J’annonce, ceci est un billet d’humeur ! Ces fameuses prises de plume ou plutôt de clavier qui ont forgé le style d’Hotsteppers depuis ses débuts et qui ne font écrire tout fort ce que bon nombre d’entre vous pense tout bas ! Aujourd’hui c’est de fatigue et de connaissance de soi dont j’ai envie de vous parler. Pas du tout pour vous infliger l’adage qui nous rappelle à notre grand désarroi que nous avons des limites et qu’il faut les accepter. Non, plutôt pour partager avec vous des tranches de vie qui font avancer et qui rendent plus fort. Au contraire, donc. 

Interpréter ses signaux de fatigue et ne pas faire l’autruche

Les différentes formes de « fatigue »

J’ai toujours été assez fascinée par le phénomène de « fatigue ». Je trouve qu’il existe plusieurs formes de fatigues et que l’expérience apprend à mieux les interpréter. Il y a la fatigue physique pure et simple. La « bonne fatigue » quand on se sent bien et la « surfatigue » quand on a tiré sur la corde ou pas pris assez soin de soi.

Et puis il y a la fatigue liée à l’anticipation et à la peur. Parfois, sans s’en rendre compte, on est fatigué « à l’idée de » quelque chose qui arrive et dont on a moins envie ou plus peur que l’on veut bien se l’avouer.

J’ai découvert également la « fatigue digitale » ! Cette espèce de fatigue psychologique de la notification, du mail, du sentiment de devoir répondre tout de suite à un message, d’être sans arrêt averti de quelque chose d’important. Sauf que des nouvelles importantes il ne peut pas y en avoir 30 fois par heure. À un moment il y a forcément sur-sollicitation, donc problème. A l’heure où je vous écris, j’aimerais noyer mon téléphone dans un puits. Mais bon, c’est un iPhone 8 offert par mon boulot donc je vais éviter.

En revanche, je pars en vacances et croyez moi: j’ai désactivé toutes les notifications possibles et même supprimé mes applications de mail ! Le web c’est bien mais quand on le choisit.

Mes expériences et conseils face à la fatigue

Depuis quelques jours je me sens fatiguée tout le temps, du matin au soir. Je ne me sens pas spécialement déprimée, juste vraiment fatiguée. C’est là qu’il faut se poser (les bonnes questions).

Comment est votre alimentation en ce moment ?

Vous savez surement au fond de vous si vous n’êtes plus trop dans les rails depuis un moment. Pas dans les rails de la calorie, mais dans les rails de l’alimentation qui permet de donner le maximum à son corps pour vivre à 200%. Personnellement j’ai tendance à manquer chroniquement de fer et je ne suis pas une dévoreuse de steaks ! Il est probable que j’aie besoin d’une cure de fer quelques mois. En principe un dosage sanguin est conseillé systématiquement parce qu’on ne joue pas avec le fer (pas comme la vitamine C qui est éliminée si on dépasse les apports quotidiens nécessaires). Pour ma part à chaque fois que j’en fais un je constate être en sérieux déficit – genre « borderline » anémie. Ayant une alimentation vraiment équilibrée, quand je manque de quelque chose, c’est quasiment toujours de fer. Alors c’est parti pour une alimentation à nouveau riche en fer et un coup de pouce médicamenteux.

Et vous ? Peut être est-ce le moment de regarder ce que vous mettez dans votre assiette et de vraiment prendre au sérieux tout ce qu’une alimentation équilibrée peut vous apporter de bien. Dites moi comment vous mangez, je vous dirai qui vous êtes !

Qu’avez-vous fait ces dernières semaines ? Ces derniers mois ?

On est souvent pris dans le flot de sa vie et on en oublie tout ce que l’on fait. Ces derniers mois j’ai: dû batailler au niveau professionnel sur des sujets assez usants qui pompent de l’énergie un peu tous les jours, quitter une coloc que j’adorais, emménager dans ma toute nouvelle maison certes magnifique mais fruit d’heures et d’heures et encore d’heures de travail physique acharné. J’en ai parfois pleuré tellement j’étais fatiguée et tellement tout me semblait interminable. En parallèle de ça, je n’ai jamais lâché le sport, parce que le sport c’est la vie ! même si la vie à elle seule est déjà un sport 😉 Faire du sport pleine balle quand on a tous ses moyens physiques c’est déjà un beau défi. Faire du sport quand on est blessé et que l’on doit sans arrêt faire attention, genre « fini les conneries, plus le droit à l’erreur ma cocotte ! » – c’est parfois fatigant

Surtout quand tu as créé une association sportive pour motiver d’autres personnes qui ont un peu moins d’énergie que toi, à faire du sport justement. Ça fait pas mal de raisons d’être fatigué non ?! C’est le moment d’arrêter de produire et de récupérer.

Et vous, quand vous ressentez une fatigue qui dure un peu plus qu’une journée: regardez tout ce que vous avez accompli. Soyez fiers de vous. Ne minimisez pas ce que vous vivez et laissez vous le temps de vous remettre. On n’est pas des machines. Et heureusement.

Avez vous envie ? De quoi avez-vous peur ?

La fatigue psychique vient souvent d’un manque d’envie. C’est fou comme l’appréhension fatigue ou à l’inverse comme l’envie donne des ailes. Il y en a malgré tout qui restent dans leur zone de confort et préfèrent ne pas s’aventurer dans des zones inconnues où il risqueraient de perdre le contrôle.

