Les beaux jours sont en train de s’installer et le rythme de travail quotidien se tempère. On sent bien que l’heure est au repos. Le corps et l’esprit se sont donnés toute l’année; il faut un temps pour tout. Un pour agir, l’autre pour contempler. Le mot n’est pas choisi au hasard. Certains diront « récupérer », mais je vais volontairement plus loin en allant jusqu’à suggérer cet état où l’on ne « fait » rien mais où l’on « est ». Connectée à 1000 flux d’infos, l’iPhone 6 greffé à ma main droite, en tout temps, en tout lieu, parfois par automatisme plus que par véritable but, j’ai choisi cet été de m’absenter de mon quotidien pour mieux l’apprécier. Début août, je pars marcher au sein d’un groupe d’inconnus, en autonomie complète, sans carte bleue ni téléphone portable, au cœur du Désert des Causses. Cet été, je fais un Goum.

Le Goum ou l’aventure spirituelle du désert

Une marche en quête de sens

Emprunté à un site abordant en détail l’origine et la signification du mot « goum », ce titre exprime à lui seul l’essentiel de la vocation du Goum. Inspiré de l’araméen « Koum », synonyme de « renaissance« , de « liberté« , d' »indépendance« , le Goum est né en 1970. Marche désertique détachée de tout confort matériel bien souvent superflu, le Goum a traversé les générations. Fédérateur de jeunes ou de moins jeunes, en quête de recueillement, d’unité, ou plutôt d’unification et de sens, les Goum permettent un véritable face à face avec soi même, tout en cheminant avec les autres.

les causses goum

Les Causses

Se détacher pour y voir plus clair

La 1ère fois qu’une amie m’a parlé de cette aventure par hasard, j’ai ressenti une attirance forte pour ce type d’expérience. Tout comme certains d’entre vous peuvent frissonner à l’idée de faire l’UTMB ou de préparer la Diagonale des Fous, j’ai très vite eu envie de faire un Goum ! Ma hernie discale ayant beaucoup calmé mon envie de mettre mon corps en zone d’inconfort….à moins de me dépasser dans un but bien particulier, je ne m’étais projetée dans aucune nouvelle expédition depuis 2 ans. M’entraîner pour atteindre un chrono, pour grappiller quelques minutes sur le bitume et risquer de le payer sous forme de regrets (dur, très dur de retrouver un niveau d’avant blessure quand on doit réduire son volume d’entraînement) voire de douleurs, non, l’envie n’était plus là. M’entraîner pour marcher loin de mon téléphone, de mes mails et réseaux sociaux, jusqu’à 30km par jour au coeur d’un paysage merveilleux « Made in France », à l’écoute du silence, l’objectif était tout autre.

Spiritualité chrétienne et effort physique

Ce qui me plait également dans ce raid de 8 jours est la combinaison d’une dimension véritablement spirituelle d’inspiration chrétienne et d’un gros défi physique. Un Goum rassemble près de 20 personnes, dont un prêtre catholique marchant au cœur du « peloton » et prenant sur ses vacances pour vivre cette semaine. Il ne s’agit donc ni d’une retraite statique dans une abbaye, ni d’une marche seule. Pour autant fermé à personne, peu importe ses croyances ou ses origines, le Goum ne peut être dissocié d’une recherche spirituelle. Aspect essentiel pour moi et porteur de sens.

michel menu createur des goums

Michel Menu, fondateur des Goums en 1969, décédé à 99 ans en 2015. ©T.GOISQUE

Un contenu inconnu et pudiquement gardé

Si de beaux articles décrivent un peu le déroulé d’un Goum, les témoignages des anciens « Goumiers » sont souvent les mêmes: un Goum ne se raconte pas, il se vit ! La marche quotidienne est physique. Chaque nuit se déroule à la belle étoile. Les goumiers petit déjeunent et dinent mais ne déjeunent pas. Un poids de 10kg maximum est conseillé au risque de ne pas tenir la distance: il faut donc optimiser, rationner, ne garder que l’essentiel. On part pour vivre 8 jours sans téléphone portable. On se dépouille de l’excédent, on se retrouve sans rien pour fuir ou s’enfermer, on s’expose aux autres et à soi même.

Je pars dans 3 semaines et vous ferai part d’une étape essentielle d’avant départ: la composition de mon sac ! Pour le reste, je me ferai une joie de vous donner des nouvelles de cette incroyable expérience à mon retour mais pour l’heure je ressens un mélange d’appréhensions (mal au dos ? capacité à récupérer en dormant à la belle étoile ? capacité à avancer malgré un jeûne quotidien à l’heure du déjeuner ? entente avec les autres ? coups durs ou coups de mou sans téléphone pour appeler ceux que j’aime ?) et d’envie. Mais une chose est sûre: je m’entraîne actuellement pour cet objectif, tel un objectif sportif et suis certaine de revenir transformée et heureuse ! Amis Hotsteppers, je n’ai pas fini de vous surprendre – à suivre !

 

5 Commentaires

  1. difficile de résumer ces 8 jours…. cela reste pour moi des moments où je chemine avec moi-même, les autres donc avec l’Autre. c’est redonner le Temps au Temps… c’est juste vivre, réapprendre un rythme pleinement humain. joie à l’arrivée de l’étape lorsque un compagnon de route vient me délester de mon sac et m’offre de l’eau fraîche… retrouver un regard sur le monde, tous les mondes…. et l’offrir à l’horizon, aux autres! bon goum!

  2. Impressionnant et ce genre d’aventure me tenterait grave. J’attends ton retour avec curiosité ! Quasi 100% d’en revenir plus riche. Je n’ai pas beaucoup de mots. Super initiative ! Bisous.

    • Merci Isabelle; je vous raconterai ça avec plaisir, une fois le « défi » relevé 🙂 Des goums se « lancent » tout l’été et même jusqu’en septembre un peu partout; n’hésite pas à regarder si tu es attirée 😉

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