Il y a ceux qui font des performances chronométriques hors-normes; il y a ceux qui pour courir, dépassent des contraintes quotidiennes; ceux qui mènent de front famille, enfants, boulot et qui continuent de persévérer dans la course; ceux qui ont structuré une période de recherche d’emploi souvent bien vide, avec des séances régulières de running; il y a de nombreux cas de figure en fait, de nombreux profils, de nombreuses histoires personnelles. S’il est bien difficile de répondre à l’énervante question du quidam: « pourquoi/après quoi cours-tu?« , il est certain qu’il existe chez « tous ces runners« , un point commun: celui de vouloir avancer, approfondir, mieux se connaître, expérimenter, vivre …en fait. C’est pourquoi j’aime donner la parole à des coureurs de tous niveaux, mais surtout à ceux qui ont une histoire à raconter, bien au delà de leur palmarès. Je n’ai aucun critère pour cette rubrique si ce n’est de laisser le destin opérer. Dernièrement, le destin m’a permis d’échanger avec Erwan et aujourd’hui, c’est à vous qu’il s’adresse.

 

Erwan, 38 ans – Lyon – 3 sorties en moyenne/semaine

Temps de référence:

10km : 45’40”
Semi : pas de référence, seulement un 18 km trail avec 650 D+ en 1H44 (très difficile)
Marathon : 3h31 (Lyon 2013)

Erwan, où vis-tu, que fais-tu dans la vie ?

Je gère la partie bureau d’études dans une entreprise d’aménagements extérieurs, espaces verts et terrains de sports.

Depuis quand cours-tu ?

Un peu plus d’un an.

Qu’est ce qui t’as fait passer à un rythme de runner régulier, y a-t-il eu un déclic ?

Je me suis fixé comme objectif durant l’été 2012, de faire un marathon avant d’avoir 40 ans !

Cet objectif est arrivé suite à une période de grosses difficultés familiales et psychologiques, en regardant les jeux olympiques de Londres, et précisément l’épreuve de Marathon féminine.

Je pense que ce qui m’a le plus marqué, c’est de voir une concurrente s’écrouler, à bout de forces, car elle avait tout donné pour cette course, dans ce contexte des JO.

Combien de fois cours-tu par semaine ? Fais-tu d’autres sports en complément ?

En général 2 à 3 fois par semaine, mais lors de la phase de préparation du marathon, c’était plutôt 4 fois.

Je jouais au basket avant de courir, mais je ne pouvais pas tout cumuler. Depuis j’ai arrêté, sauf quand mon petit frère me demande de lui expliquer …

Es-tu plutôt feeling ou plutôt performance ?

Je suis plutôt feeling.

Durant la phase d’entrainement, je tenais le plan que je m’étais fixé, mais souvent en étant plus rapide (ou plus lent) selon l’état de forme du moment.

Plutôt pratique individuelle ou pratique collective ?

Pratique individuelle pour pouvoir concilier les impératifs familiaux et professionnels. Je me retrouve souvent à courir très tôt le matin, ou tard le soir.

Par contre j’apprécie beaucoup les séances de groupe : running by LEPAPE par exemple à Lyon (les lundi soir) ou avec des collègues de bureau les jeudi midi.

Plutôt branchée tenue de running fashion ou look totalement nature ?

J’ai surtout besoin de confort et de d’efficacité à travers les vêtements que je porte. Je dirais que le look vient dans un deuxième temps.

Plutôt nutrition sportive adaptée ou improvisation ?

Je fais toujours attention à ce que je mange sur les derniers jours avant la course. Idem pour les boissons (alcool surtout…)

Par contre, le reste du temps, c’est souvent sandwich le midi, et fond de frigo le soir, malheureusement.

Quel est ton programme de course pour les mois à venir ?

J’ai prévu un 10 km ce week-end, en toute décontraction 2 semaines après le marathon, mais aussi pour essayer de profiter de l’état de forme et voir ce que ça peut donner.

Je ferai le semi marathon du Beaujolais le 23 novembre.

La suite n’est pas encore planifiée. Je souhaite m’orienter sur quelques trail, puis d’autres marathons.

Quel objectif/rêve sportif caresses-tu secrètement ?

Mon rêve est de courir le marathon de New York. Peut être avant mes 40 ans ? …

Qu’est-ce qui est le plus difficile pour toi dans la course à pieds ?

C’est souvent le moment ou on se dit : « il faut que j’y aille ! » alors qu’après une monstrueuse journée de boulot, tout nous pousse à nous recroqueviller, bien au chaud à la maison, devant la télé. Il faut trouver le courage de se changer et de sortir.

Qu’est-ce que la course à pieds t’apporte de plus fort, de plus intense, de plus bénéfique ?

C’est la sérénité et l’impression physique de flotter au dessus de tout quand on rentre d’une bonne sortie.

Ça me permet de me vider la tête, de réfléchir et de poser beaucoup de choses, de relativiser. L’effet n’est pas seulement physique.

Qu’est ce qui te plait le plus chez une runneuse ?

Ses jambes…

Quel sportif admires-tu particulièrement et pourquoi ?

Michael JORDAN.

Une icône. Une star exceptionnelle qui est toujours restée accessible, humaine.

J’admire chez lui sa volonté, son courage, sa capacité à toujours pouvoir et vouloir se dépasser.

Dans son jeu, il a toujours eu un style très aérien, une grâce et une fluidité exceptionnelles. Ce n’est pas pour rien que de nombreuses images de lui ont été montées sur des bandes son, style musique classique.

As-tu un rituel avant chaque course ?

Non.

Mais je cours souvent avec une photo (et toujours la même) de mes enfants scotchée à l’intérieur de mon dossard

Quelle est la dernière chose importante qu’une expérience de course à pieds (entrainement, rencontre ou compétition) t’a révélé sur toi-même ?

Qu’il faut savoir rester humble, mais que le corps à des limites que l’on ne connait pas, et donc, qu’il ne faut jamais se sous estimer.

On est tous capables de faire de grandes choses. Il suffit souvent d’avoir la bonne recette et de le vouloir.

Quelle runner aimerais-tu être dans 10 ans ?

J’aimerai être quelqu’un qui donne envie. J’aimerai partager ça avec mes enfants et que ça les amène aussi à se sentir plus forts, plus sereins.

Quel dernier message as-tu envie de transmettre à ceux qui te lisent en ce moment même ?

Pas très original mais : faites vous plaisir, prenez du plaisir et partagez le !

Un grand merci à toi Erwan…Ravie que nous ayons pu échanger au détour d’un post FB puis que cet échange ait abouti à cet article, ouvert à tous ! Tes réponses sont riches et révèlent une expérience de vie intéressante. Un point commun chez de nombreux runners, n’est-ce pas ?! Bonne route sur le chemin initiatique du running…


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Marie
Créatrice et blogueuse passionnée de Sport, nourrie des cultures européenne et américaine, je me spécialise en nutrition pour aider les lecteurs Hotsteppers à vivre une vie saine, solide et riche de sens ! Ma meilleure amie et athlète Alison m'accompagne sur ce blog dans les 1001 expériences et découvertes qu'il nous offre et contribue à son contenu à travers son activité physique de niveau semi-pro (Équipe de France de Hockey Subaquatique)

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