Sans aucun jugement sur ce comportement que nous sommes tous tentés d’avoir plus ou moins souvent, je pense que l’expérimentation de zones d’inconfort (sans jamais se malmener pour autant) peut être une source de construction de soi et de prise de confiance. Le but n’est pas de se faire mal et de se mettre en situation d’échec mais d’essayer.

Je vais vous faire une confidence: je suis bourrée de peurs et d’appréhension.

J’ai une peur viscérale de prendre l’avion ! Demain je pars en vacances et je vais consacrer 80% de l’énergie de ma journée à prendre sur moi pendant le vol.

J’ai également peur de l’eau. Pas de nager, mais de l’apnée un peu trop longue, de nager en mer, de fonds un peu trop profonds…A mon retour, je participe à une toute nouvelle expérience sportive: un « swimcross » ! Mélange d’exercices physiques dans l’eau, sur l’eau, sous l’eau et sur la terre enchaînés ! J’y vais, mais j’ai totalement peur ! Sans parler de la peur d’avoir mal parce que l’intensité physique hors de l’eau risque d’être assez élevée. Heureusement ma pote blogeuse Nadia sera là et je sais qu’elle saura mettre de la détente là où je vois parfois un peu trop de défi 🙂

Ce sont des exemples parmi d’autres. je vous épargne l’encyclopédie de l’intégralité de mes peurs !

Et vous ? de quoi avez-vous peur et de quoi avez-vous envie ? Cherchez à faire ce dont vous avez envie mais n’éloignez pas de vous ce dont vous avez peur. Nos peurs nous aident à nous connaître. Essayer de les comprendre, de les approcher, de les amadouer. Il y a toujours une porte de sortie et une manière d’apprendre à transformer une peur en force.

Une personne d’une grande sagesse m’a dit l’autre jour:

« Beaucoup de gens ont la chance de ne pas connaître de blessure physique comme la votre,…jusqu’au jour où ils la connaissent. Mais là n’est pas leur force. Savez-vous quelle est la plus grande force ? La persévérance ».

Êtes-vous entourés de personnes positives ?

La question qui tue 🙂 Je ne vous parle pas d’être entouré de personnes qui déconnent H24. La vie n’est pas une blague. Il y a des moments où l’on rit, d’autres où l’on pleure. Des moments où on aime partager, d’autres où l’on a besoin de se retrouver. L’idée n’est pas de vivre dans un idéal collectiviste où l’on serait tous amis tout le temps et où l’on rigolerait à longueur de journée. Non, les gens positifs sont des personnes qui ont mûri sur la notion de « réalité ». Qui savent que la vie est riche d’émotions contradictoires mais qui ont cette capacité à savoir avancer, construire, aimer, relever, élever même. Qui vous emmènent dans leur prisme coloré, plein de réalisme et de vérité.

Je suis tombée sur un extrait de l’émission de survie « The Island » l’autre jour, que j’ai trouvée absolument nulle soit dit en passant. Je n’ai d’ailleurs pas passé plus de 15 minutes devant ma télé mais suffisamment pour entendre le célèbre aventurier Mike Horn dire une phrase – pour le coup – pas trop inutile: « c’est à Paris que vous êtes en mode survie, à vous battre pour des choses qui ne sont pas vitales et à n’avoir rien à faire pour des choses qui le sont. Ici, sur cette île, ce n’est pas de la survie, c’est la vie ! »

C’est une accroche à ne pas prendre au tout 1er degré. Bien entendu se réveiller tous les matins (quand on a dormi) en espérant ne pas se faire bouffer par un caïman et en ne sachant si l’on va trouver suffisamment à manger et à boire est forcément de la survie. Mais c’est en quelques sortes une manière de se reconnecter à nos besoins essentiels, sans les filtres de la vie moderne. Je vous invite à relire cette expérience de raid dans le désert (Goum) que j’avais faite il y a 2 ans. Magique pour se reconnecter à soi (et pas à son iPhone – 8)

J’en profite également pour partager 2 témoignages reçus via ce blog ou les réseaux sociaux cette semaine:

Mariam (après sa 1ere participation à une session Hotsteppers): 

« Merci mille fois; j’aurais du t’écouter et venir plus tôt ! A bientôt pour d’autres cours, je suis hyper bien et zen ! »

Anonymus sur Twitter

Bonjour Marie, je me permets de vous appeler par Marie car vous mettez ce prénom en pseudo Twitter. C’est très touchant de voir vos témoignages concernant votre arrivée au sport. Effectivement, je n’avais pas idée de vos antécédents avec divers maladies quand j’ai commencé à vous suivre. Mais pour une personne comme moi, qui avait un fort surpoids et qui lutte chaque jour pour une santé et accepter son corps, ça fait chaud au coeur. Ça change de blogs qui ne font que mettre des photos en avant. En tout cas merci.

En cette veille de départ en vacances, qui tombent tellement bien, je vous souhaite de savoir être attentifs à vos élans de vie, d’envie ou à leur absence éventuelle. Sans panique mais avec indulgence. Le sport est une école de vie qui donne cette faculté de se connaître mieux, de se guérir même parfois. Mais elle ne doit pas pour autant faire croire à la toute-puissance et embarquer dans une autre voie pleine de filtres et d’aveugléments. Restez vous mêmes, lucides, simples, ouverts, empathiques et bienveillants. Visez haut mais pas l’impossible.

La vie ne vaut (pas) rien et rien ne vaut la (vraie) vie.

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