A l’occasion du semi-marathon de Boulogne, j’ai eu l’opportunité d’échanger avec la n°1 française de l’épreuve et de chercher à mieux comprendre ses motivations, ses efforts et son parcours. C’est toujours un plaisir de creuser un peu la surface de la médaille pour aller rencontrer l’homme ou la femme qu’il y a derrière. Voici le résultat d’une interview vive et spontanée au cours de laquelle Séverine Hamel nous en dit un peu plus sur « sa course ».

Séverine, alors que la 17ème édition du semi-marathon de Boulogne s’est achevée sous une pluie de records, vous avez-vous-même franchi le finish en qualité de 1ère et plus précisément en 01h15’47″ (vitesse moyenne : 16,71km/h). Un grand bravo ! Par ailleurs, votre record personnel sur 10km est de 34’31 (en 2011) et vous affichez de beaux chronos aussi bien en cross que sur de grandes courses comme l’édition Paris-Versailles 2011 que vous terminez 8ème (et 1ère française) en 01h01’53″…(et 2012 , 1ère avez aujourd’hui 35 ans, vous êtes professeur des écoles et faites partie du célèbre club Free Run 72.

(Crédit photo : La Dépêche du Midi via urun. fr)

Ne nous arrêtons pas là! Les runners et lecteurs du blog Hotsteppers veulent en savoir plus…A vous la plume !

Le blog Hotsteppers est aussi « la zone lounge des fans de running » – une phrase bien teintée de culture anglosaxone qui veut dire beaucoup de chose mais qui parle avant tout de plaisir ! Et vous, avez-vous toujours été une « fan de running » ?

Je pense que oui puisque j’ai commencé la course à pieds à l’âge de 12 ans et je n’ai jamais pu m’en passer ensuite.

Pourquoi avoir choisi le semi-marathon de Boulogne ? Pour son profil roulant propice à la performance ? En guise de préparation pour un autre objectif ?

En fait mon objectif se situait au championnat de France de semi marathon le 22 septembre mais, malgré une superbe préparation et un bel état de forme, je suis complètement passée à côté de ma course.

Je n’avais pas envisagé de faire d’autres semi avant 2014 mais la frustration était tellement immense. Je savais que « j’étais capable de» mais je n’arrivais pas « à transformer l’essai ».

J’ai entendu parler du semi de Boulogne…même jour que le cross d’Allonnes que je fais toujours et où se jouait la sélection pour les championnats d’Europe de cross.

Le choix à été difficile mais je n’aime pas rester sur un « échec » alors j’ai décidé de tenter Boulogne.

(Crédit photo: Lepape-info.fr)

Comment avez-vous très concrètement géré votre entraînement pour cette course (durée spécifique, nombre de séances/semaine ?) – La distance semi implique-t-elle certaines particularités en termes de préparation ?

En fait ma prépa à commencé début juin pour une course fin septembre…pour tenir 2 mois de plus j’ai « surffer » sur ma forme en modifiant quelques petites choses à l’entrainement afin de ne pas me lasser.

Je m’entraine 6 fois par semaine quelque soit la distance que je prépare. Je ne peux pas m’entrainer plus. Par contre en faisant du semi j’ai augmenté mon kilométrage/semaine. Je chausse mes baskets pour un entrainement de minimum 1h, et cela peut aller jusqu’à 1h30.

Quelle qualité sportive préférez-vous chez vous ? Inversement, sur quel défaut essayez-vous de travailler pour mieux performer ?!

Je pense que je suis très consciencieuse, assidue à l’entrainement et que, quand j’ai décidé de faire quelque chose je me donne les moyens d’y arriver. Par contre je ne me sens jamais assez forte par rapport aux autres : si j’arrive à être devant c’est sûrement parce que les autres étaient moins bien ce jour là ;-). (NDLR: cela en rassurera plus d’un(e) de savoir que même mes athlètes internationaux ressentent ce genre de choses !)

(Crédit photo: VO2.fr)

Quel rôle joue votre coach dans votre parcours ?

