Hommage à ces amis canins qui embellissent nos vies

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Il est des jours de chance, de lumière, d’autres plus sombres au cours desquels la loi des séries semble se mettre en marche avec cynisme. Si une bonne nouvelle en entraîne souvent une autre, l’inverse est aussi parfois vrai. Ce Vendredi 27 octobre j’apprenais le décès de mon grand-père; nous étions très éloignés depuis des années, malgré de belles années partagées avec lui étant enfant…mais ma famille entière s’unissait avant tout à la peine de mon père. Dès le lendemain, notre beauceronne, un chien bien particulier qui partageait chaque seconde de notre vie depuis plus de 6 ans, se vidait de son sang des suite d’un cancer de la rate, pernicieusement et silencieusement installé depuis longtemps, pour s’endormir à jamais, en quelques heures.

Je veux aujourd’hui, par la voie de l’écriture qui est mon mode de communication de prédilection, rendre hommage à ces compagnons, ces êtres bien vivants, animaux certes mais jouant un rôle essentiel dans le quotidien de ceux qui savent les aimer et parfois même les transforment.

« Tant que vous n’avez pas aimé un animal, une partie de votre âme sera toujours sans éclat, endormie. » Anatole France

Merci à Mickael, l’un des lecteurs du blog pour cette citation partagée sur le mur Facebook Hotsteppers…mur sur lequel vous avez été nombreux à partager votre soutien et votre solidarité, merci…

 

A l’époque, j’étais encore dans mes rêves d’étudiante ayant enchainé une école d’ingénieur et un MBA, pensant de fait que le monde lui appartenait. Sensible refoulée je ne m’attardais pas à montrer que les animaux me touchaient. Rentrée de mes études au Canada, persuadée de trouver un emploi génial en un claquement de doigt, je me retrouvais au départ d’une longue période de doutes et de souffrance (chômage), à chercher ma place mais en vain. L’une de mes deux soeurs et ma mère, allaient à cette époque régulièrement à la SPA d’Orgeval comme bénévoles, pour offrir de leur temps à tous ces animaux isolés et parfois blessés. Leur aide était simple mais des plus efficaces. Elles choisissaient un animal et le promenaient, lui offrant toute l’attention et l’amour qu’il ne recevait plus, le temps d’une ballade. A force de revenir, leur choix se portait souvent sur le même chien…ce chien s’apparentant très étroitement à un berger de Beauce/Beauceron/Bas-rouge mais ne possédant pas le double ergot, signe absolu d’appartenant à la race. Peu importe…ce chien ou plutôt, cette chienne, avait quelque chose de plus. Pourtant, elle était maigrissime, avait perdu la plupart de son pelage et faisait les 100 pas dans sa cage, traumatisée par un début de vie injuste. Ses anciens maîtres la battaient, jusqu’à ce que des voisins salvateurs les dénoncent à la SPA venant l’enlever des mains sales de ses bourreaux. Initialement dans le Sud de la France puis transférée en région parisienne où elle aurait plus de chance d’être adoptée; Buffy n’intéressait personne. Personne…sauf ma mère et ma soeur qui avaient perçu en elle une douceur et une sensibilité rares, celles du chien de berger dans toute sa splendeur, qui ne demande qu’à aimer fidèlement ses maîtres pour peu qu’on l’accepte. Un jour, je les avais accompagnées dans cette promenade, trouvant cette chienne bien difficile à apprivoiser, bien peureuse, bien « compliquée ». Mon coeur était encore un peu dur et mes rêves de perfection encore un peu trop ancrés. Comment trouver du potentiel dans ce chien brimé ?

Le jour où Buffy arriva à la maison, « pour un test d’adoption », je me demandais comment nous ferions avec deux chiens…ayant déjà un basset artésien, depuis des années.

Buffy aura volé des plats entiers en notre absence, déchiré des rideaux, cassé un certain nombre d’objets, mettant des années à substituer ses réflexes de panique par de la confiance. Petit à petit, ses poils repoussaient, elle apprenait à fermer les yeux, ne craignant plus une attaque irraisonnée et impromptue, elle acceptait de manger sans se méfier de nous, sachant que nous ne voulions que son bien et que nous l’aimions. Elle appris à accepter mon père, seul homme de la maison…Dieu sait si elle avait peur des hommes. D’années en années Buffy se mit non seulement à guérir mais à aimer la vie et à nous donner tellement plus encore…

A chacun de nos pleurs, Buffy aura su, à la hauteur de sa conscience canine, poser sa tête et offrir sa douceur, pour nous soulager…A chacun de nos rires, elle se sera joint à nous, battant de la queue et jouant, si heureuse de nous voir heureux. A chaque retrouvailles familiales, elle aura été au summum de sa sérénité, en bon chien de berger, si contente de nous voir ensemble.

