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10km de Boulogne : quand le lâcher prise amène la perf’

La première deuxième fois…

Les 10km du Bois de Boulogne sont un rendez-vous annuel bien connu des coureurs franciliens. La preuve en est, à mes débuts de course à pieds, c’est une des premières courses dont j’ai entendu parler, pourtant je n’y connaissais rien. Or, ce dimanche 28 avril était la première fois que je faisais une course pour la deuxième fois ! Tous les « essais » de courses en tout genre étaient jusqu’à maintenant uniques. Mais finalement, on a beau refaire un même parcours un an plus tard, les courses se suivent et ne se ressemblent pas. Il y a tellement de paramètres qui rentrent en compte : le volume d’entrainement avec lequel on arrive sur la ligne de départ bien sûr mais pas que. Plus ça va et plus à force d’expériences nouvelles je réalise comme le mental et le lâcher prise sont la clé de cette vie ou bien souvent on essaye de tout masteriser à tort et à travers ! Les personnes avec qui vous vivez vos défis comptent aussi énormément, d’où l’importance de la communauté dans laquelle chacun s’exprime à sa manière et conserve sa liberté. J’ai été marquée par le témoignage de Jérôme Travers, ancien pompier de Paris et baroudeur invétéré en compagnie d’enfants handicapés et de sa joëllette. Des courses de fous il en a fait, toujours avec ces enfants, jamais pour lui. Pourquoi ? Il me disait qu’après avoir vécu l’expérience de la joëllette il ne pouvait plus envisager de « courir pour sa gueule ». Son témoignage était radical, il semble qu’il ait eu un profond déclic. Je suis bien loin de cette générosité et encore trop centrée sur ma « réussite » mais je comprends malgré tout de plus en plus l’importance de la mise en commun d’atouts pour avancer. C’est à travers l’Autre que l’on développe le meilleur de Soi. Philosophie quand tu nous tiens…mais la vie est philosophique et la course à pieds une machine à belles histoires et à enseignements, vous ne trouvez pas ?! Pour revenir aux 10km du Bois de Boulogne (et ne pas diverger sur du « être ou ne pas être », je suis en feu là !) je dirais que c’est précisément ce qu’il s’est passé. Faisons le point sur ce mix de bons éléments imprévus, hors de mon contrôle qui m’ont fait « péter » la maudite barre de 50min que j’espèrais franchir en fin d’année 2013, seulement après m’être sérieusement mise à des séances de piste. Comme quoi.

Tout commence avec Top Chrono, au Top bien sûr !

Une inscription opportune…

Partenaire de Top Chrono, j’ai la chance d’être inscrite à cette course il y a quelques semaines par Romain, le big boss de cette entreprise qui gère une grosse partie du chronométrage des courses parisiennes. Pas du tout prévus dans mon planning, les 10km du Bois de Boulogne tombent alors bien malgré tout. Mon dernier 10km remontais à la Corrida d’Issy les Moulineaux en décembre 2012, déguisée en Mère Noël et shootée au vin chaud, pas très sérieux ! Mon meilleur temps datait quant à lui de la Corrida nocturne de St Germain en Laye : 51mn40. Je parviens à grapiller du temps à chaque course depuis le début mais évidemment ce gain se réduit et je sens un vilain plafond arriver à moins de renforcer mon entraînement. Manque de chance, un nouveau travail et un déménagement suivis d’allers-retours permanents entre Paris et Lille ne me permetteront pas d’intensifier cet entrainement. A défaut de le renforcer, je décide alors de le diversifier. Je me résigne au fait de ne pas pouvoir suivre de plan scrupuleusement et décide d’écouter mes sensations. Je multiplie les sorties sans GPS, j’alterne séances de renforcement musculaire, stretching, body balance, parfois des cours de danse et environs 2 fois par semaine de la course à pieds. Au final, le bilan est de 3 séances de sport par semaine, toutes disciplines confondues. Nous sommes loin de la sortie longue, de la séance au seuil, des fractionnés courts, des longs, etc. D’ailleurs, quitte à privilégier une séance, j’opte pour celle que je préfère : la version plutôt longue et plutôt trail. Je quitte de plus en plus les routes pour m’enfoncer dans la forêt que j’aime tant et qui me ressource profondément. Cette forêt est loin d’être plate et me réserve des creux et des bosses intéressants. Le travail n’est pas classique mais il est présent. Je saute alors sur l’occasion de ces 10km du Bois de Boulogne pour mettre un peu plus d’intensité même si me prépare à sauver les meubles. Merci Romain de m’avoir permis de prouver le contraire.

Timepoint : la solution pour gagner un temps fou…

Top Chrono ayant en mains les clés du chronométrage de ces 10km du Bois de Boulogne, je peux enfin utiliser ma puce et mon dossard Timepoint. Verdict : quel bonheur ! Pas besoin de me déplacer à Paris pour retirer mon dossard le samedi. Mon Tshirt m’attend le jour J auprès de bénévoles dédiés aux détenteurs de la puce Timepoint. Je n’attends pas plus de 15sec. Je dépose ensuite mon sac en consigne : n’ayant pas de bandeau numéroté attitré, je me rends dans un espace une fois de plus dédié aux sacs des runners Timepoint et un bénévole note à la main mon numéro de dossard sur un sac que je déposerai et récupérerai à l’issue en 10sec chrono. Pour finir, je garde ma puce à la fin et ne suis pas contrainte d’attendre qu’on me la retire. Le soir je range soigneusement ma puce et mon dossard qui attendront la prochaine course TopChrono. C’est un très bon concept, efficace et très abordable qui d’après moi s’avère vraiment innovant en France. Si vous souhaitez plus d’informations n’hésitez pas à lire cet article: ici,  qui décrit le package en long en large et en travers. Vous ne serez pas déçu.

