Préambule: « Pourquoi je cours… »

Go Sport Running Tour, édition 2; j’aurais presque voulu intituler cet article: « Pourquoi je cours ? …parceqqqqque ! » – et oui, cette fameuse question que l’on pose sans arrêt aux runners de tout niveau un tant soit peu motivés …et quelle question…La réponse se trouve dans le récit qui suit.

Près de 10 000 participants rassemblés sur l’ensemble des courses de la journée – la 1ère à partir étant la « course royale » de 15km

Ce 15km de « fin de saison » comme disent les pros 😉 devait être une ballade, mais comme d’habitude, une fois dans la course il m’est impossible de prendre l’effort à la légère et je donne. Je donne du souffle, du coeur, de la foulée, je lutte contre les idées parasites, contre les pensées négatives provenant de contrariétés personnelles qui n’ont rien à voir avec le sport, contre les irrégularités du parcours, contre la montre ! C’est une lutte certes mais elle est agréable parcequ’il n’est pas question de vie ou de mort, il est question de se surpasser et d’avoir la chance de pouvoir le faire ! C’est donc une lutte chanceuse couronnée d’un temps idyllique et d’un décor royal mais surtout, ce fut l’occasion de rencontrer et d’interviewer la marraine de l’événement, la grande Marie-Josée Pérec – une rencontre touchante après une course trippante. Comme dirait Georges « what else?! » – Place au récit.

15 km de pavés, terre, herbe et bosses 

Une mise en route difficile: des douleurs au genou inédites

Il m’arrive rarement d’avoir mal et quand c’est le cas c’est systématiquement au niveau des lombaires (contractures liées au stress et à la vie quotidienne) et/ou des quadriceps. C’est finalement assez rare et jamais bien grave. Ce week-end ci, retour de douleurs lombaires et étrangement, une descente d’escaliers, un crac au genou gauche et en quelques pas je me retrouvais bêtement avec un genou endolori à la veille de la course. Ayant un peu évolué depuis mes toutes premières courses, je me suis dit que si la douleur persistait je renoncerais à la course. Le lendemain, la douleur était présente mais acceptable. J’ai pris le risque, j’avoue, de prendre un anti-inflammatoire et d’y aller. Plutôt bornée quand même. J’arrive 15min avant le coup de pistolet, comme d’habitude et je retrouve plusieurs amis: Stephane, Audrey, Marc et son fils Tristan…Nous nous souhaitons une belle et agréable course; Marie-Josée Pérec salue la foule, il y a de l’ambiance, les pavés, la terre et la boue attendent nos foulées, top départ !

Marie-Josée Pérec encourage les coureurs qui avancent vers l’arche de départ…

Un parcours surprenant – un chrono satisfaisant

On m’avait parlé des « pavés » du parc que je connais par ailleurs plutôt bien à la base mais j’ignorais que 75% du parcours se ferait sur un sol irrégulier de bosses, de terre, d’herbe…L’expérience fut donc agréable car différente mais pas facile pour autant ! Comme d’habitude, étant arrivée très tard je suis partie en fin de peloton et j’ai dépensé une énergie considérable à remonter des centaines de coureurs tout le long. Je n’ai donc pas eu une course très régulière et du composer avec de grosses accélérations et des récups, au moins jusqu’au 10ème km. J’assume, j’aurais du mieux me placer. Par ailleurs, on m’a souvent parlé des « vagues d’énergie » pendant la course. Ces moments d’euphorie et de force qui alternent avec des baisses de régime et ainsi de suite. Je l’ai vraiment vécu sur cette course. Après 2-3 km de mise en route j’ai eu de très bonnes sensations: pas de douleurs, pas d’essoufflement, de la force dans les jambes … puis l’énergie est un peu retombée – c’est à ce moment là que j’ai pris un gel d’Aptonia (11g de sucres par gel ce qui est faible) pour assurer le reste de la course. Finalement, l’élargissement des allées et la dispersion des coureurs à partir du 10ème km m’ont permis de finir avec plus de stabilité. Je n’oublierai pas pour autant la montée finale, juste avant le finish, intéressante… ! Niveau chrono, tout s’est passé comme prévu. Ayant fait 1h24 (temps officiel) sur la même distance aux Foulées des Laveuses 2 semaines avant, sur un parcours complexe avec plusieurs montées, je savais que je pouvais viser 1h20 sur cette course versaillaise si je ne me plantais pas. Ce fut chose faite: 1h20’39 (tous les résultats: ici). La prochaine fois, en me positionnant mieux, je viserai 1h18.