Combien de dures heures passées en retrait, parfois malade, parfois juste triste (même très triste), j’ai pu passer allongée, aux côtés de ce chien extraordinaire qui offrait toujours sa présence au plus fragile du moment et ne le quittait pas des yeux. Combien d’heures de course en forêt, ces runs libres et heureux, sans montre, j’ai pu partager avec elle, toujours devant, se retournant vers moi les oreilles dressées l’air de dire « alors, tu viens ?! ». Combien de disputes familiales au sein desquelles elle se sera interposée, ne supportant pas de sentir de l’agressivité dans nos voix, si sensible à la paix et à la tendresse.

Comme le disait très justement Kilian, ami et ancien camarade de promotion militaire (car oui, l’armée fut une fuite à cette époque où je cherchais ma voie), la rançon des heures de bonheur passées avec quelqu’un ou avec un être vivant d’exception ne peut être que la tristesse de la séparation. Pour autant, si certains se privent d’aimer pour ne pas souffrir, j’ai trop grandi dans un environnement d’amour pour pouvoir vivre ainsi et sais être bien heureusement « condamnée » à une vie sensible et pleine de vibrantes émotions.

Aujourd’hui je suis très triste d’avoir quitté ma belle mais heureuse d’avoir été avec elle jusqu’au bout du bout et d’avoir pu lui donner sans relâche, toute cette tendresse et cet amour qui ont fait de sa vie, tout sauf « une vie de chien ». Si cet écran avait été du papier, vous y auriez vu des traces de larmes – la maison est bien vide sans toi Buffy mais la vie continue et je te promets que désormais et depuis toi, mon coeur est bien plus ouvert.

 

NB: Suite à la rédaction de cet article, j’ai choisi d’écrire à la SPA d’Orgeval pour les informer de la belle vie que Buffy avait eu au sein de notre famille et leur annoncer son départ… Une bénévole m’a répondu très rapidement, un message touchant que je vous copie ci-après et inséré dans la foulée mon court « témoignage » mail sur leur site: ici. Merci à tous ces bénévoles de l’ombre qui œuvrent pour nos bêtes…si belles !

« Bonjour,
Je viens de lire l’hommage vibrant d’amour que vous avez rendu à votre chienne. Merci du fond du coeur de l’avoir si parfaitement accompagnée, du début à la fin. Je ne peux qu’imaginer, à la profondeur de votre tendresse, l’immensité de votre chagrin. L’absence est cruelle, violente, mais le temps vous ramènera doucement le bonheur des moments complices que vous avez partagés.
Une douce pensée à Buffy.
Je me permets de copier l’une de ses photos pour illustrer votre témoignage.
Merci encore pour elle. Pascale, bénévole »
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Marie
Créatrice et blogueuse passionnée de Sport, nourrie des cultures européenne et américaine, je me spécialise en nutrition pour aider les lecteurs Hotsteppers à vivre une vie saine, solide et riche de sens ! Ma meilleure amie et athlète Alison m'accompagne sur ce blog dans les 1001 expériences et découvertes qu'il nous offre et contribue à son contenu à travers son activité physique de niveau semi-pro (Équipe de France de Hockey Subaquatique)

8 COMMENTS

  1. Ton texte est absolument magnifique, Marie. Je me permets de t’écrire car je sais ce que vous ressentez après la disparition de Buffy. Elle était mignonne comme tout, je disais à Clarisse que je me souviendrai toujours d’un jour où elle avait posé ses deux pattes sur mon ventre quand j’étais entrée. Vous lui avez tous apporté une part de vous qui l’a rendue très heureuse. Je comprends la douleur que vous ressentez tous et je me joints à vous dans cette triste période. Buffy aura vécu des années de bonheur au sein de cette si belle famille.
    Courage à vous tous, Buffy vous regarde depuis là haut, veille sur vous.

    • Merci Lorella 🙂 je crois que beaucoup de personnes garderont de beaux souvenirs de ce chien qui faisait toujours peur au 1er abord mais qui, une fois apprivoisée et avec un peu de patience, donnait beaucoup d’attention et de tendresse, toujours avec finesse…Bisous

    • Oui Charles, mais elle a été si heureuse jusqu’à quelques heures avant de partir que finalement, on aurait pu espérer mieux..et…on a recalculé,..elle avait 14 ans ! Enorme pour un beauceron 🙂 Merci pour ton message et gros bisous à Gaia :-*

  2. Je sais se que tu ressent a l’heure actuelle, j’ai vécu la même chose ou je suis resté avec mon chien jusqu’à la dernière minute, et j’ai toujours du mal .
    De tout cœur avec toi Marie

    • Merci beaucoup Marc…c’est dur à comprendre pour ceux qui n’en n’ont pas…moi même j’étais plus froide avant, mais ces animaux vous donnent tellement que vous ne pouvez qu’adoucir votre coeur et changer…:(

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