Benoît est mon compagnon. Il m’entraine depuis 2009 et depuis que je suis avec lui j’ai passé un véritable palier à l’entrainement. Il a su me remotiver à un moment où je pense, j’allais décrocher… On est une véritable équipe et ses entrainements me conviennent parfaitement. Je ne me blesse que rarement et surtout je ne me lasse jamais de ces entrainements qui sont variés et adaptés à ma forme du moment. Il me rassure, m’accompagne, et s’adapte à mes envies, mes objectifs.

Avez-vous un rituel avant vos compétitions, quelque chose qui vous booste plus que le reste ?

Pas vraiment mais ce qui est sûr c’est que je suis hyper stressée avant chaque course, quelle qu’elle soit. C’est désagréable mais avec le recul je me rends compte que sans ce stress je ne peux pas être performante. Un mal pour un bien comme on dit.

Comment une athlète de niveau international gère-t-elle sa première grossesse puis sa nouvelle vie de maman ?!

Bouhouuu j’ai détesté être enceinte et j’ai eu du mal à accepter le changement corporel (j’ai pris 17kg !). J’ai pourtant eu une grossesse facile, sans aucun désagrément et j’ai pu faire du sport toute ma grossesse : couru 3 à 4 fois par semaine jusqu’à 5mois 1/2 de grossesse puis je suis passée au vélo et à l’aquajogging jusqu’à la veille de l’accouchement.

L’arrivée d’un enfant est un grand bouleversement mais qui m’a plutôt bien réussi à priori car j’ai eu mes meilleurs résultats après l’arrivée de Noa.

(Crédit photo : La Dépêche du Midi via urun. fr)

Quelle place occupe l’alimentation ou plutôt…la « nutrition sportive » dans votre quotidien ?

Je n’ai pas de régime particulier, je mange de tout ! Beaucoup plus de fruits et légumes depuis que je suis avec Benoît.

Je suis gourmande et c’est vrai que depuis le mois de juillet j’ai décidé de faire moins d’excès (réduire le sucre, moins de dessert, de chocolat…). Pas des choses très contraignantes mais c’est vrai que depuis, je suis plus affutée.

Je ne sais pas si cela a joué sur mes résultats mais psychologiquement, je me dis que comme je ne peux pas m’entrainer plus, je dois trouver un autre moyen de progresser encore.

Quel est votre plus grand rêve ? (tout est permis… !)

Si on parle uniquement athlé, je pense que j’ai atteint mon rêve d’accéder à l’Équipe de France.

Pour le reste je sèche un peu sur la question.

Que pensez-vous de ce nombre incroyable de coureurs de tous horizons qui s’essaient au running et qui bien souvent ensuite, ne peuvent plus s’en passer ?!

Ça me fait sourire…il y a des 10 ans j’avais des copains qui me trouvaient « cinglée »d’aller courir le jour de l’an ou le lendemain d’une soirée. Ils ne comprenaient pas ce que je faisais et me traitaient d’hyperactive !

Aujourd’hui ils se sont mis à courir et comprennent surement ce qu’il m’est arrivé il y a 23 ans : quand on commence on ne peut plus s’en passer !

Pour finir, quel adage ou pensée forte pourriez-vous leur adresser ?

J’ai une phrase fétiche « Vivre ses rêves plutôt que rêver sa vie ».

(Crédit photo : Lepape-info. fr)


Un grand merci Séverine pour votre temps et pour cette expérience et inspiration que vous avez accepté de transmettre à tous ceux qui vous liront (ils sont nombreux !). Nous vous souhaitons le meilleur sur les routes…

Marie pour les Hotsteppers

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Marie
Créatrice et blogueuse passionnée de Sport, nourrie des cultures européenne et américaine, je me spécialise en nutrition pour aider les lecteurs Hotsteppers à vivre une vie saine, solide et riche de sens ! Ma meilleure amie et athlète Alison m'accompagne sur ce blog dans les 1001 expériences et découvertes qu'il nous offre et contribue à son contenu à travers son activité physique de niveau semi-pro (Équipe de France de Hockey Subaquatique)

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