Tracé du parcours de la « course royale – 15km » sur fond de verdure…

Feedback nutritionnel

Sortant de semaines de révisions de formation de nutrition sportive je vous épargnerai les détails mais une chose est certaine: pour cette course j’avais fait attention à accumuler suffisamment de stocks de glucides dans mon foie et dans mes muscles (glycogène). Pour cela, rien de bien compliqué si ce n’est d’avaler une moyenne de 10g de glucides/kg de poids corporel/jour – soit une alternance de pâtes, de riz, de lentilles, de semoule – accompagnés de beaucoup d’eau (l’eau est indispensable au stockage de glycogène), de légumes, de fruits et de biscuits/pain d’épice/compote – 3 à 4 jours avant le jour J. Bilan: je n’ai eu aucune baisse de forme ou pire d’hypoglycémie comme celle que j’avais pu connaître aux Foulées des Laveuses (je n’avais pas assez mangé les jours précédents.)

Finalement, le gel Aptonia au 8ème km m’a permis un petit apport en sucre (11g versus les 19-20g de la plupart des gels du marché) au bon moment, sans risquer une quelconque surcharge glucidique ou problème digestif mais tout en garantissant une aide nutritionnelle adaptée pour finir la course. Idem, j’aurai bu un peu moins d’1L sur la course – l’eau de mon bidon ayant essentiellement fini sur ma tête et sur mon dos ! (ce qu’il a pu faire chaud !).

Une rencontre de choc avec Marie-Josée Pérec dont le message est fort et clair

Un petit moment de remise en marche…

Après avoir grimpé les derniers mètres, revécu une fois de plus et sans lassitude ce franchissement de la ligne d’arrivée en sprintant, eu envie de pleurer d’émotion (rhooo mais pourquoi, pourquoi, pourquoi !!) suite à l’effort fourni, mêlé au plaisir d’être arrivée malgré les douleurs du matin, j’ai récupéré ma médaille, me suis assise dans l’herbe et n’ai pas bougé pendant 15min. J’avais une mission essentielle: rejoindre Marie-Josée Pérec pour un interview à la tente presse mais je voulais m’isoler un moment. Mon portable étant quasiment déchargé je n’ai répondu à aucun ami (désolée !) souhaitant conserver les quelques % de batterie restants pour prendre en photo la reine de l’athlé ! Une fois remise j’ai rejoint la fameuse tente où j’ai eu le plaisir de croiser Greg et Emmanuelle, venue depuis Paris en ElliptiGo ainsi que Stéphane et Audrey – relativement satisfaits de leur course. Marie-Josée rejoignait alors la tente pour son rendez-vous avec les Hotsteppers, c’était le moment de jouer !

Une sportive très humaine et soucieuse de promouvoir le plaisir du sport, plus que la performance

Je fus agréablement surprise de voir que Mari-Jo m’attendait. L’interview n’était pas passé à la trappe. Quelle chance lorsque l’on n’est qu’une petite bloggeuse avec peu d’autres moyens que son envie et sa motivation, de se voir réserver un vrai temps d’échange avec une athlète de très haut niveau. Fidèle à moi même, un mélange d’impro et d’organisation, je savais parfaitement de quoi je voulais parler avec Marie-Jo mais je n’avais plus de téléphone pour enregistrer la discussion. Stéphane m’a à ce moment là sauvée, filmant de A à Z les 10 minutes d’interview (video à venir). Il n’était alors pas question d’aborder le passé mais le présent et l’avenir.

