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Billet d’humeur du lundi #2: débuter un sport tardivement, so what?

Nichée dans la station de La Vattay au coeur du Haut-Jura, tout près de la frontière Suisse, c’est à 32 balais que j’ai pris mon 1er cours de skating (comme Martin Fourcade !) – comme quoi il n’est jamais trop tard pour débuter un sport !

Souvenirs, souvenirs…

J’avais gardé de merveilleux souvenirs de mes 2 années au Canada (Québec) et de sorties de ski de fond dans des décors de rêve: soleil brillant, air sec, neige à gogo et rails slalomant entre les pins, un must ! Le tout courronné de températures d’une insolante fraîcheur et pourtant … Si je me rappelle avoir été mélancolique en pensant à la France et à mes proches bien loin de moi, je ne garde aucun mauvais souvenir des longs hivers que j’ai traversés à 3 reprises. Les québécois vivent 40% de leur année avec le froid et la neige, ils ont appris à en faire une fête, à laquelle j’ai allègrement participé !

Apprendre comme un enfant

Pourtant, je ne fais pas partie de ces gens qui sont allés à la montagne tous les ans dès leurs premiers pas et qui arrivés à l’âge adulte prennent un plaisir total à cavaler le long des pistes, de préférence rouges ou noires ! Dommage parce qu’il paraît que l’apprentissage d’un sport tôt est beaucoup plus facile pour une raison essentielle ! L’assimilation de la technique, oui bien sûr mais pas que. Non, il s’agit surtout de l’absence d’appréhension. Les enfants ont moins peur: ils se lancent. Ils tombent et pleurent (ou pas) mais se relèvent et recommencent. Pas d’autojugement ou de découragement, leur système de pensée est ouvert à l’essai-erreur jusqu’à atteindre la maîtrise. Interessant… Mais on ne peut pas tout apprendre pendant l’enfance, n’est ce pas ?

Alors on se retrouve à un âge adulte avec des cases complètement vides et on se dit qu’il n’est jamais trop tard.

Ma chère grand mère maternelle a bien passé son bac à 40 ans, la vie ne lui ayant pas permis de le faire avant – et elle l’a eu ! Quel courage et quelle force de caractère à une époque ou les études et la carrière professionnelle des femmes était une option pour la société.

Evidemment, débuter un sport n’est pas du même ordre que de passer son bac et accéder à une reconnaissance majeure aux yeux de la société, mais…partir de zero dans un domaine à un âge où on est plus souvent dans le perfectionnement que dans l’apprentissage est un exercice intéressant !

Débuter en skating: cardio aux sommets

Prendre le temps d’apprendre…

Place alors au skating: cette alternative au ski de fond classique (pas alternatif), celui qui se pratique dans des rails. Après une première lancée, quelques chutes et un cardio à l’épreuve sur 2 pistes successives de ski de fond en mode classique, j’ai eu envie de sortir des rails ! L’idée de rester dans deux traces parallèles et de ne pas en sortir me laissait un peu sur ma faim. Mais si j’avais été seule, j’aurais certainement continué de galérer en essayant de préserver mon souffle en même temps que ma fierté, mais en vain ! C’est là que les amis interviennent 🙂

Carte des « zones de chaleur » de ski de fond avec Movescount (Suunto)

Heureusement accompagnée par ma best friend, aussi proche que différente de moi, j’ai pu goûter à quelquechose de nouveau: un cours de ski ! Pas que je n’aurais pas franchi seule mais qui semblait évident pour Alison, habituée aux entraînements difficiles et aux remises en question sportives permanentes. C’est ça que j’aime chez les sportifs chevronnés qui connaissent les pics comme les creux de forme, les victoires comme les défaites, les sensations merveilleuses comme atroces: ils sont un peu comme les enfants, ils avancent !

…pour sortir des rails

L’idée fut riche ! En à peine 1h, aux côtés d’une prof super pédagogue et très cool, nous avons capté les bases du skating. Assez pour être lâchées sur les mêmes pistes que celles que nous avions avalées (ou subies selon le point de vue!) la veille, mais avec des sensations totalement différentes. Je ne vous cache pas qu’après deux ans d’arrêt de la course à pied, j’ai maintenu ma tonicité mais perdu en endurance, c’est clair. Alison qui s’entraîne dans et sous l’eau entre 4 à 6h par semaine en plus du boulot partait forcément de moins loin. En clair j’en ai bavé ! Voir mon coeur monter jusqu’à 172 de FC n’était pas arrivé depuis des années je pense…mais une chose est certaine…

Résumé d’une séance de ski de fond avec la Suunto Spartan dans Movescount

Quand on débute un sport à l’âge adulte, la difficulté majeure réside dans l’impatience que l’on éprouve: vis à vis de soi même parce qu’on ne progresse pas assez vite, vis à vis de la discipline parce qu’elle est trop difficile, vis à vis des conditions parce qu’elles ne sont pas favorables. Pourtant, on avance, on progresse, on apprend, on change. Alors, essayons de retrouver notre humilité d’enfant et d’accepter les départs à zéro: ceux sont eux après tout qui préservent notre âme et qui lui donnent un subtil goût d’éternité.

 

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