Manu : meneur d’allure de choc

Avant le départ, je retrouve tout un tas d’amis Hotsteppers prévus et un autre ami, plus imprévu : Manu, l’un de mes anciens collègues de promotion militaire. Cette promo remontant à 2010 je suis particulièrement contente de le voir sur cette course. Nous discutons, faisons le tour des objectifs de chacun et Manu m’annonce un « 50min voire 49min si tout va bien ». Je lui réponds immédiatement que je n’y arriverai pas pendant longtemps mais qu’au moins au début j’essaierai de le suivre. L’accès au sas est un vrai bazar, nous nous mettons donc en fin de peloton ce qui sera préjudiciable par la suite. Autant Manu aura été un excellent meneur d’allure, autant certaines portions du parcours et notre mauvais positionnement auront agi comme briseurs d’allure !

Peu importe, Manu se prend au jeu et se met à me coacher littéralement sur toute la course. Il connait le parcours sur le bout des doigts et m’annonce les différentes portions du style : « un plat de 200m mais ne t’inquiète pas ça va passer vite, après tournant à gauche et retour sur du plat ». Au début je lui réponds en souriant et je tchatche. Très vite (à partir du 5ème km), je sens bien que je carbure quand même bien plus vite que d’habitude et je me mets à lui répondre par des hochements de tête ou des onomatopées. Manu est hyper compréhensif, il sent quand je respire un peu trop vite et calme le jeu tout en restant focalisé sur sa montre. Il veut vraiment m’aider à les atteindre ces 50 min ! Pourtant ça n’était pas l’objectif du jour ! Je voulais juste ne pas trop régresser et aborder plutôt les 53 min que les 55, mais c’est trop tard, nous sommes tous les deux sous l’emprise de la motivation cohésive et je ne peux plus reculer. Je continue de boire régulièrement ma super potion d’eau citronée et sucrée et arrive alors au 7ème km. Je commence à lutter et sens que l’effort est vraiment plus prononcé. Finalement si j’ai réussi à le produire jusqu’à maintenant c’est parceque je ne me suis pas posé de questions, je vais donc surtout continuer et avancer. Le cerveau est débranché mais le corps subit quand même ! A ce moment là j’aperçois Harry…

Harry, un speaker en or dans le peloton

Harry, speaker bien connu de tous et interviewé sur le blog des Hotsteppers il y a quelques mois n’est jamais à court d’enthousiasme et d’idées. Or cette fois, ça y est. Harry ne veut plus se contenter de commenter la course depuis son podium ou sa moto balai ; il aime trop le running pour s’en priver et décide de se fondre dans le peloton pour y puiser des témoignages divers et variés : meneurs d’allures, coureurs, supporters, bénévoles, un panel de profils y passent ! Je tape dans l’épaule d’Harry en le saluant la toute première fois. Il me demande si ça va je réponds que oui par automatisme ! Quelques minutes plus tard je le croise à nouveau et il m’encourage, là je lui réponds plus franchement que « je galère » ! Harry saute sur l’occasion, je le vois brandir son oreillette et le temps de quelques manips, il prend « l’antenne » ! En quelques phrases il présente les Hosteppers avec sa gentillesse habituelle et me met le micro devant la bouche. Je ne suis franchement pas en état de parler en courant mais le concept est sympa et c’est Harry donc je bafouille un « j’essaie de flirter avec les 50min mais je galère grave, en tous cas je m’accroche » ! Pas plus long que ça, je remercie Harry et me concentre sur les trois derniers kilomètres qui me paraissent interminables. Manu me demande si je suis prête à accélérer. Je suis juste en train d’étouffer et j’espère à ce moment là que Passion Running ne me prenne pas en photo craignant le désastre potentiel de mon visage crispé sur les clichés. Autrement dit Manu, non je ne suis pas franchement prête à accélérer ! Nous entamons le dernier kilomètre, Manu a encore du jus, je le laisse filer et je terminerai 30sec après lui. Très incertaine de mon temps en raison d’un gros décalage entre mon départ et le coup de pistolet ainsi qu’un déclenchement tardif de GPS, j’estime mon temps à 50mn15. Je lirai quelques heures plus tard sur TopChrono un temps réel de 49min49. Un chrono inespéré qui me fait un immense plaisir et me donne un peu de cette confiance toujours bienvenue et jamais en excès en ce qui me concerne.

J’ai hâte de poursuivre dans cette dynamique : prendre les choses comme elles viennent, se laisser le temps de progresser, diversifier ses sources d’entraînement pour ne pas se lasser et avoir une préparation complète. A très vite les Hotsteppers !

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