A ma question: « que fait une athlète de très haut niveau lorsqu’elle ne fait plus de compétition? » – Marie-Jo m’a répondu « rien! » en riant…j’ai souri et renchéri sur son engagement auprès de courses comme le Go sport running tour, d’associations, de causes…Bien entendu Marie-Jo a plus sérieusement décrit son envie de promouvoir le sport auprès du plus grand nombre, des petits comme des grands. Elle m’a également parlé de son rôle de présidente de la ligue d’athlétisme de Guadeloupe qui lui prend beaucoup de temps même si elle peut compter sur une équipe locale performante. J’ai alors insisté sur son envie de se détacher de la performance pour ne garder que le plaisir. Point qui m’a été largement confirmé. Marie-Jo est inscrite au marathon de NYC cette année et son seul objectif m’a-t-elle dit « est de le finir« . Difficile à croire lorsque l’on connaît le palmarès de cette sportive légendaire. Pour autant, c’était sincère. Marie-Josée Pérec m’a donné l’image d’une femme sensible et affective qui a tourné la page sur ses années de gloire sportive, préférant la tranquillité et la paix aux blessures de la notoriété. Cette notoriété pourtant vous est acquise Madame Pérec ! Vous resterez une grande figure de l’athlétisme français et nous vous souhaitons, au nom du plaisir du sport, de vivre désormais avec paix et liberté tout ce qui vous plait le plus, en dehors de toutes attentes publiques.

Longue vie au sport libre !

Partager
Article précédentSemelles à usage Sportif: test de la marque NOENE®
Article suivantVoilà l’été, voilà l’été: retrospective et coup d’envoi !
Marie
Créatrice et blogueuse passionnée de Sport, nourrie des cultures européenne et américaine, je me spécialise en nutrition pour aider les lecteurs Hotsteppers à vivre une vie saine, solide et riche de sens ! Ma meilleure amie et athlète Alison m'accompagne sur ce blog dans les 1001 expériences et découvertes qu'il nous offre et contribue à son contenu à travers son activité physique de niveau semi-pro (Équipe de France de Hockey Subaquatique)

2 COMMENTS

  1. Bonjour,
    je te lis depuis un petit moment avec intérêt. Le 8km du Go Sport Runnig Tour (la fameuse « course des Princesses » :-)) en juillet 2012 était ma toute première course, et c’est là que j’ai attrapé le virus ! Après avoir enchaîné sur le Paris-Versailles et les 20km de Paris à l’automne dernier, je suis amenée à courir moins ces derniers temps (je cumule reprise d’études, boulot et déménagement de Paris à Montpellier, le tout avec deux enfants et un homme qui travaille déjà là-bas… Bref il reste peu de place pour la course, et en plus je n’arrête pas de me faire mal !) mais j’ai plaisir à lire ton enthousiasme pour cette course et ton interview avec Marie-José Pérec.
    Bonne continuation !
    Lise

    • Bonjour Lise et merci pour ta lecture attentive !
      C’est sur que pour courir il faut du temps mais peut être que compte tenu de tes obligations tu pousses un peu au delà de tes forces quand tu t’y mets ?
      Un ou deux footings d’1h en milieu et fin de semaine pour décompresser pourrait déjà être pas mal 🙂 penses tu bien à considérer également tous les ‘à cotés’ indispensables de la course ? La nutrition, l’hydratation, le sommeil, la récupération ?
      Quoiqu’il en soit, si déjà partager des récits de course alimente ton enthousiasme c’est top et quand le moment se présentera tu pourras sans doutes t’y remettre à la hauteur de tes envies 🙂
      Bon courage !

Laisser une réponse

Please enter your comment!
Entrer votre nom ici