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« The Run »: guérir par la course à pied

A l’occasion de la sortie en VOD du film « The Run » que j’ai eu la chance de voir il y a quelques semaines, peu de temps avant « Free to Run » d’ailleurs, j’ai eu la belle surprise d’être (encore) émue devant ce que je craignais être un énième film sur le sport à l’américaine. Pourtant, « The Run » (« 4min mile » dans sa version originale) est un film touchant, fort, dur à certains moments, qui montre avec une forme de réalisme à quel point la course à pied peut guérir. Elle guérit en permettant de choisir une voie d’abnégation, de dépassement de soi et de lutte contre la peur. La peur étant plus souvent générée par nos manques de confiance que par un réel danger; encore faut il choisir de se battre pour la défier. « The Run » nous montre comment et c’est tout naturellement que j’ai choisi à cette occasion de prendre la parole et de la donner à quelques-uns d’entre vous qui avez souhaité témoigner, vous livrer même.

Mathieu: « la course à pied m’a fait gagner »

Je cours depuis que je suis tout petit et moi aussi j’ai eu droit aux blessures du coureur: tendinites, blessures au pied, entorses… Alors oui, quand on nous voit courir autant et nous faire mal jusqu’à la blessure, on peut penser que c’est un sport de masochistes, traumatisant, pas sain…

« Mais ce que nous gagnons dépasse largement les blessures. »

En tant qu’observateur, j’ai vu des personnes guérir des traumatismes que la vie nous laisse. J’ai vu des gens soigner leur estime d’eux-mêmes. J’ai vu un ami reprendre le dessus, grâce à la course, sur la peine immense d’une maman partie trop tôt. J’ai vu des gens soigner leur angoisse et prendre confiance en eux-mêmes en partageant quelques foulées. J’ai vu des gens éloigner les maladies, ou plus simplement régler leur soucis, grâce à la course… J’ai vu des gens dépasser leur problèmes en se dépassant eux-mêmes. La course à pied, un acte bien plus sain qu’on ne le croit!

Kelly Blatz & Richard Jenkins at the Fence
Brice: « la course à pied a simplifié ma vie »

Courir ne m’a pas seulement aidé à sortir d’une situation particulière, ponctuelle et compliquée. C’est mieux que cela, courir m’aide chaque jour à ne pas tomber dans ces situations compliquées, notamment psychologiques. J’ai toujours été un grand travailleur, et il est avéré que lorsque le cerveau fonctionne beaucoup pendant une grande partie de la journée, il a du mal à « couper » la nuit par exemple. On peut alors vite entrer dans un cercle vicieux où, l’on récupère moins bien, on est moins productif, on compense en travaillant davantage…

Courir est un cadeau dans la journée. En réalité, s’offrir un moment de course à pied est bien plus qu’une pause, la science le dit, mais cela devient jouissif quand on l’expérimente.

Courir me permet chaque jour de m’offrir un moment où je me concentre sur mon souffle, je médite, atteignant parfois un état de quasi pleine conscience.

Courir m’offre chaque jour une sécrétion d’endorphine, et un meilleur équilibre de sérotonine, le neuro transmetteur du plaisir; cela je ne le sens pas seulement, je ne vois pas ce qu’il se passe dans mon cerveau, je le sais de la science, et cela me suffit pour en savourer l’impact chaque jour.

Courir permet de voir défiler du paysage, un peu mécaniquement, ce qui est encore propice à la méditation. Courir entretient mes articulations.

Finalement courir me fait vivre. Le jour où j’aurai les genoux d’un vieillard, la natation me fera vivre à son tour.

the run 4 min mile reflexion sur la guérison par la course à pied

Delphine: « la course à pied m’a permis de me sentir vivante »

A la question « qu’est-ce qui vous a motivé à commencer le running ou le sport en général ? », je n’osais pas avouer ce qui au plus profond de moi m’aide à me sentir vivante et me donne l’envie irrépressible de me dépasser.
Pourquoi ? Sans doute encore la honte qui me collait à la peau, mon histoire qui peut paraître glauque et qui aujourd’hui fait toute ma fierté. Le combat contre soi-même est sans doute le plus difficile.

