La Minute du Marathon des Sables, par le journaliste Jean-Louis Bernardelli

Le team Transavia Sportera Handi’cap dans la danse du sable…

On est au troisième jour du Marathon des Sables, et même un outil aussi perfectionné que Google Earth ne détecte pas le Jebel (montagne) Mouchanne où les concurrents récupèrent avant d’attaquer les 73 kilomètres de l’étape de ce mercredi (et d’une partie de la nuit suivante…). Ce coin est magique, connu du (petit) monde des pistards de tous genres, extrêmement isolé, beau à hurler, Saint-Ex y aurait sans doute vu un de ses paysages de création du monde…

Nicolas Guitton, membre du team Transavia Sportera Handi Cap, parvient à appeler Paris, après deux jours d’isolement sans réseau…

« L’étape UN, 37 km, a été la première la plus dure de toute l’histoire du Marathon des Sables. Nos trois enfants, Astrid, Marie puis Gaëtan, ont été tour à tour pris en charge dans la joëlette, au fil des check-points où ils sont amenés en voiture. Chacun y passe environ deux heures, ils sont protégés de la chaleur et bien entendu nous les hydratons sans interruption. La température entre midi et deux heures est très élevée, plus de trente degrés, et elle augmente au fil des jours, avec un avantage d’ailleurs, les nuits sont aussi plus chaudes, au début nous étions à 5 degrés !

Nous courons ensemble et les relais sur la joëlette se font toutes les six minutes, pour n’épuiser personne. Lorsque le terrain est roulant, il ya juste un coureur devant et un autre derrière. Quand la piste devient plus dure, dans le sable, ou quand elle grimpe, nous avons différentes options, en général un devant et deux à l’arrière, puis, quand cela se complique encore on peut aller jusqu’à quatre personnes devant, un derrière et un sur chaque côté. Alors, la difficulté est que chacun porte son effort au même moment, sur le pied gauche, il ya donc un des coureurs qui fait office de « hurleur » et qui donne le rythme, un, deux, un, deux etc… ».

Le deuxième jour est une étape connue des anciens, mais qui se fait à l’envers, et beaucoup plus difficile. Très sélectif dit-on en langage sportif, autrement dit épuisant. Et le fait est qu’il y a des abandons, le team Transavia Sportera Handi’Cap a même porté assistance à plusieurs concurrents en déroute, en attendant l’un des deux hélicos qui servent soit à la production TV soit à l’évacuation des blessés, ce qui se fait de façon automatique quand on brise la balise de sécurité que porte chaque coureur.

« On avance sans se presser » dit Nicolas Guitton, « le tableau de marche nous amène au bout des étapes une heure avant la fermeture des contrôles. On fait en moyenne quatre kilomètres par heure. Tout le monde est en forme mais les blessures ont affaibli deux membres du team. Un talon d’Achille qui s’est enflammé, on doit faire attention à ce qu’il ne lâche pas, un ongle d’orteil qui a sauté et d’une façon générale, des ampoules pour tout le monde, Jérôme Cazade en est le recordman pour l’instant, douze à lui tout-seul. ».

Nous comprenons que les enfants sont ravis malgré la fatigue, un bivouac même confortable reste un bivouac. Ils disent évidemment vivre une aventure dont ils ne pouvaient même pas rêver.

Demain, pour l’étape de 73 km, il est prévu de ne pas faire rouler les enfants de nuit, ils se fatigueraient trop vite et n’auraient aucun plaisir de participer au raid dans ces conditions. Les deux accompagnatrices du team, Laure et Anne-Laure, sont aux petits soins, hydratation, sommeil, surveillance, nourriture, confort, elles font, dit Nicolas, un boulot formidable.

Bref, la belle histoire se déroule comme prévu, avec des souffrances physiques mais le désert apporte toujours des ressources insoupçonnées à ceux qui l’approchent avec humilité et enthousiasme. Quant aux enfants, ils sont émerveillés, c’était le but de l’expédition et à mi-parcours, il est atteint.

Merci à Jean-Louis Bernardelli pour ce reportage attendu !

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