Alors oui j’ai commencé à me bouger pour d’abord perdre du poids car j’étais arrivée à  100kilos toute gonflée, déformée…

En 2004, alors que je tentais d’oublier ma rupture avec mon copain et que je faisais des études brillantes, j’ai décidé de partir en Turquie pour vivre autre chose, découvrir de nouveaux horizons. Je ne me doutais pas que la fin serait pire que le début.

Je me suis retrouvée en octobre 2004 violée, agressée, dévastée par 3 individus. Rentrée en France, j’ai tenté de vivre avec ça au fond de moi. N’y parvenant pas et ne voulant pas avouer à quiconque cet affreux cauchemar, j’ai commencé à boire. Boire pour oublier, pour l’espace d’un instant me sentir plus forte…Mais pour que l’instant continue dans la durée, il faut augmenter les doses pour connaître toujours plus d’ivresse. La spirale infernale est alors lancée…Quel peut-être dès lors le remède salvateur ?

C’est précisément là où je veux en venir.

10 ans après je peux analyser tous les bienfaits que le sport et en particulier le running m’ont apporté.

J’ai bien entendu commencé tranquillement par des cours d’aquagym pour refaire mon cardio et entamer la perte de poids. J’ai fait aussi beaucoup de fitness. Les résultats du début n’étaient pas encourageants, la perte de poids infime par rapport aux efforts endurés et le regard des autres face à mon corps enveloppé se déchainant pas des plus stimulants.

Mais la persévérance paie toujours. J’ai donc poursuivi mes entraînements. Au départ, la perte de poids et la volonté d’être apaisée et en harmonie avec soi-même. Ensuite, on se prend au jeu, on veut progresser. Je me suis mise au triathlon alors que je ne savais pas nager et que j’avais la phobie de l’eau.

Bref, commencer à courir c’est bien plus profond, à vous de mettre dans votre motivation tous vos secrets.

En 2016, je m’alignerais sur mon premier Iron Man à Vichy. Plus de 10 ans après, le running m’a transformée. A qui le tour maintenant ?

Marie: « la course à pied m’a structurée »

La course à pied: mais pourquoi ? La course à pied m’a sortie du chômage en 2012, en m’apportant une discipline, un rythme et cet extraordinaire sentiment d’avancer que l’on a perdu quand on recherche un emploi depuis trop longtemps.

La course à pied m’a aidée à gérer mes émotions, m’a donné confiance en moi, m’a permis de m’exprimer, d’abord sur les sentiers isolés puis petit à petit parmi vous, sur les routes.

La course à pied m’a fait rencontrer un nombre incalculable de gens, inspirée au point de créer ce blog qui a son tour m’a permis de percer l’univers du marketing sportif au côté de grands athlètes et au coeur des plus grands évènements. La course à pied m’a ensuite vue tomber, blessée pendant 2 ans, dont 1 an quasiment sans sport. La course à pied accompagne aujourd’hui de plus en plus de néophytes que je vois découvrir ce sport, ce sain échappatoire, cette voie de libération qui n’a pas son pareil. La course à pied m’a fait avancer, me structurer, m’épanouir, gagner, persévérer, grandir prendre du recul, me poser.

Aujourd’hui je cours moins, mais je cours mieux et ça n’est encore que le début du chemin.

course à pied

Et vous, que recherchez-vous dans votre parcours sportif ? Engloutissez-vous les km pour exprimer quelque chose, pour vous prouver que vous pouvez ou pour le montrer aux autres ? Que vous apporte véritablement ce sport et quelle(s) blessure(s) a-t-il déjà guéri…?

Pour voir le film « The Run » (VOD): http://itunes.apple.com/fr/movie/the-run/id1050189660

 

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